Le point Vétérinaire n° 275 du 01/05/2007
 

Affections respiratoires des jeunes bovins

Infos

QUESTION DE LECTEUR

Ellen Schmitt-van de Leemput*, Engeline van Duijkeren**


*Clinique vétérinaire
53271 Villaines-la-Juhel
**Veterinary Microbiological
Diagnostic Center
Département de bactériologie
École vétérinaire d’Utrecht, Pays-Bas

Par écouvillonnage profond, il est possible de différencier les animaux porteurs sains de ceux qui sont cliniquement atteints d’une affection respiratoire.

Différentes techniques d’échantillonnage sont disponibles pour le diagnosticbactériologiquedes maladies respiratoires des bovins : l’aspiration transtrachéale (ATT), le lavage broncho-alvéolaire (LBA) et l’écouvillonnage profond (EP).

L’EP est facile à mettre en œuvre, peu coûteux et peu invasif par rapport aux autres méthodes (photo). Mais les agents pathogènes qui colonisent l’arbre respiratoire superficiel ne sont pas toujours les mêmes que les ceux responsables de l’infection pulmonaire. Toutefois, plusieurs études démontrent que, lors de foyer clinique respiratoire, les bactéries mises en évidence sur des échantillons prélevés par EP à l’échelle collective correspondent à celles qui le sont par LBA ou ATT(1) [1, 7, 8, 10, a].

Bactérie commensale ou pathogène ?

Pasteurella spp. ou Mannheimia haemolytica isolées de l’arbre respiratoire superficiel pourraient être des bactéries commensales, reflétant un portage sain, donc sans relation avec les signes cliniques éventuellement observés [4]. Sur ce point, l’aspect quantitatif est à prendre en considération. Ainsi, chez l’homme, le nombre de bactéries présentes dans les voies respiratoires supérieures de porteurs sains est très inférieur à celui qui est observé chez des individus malades [6]. Pour identifier le peu de bactéries susceptibles d’être présentes chez les porteurs sains, des méthodes de culture adaptées doivent être mises en œuvre, sur des milieux spécifiques [5]. La technique de bactériologie classique et simple n’est pas assez sensible pour mettre en évidence ce portage sain. Elle permet donc seulement de détecter les animaux avec une flore dominante de Pasteurella spp. ou de Mannheimia spp., donc malades ou affectés de façon subclinique par la bactérie isolée(2).

  • (1) Schmitt et coll., à paraître dans le Point Vétérinaire n° 276

  • (2) La technique est présentée dans l'article “Identification des pasteurelles en clientèle” des mêmes auteurs, dans ce numéro.

photo Les naseaux sont essuyés avec une compresse propre et sèche. Un écouvillon de 10cm de long (extrémité de coton sur une tige plastique) est introduit complètement dans une narine, en essayant de ne pas toucher la partie externe des naseaux.Des mouvements circulaires sont imprimés à l’écouvillon, puis celui-ci est retiré rapidement, toujours sans toucher le naseau externe.