Le point Vétérinaire n° 289 du 01/10/2008
 

Troubles de la reproduction des bovins

Pratique

CAS CLINIQUE

Marc Ennuyer*, Damien Remmy**


*Cabinet vétérinaire
12, rue du Général-Leclerc
80560 Mailly-Maillet
marc.ennuyer@wanadoo.fr
**Ceva santé animale
ZI de la Ballastière
BP 126
33501 Libourne Cedex

Un choix raisonné d’examens et l’analyse orientée des données de l’élevage ont permis d’améliorer in fine la reproduction dans cet élevage.

Résumé

Un éleveur contacte son vétérinaire à la suite du deuxième avortement constaté dans son élevage. Les résultats des prélèvements sanguins concluent à l’implication probable de Coxiella burnetii. Une vaccination est donc initiée sur l’ensemble des femelles du cheptel. L’année suivante, l’éleveur demande à nouveau l’intervention du praticien pour infertilité. La recherche de fièvre Q par PCR s’avère négative. Un bilan azote/énergie est alors effectué.La tendance globale de l’élevage est une acidose, et un déficit de fibrosité global de la ration est mis en avant. L’hypothèse d’une carence induite en cuivre, secondaire à un excès de molybdène est aussi avancée. L’année suivante après corrections, le taux de réussite en première insémination artificielle s’améliore et le taux de métrite baisse.

“La reproduction, porte d’entrée du conseil en élevage” : tel était le titre choisi pour les journées de formation des groupements techniques vétérinaires en 2008. Derrière ce titre, une vérité au quotidien pour un nombre croissant de praticiens, qui peut être illustrée par le présent cas clinique. Celui-ci a été imaginé pour une séance interactive “Reprology”, présenté par Ceva santé animale dans le cadre d’un atelier technique. Il est ici publié in extenso car il illustre comment le praticien peut dépasser l’abord traditionnel de la maladie en élevage (un animal malade, un agent infectieux, un traitement individuel). Les maladies animales (ici abortives) et les défauts de performance de reproduction (ici l’infécondité) constituent des tremplins pour l’analyse au sens large des performances de l’élevage. Des données sont disponibles dans l’élevage (qualité du lait, taux de renouvellement, etc.) et quelques informations supplémentaires peuvent être collectées (analyses sanguines, bilan fécondité, calcul de ration), pour apporter une réponse aux demandes des éleveurs, mêmes les plus techniques [1].

Cas clinique

1. Premier appel

Le 25 mai 2005, M. S, éleveur dans la Somme (80), ingénieur agronome de formation, appelle son vétérinaire. Il est confronté au deuxième avortement dans son élevage, depuis un mois. La vache 2377 vient d’avorter à sept mois et demi de gestation. La vache 1150 avait avorté un mois auparavant à huit mois et demi de gestation.

L’élevage comporte 50 vaches laitières environ. Il est certifié indemne d’IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine). Un élevage de dindes est situé à proximité immédiate du silo (partie de l’élevage non rachetée par M. S au moment de son installation).

Les vaches sont élevées en hiver en stabulation libre (aire paillée/aire bétonnée). La ration distribuée est semi-complète à base d’ensilage de maïs, seule en période hivernale et en complément du pâturage en période estivale (encadré 1).

2. Examens en première intention

Un prélèvement de sang est réalisé sur les deux vaches qui ont avorté, pour recherches sérologiques vis-à-vis de :

– la brucellose (obligatoire) ;

– la fièvre Q ;

– la néosporose ;

– la chlamydiose.

En outre, le placenta et le fœtus de la vache 2377 sont acheminés par l’éleveur au laboratoire pour :

– des examens bactériologiques : coloration de Stamp et recherche de salmonelles,

– des PCR (amplification génique : polymerase chain reaction) vis-à-vis de la fièvre Q et de la néosporose.

Les résultats concluent à l’implication probable de Coxiella burnetii dans les avortements observés (tableau 1). Ils montrent accessoirement une présence de néosporose dans l’élevage.

