Le point Vétérinaire n° 279 du 01/10/2007
 

MANDAT SANITAIRE ET MALADIES INFECTIEUSES

Infos

FOCUS

Barbara Dufour

Maladies contagieuses
ENV d’Alfort
7, avenue du Général-de-Gaulle
94700 Maisons-Alfort

Certaines maladies animales autrefois “réputées contagieuses” (MARC) sont notamment transférées dans une véritable liste de maladies à déclaration obligatoire (MADO).

Les maladies réglementées sont nombreuses. Les objectifs des mesures réglementaires prévues varient selon le degré d’implication de l’État. Celui-ci peut s’investir a maxima par l’intermédiaire de mesures de police sanitaire dans le cas des maladies animales réputées contagieuses ou MARC. Il peut aussi a minima encourager les éleveurs à mettre en place des mesures de contrôle, dans le cadre par exemple des contrôles officiels hygiéniques et sanitaires (COHS). Parmi les maladies réglementées figurent aussi celles à prophylaxie collective obligatoire (dépistage obligatoire de la tuberculose et de la brucellose par exemple), ainsi que les affections animales dont la déclaration est obligatoire (MADO). Les listes des maladies réglementées et les modalités d’intervention prévues évoluent régulièrement.

Les listes des MARC et des MADO ont été considérablement remaniées en février 2006. Or ces maladies interviennent dans l’activité du praticien vétérinaire par l’intermédiaire du mandat sanitaire [1, 2].

Suppressions et introductions pour les MARC

• Six maladies ont été supprimées de la liste des MARC (tableau 1). Il s’agit surtout d’affections des abeilles. Les maladies équines et bovines supprimées de cette liste ont été transférées dans celle des maladies animales à déclaration obligatoire (MADO). La lymphangite épizootique et la métrite contagieuse équine, ainsi que l’anaplasmose ne conduisent donc plus à des mesures de police sanitaire.

• Huit maladies ont fait leur apparition (ou réapparition) dans la liste des MARC. Ce sont :

- l’hypodermose et la leucose bovine enzootique (tableau 2) ;

- le botulisme aviaire et la pullorose ;

- les fièvres hémorragiques à Filovirus (Marburg et Ebola), ainsi que l’herpèsvirose simienne de type B, affectant les primates ;

- les infestations des abeilles dues à Aethina tumida et à Tropilaelaps.

• Chez les volailles, le botulisme est désormais une MARC pour des raisons de santé publique. Les mesures précises de police sanitaire afférentes n’ont pas encore été publiées, mais la sensibilité particulière de l’homme au botulisme de type E justifie pleinement une telle inscription dans la liste des MARC. Les formes cliniques de botulisme observées chez les bovins et les oiseaux sauvages figurent dans les MADO.

Lapullorose a été réintroduite parmi les MARC, compte tenu des efforts réalisés par la filière aviaire pour aboutir à son éradication.

• Chez les bovins, pour des raisons “historiques”, la leucose enzootique figure logiquement parmi les MARC, car cette affection a fait l’objet depuis plus de vingt ans d’une prophylaxie collective obligatoire et elle est maintenant pratiquement éradiquée du territoire national.

L’hypodermose bovine a également fait l’objet d’une politique de dépistage et d’élimination, au départ volontaire (lutte collective locale organisée par les groupements de défense sanitaire), et progressivement généralisée pour devenir nationale et obligatoire. Seule la forme clinique de l’hypodermose a été incluse parmi les MARC.

Des extensions d’espèces ou de formes

Diverses modifications sont à noter pour des maladies qui figuraient déjà dans la liste des MARC (voir les encadrés 1 et 2 et l’encadré complémentaire “Liste des MARC concernant les suidés” sur planete-vet.com) :

- la brucellose devient une MARC dans toutes ses formes (clinique ou non) et dans toutes les espèces. Antérieurement les formes latentes sérologiques chez les bovins n’étaient pas des MARC, ni la brucellose chez les animaux sauvages tels que le sanglier ou les cervidés ;

- la fièvre aphteuse est désormais réglementée pour toutes les espèces sensibles, et non plus seulement les ruminants et les porcins ;

- la fièvre catarrhale ovine est désormais aussi une MARC chez les camélidés ;

- la maladie d’Aujeszky devient une MARC dans toutes ses formes, clinique ou non, et pour toutes les espèces sensibles (y compris les ruminants et les carnivores) ;

- la tuberculose à Mycobacterium bovis et M. tuberculosis devient une MARC pour toutes les espèces sensibles de mammifères.

