Le point Vétérinaire n° 277 du 01/07/2007
 

Orthopédie du chien

Pratique

PAS À PAS

Loïc Larguier

5, boulevard Laënnec 56800 Ploërmel

Lors de la luxation chronique, la hanche est stabilisée chirurgicalement.

Lors de luxation chronique de la hanche chez le chien, plusieurs techniques de réparation existent. Les techniques intra-articulaires font consensus sur leurs mauvais résultats à long terme [2, 6, 7].

• Différentes techniques extra-articulaires sont décrites, telles que la capsuloplastie unique [1], la transfixion du muscle fessier profond [5] et la prothèse capsulaire [3, 15].

La suture iliofémorale est une méthode simple dont l’objectif est d’obtenir la cicatrisation de la capsule articulaire et une stabilité suffisante de l’articulation de la hanche [8, 9]. La satisfaction des propriétaires est de 85 % et les récidives sont faibles [8].

Le manuel opératoire de la variante de suture iliofémorale présentée dans cet article permet de supprimer les points délicats de forage et de passage de prothèse des techniques classiquement décrites.

• Notre expérience comporte 84 cas de luxation de la hanche référencés depuis 2003 (chiens et chats confondus).

La luxation coxofémorale représente environ 10 % de nos cas de traumatologie référencés sur trois ans et 90 % des luxations traitées.

Elle est due en majorité à des accidents de la voie publique et à des chutes ou des sauts de grande hauteur.

Dans 34,5 % des cas, une ou plusieurs lésions sont associées : fracture du bassin ou du fémur, luxation du grasset ou du jarret, hernie traumatique diaphragmatique ou abdominale, luxation radiocarpienne et luxation du coude.

Dans quatre cas sur 84, les animaux présentent une luxation bilatérale, et, dans trois cas sur 84, une luxation caudoventrale.

• Différents traitements sont mis en œuvre pour traiter la lésion (tableau complémentaire sur planete-vet.com). La faible proportion de traitement orthopédique s’explique par le fait que la quasi-totalité des animaux a été traitée en deuxième intention, soit après une tentative de réduction infructueuse, soit après un échec de réduction fermée. La capsuloplastie simple est uniquement utilisée chez le chat, la résection de la tête et du col du fémur est utilisée lorsque des lésions osseuses (fracture du sourcil acétabulaire, fracture partielle de la tête fémorale) ou articulaires (dysplasie sévère, cotyle chauve, capsule trop endommagée) sont des contre-indications à la chirurgie de stabilisation extracapsulaire.

• Un suivi radiographique est proposé avec des contrôles successifs à un, trois et six mois postopératoires, puis une progression de signes arthrosiques est évaluée par un examen radiographique effectué tous les deux ans.

1 La voie d’abord La région craniodorsale de la hanche s’aborde craniolatéralement comme décrit par Piermattei [10]. Ni l’insertion fémorale du muscle fessier profond, ni celle du muscle vaste latéral ne doivent être incisées afin de préserver le maximum de contention de la hanche.

2 Temps articulaire : réduction de la luxationLe temps articulaire est une partie très importante de l’intervention qui conditionne la réussite de la stabilisation et l’évolution arthrosique de l’articulation. Les deux surfaces articulaires doivent être soigneusement nettoyées et débarrassées de l’ensemble des débris tissulaires et ligamentaires. La luxation est réduite et la capsule articulaire reconstruite.

3 Fin du temps articulaire La capsuloplastie s’effectue à l’aide de points simples ou en croix avec un monofilament résorbable (PDS de diamètre adapté à la taille de l’animal). Cette suture doit être la plus soignée possible afin d’optimiser la cicatrisation péri-articulaire.

4A Forage sous-trochantérien Un forage sous-trochantérien sur la face latérale du fémur est réalisé à l’aide d’une mèche à os. Il convient de dégager le muscle fessier superficiel afin de bien exposer la face latérale du fémur proximal.

4B Forage sous-trochantérien Un forage sous-trochantérien sur la face latérale du fémur est réalisé à l’aide d’une mèche à os. Il convient de dégager le muscle fessier superficiel afin de bien exposer la face latérale du fémur proximal.

5A Forage iliaque Un forage sur le bord latéral de l’ilium est réalisé avec la même mèche à os. Il convient de dépérioster le muscle fessier profond pour bien exposer le corps de l’ilium. La vis a une direction perpendiculaire à l’ilium, ce qui permet un abord chirurgical plus restreint par rapport au forage décrit par Méheust [8].

5B Forage iliaque Un forage sur le bord latéral de l’ilium est réalisé avec la même mèche à os. Il convient de dépérioster le muscle fessier profond pour bien exposer le corps de l’ilium. La vis a une direction perpendiculaire à l’ilium, ce qui permet un abord chirurgical plus restreint par rapport au forage décrit par Méheust [8].

6A Positionnement des rondelles crantées Les forages sont mesurés à l’aide d’une jauge, puis taraudés. Deux vis engagées sur deux rondelles crantées sont positionnées dans les deux forages osseux sur le fémur (A).

6B Positionnement des rondelles crantées Les forages sont mesurés à l’aide d’une jauge, puis taraudés. Deux vis engagées sur deux rondelles crantées sont positionnées dans les deux forages osseux sur l’ilium (B).

7 Mise en place de la prothèse Une prothèse simple ou doublée est tendue entre ces deux points d’appui afin de positionner la hanche en légère abduction et rotation interne.

8 Test de la prothèse La tenue de la réduction est testée par des mouvements de rotation externe d’abduction/adduction et par le placement d’un davier sur le fémur qui permet de soulever l’animal. Le chirurgien peut utiliser indifféremment un ancillaire de 2, de 2,7ou de 3,5 mm. Les prothèses (ruban de nylon) sont de 2 ou de 6 mm, simples ou doublées suivant la solidité souhaitée.

9 Contrôle radiographique Après irrigation, le site est refermé plan par plan à l’aide de monofilament résorbable, et une suture cutanée est réalisée au monofilament irrésorbable. Un contrôle radiographique est effectué (face, profil). Un pansement collé est appliqué. L’animal est rendu après une courte hospitalisation avec des consignes strictes de repos et de sorties, uniquement hygiéniques, en laisse, pendant un mois.