3. Action entreprise

Une vaccination est initiée sur l’ensemble des femelles du cheptel, avec un vaccin contenant Coxiella burnetii en phase 1 (Coxevac®). Deux injections sont programmées à trois semaines d’intervalle (4 ml, par voie sous-cutanée) en primovaccination, la première s’effectuant deux semaines après la mise bas chez les vaches laitières, et dès l’âge de trois mois chez les veaux d’élevage. Un rappel annuel est prévu.

4. Second appel et bilan de fécondité

Le 23 mars de l’année suivante, M. S sollicite à nouveau l’intervention du vétérinaire pour infertilité. Le critère du bilan de fécondité le plus pénalisant est le pourcentage de vaches qui ont nécessité trois inséminations artificielles (IA) et plus : celui-ci dépasse 36 % (figure 1 et tableau 2 complémentaire sur www.WK-Vet.fr). Le taux de conception est alors seulement de 37 %.

Le pourcentage de métrites est de 19 %, taux considéré comme élevé, la détection étant assurée par l’éleveur.

Trente quatre vaches sont gestantes sur les 48 ayant vêlé au cours de la campagne : le renouvellement est donc de 14 vaches, soit moins de 30 %. Toutefois, cinq réformes sont motivées par l’infécondité. Ce chiffre est un peu élevé, mais l’éleveur déclare privilégier le regroupement de ses vêlages, ce qui peut alors justifier une élévation du taux de réforme pour infécondité.

Le rang moyen de lactation est à 2,8, témoignant d’une longévité acceptable des vaches du troupeau (il est désormais souvent en deçà de 2,5).

Trois grandes familles de facteurs de risque sont explorées en priorité face au fort pourcentage de vaches nécessitant trois IA et plus :

– sur la piste infectieuse : une circulation de fièvre Q (facteur ici appréhendé en premier lieu étant donné les antécédents d’avortements) ;

– dans le domaine de l’équilibre azote/énergie de la ration : un excès d’azote dégradable, une acidose, et/ou un déficit énergétique excessif en début de lactation ;

– pour les oligo-éléments : un déficit.

5. Bilan de situation fièvre Q

Une recherche de fièvre Q par PCR est demandée sur lait de tank. L’analyse se révèle négative.

6. Bilan azote/énergie et corrections

Recherche 1 : excès d’azote dégradable

Le taux d’urée dans le lait est examiné. Globalement les valeurs restent inférieures à 400, ce qui n’est pas en faveur d’un excès d’azote dégradable (zone tolérée : 300 à 330) (tableau 3 complémentaire et figure 2 complémentaire sur www.WK-Vet.fr) [3].

Recherche 2 : acidose

Trois indicateurs d’acidose sont examinés : les taux butyreux (TB) du lait, l’état des bouses et les coefficients de remplissage du rumen [22].

• Une chute de TB est observée à partir de novembre 2005 (tableau 4 complémentaire sur www.WK-Vet.fr). En première approche, les données de production de trois vaches sont examinées, avec un calcul rapide des rapports TB/TP (taux protéique) (tableaux 5a et 5b). Une vache est en acidose, une autre en cétose et la troisième dans aucune de ces deux situations.

Ensuite, la répartition des rapports individuels est examinée en détail, grâce à l’outil informatique Vet expert® appliqué à l’ensemble du troupeau pour un contrôle mensuel. La répartition s’effectue, soit en fonction de la production laitière, soit en fonction des jours de production (et en tenant compte de la production laitière). La tendance globale est bien à l’acidose, une grande proportion de vaches se situant autour ou en deçà d’un rapport TB/TP de 1. Cette anomalie n’affecte pas seulement les vaches qui reçoivent le concentré de production au distributeur automatique (DAC) (c’est-à-dire celles autour du pic). Un facteur de risque “déficit de fibrosité global de la ration” peut donc, d’ores et déjà, être privilégié.

• L’examen d’une bouse confirme la présence évidente de grains de maïs non digérés et de fibres longues (supérieures à 1 cm) en abondance, observation associée à l’acidose (photo 1).

• Le coefficient de remplissage du rumen est jugé insuffisant à l’examen du comblement du flanc gauche sur quelques vaches (la principale conséquence de l’acidose est une baisse d’ingestion).

