Le point Vétérinaire n° 291 du 01/12/2008
 

Infections intramammaires

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QUESTION DE LECTEUR

Édouard Timsit*, Nathalie Bareille**


*ENV de Nantes, BP 40706
44307 Nantes Cedex 3
**ENV de Nantes, BP 40706
44307 Nantes Cedex 3

Intégrée aux robots de traite, la détection des mammites par une mesure “électrique” ne suffit pas toujours.

La conductivité est l’ inverse de la résistance d’ une solution à un courant électrique. L’ unité de mesure est le millisiemens par centimètre (mS/cm). La concentration en anions et en cations du lait, essentiellement Na+, K+ et Cl-, détermine sa conductivité.

La conductivité du lait d’ une vache saine à 38 °C varie généralement entre 5,5 à 6,5 mS/cm [4]. Lors d’ infection intramammaire, les concentrations en Na+ et Cl- augmentent tandis que celles en K+ et en lactose diminuent. Cela conduit à une augmentation de la conductivité du lait.

Les infections intramammaires ne sont pas la seule cause de modification de la composition ionique du lait. Cette dernière peut aussi varier avec la température et la composition du lait, le stade de lactation, l’ intervalle entre les traites, etc.

Tous les robots de traite commercialisés sont équipés de capteurs qui mesurent la conductivité du lait quartier par quartier. Afin de parer aux variabilités de conductivité dues à d’ autres causes que les infections intramammaires, ce n’ est pas la valeur de celle-ci qui est prise en compte pour détecter les infections intramammaires mais :

– les écarts de la conductivité d’ un quartier par rapport à sa conductivité de référence mesurée les jours précédents ;

– les écarts de conductivité entre un quartier et les autres.

Des seuils de variabilité peuvent alors être fixés par l’ éleveur afin de détecter les infections intramammaires. Un seuil de 20 % d’ écart de la conductivité d’ un quartier par rapport aux trois autres, ou par rapport à sa référence, est souvent défini par défaut. Il peut ensuite être adapté à la prévalence de l’ infection présente dans le troupeau et au souhait de l’ éleveur (limiter les faux négatifs revient à abaisser le seuil et limiter les faux positifs à l’ augmenter).

Selon les études et les seuils choisis, la sensibilité et la spécificité de détection des infections intramammaires cliniques par la conductivité varient respectivement de 40 à 68 % et de 80 à 98 % [2, 4, 5]. La sensibilité et la spécificité de la conductivité pour la détection des infections intramammaires subcliniques sont encore plus faibles [4]. Il semble donc utile de faire appel à d’ autres informations qui permettent d’ augmenter la sensibilité et la spécificité de détection des infections intramammaires cliniques et subcliniques. Certaines données sont déjà fournies par le robot, telles que la quantité de lait produite, la fréquentation du robot ou encore la température du lait [2]. De Mol et coll. obtiennent ainsi une sensibilité et une spécificité de détection des infections intramammaires cliniques respectivement de 100 et 98 %, en intégrant non seulement la conductivité, mais aussi la quantité de lait produite et sa température [1]. D’ autres informations telles que les concentrations en cellules somatiques peuvent être également fournies par le robot Astronaut A3® de Lely avec l’ option MQC-C® qui réalise un comptage indirect des cellules de chaque quartier, fondé sur le principe du CMT (California Mastitis Test) et le robot VMS® de Delaval avec l’ option OCC® (Online Cell Counter) qui reprend la méthode de comptage direct des cellules par fluorescence du lait de mélange des quatre quartiers.

Cependant, ces options ont un coût d’ installation et de fonctionnement qui peut se révéler prohibitif(1) (environ 5 000 € + 10 % pour la pose pour le MQC-C®, auxquels s’ ajoutent environ 700 €/an de produit).

  • (1) Voir l’ article “Concentration en cellules somatiques du lait et robot” de E. Timsit et coll., dans ce même numéro.