Le point Vétérinaire n° 275 du 01/05/2007
 

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QUESTION DE LECTEUR

Guy Camy

12, place Jean-Moulin, 81300 Graulhet

Le complexe gingivostomatite chronique féline (CGSCF) est un ensemble d’affections buccales caractérisées par une inflammation chronique de la bouche. La région caudale (stomatite caudale) est le siège des inflammations les plus graves (muqueuse à l’aspect prolifératif) et les plus rebelles aux traitements. Dans cette forme, le calicivirus (FCV) est systématiquement retrouvé.

Les échecs thérapeutiques sont liés au caractère plurifactoriel du CGSCF dans lequel sont impliqués des agents viraux (FCV en particulier) avec une co-infection possible par les rétrovirus, des lésions du collet dentaire (feline odontoclastic resorptive lesion ou FORL), des antigènes de la plaque dentaire et une dysimmunité locale. Deux méritent plus d’attention : le FCV et la composante immunopathologique.

Ces arguments cytologiques suggèrent un mécanisme de réponse immunitaire exacerbée aboutissant à une dégradation de l’épithélium de la muqueuse. Dès lors, muqueuse et sous-muqueuse sont exposées à un nombre accru d’antigènes qui activent les lymphocytes T : le cycle de l’infiltration lymphoplasmocytaire est amorcé.

Chez le chat, le FCV, agent du coryza, joue aussi un rôle dans la pathogénie des stomatites, peut-être par dérive antigénique des souches pathogènes. De nombreuses observations démontrent sa grande variabilité liée à ses capacités de mutation. Des formes hypervirulentes, mortelles, ont été décrites.

Or les interférons freinent la réponse immunitaire, luttent contre les virus et soulagent les lésions inflammatoires et prolifératives.

Concernant les virus, l’interféron a recombinant humain est efficace à faible dose dans la réduction temporaire de la virémie chez l’animal. L’interféron w vétérinaire a vu son autorisation de mise sur le marché limitée au départ à la calicivirose aiguë, étendue aux rétroviroses.

Pour les stomatites chroniques, l’interféron par voie sous-cutanée (1 MUI/kg/j) donne un résultat clinique au moins égal à celui d’une corticothérapie (sans les effets secondaires de cette dernière). À aucun moment, cela ne doit faire oublier au praticien l’étape “dentaire” : l’extraction des dents affectées par des FORL ou en regard de sites ulcéro-nécrotiques doit toujours précéder les traitements médicaux. Une autre modalité d’administration est l’injection sous-muqueuse à la lisière entre les muqueuses saine et pathologique, toujours après extraction des dents atteintes. Là encore, les résultats semblent prometteurs.

Nous ne savons pas, à ce jour, utiliser pleinement les interférons dont l’exploitation rationnelle va nous demander encore de longs essais cliniques.