Origine de l’acidose

• Les éléments de la ration qui peuvent conduire à une acidose sont :

– un défaut de fibrosité ;

– et/ou un taux d’amidon et de sucre excessif ;

– et/ou un défaut d’apports de substrat nécessaire au développement de la flore cellulolytique : phosphore ou urée.

L’ensilage de maïs est donc examiné à l’aide d’un tamis Arvialis® (photo 2). La proportion de particules très fines (inférieures à 0,5 cm) est trop importante (35 contre 25 %) et la proportion de particules grossières (supérieures à 1 cm) est trop faible (17 contre 30 %). Le fourrage principal de la ration est donc “à risque pour l’acidose” (tableau 6 complémentaire).

• L’analyse de la ration est réalisée grâce au logiciel Larelev®. Le taux d’amidon et de sucre est à 22 %, donc correct, d’autant que le mode de distribution ne constitue pas un facteur pénalisant (le concentré de production est distribué en quantité fractionnée et progressivement, au DAC).

• Le rapport PDIE - PDIN / UFL (unités fourrage lait) est inférieur à 6 (traduisant un apport satisfaisant en azote dégradable) et les besoins en phosphore sont couverts.

Corrections de fibrosité

• Pour le long terme, à la prochaine récolte, il est conseillé à l’éleveur de procéder à une coupe bien nette, au minimum à 15 mm du maïs destiné à la confection de l’ensilage. La récolte doit s’effectuer à un stade tardif, mais pas trop (au stade “grain à peine vitreux sur plante verte”).

• Dans l’immédiat, l’acidose peut être partiellement corrigée en encourageant l’ingestion de la fane de pois (photo 3). Au lieu du libre-service au râtelier, elle doit être distribuée à l’auge en début de cycle alimentaire, après la traite du matin.

Recherche 3 : déficit énergétique excessif en début de lactation

Pour écarter le dernier facteur de risque pour le bilan azote/énergie, le TP minimal des trois premiers contrôles est examiné (en se situant par rapport au pic de lactation) ainsi que l’état corporel des animaux (figure 3 complémentaire sur www.WK-Vet.fr).

Ces éléments ne constituent pas ici un facteur pénalisant.

7. Corrections “oligo-éléments”

Cinq vaches font l’objet de prélèvements de sang pour dosages de cuivre, ceruloplasmine (CP), zinc, glutathion peroxydase (GSH Px : enzyme sélénodépendante), au LDA d’Ille-et-Vilaine (35) (tableau 7).

Les cuprémies sont marginales et la céruloplasmine est effondrée. Une carence en cuivre induite est donc envisagée.

Dans cet élevage, l’eau du réseau est utilisée. L’hypothèse d’une carence induite, secondaire à un excès de fer peut donc être a priori écartée (des eaux de forage trop riches en fer sont à l’inverse fréquentes en Normandie). L’hypothèse d’une carence induite en cuivre, secondaire à un excès de molybdène reste la plus prévalente.

Un bolus à relargage lent et progressif de cuivre (et aussi de sélénium) est administré aux vaches au moment du tarissement (relargage sur six mois) (Cosecure vet®).

8. Bilan “corrections” et évolution

• La vaccination a été maintenue (rappels annuels).

• La fibrosité a été corrigée comme conseillé à court terme.

• Une complémentation en cuivre est assurée par l’administration d’un bolus Cosecure vet®.

Des profils métaboliques post-supplémentation ont été effectués un an après l’administration des premiers bolus : une remontée des taux de cuivre et de céruloplasmine (mais également du Se, à travers l’enzyme GSH Px) est obtenue.

L’année suivante, le taux de conception monte à 55 %, ce que l’éleveur ne ressent pas comme un progrès phénoménal, mais il apprécie une légère baisse du taux de réforme enregistrée conjointement (11 contre 14). La marge de progrès qu’il a réalisée se lit aussi dans l’évolution du taux de réussite en première IA (52 %) et dans la baisse du taux de métrite (15 %) (figure 4 complémentaire).

Discussion

1. Choix des analyses “avortement”

• La fièvre Q a été recherchée car elle est plausible à ces stades d’avortement tardifs.

