Le point Vétérinaire n° 265 du 01/05/2006
 

EXAMENS PARACLINIQUES EN PRATIQUE RURALE

Pratiquer

EN IMAGES

Hortense Carrër*, Clément Marhuenda**


*Unité de médecine des animaux d’élevage, Département Santé des animaux d’élevage et santé publique, ENV de Nantes
**Unité de médecine des animaux d’élevage, Département Santé des animaux d’élevage et santé publique, ENV de Nantes

Le prélèvement d’urine rarement pratiqué chez les bovins est pourtant un acte sans risque, qui permet de diagnostiquer différentes affections.

Le coût du prélèvement d’urine est faible. La réalisation d’un sondage est nécessaire en l’absence de miction spontanée et permet de limiter la contamination du prélèvement par les sécrétions vaginales ou rectales. La contamination urétrale par des bactéries commensales rend toutefois la stérilité illusoire.

L’examen des urines intervient dans le diagnostic d’affections de la fonction rénale et de l’appareil urinaire et dans celui de maladies métaboliques. L’examen de l’aspect macroscopique des urines, éventuellement associé à la lectured’unebandelette urinaire, complète des obser­vations cliniques (pollakiurie, strangurie ou hématurie) en début de miction (atteinte urétrale), en milieu de miction (atteinte vésicale) ou en fin de miction (atteinte rénale). L’examen du culoturinairepermetla détection des calculs. La présence de corps cétoniques peut être évaluée (le test sur l’urine est plus sensible, mais moins spéci­fique que sur lelait(1)). Lamesuredu pH urinaire est utile pour l’appréciation du bilan anion-cation (acidose, cétose, fièvres de lait) [1]. Le manque de connaissances techniques ou anatomiques (voir la FIGURE “Appareil urogénital de la vache”) et la crainte d’infections urogénitales par voie ascendante limitent le recours au prélèvement d’urine en pratique courante. Sa réalisation dans de bonnes conditions, et avec un matériel adapté, limite lacontaminationetles traumatismes.

  • (1) Voir l’article « Détecter la cétose pour mieux la prévenir » par Marc Aubadie-Ladrix dans ce numéro.

  • 1 - Carrier J, Stewart S, Godden S et coll. Evaluation and use of three cowside tests for detection of subclinical ketosis in early postpartum cows. J. Dairy Sci. 2004 ; 87(11) : 3725-3735.
  • 2 - Gründer HD. Appareil urinaire. In : Rosenberger G. Examen clinique des bovins. 1re édition française. Editions du Point Vétérinaire, Maisons-Alfort. 1977 : 305-323.

Appareil urogénital de la vache

Le méat urinaire est large de 2 cm environ, mais dilatable. Il est doublé ventralement par un diverticule suburétral. Il convient de franchir le méat sans que la sonde ne bute dans le diverticule pour collecter les urines dans les conditions les plus aseptiques possibles (D’après [2]).

1 Matériel• Différentes sondes sont utilisables :- les sondes métalliques à usage multiple, linéaires (1) ou coudées (2), (15 €), sont non vulnérantes et peuvent aussi servir de sondes utérines, mais elles nécessitent un nettoyage-désinfection. Les sondes coudées sont mieux adaptées à la forme anatomique de la zone ;- les sondes en PVC linéaire à usage unique (3) (5 € pour 25 sondes) sont flexibles et ne demandent aucun entretien. Elles peuvent servir de sonde utérine, mais leur forme droite est peu adaptée et leur extrémité est plus vulnérante ;- l’utilisation d’une tubulure souple de perfuseur de récupération (diamètre 2,8 à 3 mm) est également possible. Elle est peu vulnérante, mais elle est parfois trop flexible.• Une seringue de 20 ml et un pot à prélèvement stérile si besoin, (10 à 20 cts), sont nécessaires. Une bandelette urinaire (50 cts), un test colorimétrique cétose (1 €) et du papier pH, ou un pHmètre, sont aussi utilisés.

