Le point Vétérinaire n° 269 du 01/10/2006
 

DÉPLACEMENTS DE CAILLETTE CHEZ LES BOVINS

Pratiquer

EN IMAGES

Jean-Philippe Roy*, Denis Harvey**, Anne-Marie Bélanger***


*Département des sciences cliniques, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal, Saint-Hyacinthe, Québec, Canada

Trois différents trocarts sont introduits dans quatre incisions. La caillette est fixée par un système de navettes, sous contrôle visuel du laparoscope.

Rapide (20 à 30 minutes) et efficace, l’abomasopexie par laparoscopie est peu invasive. Elle permet une bonne exploration de l’abdomen et est relativement facile à maîtriser. Après l’intervention, la vache peut retourner dans son troupeau, aussitôt que la tranquillisation ne fait plus effet.

Cette technique, mise au point en 1996 par H. Janowitz en Allemagne, y est de plus en plus utilisée, ainsi qu’aux Pays-Bas. Elle a été plus récemment adoptée en Italie, en France, au Canada et aux États-Unis.

Un investissement en matériel estnécessaire (environ 4 500 €), mais celui-ci peut être rapidement amorti car il est utilisable pour les laparoscopies à visée diagnostique pure et pour diverses interventions sur la caillette. La méthode décrite ci-dessous est généralement mise en œuvre pour traiter les déplacements de la caillette à gauche (voir ci-dessous), mais également pour fixer les caillettes dilatées à droite ou de façon préventive. L’intervention est peu onéreuse pour le producteur. Au Québec, le prix facturé est le même que celui d’une omentopexie, soit environ 100 € (125 $ canadiens) d’honoraires et 35 € (50 $ canadiens) de matériel. Aucune antibiothérapie préventive n’est nécessaire dans les cas non compliqués, ce qui peut intéresser le producteur (aspects résidus et inhibiteurs).

Lors de l’étape initiale de création d’un pneumopéritoine (à l’aveugle), la caillette ou le rumen peuvent être involontairement trocardés : de l’air sort alors du trocart, au lieu d’y pénétrer. Dans ce cas, il convient de laisser l’organe se dégonfler légèrement et le trocart s’en extrait spontanément. L’entrée d’air dans l’abdomen débute alors. Aucune séquelle n’a été notée dans cette situation, du reste peu fréquente (15 atteintes accidentelles de la caillette ou du rumen sur environ 200 caillettes opérées à la faculté vétérinaire de Saint-Hyacinthe). Lors des étapes ultérieures de fixation de la caillette en décubitus dorsal, le rumen peut être touché si le pneumopéritoine est insuffisant. Dans notre expérience, cetype d’incident est survenu seulement une seule fois.

En phase postopératoire, les plaies présentent parfois des signes d’inflammation excessive, voire d’infection, mais jamais d’abcès au sens strict.

1. Préparation du flanc gaucheDeux zones de 3 à 5 cm2sont rasées, désinfectées, anesthésiées localement (injection de 10 ml de lidocaïne), puis incisées à l’aide d’un bistouri à lame pointue n° 11 sur respectivement 1 et 0,5 cm :- la première dans la fosse paralombaire gauche, cranio-dorsalement dans l’angle formé par la dernière côte et les apophyses transverses des vertèbres lombaires ;- la seconde dans le 11e ou le 12e espace intercostal gauche, au même niveau horizontal que la première zone, ou légèrement plus bas selon les dimensions de la caillette déplacée.

2. Création d’un pneumopéritoineLe trocart 1 (diamètre interne [DI] : 5,5 mm ; longueur L : 12 cm) est inséré dans l’incision de la fosse paralombaire gauche en direction légèrement cranio-latérale droite (vers l’épaule droite) jusque dans l’abdomen (photo A). La position intra-abdominale est confirmée par l’entrée d’air dans l’abdomen par la valve du trocart. Une légère résistance peut être perçue lors de la perforation du péritoine. Seule la canule du trocart est laissée en place jusqu’à ce que l’air ambiant cesse de pénétrer dans l’abdomen (photo B). La paroi abdominale peut se distendre dans la fosse paralombaire. Le bouchon de la canule du trocart peut être retiré afin d’accélérer la création du pneumopéritoine (photo C).

