Le point Vétérinaire n° 267 du 01/07/2006
 

ALTERNATIVES AUX ANTIBIOTIQUES EN APICULTURE

Se former

CONDUITE À TENIR

Jean-Marie Barbançon

5, Les Jardins du Barral
26160 Puygiron

Alors qu’aucun antibiotique ne dispose de limite maximale de résidus chez les abeilles, l’État en accepte l’usage contre la loque américaine. Le transvasement, associé à de bonnes pratiques apicoles, suffit pourtant à la vaincre.

Résumé

Les étapes essentielles

Étape 1 : détecter les symptômes

• Opercules troués, larves filantes et écailles loqueuses

• Visites fréquentes, examens approfondis : dépistage précoce

Étape 2 : prélèvements, comptage et pronostic

• Réseau départemental d’agents sanitaires mis en place par arrêté préfectoral sur proposition de la DDSV

• Prélèvement de couvain malade

• Diagnostic de laboratoire par microscopie

• Identification, comptage de spores

• Pronostic pour la colonie, pour le rucher

Étape 3 : outils de lutte et conseils

• Transvasement

• Antibiothérapie précoce seulement si diagnostic de certitude

Le praticien est parfois amené à intervenir en apiculture par le biais d’une “demande” de prescription. Pour lui permettre de faire face à ces situations, une formation diplômante inter-écoles (DIE) sur quatre semaines est désormais proposée (ENV de Nantes et d’Alfort).

La loque américaine (LA) est une maladie bactérienne des abeilles due à Paenibacillus larvae (anciennement Bacillus larvae), un bacille spécifique, Gram +, qui a la faculté de sporuler (voir l'ENCADRÉ “La spore : un organe de résistance”). Hautement contagieuse, elle affecte le couvain et provoque la mort, la putréfaction et la dessiccation des larves [1]. Elle est incluse dans la liste des maladies réputées contagieuses soumises à déclaration auprès des autorités sanitaires. Des mesures sanitaires connues depuis l'Antiquité peuvent suffire à la combattre, sans recourir nécessairement aux antibiotiques(1).

Première étape : détecter les symptômes

1. Opercules troués, larves filantes et écailles loqueuses

• Durant la phase initiale, l’affaiblissement des colonies est habituellement lent et l’activité du rucher semble normale.

• À un stade avancé, à l’ouverture des ruches “faibles”, il se dégage une odeur de colle forte assez nauséabonde (loque “puante”). À l’examen des cadres, le couvain présente un aspect irrégulier, non homogène dit “en mosaïque”. Un affaissement et une teinte plus sombre des opercules sous lesquels se trouvent les larves mortes sont perçus (voir l’ENCADRÉ “Pathogénie : une maladie du couvain fermé”). Ces opercules peuvent aussi être troués, déchirés ou rongés par les abeilles (PHOTO 1). Les larves, normalement blanc nacré, virent au jaune, au jaune foncé puis au brun, évoluant vers le noir. Parallèlement, le corps de la larve se ramollit et s’affaisse sur la paroi inférieure de l’alvéole, puis devient visqueux. Une allumette ou une brindille sèche plongée dans une cellule malade permet l’étirement en filament plus ou moins long de la matière gluante (test de viscosité ou “test de l’allumette”, loque “filante” : PHOTO 2). Après dessiccation, cette matière donne “l’écaille loqueuse” qui renferme quelque 2,5 milliards de spores. Les écailles sont extrêmement adhérentes aux parois.

• En phase terminale, les ruches malades n’ont plus d’activité et se laissent piller par de plus fortes colonies qui vont ainsi se contaminer.

2. Visites fréquentes, examens approfondis

Le dépistage des colonies atteintes cliniquement doit être le plus précoce possible, lorsque seulement quelques cellules sont atteintes. Lors de visites, au printemps notamment, tous les cadres de couvain doivent être examinés avec soin (secouer les abeilles des cadres si besoin). La performance du dépistage dépend de la qualité et de la fréquence des visites et du nombre de cadres examinés.

Deuxième étape : prélèvements et comptage

1. Prélèvement

• En cas de difficulté diagnostique, les directions départementales des services vétérinaires (DDSV) demandent aux apiculteurs de s’adresser à l’agent sanitaire apicole (ASA) de leur secteur (coordonnées inscrites sur le récépissé de déclaration obligatoire des ruches). Le réseau départemental des agents sanitaires est mis en place par un arrêté préfectoral sur une proposition de la DDSV. Il est placé sous son autorité, notamment pour les maladies réputées contagieuses. Il réalise en général un prélèvement de couvain malade (carré de 10 à 15 cm de côté), nécessaire à la confirmation.

