Le point Vétérinaire n° 281 du 01/12/2007
 

Dermatologie du chien

Pratique

Cas clinique

William Bordeau

Clinique vétérinaire
3, avenue Foch
94700 Maisons-Alfort

Une alopécie est décrite chez un caniche âgé de douze ans. La réalisation de tests endocriniens et d’une analyse histopathologique permet de diagnostiquer une dermatose due à un leydigome.

Résumé

Un caniche mâle, âgé de douze ans, en bon état général, est présenté en consultation en raison de la survenue quelques semaines auparavant d’une dermatose alopéciante spontanée, bilatérale et symétrique qui se localise sur la région dorsolombaire, les flancs, la queue et l’arrière des cuisses. L’aspect clinique évoquant une dermatose d’origine dysendocrinienne, une exploration endocrinienne complète est réalisée. Elle permet de mettre en évidence une hyperœstradiolémie. La palpation testiculaire ne révèle aucune anomalie. L’animal est castré : une repousse complète du pelage est observée en quelques mois. L’analyse histologique des testicules révèle l’existence d’un leydigome.

Le testicule est à la fois une glande endocrine, à l’origine de la production de différentes hormones sexuelles, et une glande exocrine qui assure la spermatogenèse [5].

Le chien est l’espèce domestique la plus menacée par les tumeurs du testicule. La fréquence des tumeurs bénignes est nettement supérieure à celle des tumeurs malignes. Elles peuvent toutefois évoluer de façon dramatique. Une tumeur testiculaire ne doit jamais être négligée. La monorchidie et la cryptorchidie multiplient les risques de tumorisation testiculaire par un facteur 14 [2].

Exceptionnellement, ces tumeurs testiculaires, quel qu’en soit le type, peuvent être à l’origine d’une dermatose bilatérale, symétrique et non prurigineuse.

Cas clinique

Un caniche mâle âgé de douze ans est présenté en consultation pour la survenue, quelques semaines auparavant, d’une perte de poils marquée en région dorsolombaire.

1. Commémoratifs

Le chien vit en appartement. Il s’agit du seul animal présent. Il n’a pas de contacts avec d’autres animaux, hormis ceux qu’il rencontre lors de ses sorties.

Aucune contagion humaine n’est relatée.

L’animal part en voyage avec ses maîtres, mais aucun n’a été effectué depuis l’apparition de la dermatose.

La prévention antiparasitaire est réalisée mensuellement par l’application de fipronil (Frontline® Spray).

L’animal est à jour de ses vaccins.

Son alimentation est de type industriel à base de croquettes.

L’animal ne reçoit actuellement aucun traitement pour cette dermatose ou une autre affection.

2. Anamnèse et examen clinique général

• La dermatose est apparue six semaines auparavant. Elle s’est initialement manifestée par une perte de poils spontanée en région dorsolombaire.

• L’animal, d’un poids de 9 kilos, est en bon état général. Aucune anomalie n’est observée en dehors des lésions cutanées. Il ne présente ni polyphagie ni polydypsie. Aucune polyurie n’est signalée.

3. Examen dermatologique

Examen à distance

Les lésions sont symétriques et uniquement observées sur le thorax, les flancs, la région dorsolombaire, l’arrière des cuisses et la queue.

Examen rapproché

Sur ces différentes localisations, une alopécie diffuse est observée ( à ). Aucune pyodermite n’est associée. La peau n’apparaît ni fine, ni comédoneuse.

Aucune gynécomastie ni aucune dermatose linéaire préputiale n’est observée.

Synthèse clinique

Un chien de race caniche, âgé de douze ans, en bon état général, présente une dermatose non prurigineuse qui se manifeste par une alopécie diffuse, d’apparition spontanée, se localisant au niveau du thorax, de la région dorsolombaire, des flancs, de la queue et à l’arrière des cuisses.