• Le statut envers la néosporose a été exploré, même si les avortements sont généralement plus précoces avec cette parasitose (entre quatre et sept mois de gestation). En pratique courante, nous le déterminons systématiquement lors de consultation pour avortements. C’est l’analyse PCR sur fœtus qui a permis d’affirmer que Neospora caninum n’était pas impliqué directement dans les avortements observés, bien qu’il circulait dans l’élevage [15].

• La salmonellose est une cause d’avortement peu fréquente dans cette région, mais elle a été demandée en raison du voisinage d’un élevage avicole (cycle des salmonelles dans l’environnement).

• La brucellose a été demandée en raison de l’obligation légale qui en est faite.

• Les mycoses n’ont pas été recherchées, en l’absence de lésions évocatrices évidentes sur la délivrance. La BVD (maladie des muqueuses) n’a pas été demandée en première intention dans ce cas car elle est généralement associée à des avortements en début de gestation. Quant à l’IBR, l’élevage a été certifié indemne de cette maladie.

2. Diagnostic fièvre Q

• Le diagnostic de coxiellose abortive a été effectué ici sur la base d’une PCR individuelle positive sur la vache avortée récemment, et d’une sérologie positive sur une vache avortée depuis plus de huit jours [10, 12].

• Outre les avortements (tardifs), d’autres signes cliniques ont pu renforcer une suspicion de coxiellose, en particulier les métrites et l’infertilité [7]. En revanche, la naissance d’animaux chétifs et l’observation de pneumopathies récurrentes chez les jeunes animaux n’étaient pas présents dans cet élevage.

• Une PCR sur lait de tank n’est pas un bon test (en première intention) lors d’un épisode abortif. Elle a été utilisée par la suite pour confirmer ou infirmer une circulation de la bactérie, sachant que les animaux ont été vaccinés (risque de faux positif en sérologie) [12, 13].

• La possibilité d’acheminer l’avorton au laboratoire pour PCR dans ce cas a été une chance. Lorsque du mucus vaginal ou du placenta est envoyé au laboratoire, il convient d’interpréter le résultat en demandant au laboratoire le nombre de cycle d’amplification (“CT”) à partir duquel le résultat est positif (inversement proportionnel au nombre de coxiella présentes dans l’échantillon). A 39 ou 40, un nombre réduit de Coxiella, donc une contamination exogène par l’environnement peut en effet être en cause.

3. Traitement contre la fièvre Q

La vaccination contre la coxiellose est pertinente avec un vaccin en phase 1 en élevage affecté [5, 11]. Le vaccin utilisé dans ce cas (Coxevax®) est encore sous autorisation temporaire d’utilisation, mais il a montré son efficacité vis-à-vis des avortements, de la présence et de la durée d’excrétion de la bactérie dans les sécrétions vaginales et dans le lait après mise bas [11].

Il était indiqué de ne pas exclure a priori l’implication de la fièvre Q dans les troubles de la reproduction persistant après vaccination, car les mortalités embryonnaires peuvent se manifester encore pendant un temps dans certains cas (et persistance de la bactérie dans l’environnement : vacciner pendant plusieurs années).

L’antibioprévention (tétracyclines) vis-à-vis de la fièvre Q est une pratique courante actuellement. Elle n’a pas été mise en œuvre dans ce cas. L’intérêt de cette mesure thérapeutique supplémentaire reste à évaluer pour le nouveau vaccin en phase 1 (étude-terrain en cours dans le Grand-Ouest) [19].

4. Lecture “personnalisée” des données de reproduction

Les résultats de reproduction sont techniquement insatisfaisants : trois inséminations artificielles ou plus, taux de conception, etc., mais ils sont peu pénalisants économiquement : l’objectif de l’éleveur est de privilégier un bon groupement des vêlages pour produire du lait en quantité au pic du prix du lait [18]. Il est atteint dans ce cas (48 vêlages bien répartis autour d’octobre chez les vaches et sensiblement la même chose chez les génisses), au prix (relativement bas) d’une plus grande quantité d’inséminations. La longévité des vaches est bonne.

