Le point Vétérinaire n° 277 du 01/07/2007
 

Examens complémentaires en pratique bovine

Infos

QUESTION DE LECTEUR

Bérangère Ravary*, Gilles Jubert**


*Unité pédagogique de chirurgie
ENV d’Alfort
7, avenue du Général-de-Gaulle
94704 Maisons-Alfort Cedex
**rue du bourg 58500 Chevroches

L’examen du liquide péritonéal visuel ou échographique est un outil diagnostique simple des affections abdominales.

La paracentèse abdominale est enseignée et pratiquée en routine dans les hôpitaux pour bovins. Toutefois, en pratique courante, elle apparaît sous-utilisée.

Un épanchement péritonéal anormal chez un bovin a souvent pour origine une inflammation du péritoine, mais peut aussi provenir d’une rupture d’organe (vessie, viscère digestif), d’un processus tumoral ou d’une affection extra-abdominale (cardiaque par exemple)(1).

Selon la nature de l’épanchement, de l’affection initiale suspectée, de l’état clinique et de la valeur de l’animal, il convient de décider entre un traitement, une poursuite des investigations ou une euthanasie.

Le liquide péritonéal d’un bovin souffrant d’une affection du péritoine, du tractus digestif, du foie ou du système urogénital a un volume et des caractéristiques différents de celui d’un bovin sain(1). Toutefois, le volume du liquide péritonéal peut aussi augmenter physiologiquement en fin de gestation ou après une intervention chirurgicale abdominale [15, 19]. Inversement, une ponction peut être négative en présence d’une péritonite (sèche), car les bovins ont une grande capacité à circonscrire les affections abdominales par des dépôts de fibrine [8, 20]. Les éléments de suspicion clinique sont alors déterminants.

• Une échographie transcutanée permet de visualiser et de localiser un épanchement, augmentant les chances de récolte de liquide lors de la paracentèse [2, 17]. Un liquide anéchogène plus ou moins homogène est recherché autour des organes abdominaux ou entre les feuillets pariétal et viscéral du péritoine. Des dépôts de fibrine, échogènes, peuvent être identifiés sur le péritoine (viscéral ou pariétal) lors de péritonite, ou bien flottants dans le liquide (photo). Les transsudats sont généralement anéchogènes, alors que les exsudats sont anéchogènes à hypoéchogènes, avec des bandes échogènes flottantes (flammèches de fibrine), mais l’examen échographique ne permet pas toujours de les différencier. La paracentèse vient alors en complément, à condition de procéder à l’analyse de l’épanchement recueilli(1). À un moindre coût par rapport au laboratoire, certains examens sur le liquide prélevé peuvent être réalisés au cabinet. En particulier, un exsudat a tendance à coaguler en une dizaine de minutes, contrairement à un transsudat. Le taux de protéines peut être dosé au moyen d’un réfractomètre ou d’un analyseur. Le nombre de leucocytes et la proportion de polynucléaires neutrophiles peuvent être estimés au microscope après étalement et coloration.

  • (1) Voir “Paracentèse abdominale bovine : outils décisionnels et interprétatifs” et “Analyse du liquide de paracentèse abdominale” des mêmes auteurs, dans ce numéro.

1 Image échographique d’un épanchement péritonéal en région du réseau et du rumen (sonde 3,5 MHz). Lors de suspicion de péritonite craniale, du liquide (anéchogène) et de la fibrine (taches hypoéchogènes) sont recherchés entre le péritoine et les parois du réseau et du rumen à gauche, ou de la caillette à droite. Une paracentèse (craniale gauche ici) permet d’apporter une confirmation.