Le point Vétérinaire n° 270 du 01/11/2006
 

CONDUITE D’ÉLEVAGE CHEZ LES VACHES LAITIÈRES

Se former

COURS

Hubert Vin*, Julie Vin-Dekoker**


*Clinique vétérinaire
915, rue de la Vaux
Route de Langres
88300 Neufchâteau
**Clinique vétérinaire
915, rue de la Vaux
Route de Langres
88300 Neufchâteau

La visite du bâtiment d’élevage des jeunes bovins doit être menée avec la même rigueur que pour les adultes car la bonne gestion sanitaire du troupeau en dépend.

Résumé

Le prétroupeau étant l’avenir du troupeau, il convient d’étudier le bâtiment qui l’abrite, celui-ci pouvant être un facteur de risque d’apparition de maladies. La visite du bâtiment comprend différentes étapes de caractérisations et de prises de mesures. Le vétérinaire peut évaluer le dysfonctionnement d’un bâtiment par des signes de mal-être des animaux ou des symptômes d’une maladie. Ensuite, l’influence du bâtiment est objectivée en comparantles mesures prises lors de la visite et les normes. Ces dernières diffèrent pour chaque stade de la croissance du jeune bovin. Enfin, le vétérinaire peut proposer des solutions judicieuses dont la principale qualité est la facilité de mise en application.

Le prétroupeau est l’avenir du troupeau d’un élevage. Cependant, son habitat est souvent déconsidéré par l’éleveur par rapport à celui des adultes. La physiologie des bovins évolue avec l’âge, de même que les caractéristiques de leurs logements. Le praticien doit bien connaître les particularités du logement des jeunes et savoir en repérer les dysfonctionnements.

La visite du bâtiment d’élevage

Il convient dans un premier temps d’apprécier les caractéristiques générales d’un bâtiment, sans s’intéresser aux animaux qu’il abrite. Son implantation dans son environnement est observée et sa ventilation théorique, qui dépend de son type (monopente ouvert, bipente fermé, à ventilation naturelle ou dynamique), est déterminée.

Les signes indicateurs d’une ambiance défectueuse doivent être observés :

- les bois pourris ;

- les poteaux ou les tôles rouillés ;

- le pelage mouillé des animaux ;

- la pluie qui tombe directement dans le bâtiment.

Ensuite, les caractéristiques techniques et d’ambiance sont mesurées.

1. Mesure des caractéristiques techniques

Toutes les mesures du bâtiment sont prises de façon exhaustive, afin de pouvoir en établir les plans détaillés permettant de les comparer aux recommandations :

- la mesure de toutes les surfaces : ouvertures, surfaces au sol en distinguant les différents types de surface (aire paillée ou bétonnée) ;

- la mesure des surfaces souillées au sol et non fréquentées par les animaux ;

- la mesure des longueurs d’auge ;

- le décompte des abreuvoirs et des râteliers à foin.

Les animaux dans le bâtiment sont ensuite examinés dans leur ensemble :

- le décompte des vaches et veaux présents ;

- l’allotement des animaux ;

- l’appréciation de l’hygiène générale du troupeau, par une moyenne des notes de propreté de dix animaux pris au hasard [29].

L’hygiène du bâtiment est enfin abordée, avec notamment le paillage :

- la quantité de paille distribuée ;

- la fréquence de distribution de la paille.

2. Mesure des caractéristiques d’ambiance

Le vétérinaire effectue le véritable diagnostic d’ambiance en mesurant :

- la température en °C (thermomètre) ;

- l’hygrométrie relative en pourcentage d’humidité (thermo-hygromètre, prix indicatif : 225 € HT) ;

- la vitesse de déplacement de l’air en m/s (thermo-anémomètre, prix indicatif : 413 € HT) ;

et en visualisant les déplacements d’air avec des fumigènes.

3. Synthèse des prises de mesures

Les prises de mesures d’ambiance sont faites en plusieurs points du bâtiment et au cours de plusieurs visites. En effet, un bâtiment d’élevage se comporte différemment selon la météorologie, il doit donc être étudié dans toutes les conditions climatiques d’utilisation possibles.

Les valeurs techniques obtenues sont comparées aux recommandations. Si le résultat n’est pas satisfaisant, il convient d’évaluer les caractéristiques d’ambiance comme dans tous les bâtiments, en utilisant aussi les abaques de l’Institut de l’élevage [8]. Ces abaques donnent la différence de poids d’eau attendue entre l’extérieur et l’intérieur du bâtiment en fonction de la température extérieure et de la vitesse d’air à l’extérieur. Cela permet de corriger un résultat très défavorable en cas d’absence de vent ou, à l’inverse, de relativiser un résultat très favorable un jour de grand vent.

