Le point Vétérinaire n° 260 du 01/11/2005
 

DERMATOLOGIE FÉLINE

Pratiquer

CAS CLINIQUE

Claire Spilmont*, Frédérique Ponce**, Didier Pin***


*Unité de médecine interne
**Unité de médecine interne
***Unité de dermatologie,
anatomo-pathologie,
Département animaux
de compagnie, ENV Lyon,
69280 Marcy-l’Étoile

Une dermatose pustulo-croûteuse chez un chat évoque une pyodermite, une dermatophytose, une démodécie ou un pemphigus foliacé. La biopsie cutanée est nécessaire au diagnostic.

Résumé

Une dermatose pustulo-croûteuse généralisée, de localisation initialement faciale, est observée chez un chat âgé de dix ans. Les examens dermatologiques classiques ne mettent pas d’anomalies en évidence. La cytologie d’une pustule intacte oriente le diagnostic vers un pemphigus foliacé qui est confirmé par la réalisation de biopsies cutanées. Le traitement instauré, à base de prednisolone et de céfalexine, permet une amélioration rapide des lésions. Le pemphigus foliacé félin est une affection rare. Il constitue néanmoins la dermatose auto-immune la plus fréquente chez le chat. Le traitement repose sur une corticothérapie à dose immuno-suppressive. Le pronostic est variable. En effet, 10 % des chats atteints de pemphigus foliacé ne répondent à aucun traitement. Les effets secondaires et la longueur du traitement peuvent en outre limiter la motivation des propriétaires.

Un chat angora mâle à poils mi-longs, castré et âgé de dix ans est présenté à la consultation spécialisée de dermatologie en raison d’une dermatose croûteuse qui évolue depuis trois mois.

Cas clinique

1. Commémoratifs

Le chat n’est pas vacciné et le protocole de vermifugation n’est pas connu. Il a été acquis à l’âge de deux mois chez un particulier. Il séjourne actuellement dans une maison et vivait auparavant dans un appartement. Il vit avec deux congénères dépourvus de lésions cutanées, et a des contacts occasionnels avec des volailles et des moutons.

Depuis une semaine, il est nourri avec des croquettes hypo-allergéniques, mais a toujours accès à son ancienne ration composée d’un mélange de croquettes et d’aliments humides industriels.

Aucun antécédent pathologique n’est rapporté par les propriétaires.

2. Anamnèse

Deux mois auparavant, des croûtes noirâtres sont apparues sur la tête de l’animal, en particulier sur la truffe et sur les régions périoculaires. La dermatose s’est ensuite étendue au reste du corps. Un prurit modéré localisé à la tête, au poitrail et à l’extrémité des membres, ainsi qu’un abattement sont apparus secondairement.

Le chat n’a reçu aucun traitement avant l’apparition des lésions dermatologiques. Depuis le début de la dermatose, il est traité à l’aide d’un insecticide (Frontline® spot on chat, une pipette tous les deux mois).

Différents traitements prescrits par le vétérinaire référent (prednisolone, méthylprednisolone, chlorphéniramine(1), marbofloxacine, dexaméthasone, amoxicilline, clindamycine, ivermectine(2)) ont parfois permis une amélioration temporaire (diminution du nombre de croûtes).

3. Examen clinique

Examen clinique général

Lors de l’examen clinique, le chat est abattu et sa température rectale est de 39,3 °C. Son état d’hydratation et son embonpoint sont corrects. L’examen des appareils cardiorespiratoire et digestif ne présente pas de modifications notables.

Examen dermatologique

Le pelage de l’animal est terne, piqué et de nombreuses déjections de puce sont observées.

Des lésions sont observées au niveau de la tête, en particulier sur le chanfrein et sur les pavillons auriculaires (PHOTOS 1 et 2), sur les extrémités des membres et sur la partie ventrale du tronc (PHOTO 3). Il s’agit d’un érythème, de papules et de pustules non folliculaires, d’érosions, de croûtes jaunâtres et de dépilations. Du matériel séborrhéique est présent entre les doigts et dans le repli unguéal.

4. Hypothèses diagnostiques

Le tableau clinique est celui d’une dermatose pustulo-croûteuse généralisée, d’évolution chronique, chez un chat âgé sans antécédent pathologique, associée à une infestation par des puces (pulicose).