2. Création d’un pneumopéritoineLe trocart 1 (diamètre interne [DI] : 5,5 mm ; longueur L : 12 cm) est inséré dans l’incision de la fosse paralombaire gauche en direction légèrement cranio-latérale droite (vers l’épaule droite) jusque dans l’abdomen (photo A). La position intra-abdominale est confirmée par l’entrée d’air dans l’abdomen par la valve du trocart. Une légère résistance peut être perçue lors de la perforation du péritoine. Seule la canule du trocart est laissée en place jusqu’à ce que l’air ambiant cesse de pénétrer dans l’abdomen (photo B). La paroi abdominale peut se distendre dans la fosse paralombaire. Le bouchon de la canule du trocart peut être retiré afin d’accélérer la création du pneumopéritoine (photo C).

2. Création d’un pneumopéritoineLe trocart 1 (diamètre interne [DI] : 5,5 mm ; longueur L : 12 cm) est inséré dans l’incision de la fosse paralombaire gauche en direction légèrement cranio-latérale droite (vers l’épaule droite) jusque dans l’abdomen (photo A). La position intra-abdominale est confirmée par l’entrée d’air dans l’abdomen par la valve du trocart. Une légère résistance peut être perçue lors de la perforation du péritoine. Seule la canule du trocart est laissée en place jusqu’à ce que l’air ambiant cesse de pénétrer dans l’abdomen (photo B). La paroi abdominale peut se distendre dans la fosse paralombaire. Le bouchon de la canule du trocart peut être retiré afin d’accélérer la création du pneumopéritoine (photo C).

3. Introduction du laparoscope dans l’abdomenLa canule du trocart 1 est retirée. Le trocart 2 (DI : 8 mm ; L : 12 cm) est inséré dans la même incision. Le mandrin est retiré et le laparoscope est introduit à la place. La caillette déplacée à gauche peut alors facilement être visualisée entre la paroi abdominale et le rumen. La rate est facile à reconnaître dorsalement.

4. Décompression de la cailletteLe trocart 3 (DI : 5 mm ; L : 35 cm) est inséré dans l’abdomen par l’autre incision (intercostale) (photo A). La caillette (entre la paroi abdominale à gauche et le rumen à droite, sous la rate) est trocardée en région dorsale et légèrement caudale dans la grande courbure, près de l’insertion du grand omentum (photo B).

4. Décompression de la cailletteLe trocart 3 (DI : 5 mm ; L : 35 cm) est inséré dans l’abdomen par l’autre incision (intercostale) (photo A). La caillette (entre la paroi abdominale à gauche et le rumen à droite, sous la rate) est trocardée en région dorsale et légèrement caudale dans la grande courbure, près de l’insertion du grand omentum (photo B).

5. Fixation de la cailletteLe mandrin du trocart 3 est retiré. L’extrémité de la canule est bouchée avec un doigt pour empêcher un dégonflage anticipé de la caillette. La tige navette (photo A) commercialisée par Dr Fritz(1) est introduite dans la canule et poussée dans la lumière de l’organe déplacé, tout en conservant l’extrémité des fils à l’extérieur de l’abdomen (photo B).

5. Fixation de la cailletteLe mandrin du trocart 3 est retiré. L’extrémité de la canule est bouchée avec un doigt pour empêcher un dégonflage anticipé de la caillette. La tige navette (photo A) commercialisée par Dr Fritz(1) est introduite dans la canule et poussée dans la lumière de l’organe déplacé, tout en conservant l’extrémité des fils à l’extérieur de l’abdomen (photo B).

6. Dégonflage, lâcher du fil et couchageLa canule est laissée en place. La caillette se dégonfle alors jusqu’à disparaître sous le rumen (photo A). Le fil de la tige navette, d’une longueur totale de 90 cm, est complètement introduit dans l’abdomen (photo B). Les deux trocarts et le laparoscope sont retirés. La vache est placée en décubitus dorsal, soit à l’aide de cordes et d’une sédation à la xylazine (20 à 40 mg par voie intraveineuse), soit à l’aide d’une cage de contention adaptée pour le décubitus dorsal. L’animal doit être positionné auparavant en décubitus latéral droit, pour que le rumen ne gêne pas la visualisation de l’abomasum.