Les maladies, signes d’un dysfonctionnement

Le vétérinaire peut facilement aborder les défauts de fonctionnement du bâtiment par les affections qui en découlent ou par les signes exprimés par les animaux. Pour l’éleveur, les maladies sont d’ailleurs souvent le principal, voire le seul, signe d’alerte de défaut de fonctionnement du bâtiment.

1. Mesure du mal-être par des critères comportementaux

Une activité anormale des animaux peut survenir :

- une modification du rythme circadien d’activité ;

- une activité de remplacement : tic ou pica, activités orales non alimentaires ;

- une réalisation de l’activité dans le vide [32, 33].

Des modifications de la réactivité peuvent aussi être observées [7] :

- des relations sociales modifiées ;

- une hyperactivité chez les vaches en isolement complet ou lorsque l’environnement est instable.

Certaines postures des animaux leur permettent de s’adapter à des conditions particulières d’ambiance. Cette adaptation nuit à leurs activités normales. Par exemple, l’adoption d’une posture de protection vis-à-vis du vent empêche l’animal de se coucher et provoque une consommation excessive d’énergie.

Des températures excessives réduisent la prise de nourriture et limitent les déplacements des animaux.

Une ambiance défectueuse dans une partie du bâtiment modifie les conditions normales d’utilisation de celui-ci : une usure prématurée de la partie surexploitée peut être observée, et une diminution de production ou une augmentation des troubles sanitaires peuvent être mises en évidence lorsque le bâtiment n’est pas employé à bon escient.

2. Mesure du mal-être par des critères de production

Les critères de production sont la plupart du temps les signes d’appel du mal-être [12]. Pourtant, ils ne sont pas forcément de bons marqueurs du bien-être animal. En effet, parfois le stress augmente les valeurs de production [3].

Dans le cas de l’ambiance, la diminution de la température ressentie est le principal facteur de la baisse de production, soit par l’intermédiaire de courants d’air, soit par une hygrométrie augmentée. Toutefois, toutes les conséquences d’un trouble de l’ambiance (surutilisation d’une partie du bâtiment, sous-utilisation d’une autre, difficultés de relations entre les animaux qui en découlent) favorisent aussi les baisses de production.

La recherche de l’étiologie d’une diminution de la production doit donc passer par une démarche diagnostique exhaustive dans laquelle l’ambiance du bâtiment ne doit pas être oubliée. Les comportements qui peuvent entraîner une baisse de production doivent en particulier être observés.

3. Les maladies, signes d’appel de dysfonctionnement du bâtiment

Logement et affections respiratoires

L’espèce bovine est prédisposée aux affections respiratoires en raison de ses particularités anatomiques et physiologiques [6, 10].

Les maladies respiratoires ont souvent une origine multifactorielle dans laquelle interviennent des agents pathogènes qui, pour la plupart, ne peuvent seuls déterminer l’apparition d’une maladie clinique. Le bâtiment est souvent un facteur favorisant :

- une ventilation non efficace est à l’origine d’une hygrométrie trop élevée, d’une mauvaise qualité de l’air (augmentation des poussières, des gaz irritants : NH3, CO2) et aussi, dans certains cas, d’une température trop élevée ;

- une mauvaise isolation peut entraîner des températures trop basses ;

- des ouvertures mal conçues peuvent générer des courants d’air ;

- une densité animale trop élevée et/ou un paillage insuffisant augmentent le microbisme au sol et dans l’environnement [3, 4]. Le nombre d’animaux par case et le cubage d’air disponible par animal sont deux paramètres directement corrélés à la fréquence des lésions pulmonaires.

Lorsque la température augmente, l’animal doit ventiler plus : par exemple, lorsque la température ambiante passe de 17 à 25 °C, la ventilation double, exposant alors les voies respiratoires [6]. En revanche, lors de refroidissement, des vasoconstrictions et des ischémies, des modifications du surfactant ainsi qu’une diminution de l’activité macrophagique sont observées dans le poumon, ce qui le sensibilise aux infections [4, 28]. Les épizooties d’affections pulmonaires sont souvent corrélées à une brusque variation de température ou à des variations moins importantes mais plus fréquentes, comme au printemps ou en automne [4].