5. Investigations alimentaires : l’acidose, une dominante dans ce cas

• Un excès d’azote dégradable a été recherché car il peut être à l’origine d’infertilité, de mortalité embryonnaire, de métrites (et aussi de boiteries) [17]. L’impact sur la reproduction est d’autant plus important que le TP reste bas (excès d’azote dégradable associé à un apport énergétique insuffisant) [17].

• La relation entre acidose et infertilité n’est pas complètement élucidée. Plusieurs hypothèses sont émises : mauvais recyclage du phosphore salivaire, production augmentée de prostaglandine à la suite de l’inflammation de la paroi ruménale [17].

• Le défaut de remplissage du rumen est un signe simple, précoce et fiable d’acidose (ruminite douloureuse, donc baisse d’ingestion), mais non spécifique [2, 21]. L’aspect des bouses peut être trompeur (l’utilisation d’éclateurs de grains à la récolte rend leur présence à l’état non digéré discrète dans les bouses), de même que l’examen des TB (pouvant être maintenu “artificiellement” élevé par la présence de betterave dans la ration par exemple) [3, 4, 20, 21]. Dans ce cas, tous les signes ont orienté vers l’acidose (chute de TB dès novembre 2005, tombant à 32) [2, 9].

• En situation de mauvaise réussite en IA, il convient de rechercher un déficit énergétique excessif en début de lactation [17]. L’étude de grande envergure baptisée “Nec + repro” conduite en Rhône-Alpes par Claire Ponsart et coll. a notamment établi que le TP minimal des trois premiers contrôles est un bon reflet d’une perte importante d’état en début de lactation, et que cela influe dans la réussite à l’IA [6, 16].

Le retard de reprise d’activité ovarienne découlant d’un bilan énergétique trop négatif entraîne des inséminations sur une première, voire une seconde ovulation à l’origine d’un corps jaune insuffisamment performant pour une bonne survie embryonnaire. La croissance non gonado-dépendante des follicules primaires, qui a lieu pendant une période de fort déficit énergétique, aboutit deux à trois mois plus tard, lors de la mise à la reproduction, à des follicules de mauvaise qualité inaptes à la fertilité [6, 17].

6. Explorations minérales

Une carence induite en cuivre a été diagnostiquée dans ce contexte de mauvaises performances de reproduction. Une enzyme hypothalomo-hypophysaire cuprodépendante : la PAM (peptidylglycine alpha-amidating monooxygenase) joue un rôle clé dans la reproduction (décharge ovulatoire d’hormone lutéinique ou LH). Une carence en cuivre peut ainsi engendrer une baisse de fertilité.

Les cuprémies satisfaisantes avec des céruloplasmines effondrées, telles qu’observées dans ce cas, sont rapportées lors de carences induites secondaires à des excès de molybdène ou de fer (situations relativement rares en France d’après Enjalbert) [8, 14].

L’excès de molybdène est lié à la nature intrinsèque des sols localement (et se traduit par des excès dans les fourrages produits). Il n’existe pas de cartographie des zones où des excès de molybdène peuvent être redoutés.

Il n’est pas facile de différencier les carences induites, secondaires à un excès de Mo, de celles induites, secondaires à un excès de fer, en l’état actuel des analyses disponibles en routine.

Une compensation par des administrations en continu de cuivre est alors seule possible en pratique [14].

Les pulpes surpressées de betterave ajoutées dans les rations dans le nord de la France peuvent aussi induire des carences en cuivre (par défaut d’absorption lié à la teneur en sulfate de calcium). Elles figurent dans la ration étudiée, mais leur impact sur le statut cuprique nous semble généralement peu prononcé.

Dans le cas présenté, les portes d’entrée du conseil sanitaire à l’éleveur étaient étroites, en lien avec le niveau de formation de celui-ci à la base. Deux avortements en un mois, puis un taux de conception dégradé, mais sans incidence économique majeure, ont néanmoins motivé les deux interventions vétérinaires successives. La marge de progrès sanitaire a été toutefois bien réelle, et les actions correctrices assez faciles à mettre en pratique (vaccination, ration, complémentation).