• L’échantillon doit être emballé dans des matières absorbantes : papier cellulose, journal. Il convient d’éviter les emballages imperméables (sacs en plastique) qui favorisent les dégradations du prélèvement.

2. Diagnostic de laboratoire

• Le diagnostic de laboratoire s’effectue usuellement par microscopie, après coloration d’un étalement réalisé à partir d’un couvain malade. Lors de LA, les bactéries se retrouvent en grand nombre et “en culture pure” car les bacilles produisent un antibiotique qui empêche le développement de germes concurrents.

• Il existe des méthodes de diagnostic de laboratoire plus fines, par amplification du génome en temps réel (RT-PCR) par exemple, mais, à ce jour, elles ne sont pas employées en routine en France. Elles nécessitent le plus souvent la mise en culture du bacille dans des milieux adaptés.

3. Identification et comptage des spores

• En France, pour connaître la prévalence de la LA dans les ruchers, nous ne disposons que des statistiques de la Direction générale de l’alimentation (DGAL), dont les sources sont les visites des agents sanitaires. Or de nombreux cas de loque ne sont pas déclarés. Certains pays, comme la Belgique et l’Allemagne, ont organisé de véritables enquêtes épidémiologiques sur la LA, en s’appuyant sur la technique d’identification/comptage par RT-PCR, mais aussi sur d’autres techniques. Selon les études, les échantillons peuvent être des miels commerciaux ou bien du miel prélevé à proximité du couvain dans les corps de ruches. Il est donc difficile de les comparer, et l’ensemble des données sur la prévalence de la LA en Europe est globalement inexploitable.

• Dans d’autres pays, en Australie notamment, les apiculteurs peuvent obtenir du laboratoire des données concernant leur taux d’infection en LA par comptage des spores contenues dans des échantillons de miel provenant de leur exploitation (par RT-PCR). Cela permet d’adapter la conduite à tenir dans les ruchers concernés pour la prévention et l’éradication, en aidant à comprendre l’évolution de l’infection (valeur pronostique) (voir l’ENCADRÉ “Suivi d’une colonie infectée non traitée pendant quatre ans”).

• Selon le nombre de spores dans une ruche où la maladie est confirmée, trois classes peuvent être distinguées :

- la classe zéro spore ;

- la classe moyenne : infection latente, colonies sans symptômes, mais la maladie risque de se développer dans les mois suivants. Ritter propose le seuil de 5 000 spores/g de miel (commercial) pour différencier les formes clinique et asymptomatique (classe moyenne) [7]. Mais, les comptages dépendent notamment des zones de prélèvement (davantage de spores près du couvain) ;

- la classe forte : soit la ruche est malade, soit elle a reçu un traitement antibiotique (les symptômes sont masqués, ces colonies artificiellement “blanchies” sont à risque lors d’échanges).

4. Évolutions prévisibles de la maladie

À l’échelle de la colonie

• Dans une ruche infectée latente, la forme clinique apparaît le plus souvent.

• Face à une ruche infectée clinique :

- si un faible nombre de cellules sont atteintes, une disparition durable (sur plusieurs années), ou temporaire, ou un développement exponentiel de la maladie est observé ;

- si la ruche est fortement atteinte, avec de nombreuses larves et/ou nymphes malades, la population adulte ne se renouvelle pas, la colonie s’affaiblit et devient victime de pillage (voir l’ENCADRÉ “Définitions”), puis les abeilles meurent.

À l’échelle du rucher

Au niveau du rucher (et des ruchers environnants, etc.), la maladie risque de se propager de ruche à ruche (voir la FIGURE “Propagation de la loque américaine”) par pillage et, à un degré moindre, par dérive (voir l’ENCADRÉ “Définitions”). Progressivement, le niveau global d’infection augmente et de plus en plus de ruches sont atteintes cliniquement.

Troisième étape : outils de lutte et conseils

Sur l’ensemble du territoire français, la destruction des colonies atteintes n’est pas obligatoire (des arrêtés préfectoraux l’imposent parfois ponctuellement), alors que cela est le cas dans de nombreux pays.

Le principe de lutte est le suivant : les colonies trop faibles sont détruites. Seules les colonies encore peuplées et dynamiques font l’objet d’un traitement (transvasement).

1. Le transvasement : une mesure efficace

• Un transvasement bien conduit donne, à lui seul, d’excellents résultats (voir l’ENCADRÉ “Transvasement simple”). Il consiste, après la réduction à l’état d’essaim artificiel (voir l’encadré “Définitions”) des abeilles d’une ruche infectée, à transférer cette population dans une ruche désinfectée, dont les cadres gaufrés ou construits sont indemnes de tout agent de contamination [2].