Une hygrométrie trop élevée diminue la température ressentie par les animaux et augmente donc les effets du froid [28]. Elle favorise aussi la survie de micro-organismes dans l’air ambiant et contribue à créer un aérosol, support physique pour le transport des germes dans l’air ambiant [4]. La pression infectieuse s’en retrouve augmentée.

Une vitesse d’air trop élevée diminue la température ressentie par les animaux et est un facteur favorisant de l’apparition d’affections respiratoires brutales [4].

La pollution chimique, avec essentiellement l’ammoniac, altère l’activité de l’appareil mucociliaire et ralentit la vitesse du flux d’air [18]. De plus, la pollution chimique provoque des spasmes bronchiolaires et des œdèmes ou des hémorragies en région broncho-alvéolaire, entraînant une distension et la rupture des alvéoles [28].

Si le bâtiment est un facteur favorisant pour les maladies respiratoires, ces dernières deviennent souvent chroniques dans l’élevage.

Logement et affections de l’appareil locomoteur

La dureté du sol détermine le degré d’usure des phanères [4]. Le manque d’hygiène au sol est à l’origine d’une macération de la sole et d’une augmentation du microbisme de la litière (en particulier Fusobacterium necrophorum) qui favorisent les infections du pied [4, 23, 33].

Le manque d’hygiène au sol, notamment sur les aires bétonnées, peut également être responsable d’un manque d’adhérence [4, 12]. Un sol trop abrasif peut en revanche entraîner des érosions de la peau si les animaux doivent s’y coucher [4]. Un sol bétonné neuf est trop agressif et est à l’origine d’une agression chimique de la peau. Il induit les mêmes types de lésions qu’un sol trop abrasif [4].

Les conséquences pathologiques sont :

- le panaris ou phlegmon interdigité [23] ;

- le fourchet ou dermatite interdigitale [23, 33] ;

- les tarsites des jarrets [23] ;

- les boiteries hautes avec fractures et luxations [23].

Des sols glissants ou d’autres défauts du bâtiment sont aussi à l’origine de nombreux autres traumatismes plus légers : contusions, entorses, luxations, exongulations, fractures basses [12].

Logement et affections digestives

Lorsqu’il existe un défaut d’accès aux espaces d’alimentation ou d’abreuvement (longueur d’accès à l’auge ou au silo insuffisante, nombre insuffisant d’abreuvoirs, etc.), une inégalité entre animaux dominants et animaux dominés est rencontrée, entraînant une sous-consommation, des prises alimentaires ou des abreuvements irréguliers [12].

Le stress thermique concerne surtout les veaux nouveau-nés dont la sensibilité au froid est plus forte. Tout refroidissement, favorisé par une hygrométrie trop élevée ou une vitesse d’air excessive, provoque une baisse d’immunité chez le veau qui devient plus sensible aux maladies infectieuses, et notamment aux diarrhées [23].

Un manque d’hygiène de la litière, favorisé par une densité animale trop concentrée, un paillage insuffisant et une ambiance défectueuse, donc une hygrométrie trop élevée, engendrent une multiplication des agents infectieux et surtout des germes fécaux. La pression infectieuse s’en retrouve alors augmentée [23]. Enfin, le mélange de veaux d’âges trop différents augmente également la contamination de l’environnement.

Les conséquences pathologiques sont :

- des coliques et une diarrhée en cas de prise alimentaire anarchique [23] ;

- une sous-production [12, 23] : amaigrissement ou gain moyen quotidien (GMQ) défectueux.

Parmi les maladies digestives liées à l’environnement domine la diarrhée néonatale à Escherichia coli, mais aussi la salmonellose, la rotavirose, la coronavirose en favorisant la contagion, etc.

Logement et pathologie de la reproduction

Dans le logement des génisses, presque tous les paramètres d’ambiance, d’hygiène et de conception peuvent avoir une influence sur la reproduction.

Dans le contexte de l’insémination artificielle, une bonne détection des chaleurs est nécessaire. Or l’exercice et la luminosité favorisent l’expression des chaleurs [22]. Ainsi, une densité animale trop élevée et un sol glissant à cause d’un manque d’hygiène inhibent le comportement de chevauchement (d’autant plus, si des boiteries, consécutives ou non à un manque d’hygiène au sol, existent dans l’élevage).

Le bâtiment doit, par ailleurs, permettre à l’éleveur une bonne observation des chaleurs par des accès faciles auprès des animaux [18].