4. Hypothèses diagnostiques

Les hypothèses diagnostiques qui sont envisagées après le recueil de l’anamnèse et des commémoratifs et l’examen clinique sont :

- une dermatose due à un dysfonctionnement endocrinien d’origine gonadique, thyroïdienne ou corticosurrénalienne ;

- une alopécie X ;

- une démodécie.

5. Examens complémentaires

• Des raclages sont réalisés sur différentes localisations corporelles. Les prélèvements sont déposés dans du lactophénol, avant d’être observés au microscope au grossissement 10. Ils sont négatifs.

• Un trichogramme permet d’observer une grande majorité de poils en phase télogène.

• Une exploration endocrinienne est ensuite mise en œuvre. Un test de stimulation à l’ACTH (adreno-corticotropic hormone) est effectué. Le cortisol est dosé à partir des prises de sang pratiquées à T0 et à T0 + 1 h 30. Le premier prélèvement permet également de doser la thyroxine et la TSH (thyroid stimulating hormone). Les concentrations mesurées se trouvent dans les valeurs usuelles.

Sur le prélèvement effectué à T0, un dosage de progestérone, d’œstradiol et de testostérone est aussi réalisé. Les concentrations en progestérone et en testostérone se trouvent dans les valeurs usuelles. La concentration en œstradiol est, en revanche, de 61 pmol/l, ce qui est anormalement élevé et compatible avec une tumeur hypersécrétante du testicule. En effet, pour le laboratoire d’endocrinologie (service de biochimie de l’ENV de Lyon), chez un chien, toute concentration en œstradiol supérieure au seuil de détection établi chez la chienne est anormale. En raison de cette hyperœstradiolémie, aucune stimulation par l’HCG (human chorionic gonadotropin), qui aurait éventuellement mis en évidence une hypertestostéronémie poststimulation, n’est réalisée.

• Une alopécie secondaire à une dysendocrinie gonadique, s’exprimant également par une hyperœstradiolémie, est donc fortement suspectée.

• Aucune analyse hématologique n’est réalisée car l’état général du chien est bon, l’examen clinique ne le justifie pas (absence de pâleur des muqueuses) et les propriétaires désirent limiter les frais.

6. Traitement

Il est décidé de castrer le chien et de réaliser une analyse histopathologique des testicules. Celle-ci révèle la présence d’une tumeur nodulaire intratesticulaire bien délimitée qui repousse et écrase le parenchyme tubulaire en périphérie. Le nodule tumoral est nécrotico-hémorragique à 90 %. Dans le territoire résiduel non nécrotique, de grandes cellules épithéliales polygonales de type cellules de Leydig sont observées. Le tissu constitué est en partie angiomateux. Il s’agit donc d’un volumineux leydigome intratesticulaire nécrotico-hémorragique.

7. Suivi

• L’animal est revu deux mois plus tard. Il est toujours en parfait état général. Une nette repousse du pelage sur l’ensemble des zones affectées est constatée ( à ).

• Un contrôle téléphonique effectué quelques mois plus tard confirme une repousse totale du pelage. Aucune rechute n’est survenue.

Discussion

1. Définition

Trois types de tumeurs testiculaires, avec une fréquence globalement comparable, sont essentiellement rencontrés chez le chien [4, 5, 13].

• Le sertolinome, ou tumeur des cellules de Sertoli, est plutôt bosselé et/ou lobulé. Il est très dense et blanc, avec localement des zones de nécrose et/ou d’hémorragie [1]. Dans 10 % des cas, les sertolinomes sont bilatéraux. Des métastases se localisant essentiellement sur les ganglions locorégionaux et les poumons surviennent dans 2 à 14 % des cas [3].

• Le leydigome, ou tumeur des cellules de Leydig, est en général intratesticulaire. Aux contours bien délimités, cette tumeur est molle et brune. Elle s’écrase facilement. Il s’agit de petits néoplasmes, souvent difficiles à palper [7]. Dans le cas décrit, aucune anomalie n’est constatée lors de la palpation testiculaire.

• Le séminome, ou tumeur de la lignée germinale, est généralement petit, homogène. Il a une disposition polaire dans le testicule. Il est assez facilement palpable [1].