• Pratiquée depuis plus de 400 ans, cette mesure est impérative pour guérir la colonie. Réduites à l’état d’essaim, sur des cadres sains, les abeilles ont le temps de se débarrasser des spores avant que le couvain sensible à l’infection ne réapparaisse dans la colonie. Les spores présentes sur les cuticules des abeilles sont ingérées lors des nettoyages entre abeilles. Celles qui résistent à l’action des sucs digestifs sont éliminées hors de la ruche lors des défécations.

2. Antibiothérapie : la nouvelle version officielle

• À ce jour, aucun antibiotique ne dispose de limite maximale de résidus en apiculture, ce qui n’en facilite pas l’usage pour les produits de la ruche, même si la cascade le permet légalement (article L. 5143-4 du Code de la santé publique). La DGAL en donne depuis quelques mois un mode d’emploi (Note de service du 11 février 2005), lorsque « le traitement complémentaire par la tétracycline apparaît comme une mesure nécessaire » [4, 5].

• L’antibiotique préconisé est la tétracycline, administrée par nourrissement (voir l’ENCADRÉ “Définitions”), et non par poudrage (le poudrage implique un risque de résidus ultérieurs non négligeables). Concernant l’efficacité, « des travaux scientifiques publiés à l’étranger font état de résistances de l’agent pathogène », informe la DGAL.

La tétracycline est préparée extemporanément à raison de 0,5 g pour un litre ou un demi-litre de sirop de saccharose. L’antibiotique est administré trois fois à sept jours d’intervalle, accompagné par une mesure de transvasement lors de la deuxième administration (voir la FIGURE “Conduite à tenir lors de loque américaine selon la DGAL”).

• La DGAL envisage aussi l’administration de tétracyclines dans des colonies sans signes cliniques, notamment celles voisines de ruches atteintes de loque et exposées au risque de dérive. Le choix de traiter ou non étant « laissé au choix de l’apiculteur en fonction de l’intensité de la surveillance qu’il peut exercer sur ses colonies ». S’il traite, nul besoin de transvasement selon cette proposition.

La DGAL cautionne l’usage d’antibiotiques lors de loque américaine, mais « sous condition de destruction de la récolte annuelle avant la mise en place des hausses » (voir l’ENCADRÉ “Définitions”). Cela doit être mentionné sur l’ordonnance. La réglementation française et européenne de la cascade prévoit un délai d’attente minimal de sept jours. Pour le risque de résidus, en l’absence de LMR, un avis de l’Afssa du 18 septembre 2002, conclut que les teneurs en résidus de tétracycline observées dans les échantillons de miel ne contribuent que faiblement à la dose journalière ingérée [2]. « Ceci exclut donc tout problème de santé publique », a fortiori lorsque le miel est éliminé. Il n’est pas fait mention du risque de pillage des ruches traitées, qui “dissémine” les résidus.

3. Antibiothérapie : recommandations pour une prescription raisonnée

• Selon l’auteur, si leur usage venait à être réglementé, il conviendrait d’administrer les antibiotiques seulement après un diagnostic de certitude, et non “en prévention”, sur des ruches non infectées, en raison du risque de résidus dans le miel. Un antibiogramme serait recommandé, mais cette pratique n’est guère systématique en routine. Il convient aussi de conseiller de traiter le plus tôt possible, donc d’encourager l’apiculteur à la vigilance. Un traitement avant ou pendant une miellée accroît le risque de résidus dans le miel (théoriquement détruit).

• La posologie doit être strictement respectée (dose, durée et espacement des applications), ainsi que le mode de préparation (bonnes pratiques de préparation extemporanée, Journal officiel du 11 juillet, Arrêté du 9 juillet).

4. Pratiques à éviter

• Certaines souches d’abeilles sont plus réceptives que d’autres (comportement hygiénique défaillant [8]) et une sélection peut être envisagée dans ce sens. Le pillage et la dérive (butineuses et mâles), ainsi que les mauvaises manipulations de l’apiculteur entraînent la propagation de la maladie par le transport des spores.

• Les principales pratiques apicoles à risque sont :

- l’échange de cadres de couvain, la division de ruchers ;

- l’échange de hausses (conseiller l’usage de grilles à reine (voir l’ENCADRÉ “Définitions”), visiter le corps de la ruche avant récolte) ;

- le nourrissement au miel ou au pollen ;

- le déplacement de ruches, la division de ruchers ;

- le manque de réactivité de l’apiculteur pour la surveillance des ruches malades ;

- l’absence ou la mauvaise désinfection du matériel.