L’âge de la puberté des femelles est retardé par de trop fortes températures : en 1984, Bearden relate que, dans un groupe de jeunes génisses laitières, la puberté est apparue à 13 mois pour le groupe maintenu à 27 °C et à 10 mois pour le groupe maintenu à 10 °C. Ce retard de l’âge de la puberté pourrait s’expliquer par un manque d’appétit et une baisse de l’activité thyroïdienne dus aux trop fortes températures des logements [2].

Des variations rapides et importantes de température peuvent entraîner une cessation temporaire des cycles sexuels [34]. Le stress thermique de la hausse de température agirait surtout sur l’action du système endocrine : une décharge d’adrénaline provoque une augmentation de l’adrénocorticotropine (ACTH), puis du cortisol et des glucocorticoïdes plasmatiques. Ces derniers inhibent la décharge de l’hormone lutéinique (LH), ce qui peut expliquer les anœstrus [2, 19].

En ce qui concerne l’œstrus, des génisses exposées à 32 °C ont des chaleurs moins longues que des génisses exposées à 21,3 °C [19]. Par ailleurs, le comportement de chevauchement diminue au-dessus de 30 °C [18]. Enfin, lors d’insémination artificielle, si la température ambiante dépasse 25 à 30 °C, une diminution du taux de réussite en première insémination est observée [15, 19].

Un bon éclairage de la stabulation favorise aussi l’activité ovarienne, l’extériorisation des chaleurs, ainsi que le déclenchement de la puberté chez les génisses [26].

Le logement des veaux de la naissance à deux semaines

Le logement individuel est préférable à tout autre durant les trois premières semaines de vie. En effet, il limite les contaminations de veau à veau, évite les compétitions, supprime la tétée entre veaux (en particulier les tétées d’urine génératrices de diarrhées) et facilite les soins aux animaux.

Il existe deux sortes de logement individuel : les niches et les cases.

1. Les niches extérieures

Les niches extérieures sont préférées aux niches placées dans un bâtiment pour des raisons sanitaires et à condition de les orienter sud-est. Toutefois, il convient de changer les niches de place entre chaque veau, pour éviter les contaminations. Le praticien doit aussi se méfier de certaines résines synthétiques qui peuvent accumuler la chaleur. Les couleurs claires et les matériaux opaques sont à privilégier.

Les niches doivent faire de 1,6 à 1,8 m2 avec une largeur de 1 m et une hauteur de 1,50 m au minimum. Elles doivent posséder un volet de ventilation. Le sol est un caillebotis (espacement de 2 cm au maximum) ou une pente, pour éviter l’accumulation de liquides ou d’humidité. La présence d’une niche rajoute 0,25 m2 de fumière et 0,1 m3 de fosse pour quatre mois de stockage d’effluents. Toutefois, la quantité de paille utilisée varie selon la taille des animaux et la présence ou non de pente (paillage de 15cm au départ puis 0,5 à 1 kg/veau/j).

Le paillage doit être journalier. Les niches comme les cases individuelles doivent comporter deux porte-seaux (lait et eau) et un râtelier.

2. Les cases individuelles

Les cases individuelles démontables sont préférées pour des raisons sanitaires, elles sont destinées à être installées sous un bâtiment. Le nombre de cases, si tous les veaux sont élevés, doit être compris entre 20 et 30 % de l’effectif des vaches, selon un groupement des vêlages sur six ou trois mois (voir le TABLEAU “Recommandations de surface pour des élèves” et la FIGURE “Cases individuelles sous bâtiment”) [1].

Les cases à veaux sous bâtiment présentent les mêmes caractéristiques que les niches. La présence de parois qui permettent d’éviter le contact entre les veaux constitue la principale différence (PHOTO 1). Celles-ci doivent être hautes de 1,20 m au minimum, ne pas être ajourées et présenter des “joues” latérales de 40 cm devant les cornadis.

3. Les veaux et la température

Les veaux de moins de 48 heures sont les plus sensibles (voir le TABLEAU “Températures critiques des bovins selon leur âge”).Il convient donc de les protéger en évitant les parois froides et en ajoutant une lampe chauffante ou des protections diverses sous forme de toit au-dessus d’une partie des cases pour éviter tout mouvement d’air (PHOTO 2).

Les adultes sont peu sensibles au froid. Par conséquent, le troupeau et le prétroupeau n’ayant pas les même contraintes, ils ne devraient pas être “logés à la même enseigne”. Les caractéristiques d’ambiance d’un bâtiment abritant des veaux sont globalement les mêmes que celles d’un bâtiment dédié aux adultes. La différence se situe au niveau de la température qui doit être supérieure pour les veaux ; les vitesses d’air doivent donc être inférieures dans leurs bâtiments.