1 Matériel• Différentes sondes sont utilisables :- les sondes métalliques à usage multiple, linéaires (1) ou coudées (2), (15 €), sont non vulnérantes et peuvent aussi servir de sondes utérines, mais elles nécessitent un nettoyage-désinfection. Les sondes coudées sont mieux adaptées à la forme anatomique de la zone ;- les sondes en PVC linéaire à usage unique (3) (5 € pour 25 sondes) sont flexibles et ne demandent aucun entretien. Elles peuvent servir de sonde utérine, mais leur forme droite est peu adaptée et leur extrémité est plus vulnérante ;- l’utilisation d’une tubulure souple de perfuseur de récupération (diamètre 2,8 à 3 mm) est également possible. Elle est peu vulnérante, mais elle est parfois trop flexible.• Une seringue de 20 ml et un pot à prélèvement stérile si besoin, (10 à 20 cts), sont nécessaires. Une bandelette urinaire (50 cts), un test colorimétrique cétose (1 €) et du papier pH, ou un pHmètre, sont aussi utilisés.

2 Miction provoquéeLorsque les analyses ne nécessitent pas un prélèvement en conditions aseptiques (tests cétose, pH), l’urine est recueillie sans sondage, sur une miction provoquée, en caressant la commissure inférieure de la vulve et la zone périnéale ou par un massage rectal de la vessie lorsqu’elle est pleine. Lors de l’examen clinique, un flacon à disposition permet de recueillir le produit des mictions spontanées fréquentes au relever de l’animal. La stimulation du méat urinaire (notamment par la sonde) provoque souvent la miction.

3 Nettoyage en vue du sondageLa contention se limite en général à attacher l’animal avec un licol ou dans le cornadis. La queue de l’animal est maintenue sur le côté, car elle est source de contamination. Les matières fécales sont éliminées avec de la paille, puis un nettoyage soigneux de la vulve est pratiqué à l’aide de papier essuie-tout imbibé d’anti­septique (savon ou solution d’eau tiède et de polyvidone iodée à 10 % ou de chlorhe­xidine). Le port de gants est recommandé.Une lubrification peut faciliter la réalisation du cathétérisme. L’urine est récoltée en milieu de miction, afin d’éviter la conta­mination du prélèvement par le gel.

4 Repérage du diverticule suburétral et du méat urinaireUn ou deux doigts sont introduits dans le vestibule vaginal en suivant le plancher. Une fois le diverticule suburétral repéré (flèche), un doigt y est inséré jusqu’à son extrémité et remonte le long du plafond afin d’aboutir au méat urinaire. Le doigt y est introduit sur 1 cm chez une vache multipare. Chez les primipares et chez les génisses, le doigt reste à l’entrée du méat. La réalisation du sondage est difficile chez les génisses qui n’ont pas leur format adulte.

5 Introduction de la sonde dans le méatLa sonde est introduite jusqu’au méat en progressant le long de la main. Le passage du méat est délicat, car le doigt occupe une grande partie de l’orifice. La sonde est ensuite orientée vers le bas, en suivant l’angle naturel de l’urètre vers la vessie.

6 Cheminement de la sondeLa progression le long de l’urètre s’effectue sans résistance. Le sondage urinaire peut être à l’origine de trauma­tismes urétraux et/ou vésicaux. Le cathétérisme doit donc être délicat. En cas de difficultés, il convient de modifier avec précaution l’orien­tation de la sonde.

7 Recueil de l’urineSi la vessie est pleine, l’urine s’écoule spontanément. Le pot à prélèvement est placé au bout de la sonde. Si la vessie est peu remplie, la sonde est introduite profondément et l’urine est aspirée à l’aide de la seringue fixée à l’extrémité de la sonde. L’introduction d’air à l’aide de la seringue peut favoriser la contraction vésicale et l’expulsion d’urine. Si aucune urine n’est recueillie, la vache a probablement uriné peu de temps auparavant (il est nécessaire d’interroger l’éleveur avant de mettre en œuvre le sondage). Il convient d’attendre vingt à trente minutes avant de tenter une collecte. Si la sonde est souillée par l’émission de matières fécales, le sondage doit être répété. La protection de la partie extérieure de la sonde par un gant d’exploration rectale évite ce problème.

8 Recueil d’urine chez le mâleLe cathétérisme urétral du mâle ne peut être envisagé aussi systémati­quement que chez la femelle, pour des raisons pratiques et de contention. L’urine est récoltée à distance, par exemple dans un flacon fixé sur un bâton. La miction peut être stimulée en frottant la région préputiale ou par palpation-pression sur la vessie par voie transrectale. Elle peut aussi être provoquée par l’administration de diurétiques par voie intraveineuse.