En définitive, même si la réglementation n’interdit pas l’usage des antibiotiques, ce dernier peut être évité en cas de loque américaine, y compris lors d’infection clinique. Pour une bonne gestion sanitaire de cette maladie, il est toutefois important de tenir compte du grand nombre de colonies pouvant être “infectées latentes” dans un rucher. De bonnes pratiques apicoles permettent alors de limiter le nombre de spores : utilisation généralisée des grilles à reine, bonne gestion des hausses (pour éviter les échanges), surveillance des ruchers, réactivité, etc. Les ruchers à l’abandon peuvent constituer un réservoir d’agents pathogènes, d’où l’intérêt de mesures collectives obligatoires de déclaration et de surveillance des ruchers [3].

  • (1) Aucun antibiotique ne dispose actuellement de LMR dans le miel.

  • (2) Papillons parasites des ruches : les chenilles se développent dans les rayons de cire-miel-couvain tandis que les papillons (les imagos) s'ils sont contaminés, peuvent transporter les spores de LA de ruche en ruche.

La spore : un organe de résistance

La spore est l’organe de résistance et de dissémination de Paenibacillus larvae.

Le bacille sporule lorsqu’il a épuisé les ressources nutritives de son milieu de culture (tissus de la larve et/ou nymphe d’abeille) ou que les conditions de ce milieu sont défavorables (dessiccation).

Inversement, la germination de la spore se produit lorsque les conditions environnementales sont favorables, comme dans l’intestin de la larve âgée de moins de 48 heures.

Les spores résistent aux agents chimiques et physiques de désinfection (par exemple 30 minutes dans le formol à 20 %). Elles se retrouvent en grand nombre dans les cadres (voir l’ENCADRÉ “Définitions”) atteints et ne sont pas détruites par les antibiotiques, d’où l’intérêt du transvasement. Elles survivent 35 à 40 ans dans le milieu ambiant sous la forme d’écailles et plus d’un an dans le miel. Elles résistent aussi à la fermentation, à la putréfaction, aux basses températures (congélation), à la chaleur (8 heures à 100 °C de chaleur sèche, 10 à 15 minutes en suspension dans l’eau bouillante, 30 minutes dans le miel bouillant), à l’exposition directe à l’oxyde d’éthylène pendant 15 heures, aux solvants de type benzène (extraction des spores dans les cires) et aux rayons ultraviolets.

Pour les détruire, l’eau de Javel, à 1,5° chlorométrique avec un détergent à 0,5 % (Teepol®), ou la soude caustique à 1,5 %, ou encore la chaleur sèche (30 minutes à 130 °C) peuvent être utilisées. La désinfection du bois des ruches au chalumeau doit être précédée d’un nettoyage associé à un grattage pour être efficace. Les rayons gamma sont également capables de détruire les spores.

Pathogénie : une maladie du “couvain fermé”

Après germination des spores, les bacilles sont libérés et se développent d’abord dans l’intestin de la larve (perturbation nutritionnelle), puis une seconde phase pendant laquelle les germes se propagent dans tous les tissus de la larve (ou nymphe) provoque une septicémie.

Les larves meurent après l’operculation. Les trois castes d’abeilles sont touchées. Certaines abeilles, dites « à bon comportement hygiénique », sont capables de repérer les larves atteintes avant leur mort ou la formation de l’écaille adhérente [8] ce qui évite la propagation de l’infection au sein de la colonie.

Suivi d’une colonie infectée non traitée pendant quatre ans

1re année : 24 spores/g de miel, pas de symptômes.

2e année : 4 400 spores/g de miel, pas de symptômes.

3e année : 23 500 spores/g de miel, pas de symptômes.

4e année : développement de la maladie. Un transvasement sur de la cire gaufrée permet de retrouver une colonie assainie (0 spore après environ 15 j, temps nécessaire à la reconstitution de provisions suffisantes à la prise d’échantillon pour l’analyse).

Le miel analysé provient des réserves du corps de ruche.

Données J.-M. Barbançon.

Transvasement simple

À une heure d’activité des abeilles (afin qu’elles rentrent plus facilement dans leur nouvelle ruche), l’apiculteur déplace la ruche malade d’un mètre par rapport à son emplacement d’origine, puis dispose une ruche vide, désinfectée, avec ses cadres, à la place de la ruche malade. Il étend un papier de grande taille entre les deux ruches, recouvrant la planche d’envol de la ruche d’accueil. Il secoue les cadres un à un, ainsi que les diverses parties de la ruche malade au-dessus du papier. Les cadres sont aussitôt mis à l’abri du pillage dans un sac poubelle, ainsi que le papier couvert de débris. La ruche d’origine est fermée en attendant sa désinfection. Le matériel contaminé est brûlé et les cendres sont enfouies.