Le logement des veaux de quinze jours au sevrage

Les veaux de trois semaines à six mois ou au sevrage sont des animaux plus résistants et il est préférable pour leur bien-être et leur croissance de les laisser vivre en cases collectives. En effet, la vie de groupe avant la puberté stimule la consommation alimentaire et augmente la cohésion sociale du troupeau. Il existe deux cas de figure liés au mode de distribution de l’alimentation :

- les cases à veaux classiques où l’aliment est distribué au seau ;

- les cases associées à la présence d’un distributeur automatique de lait (DAL).

1. Les cases collectives classiques

Ce système de logement est préférable à tout autre. Les cases doivent contenir six à huit veaux au maximum (soit trois box pour 40vaches laitières). Le paillage pour les veaux de la naissance à trois mois est de 2 kg/animal/j, et de 3 kg/animal/j pour les veaux de trois à six mois. Les veaux doivent être maintenus 15 à 20 minutes après la buvée pour éviter qu’ils ne se tètent. La température ressentie doit être la plus haute possible en évitant les parois froides, les sols humides (il est préférable de bétonner les zones de passage), en limitant le nombre d’abreuvoirs qui peuvent souiller les litières et en diminuant les courants d’air (voir la FIGURE “Logement en cases collectives”).

2. Le logement avec distributeur automatique de lait

Un distibuteur automatique de lait (DAL) impose la plupart du temps des lots plus importants dans chaque case collective (à cause du prix de la station) (voir la FIGURE “Logement avec distributeur automatique de lait”, PHOTO 3). Les lots doivent être toutefois limités à 30 veaux (idéalement 15 veaux par case) et rester assez homogènes, en essayant de séparer les veaux achetés des natifs de l’exploitation.

Le DAL facilitant le travail de l’éleveur, celui-ci à tendance à y placer ses veaux le plus tôt possible (huit jours). Il serait préférable cependant de respecter un âge minimal de 15 jours.

Il convient de réserver 3 m2 par veau et de s’assurer de la présence d’une stalle d’allaitement par box dont les liquides d’écoulement sont récupérés. Les cornadis ne sont pas obligatoires et le DAL doit être installé dans un local spécifique (lutte contre les mouches, les nuisibles, le froid et l’humidité).

Le logement des génisses du sevrage au vêlage

Le logement des génisses doit leur permettre (outre une croissance optimale favorisée par une alimentation et des conditions d’alimentation et d’hygiène correctes) de s’intégrer le mieux possible dans le troupeau à la suite de leur premier vêlage et également une bonne expression des chaleurs. Pour cela, il est recommandé de placer les génisses dans un bâtiment semblable à celui des vaches (logettes ou aire paillée selon les cas) et de ne pas changer les systèmes d’alimentation et d’abreuvement (voir les TABLEAUX “Recommandations en surface d’aire paillée à 100 % pour les élèves”, “Recommandations de volume pour les élèves”, “Recommandations d’hygiène pour stabulation libre avec aire de couchage paillée et aire d’exercice bétonnée pour bovins à l’engrais”, “Recommandations d’hygiène pour stabulation libre avec caillebotis intégral pour bovins à l’engrais”). En cas de ventilation dynamique, le débit d’air doit être régulier, sans courants d’air (voir le TABLEAU “Recommandations de débits de ventilation pour les veaux”).

En ce qui concerne la luminosité, une ouverture est-sud/est doit être favorisée et l’éclairage zénithal doit être limité. L’intensité lumineuse peut s’exprimer en pourcentage de plaques translucides : 1/10e de la surface du toit ou 1/20e au minimum de la surface du local (ou un double néon pour huit à dix veaux). La durée d’éclairage optimale pour les veaux semble être de 12 à 14 h/j et la lumière naturelle doit être préférée à la lumière artificielle.

Corriger les défauts d’un bâtiment d’élevage

1. Le bâtiment est-il un facteur de risque ?

Pour déterminer les défauts d’un bâtiment d’élevage, sans l’achat de matériel de diagnostic particulier, il suffit de vérifier la correspondance des caractéristiques avec les recommandations d’hygiène (surfaces, quantités de paille, etc.) et d’ambiance (volumes, entrées et sorties d’air par animal, etc.). Si le praticien dispose de matériel ou qu’il fait appel à un intervenant extérieur, le diagnostic peut être affiné en regardant “respirer le bâtiment” et en étudiant son fonctionnement réel.