Une véritable liste de MADO

• Jusqu’en février 2006, il n’existait pas à proprement parler de liste de maladies animales à déclaration obligatoire. En revanche, il était prévu dans la réglementation spécifique de quelques maladies que certaines de leurs formes devaient faire l’objet d’une déclaration obligatoire. Une telle précision figurait seulement pour la tuberculose et la brucellose (dans leurs formes autres que celles incluses dans les MARC, par exemple la brucellose latente), ainsi que pour la leucose bovine enzootique (sous toutes ses formes).

• La réglementation de février 2006 a créé une véritable liste de quinze MADO.

Toutes les grandes espèces d’animaux domestiques (porcins, bovins, petits ruminants, oiseaux et chevaux) sont concernées.

Dans cette liste, figurent :

- des maladies exotiques (variole du singe, encéphalite japonaise) ;

- des maladies antérieurement classées parmi les MARC (métrite contagieuse équine, varroase ou encore ornithose psittacose) ;

- des maladies qui, pour certaines espèces ou pour certaines formes (les plus graves ou les plus importantes), figurent aussi dans la liste des MARC (botulisme bovin, comme cela a été noté précédemment, ou encore divers sérovars de salmonelles).

Quelques maladies incluses dans cette liste n’avaient jamais été réglementées : l’artérite virale équine, par exemple.

La conduite à tenir face à ces MARC et à ces MADO est précisée dans la réglementation(1) [1, 2].

  • (1) Ces aspects sont traités dans les articles “De la suspicion à la confirmation d’une maladie animale réglementée” et “Déclaration obligatoire des maladies animales”, du même auteur dans ce numéro.

Encadré 1 : Liste de MARC concernant les équidés

D’après le décret du 17 février 2006, la liste des MARC des équidés comporte :

- l’anémie infectieuse des équidés ;

- la brucellose ;

- la dourine ;

- l’encéphalite japonaise ;

- l’encéphalite West Nile ;

- l’encéphalomyélite virale de type Venezuela ;

- les encéphalomyélites virales de types Est et Ouest ;

- la fièvre charbonneuse ;

- la morve ;

- la peste équine ;

- la rage ;

- la stomatite vésiculeuse ;

- le surra ;

- la tuberculose.

Seule la tuberculose a été nouvellement introduite dans cette liste [1].

Encadré 2 : Liste des MARC concernant les oiseaux

D’après le décret du 17 février 2006, la liste des MARC des oiseaux comporte :

- le botulisme ;

- l’influenza aviaire ;

- la maladie de Newcastle ;

- la pullorose

- les salmonelloses aviaires (Enteritidis, Typhimurium, Hadar, Virchow, Infantis) chez les futurs reproducteurs et reproducteurs de Gallus gallus et de dindes ;

- les salmonelloses aviaires (Enteritidis, Typhimurium) chez les poules pondeuses.

Le botulisme et la pullorose ont été nouvellement introduits dans cette liste. Des modifications sont apparues pour les salmonelloses [1].

Références

  • 1 - Décret n° 2006-178 du 17 février 2006 : portant création d’une liste de maladies réputées contagieuses et modifiant le Code rural, paru au JO du 18 février
  • 2 - Décret n° 2007-179 du 17 février 2006 complété par l’arrêté du 29 juin 2006 paru au JO du 1er aout 2006 portant création d’une liste de maladies à déclaration obligatoire et modifiant le Code rural, paru au JO du 18 février.

Tableau 1 : Maladies supprimées de la liste des MARC

(1) Condition complémentaire : forme clinique seulement.En gras :maladies transférées dans la liste des MADO [1].

Tableau 2 : Liste de MARC concernant les ruminants domestiques

Des maladies ont été nouvellement introduites dans cette liste (en bleu : hypodermose clinique, leucose bovine enzootique), d’autres ont subi des modifications (en orange : encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles, fièvre aphteuse, fièvre catarrhale du mouton, maladie d’Aujeszky), concernant l’espèce visée ou la forme [1].