Le point Vétérinaire n° 278 du 01/09/2007
 

Question de lecteur

Alexandra Briend-Marchal

Laboratoire Vébiotel, 41 bis, avenue Aristide-Briand, 94117 Arcueil Cedex

L’analyse d’urine est un examen complémentaire de première intention. Simple, rapide, d’un faible coût, elle nécessite peu de matériel et apporte de nombreux renseignements pour confirmer ou infirmer des hypothèses diagnostiques.

Selon les résultats obtenus, d’autres examens plus approfondis et plus longs à mettre en œuvre sont demandés au laboratoire.

La densité mesurée avec un réfractomètre (et non sur la bandelette) est un marqueur intéressant de la capacité du rein à concentrer l’urine. Chez les carnivores domestiques, en deçà de 1,020 sur plusieurs prélèvements consécutifs, une exploration rénale peut être envisagée (urémie et créatininémie dans un premier temps, éventuellement calcémie).

Hormis la glucosurie de stress chez le chat, la détection de glucose sur la bandelette conduit à contrôler la glycémie ou à doser la fructosamine (protéine glyquée reflétant les variations de glycémie sur les 15 derniers jours). Si une positivité de la plage réactive des corps cétoniques s’ajoute, une complication acido-cétosique d’un diabète est possible et doit être explorée. Un virage de la coloration de la plage des protéines est contrôlé par la réalisation du dosage protéines/créatinine urinaires qui va quantifier le degré de protéinurie. Ce dosage est éventuellement suivi d’une électrophorèse des protéines urinaires permettant d’estimer l’origine (tubulaire, glomérulaire ou mixte) et d’apprécier la nature (sélective ou non) de la protéinurie.

Après centrifugation de l’urine et préparation du sédiment urinaire entre lame et lamelle, il est possible de détecter et d’identifier des cristaux urinaires. Les plus couramment rencontrés sont les phosphates ammoniaco-magnésiens et les oxalates de calcium, parfois de façon concomitante, ainsi que les urates, la cystine et la brushite.

Une cytocentrifugation est envisagée en présence de cellules (isolées ou en amas) sur le culot urinaire. La présence de leucocytes (et de bactéries observables lorsqu’elles sont en grand nombre) fait suspecter une infection urinaire. Dans ce cas, la mise en culture d’une urine fraîche récoltée par cystocentèse est nécessaire pour isoler la ou les bactéries.

La coloration au May-Grünwald-Giemsa de l’étalement permet d’identifier les caractéristiques cytonucléaires des cellules desquamées dans l’urine et d’orienter le clinicien vers la recherche d’une éventuelle masse au sein du tractus urinaire (examen d’imagerie).

Ainsi, la réalisation d’un examen d’urine permet de dégager des premiers éléments (urine diluée, présence de protéines, de cellules ou de cristaux) et de proposer au client des examens de laboratoire plus sophistiqués pour approfondir le diagnostic.