Grâce aux observations effectuées, le vétérinaire peut établir un diagnostic du bâtiment du point de vue de l’ambiance, puis de l’hygiène. L’arbre diagnostique pour l’ambiance se divise en quatre branches : bâtiment avec des courants d’air, bâtiment sous-ventilé, bâtiment avec un mélange des deux défauts précédents (un secteur sous-ventilé où l’air stagne sans être renouvelé et un secteur où les animaux sont soumis à un courant d’air permanent) et, enfin, bâtiment sans défaut. L’arbre diagnostique pour l’hygiène se divise en deux branches : l’hygiène est suffisante ou pas.

La conclusion se présente naturellement une fois le diagnostic établi : le bâtiment est, ou n’est pas, un facteur de risque d’apparition de maladies.

2. Traitement

Traiter une mauvaise ambiance

Dans le cas d’un bâtiment sous-ventilé, des mouvements d’air doivent être créés en pratiquant des ouvertures convenables dédiées aux entrées et aux sorties d’air, sans générer de courants d’air.

Dans le cas d’un bâtiment avec des courants d’air, il convient de les réduire en apposant des systèmes de protection (filets brise-vent ou des bardages) sur les entrées et les sorties d’air. Le praticien peut être amené à proposer alors d’augmenter la taille d’une entrée d’air, mais en la protégeant [30].

Traiter une mauvaise hygiène

Un curage et un paillage réguliers sont nécessaires et doivent suivre les recommandations. Dans le cas où la présence de nombreux animaux fait diminuer le nombre de mètres carrés par animal (en période de vêlage).

Un nettoyage et une désinfection du bâtiment à l’aide de produits bactéricides, virucides et sporicides sont indispensables. Un nettoyeur haute pression à eau chaude est utile, le curage et le paillage peuvent être augmentés même si la nébulisation de micro-gouttelettes n’est pas recommandée.

Il est aussi important de convaincre l’éleveur d’agir lorsque son bâtiment est un facteur de risque de maladies, que de le décider à ne rien faire dans le cas contraire. Si la lecture des recommandations n’est pas suffisante pour exclure le bâtiment comme facteur de risque, il est bon de réaliser ou de faire établir un véritable diagnostic d’ambiance.

L’évaluation étant effectuée, les solutions sont naturellement faciles à proposer. Elles ne sont pas toujours aisées à mettre en place. Le praticien doit toujours veiller à proposer un traitement dont l’observance est satisfaisante. Enfin, des visites de contrôle sont obligatoires.

Points forts

Le logement peut être un facteur de risque pour l’apparition de maladies chez le prétroupeau.

L’analyse du bâtiment est à confronter avec les affections constatées dans l’élevage.

Des solutions simples mais efficaces doivent être envisagées.

  • 5 - Bruel A. Normes pour le logement des bovins. Site de la chambre d’agriculture 72 (www.agri72.com).
  • 20 - Le logement du troupeau laitier, conseiller et concevoir. 2e éd. France Agricole BTPL, Paris. 2005:110-118.
  • 27 - Sabatte N. “Logement des veaux, un minimum de confort” site de la chambre d’agriculture 72 (www.agri72.com).
  • 34 - Veissier I, Bertrand G, Toullec R. “Le veau de boucherie : concilier bien-être et production”. INRA Éd, Paris. 2003:8-18.

PHOTO 1. Cases individuelles sous bâtiment.

Cases individuelles sous bâtiment

D’après [20].

Logement en cases collectives

D’après [20].

Logement avec distributeur automatique de lait

D’après [20].

PHOTO 2. Case à veau présentant une protection contre les courants d’air et trois postes d’alimentation.

PHOTO 3. Distributeur automatique de lait avec un logement en cases collectives de huit individus.

Recommandations de surface pour des élèves

Températures critiques des bovins selon leur âge

TCl : température critique inférieure. TCS : température critique supérieure. D’après [3, 4, 9].

Recommandations en surface d’aire paillée à 100 % pour les élèves

Recommandations de volume pour les élèves

D'après [9].

Recommandations d’hygiène pour stabulation libre avec aire de couchage paillée et aire d’exercice bétonnée pour bovins à l’engrais

D’après [9].

Recommandations de débits de ventilation pour les veaux

D’après [16].

Recommandations d’hygiène pour stabulation libre avec caillebotis intégral pour bovins à l’engrais

D’après [9].