Les hypothèses diagnostiques sont les suivantes :

- une affection immunitaire : pemphigus foliacé ;

- une dermatose allergique : DAPP (dermatite miliaire), dermatite atopique ou alimentaire ;

- une dermatophytose ;

- une pyodermite ;

- une ectoparasitose : démodécie, dermatite à Otodectes.

5. Examens complémentaires

Différentsexamens complémentaires sont réalisés pour infirmer ou confirmer les hypothèses.

• Le trichogramme et des raclages cutanés ne mettent pas en évidence d’élément fongique ni de Demodex.

• L’examen à la lampe de Wood ne montre aucune fluorescence.

• Les tests FeLV et FIV sont négatifs.

• L’examen cytologique du contenu d’une pustule intacte révèle de nombreux polynucléaires neutrophiles (PNN) non dégénérés et des cellules rondes avec un noyau rond et central au cytoplasme basophile. Certaines d’entre elles sont isolées et d’autres regroupées (image “en radeau”). Ces cellules sont des kératinocytes acantholysés. Aucune bactérie, intra ou extracellulaire, n’est observée, ni aucune image en roue crantée (PHOTO 4).

• Un bilan préanesthésique est réalisé en vue de l’anesthésie générale nécessaire à la réalisation des biopsies cutanées :

- la numération-formule sanguine met en évidence une leucocytose neutrophilique (leucocytes : 30 400/mm3 ; PNN : 27 000/mm3) ;

- les paramètres hépatiques, la créatininémie et la glycémie sont dans les valeurs usuelles ;

- l’urémie est augmentée à 17,1 mmol/l (normes ≤ 9 mmol/l).

• Trois biopsies cutanées de lésions à différents stades d’évolution sont réalisées. L’examen histopathologique montre une pustule sous-cornée en voie de formation qui contient de nombreux PNN et des acanthocytes (PHOTOS 5 ET 6).

L’examen histopathologique apporte donc un diagnostic de certitude de pemphigus foliacé en rapport avec des commémoratifs, un examen clinique et une cytologie déjà évocateurs.

6. Traitement

Un traitement immunosuppresseur, associé à une couverture antibiotique, est instauré :

- prednisolone à la dose de 2 mg/kg/j par voie orale, en deux prises pendant deux semaines ;

- céfalexine à la dose de 30 mg/kg/j par voie orale, en deux prises pendant deux semaines ;

- shampooing Pyoderm® sur l’ensemble du corps et en particulier sur les zones les plus atteintes, une fois par semaine ;

- Humiderm® tous les jours pour hydrater la peau.

Un contrôle est prévu après deux semaines de traitement.

7. Suivi

Premier suivi

Deux semaines après le début du traitement, l’examen clinique montre une amélioration notable de l’état général de l’animal. Il n’est plus abattu, son poil est lisse et brillant, l’érythème a diminué, les pustules ont disparu et une repousse du poil est observée. Quelques croûtes persistent sur la face et les pavillons auriculaires (PHOTOS 7 et 8). Des papules sont toujours présentes en grand nombre sur la face ventrale de l’abdomen (PHOTO 9).

Le traitement, inchangé, est poursuivi pendant quinze jours supplémentaires.

Deuxième suivi

Le deuxième suivi intervient un mois après le début du traitement. L’amélioration est encore plus nette, avec une disparition quasi complète des lésions (PHOTOS 10 et 11). Le chat a grossi de 1 kg depuis la première consultation, probablement en raison de la corticothérapie.

Le traitement antibiotique et les shampooings sont poursuivis.

La posologie du corticoïde est diminuée progressivement, par étapes de 0,25 mg/kg, pour atteindre 1 mg/kg/j en l’espace d’un mois et demi. Après quoi l’administration se fait un jour sur deux à la dose de 1 mg/kg.

Troisième suivi

Un suivi par téléphone est réalisé deux mois après la dernière visite.

La corticothérapie à jours alternés est suivie pendant trois semaines, puis tout traitement est arrêté, à l’initiative de la propriétaire, une semaine avant l’entretien téléphonique.

Lors de l’appel, l’état général de l’animal est bon et son pelage est lisse et brillant. Aucune papulo-pustule n’est signalée. Seules quelques croûtes, d’origine traumatique selon la propriétaire, sont présentes derrière les pavillons auriculaires.

Suivi à long terme

Après un mois et demi d’arrêt du traitement, avec un état général satisfaisant de l’animal, une récidive a nécessité la reprise du traitement, qui est actuellement en cours.

