Le point Vétérinaire n° 283 du 01/03/2008
 

Question de lecteur

Fabien Allard

Consultant itinérant en chirurgie, 9, rue Victor-Hugo, 91290 Arpajon

Un hygroma (du grec hygro, eau, et oma, tumeur), ou bursite, est un kyste séreux. Il se développe dans les tissus mous qui recouvrent des protubérances osseuses : olécrâne, tubérosité du calcanéus, tubérosité ischiatique, grand trochanter, chez le jeune chien qui ne possède pas encore de cal protecteur ou chez le vieil animal à mobilité réduite.

Chez le chien de grande race, lorsqu’il est assis ou couché, de fortes pressions s’exercent sur ces régions, et compriment toutes les couches tissulaires comprises entre le substrat et l’os. Chez la plupart des jeunes chiens, ces traumatismes répétés mais minimes entraînent une inflammation tissulaire modérée qui se traduit par la formation d’un cal protecteur.

Le premier stade lésionnel correspond à un érythème et à un œdème légers. Le deuxième stade se manifeste par une ischémie, liée à l’écrasement puis à la destruction artériolaires. Un œdème modéré et/ou un hématome se développent, s’infiltrent dans les tissus nécrosés et ne se résorbent pas puisque la vascularisation s’est appauvrie. L’inflammation s’accentue et le phénomène s’auto-entretient. La douleur, dans la plupart des cas, est légère ou modérée, et l’état général n’est pas affecté. Le troisième stade se caractérise par une abcédation ou une ulcération de l’hygroma, associée à une douleur modérée ou sévère et à une dégradation de l’état général.

Si aucun consensus n’est établi pour le traitement de l’hygroma, il paraît judicieux, pour les stades 1 et 2, d’en supprimer rapidement la cause en recouvrant les aires de couchage de couvertures ou de matelas. Un pansement protecteur et compressif (type bandage de Robert-Jones) peut aussi être mis en place en première intention. La plupart des petites lésions régressent, souvent lentement, parfois avec des rechutes, mais, à la longue, un cal se forme. Si la lésion ne s’aggrave pas et que l’animal ne présente pas de signes de douleur, les propriétaires doivent poursuivre le traitement conservateur, même si celui-ci est long.

Certains auteurs préconisent, en première intention, le drainage des hygromas de stade 2 ; d’autres le considèrent inutile, voire dangereux car fréquemment responsable de l’évolution en hygromas de stade 3. S’il est réalisé, les règles strictes de l’asepsie doivent être respectées et un bandage compressif est systématiquement mis en place pour une durée minimale de trois semaines.

Les hygromas de stade 2 pour lesquels le traitement conservateur a échoué et les hygromas de stade 3 sont traités par exérèse chirurgicale. Celle-ci consiste à séparer avec soin la capsule fibreuse du reste des tissus mous et à refermer la plaie méticuleusement, en éliminant les espaces morts. Un bandage compressif est mis en place et doit être changé régulièrement pendant trois semaines.