Le point Vétérinaire n° 278 du 01/09/2007
 

Affections métaboliques des bovins

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QUESTION DE LECTEUR

Carl-Christian Gelfert

Faculté de médecine vétérinaire de Vienne (Autriche)
Carl-Christian.Gelfert@vu-wien.ac.at

Le réflexe thérapeutique d’injecter du phosphore chez une vache couchée est discutable.

L’hypophosphatémie souvent associée à la fièvre vitulaire pourrait avoir une influence pathophysiologique significative. Toutefois, une étude multicentrique en clientèle semble montrer que l’adjonction de phosphore n’améliore par la guérison.

• L’objectif de l’essai, réalisé conjointement avec la faculté de Berlin, était d’étudier l’incidence de l’hypophosphatémie chez des vaches en décubitus prolongé en peri-partum, et l’impact de concentrations basses en phosphore sur le taux de réforme(1). Pendant un an, toutes les vaches présentées en décubitus dans deux clientèles en Allemagne sont incluses (n = 366, races holstein et simmenthal surtout). Les commémoratifs, les signes cliniques, et le succès thérapeutique sont consignés. Avant chaque traitement des dosages sanguins de calcium, de phosphore, de magnésium, d’aspartate amino-transférase (ASAT), de glutamate déshydrogénase, de créatine kinase (CK), d’urée, de bilirubine totale et de ß-hydroxybutyrate sont effectués. Les vaches sont réparties au hasard dans un des deux groupes de traitement constitués : “témoin” (CT) ou “phosphore” (PT) et reçoivent toutes un traitement à l’aide de gluconate de calcium à 24 % (500 ml) et de dexaméthasone (30 mg) 1,2 g de phosphore est administré à la moitié du groupe PT (PT A) et 1,4 g à l’autre moitié (PT B).

• Les vaches des deux groupes ne diffèrent pas significativement. Avant traitement, les concentrations médianes en calcium et en phosphore sont en dessous des seuils de référence dans les deux fermes et dans les trois groupes. Les taux de phosphore ne diffèrent pas entre les groupes (p > 0,05), ni les autres paramètres analysés (significatif). Après traitement, seul le taux de succès a pu être analysé : après un seul traitement, il ne diffère pas (p > 0,05) dans les deux clientèles entre les deux types de traitement. Il reste élevé sans phosphore (figure “Taux de guérison après un traitement et taux de guérison total”, sur planete-vet.com). Les concentrations initiales en phosphore sont plus basses chez les vaches qui ont nécessité un deuxième traitement (p < 0,05). Les concentrations initiales en calcium ne diffèrent pas (p > 0,05) entre vaches guéries après un traitement ou plusieurs (figure “Concentrations en phosphore avant le premier traitement et succès du traitement”, sur planete-vet.com). Les vaches qui ne guérissent pas ont des phosphatémies initiales significativement plus élevées que celles qui guérissent (p < 0,05). Aucune différence entre les groupes de traitement n’est constatée chez les vaches qui présentent uniquement une hypophosphatémie initiale.

• Les doses de phosphore administrées se révèlent inférieures à celles conseillées par certains auteurs (4,8 g)(2).

• La présence de dommages musculaires semble influencer la guérison dans cette étude (taux sériques d’ASAT et de CK significativement plus élevés chez les vaches non guéries). Ces paramètres méritent donc d’être dosés chez une vache en parésie post-partum.

  • (1) Voir C-C. Gelfert, M. Decker, S. Lesch, et coll. “The occurence of hypophosphatemia in recumbent cows around parturition”. Poster PS3-074(id150), Congrès mondial de buiatrie, Nice, 18 octobre 2006.

  • (2) Modifier la dose impose de fixer un temps d’attente forfaitaire de sept jours pour le lait et de 28 jours pour la viande.