Discussion

1. Définition

Les pemphigus représentent un groupe de dermatoses auto-immunes caractérisées sur le plan immunologique par la présence d’auto-anticorps dirigés contre les desmosomes des kératinocytes (les desmosomes représentent un système de jonction intercellulaire qui assure une grande solidité à l’épiderme). Il existe des pemphigus superficiels (pemphigus foliacé et érythémateux) et des pemphigus profonds (pemphigus vulgaire et végétant).

Le pemphigus foliacé est une affection rare qui représente au maximum 1 % des cas de dermatologie féline et canine. Cependant, c’est le plus fréquent des pemphigus du chien et du chat. Il constitue la dermatose auto-immune la plus courante chez ces deux espèces [10, 11].

2. Étiologie et pathogénie

Il est prouvé chez l’homme, et suspecté chez le chien, que la desmogléine I est la cible des auto-anticorps dans le pemphigus foliacé. Il en résulte une perte de cohésion entre les kératinocytes. Ce phénomène, appelé “acantholyse” (processus dans lequel les kératinocytes se détachent du massif épidermique sans mourir et prennent une forme sphérique), conduit à la formation de géodes intra-épidermiques (petites cavités au sein du massif épidermique). Jusqu’à présent, la molécule cible des auto-anticorps n’a pas été identifiée chez le chat [1, 8].

Le pemphigus foliacé est d’origine idiopathique dans la grande majorité des cas. La formation des auto-anticorps est probablement secondaire à un dérèglement du système immunitaire dont la cause demeure inconnue. Il existe une prédisposition génétique chez l’homme et chez le chien, mais apparemment pas chez le chat [8, 9]. Dans l’espèce féline, plusieurs cas de pemphigus foliacé médicamenteux ont été décrits et il est suspecté, sans que cela soit prouvé, qu’une dermatose inflammatoire chronique puisse jouer un rôle dans la survenue d’un pemphigus foliacé [7, 8].

3. Épidémiologie

Les chats atteints de pemphigus foliacé sont fréquemment des animaux européens à poil court, mais cela n’est lié à aucune prédisposition raciale. Il s’agit le plus souvent de jeunes adultes (environ cinq ans), bien que des animaux âgés d’un à dix-sept ans puissent être touchés. Aucune prédisposition sexuelle n’est observée [8].

4. Symptomatologie

Localisation lésionnelle

Le pemphigus foliacé débute le plus souvent par une atteinte de la tête qui se généralise en l’espace de quelques mois (environ six mois) [6].

Les lésions initiales siègent en général au niveau des pavillons auriculaires, de la truffe et du chanfrein, du menton ou des zones péri-oculaires. Les extrémités podales (griffes et coussinets) sont aussi fréquemment impliquées en début d’évolution et une atteinte exclusive de cette région cutanée est assez souvent décrite [1, 11]. Le tronc (face dorsale ou ventrale) et la queue peuvent également être atteints. Parfois, le pemphigus est d’emblée généralisé. Une atteinte cutanéo-muqueuse est rare et celle de la cavité orale l’est encore plus [4].

Une atteinte de la périphérie de l’aréole mammaire, peu fréquente, est caractéristique du pemphigus foliacé [8].

Description lésionnelle et symptômes généraux

Les premières lésions sont des macules érythémateuses fugaces. Des pustules apparaissent ensuite et évoluent en croûtes sèches de couleur jaunâtre à brune. Des squames, des érosions et des dépilations leur sont associées.

Les lésions sont bilatérales et symétriques. Le prurit est le plus souvent modéré. Une répercussion sur l’état général de l’animal (abattement et anorexie) et une leucocytose neutrophilique sont assez fréquemment mises en évidence [11].

Le cas clinique décrit ici est une bonne illustration du pemphigus foliacé félin : l’atteinte primitivement faciale s’est généralisée en deux mois ; des pustules, des dépilations et des croûtes ont été les principales lésions observées.

5. Diagnostic

Diagnostic clinique

Un chat atteint de pemphigus foliacé est un animal âgé d’environ cinq ans qui présente une dermatose pustulo-croûteuse chronique, localisée initialement à la tête, qui peut s’être généralisée ou n’affecter que les extrémités podales.