Références

  • 4 - Bertheloz B, Vagneur M. Examen du silo de maïs en pratique. Point Vét. 2008 ; 39(284): 39-43.
  • 5 - Camuset P, Remmy D. Q fever (Coxiella burnetii). Eradication in a dairy herd by using vaccination with a Phase I vaccine (Coxevac® Ceva SA). Jubilee World buiatrics congress. 6-11 juillet 2008 Budapest (Hongrie) présentation n° 137.
  • 6 - Dubois P, Freret S, Charbonnier G et coll. Influence des paramètres laitiers sur la régularité de cyclicité post-partum et les performances de reproduction en race Prim’Holstein. 13es Rencontres recherches ruminants, Paris La Villette. 2006 : 295 ou consultable en ligne http://www.journees3r.fr/ IMG/pdf/2006_9_reproduction_15_Dubois.pdf
  • 7 - Dupuis G, Peter O, Pedroni D et coll. Clinical aspects observed during an epidemic of 415 cases of Q fever. Schweiz Med. Wochenschr. 1985 ; 115(24): 814-818
  • 8 - Enjalbert F. Carences en oligo-éléments et en vitamines. Point Vét. 2005 ; 36(special reproduction des ruminants : maîtrise des cycles et pathologie): 106-110.
  • 13 - Guatteo R. Beaudeau F, Joly A et coll. Coxiella burnetii shedding by dairy cows. Vet. Res. 2007 ; 38(6): 849-860.
  • 16 - Ponsart C, Frappat B, Le Mezec P et coll. Une palette d’outils pour améliorer la reproduction des vaches laitières. Journées rencontres recherches ruminants, Paris La Villette. 2007 texte consultable en ligne en décembre 2008 : http://www.journees3r.fr/texte.php3? id_article=2550
  • 19 - Senkowski A. Fièvre Q : vaccination et/ou antibiothérapie ? Point Vét. 2008 ; 39(284): 11.

Encadré 1 : Alimentation

• La ration est distribuée sous forme semi-complète en couloir d’alimentation, avec une dessileuse.

• Des pierres à sel sont à disposition.

• De la pulpe surpressée de betterave sucrière et du soja sont ajoutés à l’ensilage de maïs.

• De la fane de pois est proposée au râtelier (fourrage peu lignifié de bonne valeur alimentaire comparable à celle de la luzerne).

• Un correcteur azoté protégé est donné au distributeur automatique (DAC) les deux premiers mois de lactation en plus du concentré de production pour vaches laitières.

POINTS FORTS

• La fièvre Q a été envisagée lors d’avortements tardifs.

• La PCR sur lait de tank n’est pas à utiliser en première intention lors d’un épisode abortif.

• En élevage affecté par la fièvre Q, une vaccination avec un vaccin en phase 1 est justifiée.

• Le défaut de remplissage du rumen est un signe fiable d’acidose, mais non spécifique.

• Lors de mauvaise réussite en insémination artificielle, un déficit énergétique excessif en début de lactation est recherché.

Figure 1 : Bilan de fécondité 2005-2006

Le critère le plus pénalisant est le pourcentage de vaches nécessitant trois inséminations artificielles ou plus. Le taux de conception est bas.

Bouse de vache en acidose : claire, de faible consistance, beaucoup d’éléments non digérés (fibres et grains d’amidon).

Tamis Arvialis, anciennement ITCF.

Fane de pois. À court terme, une distribution de ce fourrage (ou de luzerne) disponible sur l’exploitation a été conseillée en début de cycle alimentaire, pour augmenter la fibrosité de la ration.

Tableau 1 : Résultats d’analyses des deux vaches avortées à un mois d’intervalle

Coxiella burnettii est probablement impliqué dans les avortements observés et accessoirement, Néospora caninum est présent dans cet élevage.

Tableau 5a : Données de production pour trois vaches

La vache 5642 est en cétose, la vache 3063 est en acidose.

Tableau 5b : Interprétation du rapport TB/TP

TB : taux butyreux ; TP : taux protéïque.

Tableau 7 : Profils métaboliques des oligo-éléments

Initialement, les cuprémies sont marginales, les céruloplasmines sont effondrées et le statut sélénique est marginal. En 2008, les valeurs reviennent dans les valeurs de référence.