• Les tumeurs mixtes ou indifférenciées sont plus rares.

2. Épidémiologie

• Les tumeurs testiculaires représentent le troisième type de tumeurs le plus souvent rencontré chez le chien, après les tumeurs cutanées et les hémopathies. Cela correspond à 4 à 7 % de l’ensemble des tumeurs canines, selon les auteurs [3]. Ainsi, 90 % des tumeurs génitales du mâle sont testiculaires [3].

• Les tumeurs testiculaires apparaissent généralement chez le chien âgé [1]. En moyenne, le sertolinome survient à l’âge de neuf ans, le séminome à dix ans et le leydigome à onze ans [5].

Elles sont plus fréquemment décrites dans certaines races, comme le boxer, le fox terrier, le berger allemand, le yorkshire, le cocker spaniel et le colley [1, 12].

3. Manifestations cliniques

Les tumeurs testiculaires peuvent être à l’origine de nombreuses manifestations cliniques [5].

• Sur les testicules, une hypertrophie, non systématique et parfois tardive, est observée. Une modification de leur consistance peut être palpée. Une atrophie du testicule controlatéral est parfois observée. Cette diminution de taille et de consistance résulte des sécrétions hormonales en excès du testicule tumoral. Les tumeurs testiculaires peuvent également être à l’origine de manifestations cutanées. En effet, les hormones stéroïdes sexuelles ont un effet marqué sur l’épiderme et ses annexes, ainsi que sur le derme [9]. Il existe d’importantes variations selon les territoires cutanés et les espèces animales.

• Les œstrogènes augmentent ou diminuent l’épaisseur de l’épiderme selon les espèces. Les androgènes et la progestérone accroissent l’épaisseur épidermique en stimulant le nombre des mitoses [8]. Les œstrogènes et les androgènes augmentent l’épaisseur du derme par une accélération de la synthèse de l’acide hyaluronique, mais aussi par une baisse de sa dégradation. Ils élèvent également la teneur en eau de la substance fondamentale.

Toutes les hormones sexuelles accentuent la pigmentation de la peau. Les androgènes augmentent la taille des glandes sébacées et la production de sébum. Ils induisent une hyperplasie et une hypertrophie des sébocytes [8]. Les glandes circumanales sont également stimulées par les androgènes. Les œstrogènes diminuent, la production de sébum et la taille des glandes sébacées [9].

Les hormones sexuelles influencent aussi le cycle pilaire de plusieurs façons. Elles peuvent avancer ou retarder l’initiation de la phase anagène, modifier la durée de celle-ci ou retarder la phase de repos. Elles modifient le cycle dans son ensemble [9].

Les tumeurs testiculaires sont donc susceptibles d’entraîner différentes manifestations dermatologiques, sans que leur prévalence soit toutefois connue. Celles-ci résultent généralement de l’existence d’un sertolinome, mais un leydigome, voire un séminome peuvent également être à l’origine d’une dermatose [10].

Chez le chien, l’alopécie bilatérale, symétrique et non prurigineuse est la principale manifestation de ces tumeurs testiculaires. Elle débute généralement en régions génitale et périnéale, avant de s’étendre cranialement à l’abdomen, à la région dorsolombaire, au thorax, puis à l’encolure [1, 4, 13]. Dans le cas décrit, cette alopécie spontanée a alerté les propriétaires et a motivé la consultation. Ils ne l’ont constaté que lorsqu’elle a commencé à affecter la région dorsolombaire. En début d’évolution, une modification du pelage, avec un aspect laineux, est parfois notée, ainsi qu’un changement de couleur, avec un roussissement des poils noirs. L’hyperpigmentation de la peau est fréquente, mais elle n’est pas constatée chez ce chien. Des complications infectieuses surviennent parfois, notamment une dermatite à Malassezia qui peut alors entraîner un prurit sévère [11].

Une dermatose linéaire préputiale érythémateuse ou hyperpigmentée sur la face ventrale du fourreau est très évocatrice d’une tumeur testiculaire associée à un hyperœstrogénisme [9].