6. Dégonflage, lâcher du fil et couchageLa canule est laissée en place. La caillette se dégonfle alors jusqu’à disparaître sous le rumen (photo A). Le fil de la tige navette, d’une longueur totale de 90 cm, est complètement introduit dans l’abdomen (photo B). Les deux trocarts et le laparoscope sont retirés. La vache est placée en décubitus dorsal, soit à l’aide de cordes et d’une sédation à la xylazine (20 à 40 mg par voie intraveineuse), soit à l’aide d’une cage de contention adaptée pour le décubitus dorsal. L’animal doit être positionné auparavant en décubitus latéral droit, pour que le rumen ne gêne pas la visualisation de l’abomasum.

7. Repérage du filDeux nouvelles incisions cutanées sont pratiquées après rasage et désinfection sur 3 à 5 cm2. La première (0,5 cm de long), destinée à la fixation de la tige navette, est située à droite de l’ombilic, à environ 10 cm cranialement et latéralement. La localisation de la seconde incision (1 cm) est choisie afin que le laparoscope introduit avec le trocart 2 assure une visualisation optimale de l’abdomen, dans le respect du confort du chirurgien (photo A). La peau est incisée avec précaution en raison de la présence de nombreux vaisseaux sanguins sous-cutanés à cet endroit. Un examen de l’abdomen permet de détecter des anomalies telles qu’une lipidose hépatique, des adhérences ou une péritonite. Le fil de la tige navette est repéré (photo B).

7. Repérage du filDeux nouvelles incisions cutanées sont pratiquées après rasage et désinfection sur 3 à 5 cm2. La première (0,5 cm de long), destinée à la fixation de la tige navette, est située à droite de l’ombilic, à environ 10 cm cranialement et latéralement. La localisation de la seconde incision (1 cm) est choisie afin que le laparoscope introduit avec le trocart 2 assure une visualisation optimale de l’abdomen, dans le respect du confort du chirurgien (photo A). La peau est incisée avec précaution en raison de la présence de nombreux vaisseaux sanguins sous-cutanés à cet endroit. Un examen de l’abdomen permet de détecter des anomalies telles qu’une lipidose hépatique, des adhérences ou une péritonite. Le fil de la tige navette est repéré (photo B).

8. Extériorisation du filUne longue pince est introduite dans l’abdomen par le trocart 1 pour saisir le fil de la navette (photo A) et l’extérioriser (photo B : main droite). Une légère traction peut être exercée sur la tige navette afin de s’assurer de son bon placement. Tout en maintenant le fil à l’extérieur, l’air intra-abdominal est expulsé en exerçant une pression sur l’abdomen tout en enlevant le bouchon d’une canule de trocart. Tous les instruments sont retirés. L’animal est placé avec précaution en décubitus latéral droit et une légère traction est exercée sur le fil pour l’extérioriser suffisamment.

8. Extériorisation du filUne longue pince est introduite dans l’abdomen par le trocart 1 pour saisir le fil de la navette (photo A) et l’extérioriser (photo B : main droite). Une légère traction peut être exercée sur la tige navette afin de s’assurer de son bon placement. Tout en maintenant le fil à l’extérieur, l’air intra-abdominal est expulsé en exerçant une pression sur l’abdomen tout en enlevant le bouchon d’une canule de trocart. Tous les instruments sont retirés. L’animal est placé avec précaution en décubitus latéral droit et une légère traction est exercée sur le fil pour l’extérioriser suffisamment.

9. Fixation définitiveAprès cette extériorisation, une marque noire est inscrite à 5 cm de la tige navette. Cette marque doit être visible sur la peau (photo A). La fixation de la caillette est alors effectuée en passant chaque brin du fil de suture dans un rouleau de bande extensible de 5 cm de largeur et en les nouant ensemble (photo B). Le rouleau doit être bien apposé à la peau, sans trop de tension. Après le relevé de l’animal, la tension sur la fixation est encore vérifiée et corrigée au besoin. La suture est laissée en place pendant trois à quatre semaines.

9. Fixation définitiveAprès cette extériorisation, une marque noire est inscrite à 5 cm de la tige navette. Cette marque doit être visible sur la peau (photo A). La fixation de la caillette est alors effectuée en passant chaque brin du fil de suture dans un rouleau de bande extensible de 5 cm de largeur et en les nouant ensemble (photo B). Le rouleau doit être bien apposé à la peau, sans trop de tension. Après le relevé de l’animal, la tension sur la fixation est encore vérifiée et corrigée au besoin. La suture est laissée en place pendant trois à quatre semaines.