Après le transvasement, il convient de ne pas nourrir excessivement les colonies, afin que les abeilles ne puissent pas stocker de spores (éviter de transvaser lors d’une bonne miellée). Aucun cadre de couvain ne doit être ajouté dans la ruche transvasée, pour éviter un démarrage immédiat et laisser aux abeilles le temps de se débarrasser de leurs spores.

Définitions

Cadre : élément fondamental de la ruche à cadres mobiles dans lequel sont construits les rayons de la colonie. Ces derniers sont destinés à contenir le couvain et/ou les provisions.

Dérive : erreur des butineuses qui se trompent de ruche bien que, lors de leur vol de repérage, elles aient mémorisé l’emplacement précis de leur colonie. Le butin dont elles sont porteuses leur permet d’être acceptées par les colonies voisines.

Essaim artificiel (formation d’un) : consiste à prélever tout ou partie d’une colonie installée sur ses rayons. Le terme “essaim” sous-entend qu’une reine fait partie de la population prélevée. Le transvasement recommandé en cas de loque américaine n’est autre que la formation d’un essaim artificiel (ou nu).

Grille à reine : dispositif destiné à empêcher la reine d’accéder à certains compartiments de la ruche, donc d’y pondre. Le principe de ce dispositif repose sur le fait que le diamètre du thorax de la reine est supérieur à celui des ouvrières. Ces grilles sont le plus souvent constituées de barreaux dont l’espacement est finement calibré.

Hausse (ou magasin à miel) : compartiment amovible de la ruche contenant le miel de surplus qui est prélevé par l’apiculteur.

Pillage : comportement de l’abeille mellifère qui conduit les butineuses des colonies fortes à voler le miel des ruchées affaiblies.

Le pillage est une cause fréquente de la propagation des maladies apiaires. L’apiculteur doit mettre en œuvre des mesures adaptées pour le prévenir.

Nourrissement : apport de nourriture (sucre, miel, sirop, etc.) qui pallie l’insuffisance des provisions d’une ruche.

  • 1 - Alippi AM. Bacterial diseases . In : Colin ME, Ball BV, Kilani M (ed). Bee diseases diagnosis. Zaragoza : CIHEAM-IAMZ Options méditerranéennes : Série B. Études et Recherches. 1999;25:31.
  • 2 - Afssa. Avis de l’Agence relatif à l’évaluation du risque éventuel lié à la présence de résidus de tétracycline et de streptomycine dans le miel, 18 septembre 2002, consultable en ligne http://www.afssa.fr/Object.asp&? IdObj=17043&Pge=0&CCH=060614000841: 26:4&cwSID=77F81CCD2798489FA6A9EA748816903A&AID=0
  • 3 - Arrêté du 1er juin 2006 modifiant l’arrêté du 11 août 1980 relatif à la lutte contre les maladies réputées contagieuses des abeilles. http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=AGRG0601066A
  • 4 - Barbançon JM, L’Hostis M, Vandaele E. Pour la DGAL en apiculture l’antibiotique est quasi automatique Semaine Vét. 2005;1180:41-42.
  • 5 - DGAL Traitement des ruchers atteints de loque américaine et de loque européenne. Note de service DGAL/SDSPA/N2005-8046 du 11 Février 2005. www.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/dgaln20058046z.pdf
  • 6 - Goodwin M, Van Eaton C. Elimination of American foulbrood without the use of drugs : a practical Manual for Beekeepers. Ed National Beekeepers’Association of New Zealand. Tauranga (NZ). 1999:78p.
  • 7 - Ritter W. Early detection of American Foulbrood by honey and wax analysis. Apiacta. 2003;38:125-130.
  • 8 - Spivak M, Reuter GS. Resistance to American foulbrood disease by honey bee colonies Apis mellifera bred for hygienic behavior. Apidologie. 2001;32:555-565.

PHOTO 1. Couvain atteint de loque américaine : les opercules sont déchirés et affaissés.

Propagation de la loque américaine

La maladie se propage dans la ruche par les échanges entre les abeilles, dans le rucher et dans son proche voisinage. D’après J.-M. Barbançon.

Conduite à tenir lors de loque américaine selon la DGAL

L’usage d’antibiotiques est prévu, alors qu’aucun ne dispose de limite maximale de résidus.

PHOTO 2. Test de viscosité ou test de l’allumette : le couvain mort de loque américaine s’étire en un filament visqueux. La larve ou nymphe morte est en cours de transformation en écaille loqueuse, elle adhère aux parois de la cellule.