• Un syndrome de féminisation lié à une hypersécrétion d’œstrogènes peut être observé lors de tumeurs testiculaires. Il est rencontré dans 20 à 25 % des cas de sertolinome, mais apparaît parfois lors de leydigome ou de séminome [12]. Il se traduit par une diminution du volume de l’avant-main, une baisse de la libido, une infertilité, une tendance à attirer les autres mâles, une ptose du fourreau ou encore une hypertrophie des mamelons. Aucune modification morphologique et/ou comportementale traduisant un syndrome de féminisation n’est constatée chez ce chien. Cela pourrait s’expliquer par l’hyperœstradiolémie qui n’est que modérée.

• Lors d’hyperœstrogénisme, une hypoplasie médullaire qui peut aboutir à une pancytopénie est parfois observée. Elle se manifeste par une apathie, des hématomes, des pétéchies, une dysorexie, de la fièvre, une pâleur des muqueuses et des vomissements [4]. Cela accroît le risque de saignement lors de la castration.

• Lors d’hypertestostéronémie, une hyperexcitation sexuelle, une agressivité ou un satyriasis peuvent être observés. Une prostatomégalie, une hyperplasie des glandes circumanales et une hyperplasie de la glande supracaudale sont également parfois notées [13].

• Les métastases testiculaires sont rares et tardives, quel que soit le type tumoral. Elles concernent essentiellement les nœuds lymphatiques locorégionaux. Des métastases à distance, en général secondaires à un sertolinome, peuvent apparaître. L’existence de métastases testiculaires doit être suspectée lors de persistance des manifestations liées à la dysendocrinie après la castration. Ces métastases sont observées dans 10 % des cas de sertolinome environ et dans 5 % des cas de séminome [7].

4. Diagnostic

• Les manifestations cliniques ainsi que différents examens complémentaires permettent de suspecter une dermatose sexuelle due à une tumeur testiculaire. Le diagnostic définitif est toutefois obtenu par l’analyse histopathologique des testicules et la repousse du pelage après castration.

• Une dermatose d’origine sexuelle due à une tumeur testiculaire doit tout d’abord être suspectée lors d’augmentation des concentrations en hormones sexuelles [5].

Chez le chien mâle, la progestérone et la testostérone sont produites par la cellule de Leydig, tandis que l’œstradiol l’est par la cellule de Sertoli et celle de Leydig [6, 13, 15]. Ces trois hormones sexuelles peuvent également être sécrétées par les cellules de la zone réticulée de la corticosurrénale [9]. Chez le chien mâle, la progestéronémie et l’œstradiolémie sont inférieures au seuil détectable chez la femelle, sauf lors de tumeurs testiculaires.

La synthèse de testostérone est pulsatile. Son dosage en dehors d’un test de stimulation par un analogue de LH (luteinizing hormone) est donc souvent difficile à interpréter. Une hypotestostéronémie peut être observée chez un chien qui présente une tumeur testiculaire, mais aussi chez un chien indemne. Une hypertestostéronémie basale ou après stimulation par l’HCG est rare et se produit lors de leydigome [11]. Aucune modification des concentrations en testostérone n’est observée dans 60 à 70 % des cas [14]. Chez ce chien, étant donné l’hyperœstradiolémie, déjà évocatrice d’une tumeur testiculaire, aucune stimulation par l’HCG n’a été réalisée.

Tous les types de tumeurs testiculaires sont susceptibles d’être à l’origine d’une hyperœstradiolémie. Elle est observée dans 40 % des cas de sertolinome. Ce pourcentage n’est pas connu pour les autres types tumoraux [15].

Une concentration détectable en progestérone peut être mesurée chez le chien mâle dans les trois types de tumeurs testiculaires.

Ces résultats endocriniens ne doivent donc être interprétés qu’à la lumière des manifestations cliniques.

• Le trichogramme permet de mettre en évidence un grand nombre de poils en face télogène, ce qui traduit la télogénisation folliculaire observée lors de dermatose d’origine dysendocrinienne.

