Le point Vétérinaire n° 290 du 01/11/2008
 

Ophtalmologie canine

Fiche clinique

Anthony Bartolo

31, rue Michelet, 63100 Clermont-Ferrand

Des affections nerveuses peuvent avoir des répercussions oculaires. La neuro-localisation lésionnelle constitue la première étape de la démarche diagnostique.

L’examen neuro-ophtalmologique est précédé du recueil rigoureux de l’anamnèse et des commémoratifs, d’un examen général et d’un examen ophtalmologique complets afin de dresser un tableau clinique précis. Un examen approfondi du système nerveux : évaluation de tous les nerfs crâniens, de l’état de conscience, des réactions posturales, voire des réflexes tendineux, est également nécessaire, d’autant plus si l’animal présente des signes d’atteinte extra-oculaires (tableau 1).

Après avoir écarté la possibilité mécanique de l’existence d’un trouble visuel (cataracte, opacification cornéenne ou des milieux liquidiens oculaires), la vision de l’animal est évaluée par des tests simples : évolution au sein d’un parcours rempli d’obstacles, observation de la chute d’une boule de coton et anticipation d’un mouvement d’appui à l’approche d’un socle. L’examen nerveux proprement dit en ophtalmologie repose sur l’évaluation de réponses (qui nécessitent une intégration corticale) et de réflexes (pas d’intégration corticale) qui permettent d’apprécier l’intégrité de l’ensemble des voies nerveuses (tableau 2). Les voies photomotrices (ou voies optiques) et les voies de la réponse à la menace (voies visuelles) sont celles qui apportent le plus d’information en raison du nombre et de la complexité des structures nerveuses mises en jeu (figure). L’utilisation de collyres diagnostiques sympathomimétique (néosynéphrine) ou parasympathomimétique direct (pilocarpine) ou indirect est intéressante dans le cas de l’exploration d’une anisocorie. Le temps de réponse oculaire (myosis ou mydriase) permet, en fonction du dosage employé, de situer l’étage de la lésion nerveuse.

La compilation de l’ensemble des données récoltées permet de localiser précisément et simplement la lésion à l’origine des troubles sans en spécifier la nature. Il convient de rechercher celle-ci par la suite grâce à des examens complémentaires pertinents.

Figure : Voies nerveuses des réponses et réflexes oculaires

Tableau 1 : Exploration des nerfs crâniens qui jouent un rôle dans la vision

MN : membrane nictitante.

Tableau 2 : Description de l’examen neuro-ophtalmologique