• La réalisation de frottis préputiaux est indiquée lors de suspicion de tumeurs testiculaires [5]. La sécrétion anormale d’œstradiol chez un chien entraîne, en effet, une kératinisation d’un grand nombre de cellules épithéliales du prépuce. Ce qui leur confère une forme anguleuse avec un aspect en “pétales de maïs”. Une coloration de type Harris-Schorr, utilisée pour les frottis vaginaux, rend cette kératinisation plus facile à mettre en évidence. Les cellules sont alors colorées en rouge car elles sont acidophiles.

• Un examen échographique des testicules peut permettre d’établir un diagnostic de quasi-certitude lorsqu’il est effectué par une personne expérimentée. Les tumeurs testiculaires sont parfois de petite taille, donc difficile à visualiser [3].

• Lors d’hyperœstrogénisme, une numération et une formule sanguines sont réalisées, afin d’évaluer l’hypoplasie médullaire. Elles peuvent ainsi mettre en évidence une anémie arégénérative, une leucopénie avec une lymphocytose ou une thrombocytopénie [5].

• L’analyse histologique de biopsies cutanées est indicative, mais non spécifique [9]. Elle permet de déterminer l’origine endocrine de la dermatose et d’éliminer certaines dermatoses appartenant au diagnostic différentiel. Idéalement, les biopsies doivent être effectuées en différentes localisations : d’abord la zone alopécique la plus ancienne et la plus étendue, ensuite, une région d’alopécie diffuse ou à la jonction avec la zone la plus atteinte, et, enfin, une zone d’aspect normal [8]. Ces prélèvements sont séparés, numérotés et clairement identifiés sur la feuille de commémoratifs.

Les aspects classiques d’une alopécie endocrine sont une hyperkératose plutôt orthokératosique épidermique et folliculaire, avec une relative atrophie épidermique et folliculaire. Cette atrophie folliculaire est non inflammatoire et caractérisée par un arrêt en phase catagène ou télogène. Les follicules bloqués en phase catagène montrent parfois des accumulations excessives de kératine (trychohyaline), colorée en rouge, qui sont à l’origine de leur appellation de “follicules en flammes”. Ces derniers font l’objet de controverses. Ils se rencontrent dans diverses dermatoses endocriniennes et lors d’alopécie X.

• Le diagnostic différentiel des dermatoses d’origine sexuelle comprend l’ensemble des dermatoses à l’origine d’une alopécie non hormonale, comme les dysplasies folliculaires, les alopécies en patron, l’alopécie récurrente des flancs, les effluviums (télogène/anagène), l’alopecia areata ou encore l’adénite sébacée granulomateuse, mais aussi toutes les dermatoses d’origine dysendocrinienne.

5. Traitement

• Le traitement d’une dermatose d’origine sexuelle chez le mâle nécessite une castration bilatérale. Il convient de faire analyser les deux testicules. Les manifestations cliniques doivent disparaître en un à deux mois. En l’absence de guérison, il convient de suspecter l’existence de métastases ou de reconsidérer le diagnostic [5].

• La castration bilatérale constitue l’un des traitements proposés lors d’alopécie X. Cette dernière recouvre un certain nombre de dermatoses dont celle qui était appelée “dermatose répondant à la castration”. Comme les tumeurs testiculaires ne sont pas toujours palpables ou mises en évidence après un examen histopathologique, il est probable que certains cas d’alopécie X ne soient qu’une dermatose sexuelle due à une tumeur testiculaire. Cette hypothèse est confortée par le fait que, dans l’alopécie X et la dermatose sexuelle due à une tumeur testiculaire, les modifications histopathologiques cutanées sont très proches.

• Les dermatoses sexuelles d’origine testiculaire sont de bon pronostic, sauf lors de myélotoxicité due à un hyperœstrogénisme ou en cas de métastases.

Chez le chien, bien que relativement rares, les tumeurs testiculaires ne doivent pas être occultées lors d’alopécie dorsolombaire bilatérale et symétrique, car leurs répercussions médullaires peuvent être potentiellement fatales.

POINTS FORTS

• Les tumeurs testiculaires représentent le troisième type de tumeurs le plus souvent rencontré chez le chien.

• Les tumeurs testiculaires sont généralement bénignes.

• D’un point de vue dermatologique, elles entraînent essentiellement une alopécie bilatérale et symétrique, non prurigineuse sur la région dorsolombaire et les flancs.

• Les tumeurs testiculaires peuvent également provoquer des symptômes généraux, surtout liés à l’élévation des concentrations en hormones sexuelles.

• Le diagnostic définitif est fondé sur la mise en évidence histologique de la tumeur testiculaire et la repousse complète du pelage après castration.

Remerciements au Pr François Crespeau pour l’examen histopathologique.

Références

  • 1 - Bourdeau P. Éléments de dermatologie du chien et du chat vieillissants. Point Vét. 1990;22:255-300.
  • 2 - Crespeau F. Démarche diagnostique d’une tumeur testiculaire chez le chien. Dans : Les indispensables de l’animal de compagnie : Reproduction. Éd. Prat. Méd. Chir. Anim Comp. 1992;207-212.
  • 3 - Ettinger ST, Feldman EC. Tumors of the genital system and mammary glands. In : Textbook of veterinary internal medecine. 4th ed. Ed Saunders WB. Philadelphia. 1995:1699-1704.
  • 4 - Feldman E, Nelson R. Disorders of the testes and epidermidydis. In : Canine and Feline Endocrinology and Reproduction. Eds Saunders WB, Philadelphia. 1996;697-710.
  • 5 - Fontbonne A. Andrologie. In : Gériatrie canine et feline. Éd. Prat. Méd. Chir. Anim. Comp. 1996;115-122.
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  • 7 - Harvey RG, McKeever PJ. Manuel de dermatologie canine et féline. Éd. Masson. 2000;184.
  • 8 - Héripret D. Alopécie symétrique canine : que faire lorsque les explorations thyroïdienne et surrénalienne ne révèlent rien d’anormal. Point Vét. 2000;31:143.
  • 9 - Hubert B. Dermatologie et hormones sexuelles chez les carnivores domestiques. Prat. Méd. Chir. Anim Comp. 1993;25:477-482.
  • 10 - Kim O, Kim KS. Seminoma with hyperesterogenemia in a Yorkshire Terrier. J. Vet. Med. Sci. 2006;1(67):121-123.
  • 11 - Prelaud P, Rosenberg D, De Fornel P. Exploration gonadique dans tests hormonaux. Éd. Masson. 2002;145-180.
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  • 14 - Siliart F. Endocrinologie clinique. In : Les indispensables de l’animal de compagnie : reproduction. Éd. Prat. Méd. Chir. Anim Comp. 1992;171-178.
  • 15 - Siliart B, Le Bizec B. Diagnostic des dysendocrinies sexuelles. Dans : Les indispensables de l’animal de compagnie : dermatologie. Éd. Prat. Méd. Chir. Anim Comp. 1991;174-185.

1 Vue rapprochée du flanc et du thorax gauche. Une alopécie diffuse très étendue est observée.

2 Vue rapprochée du flanc et du thorax droit. Les mêmes lésions sont notées de l’autre côté.

3 Vue rapprochée de la région dorsolombaire. L’alopécie diffuse est plus prononcée sur cette localisation.

4 Vue rapprochée de la queue. Les mêmes lésions sont observées sur la queue.

5 Vue rapprochée de la cuisse gauche. Une alopécie diffuse très nette est notée. Aucun érythème ni aucune pustule ne sont observés.

6 Vue rapprochée du flanc gauche. Une nette repousse du pelage sur toute la zone affectée est observée.

7 Vue rapprochée du flanc droit. Une repousse du pelage est également constatée.

8 Vue rapprochée de l’arrière de l’animal. Les poils repoussent à l’arrière des cuisses et sur la queue.