Diagnostic expérimental

• L’examen cytologique d’une pustule intacte peut orienter le diagnostic. L’examen microscopique d’un calque de pus d’une pustule intacte montre une abondance de polynucléaires neutrophiles non dégénérés et, parfois, quelques polynucléaires éosinophiles. De grandes cellules rondes ou ovales au cytoplasme basophile et au noyau rond et central sont parfois observées. Ces cellules sont des kératinocytes acantholysés, ou acanthocytes. Elles sont soit isolées, soit groupées (images “en radeau”). Lorsque ces acanthocytes sont entourés d’un anneau de polynucléaires neutrophiles, l’image est dite “en roue crantée”, caractéristique de l’affection mais rarement observée. Aucun germe n’est généralement observé [3].

• Le diagnostic définitif du pemphigus foliacé est histopathologique. L’examen histopathologique montre des pustules sous-cornées uniloculaires de taille variable à disposition folliculaire ou non folliculaire, les pustules non folliculaires pouvant surmonter plusieurs follicules pileux. Les pustules sous-cornées, de taille variable, contiennent des acanthocytes et des polynucléaires neutrophiles en grand nombre. Un infiltrat inflammatoire dermique à forte proportion de polynucléaires neutrophiles est présent [8].

6. Traitement

Le pemphigus foliacé relève d’un traitement immunosuppresseur qui vise à inhiber la synthèse des auto-anticorps. Plusieurs molécules, seules ou en association, peuvent être administrées chez le chat : les glucocorticoïdes (prednisone, prednisolone, méthylprednisolone, dexaméthasone ou triamcinolone(2)) et le chlorambucil(1). Dans la plupart des cas, le traitement initial comporte uniquement des glucocorticoïdes. Le chlorambucil(1) est associé dans deux cas de figure : soit la corticothérapie seule n’est pas efficace, soit les doses de glucocorticoïdes nécessaires sont trop élevées et induisent des effets secondaires qui nécessitent l’association de deux molécules.

Le traitement du pemphigus foliacé félin n’est pas efficace dans tous les cas. Environ 10 % des chats ne répondent à aucun traitement et sont alors euthanasiés [11].

Glucocorticoïdes

• Pour les glucocorticoïdes de types prednisone, prednisolone et méthylprednisolone, la dose de départ, conseillée dans la littérature, est de 2 à 6 mg/kg/j par voie orale. Pour la dexaméthasone, elle est de 0,2 à 0,4 mg/kg/j par voie orale et, pour la triamcinolone(2), elle est de 0,2 à 0,8 mg/kg/j par voie orale [4, 9, 11].

Cependant, selon une étude rétrospective récente qui porte sur cinquante-sept cas de pemphigus foliacé félin, menée aux États-Unis, les posologies efficaces de triamcinolone(2) sont plus élevées que celles évoquées ci-dessus. En effet, dans cet essai, la triamcinolone(2) a été administrée à des doses de 0,6 à 2 mg/kg/j par voie orale. En revanche, les doses de prednisone utilisées sont les mêmes [8].

Quel que soit le glucocorticoïde administré, la dose de départ doit être maintenue jusqu’à ce qu’une amélioration nette des lésions cutanées soit observée. La posologie est ensuite progressivement diminuée afin de déterminer la plus faible dose efficace, avec une administration à jours alternés si possible, voire un arrêt. Le but est de réduire le risque d’apparition des effets secondaires [9, 11].

• Les effets secondaires de la prednisone sont une polyuro-polydipsie, une amyotrophie, une léthargie, une polyphagie, un gain de poids, une modification comportementale et une augmentation du risque d’infection. Ceux de la triamcinolone(2) sont des troubles gastro-intestinaux (diarrhée, anorexie) et une léthargie [8, 9].

• Dans la littérature, la prednisone et la prednisolone sont les molécules les plus utilisées. Cependant, selon l’étude américaine précitée, la triamcinolone(2) donne de meilleurs résultats puisque tous les chats traités présentent une rémission clinique, contre seulement 61 % des animaux qui reçoivent de la prednisone [8]. Il a en outre été prouvé que la triamcinolone(2) entraîne moins d’effets secondaires que la prednisone [8].

La triamcinolone(2) semble donc constituer un traitement efficace du pemphigus foliacé félin et qui comporte peu de risques [8].

Dans le cas présenté, la prednisolone a permis d’obtenir des résultats particulièrement bons, avec une amélioration nette et rapide sans rechute associée sur les trois mois de suivi, et des effets secondaires minimes. À la lueur de l’étude citée ci-dessus, il serait toutefois intéressant de choisir désormais la triamcinolone(2) comme le glucocorticoïde de choix pour le traitement du pemphigus foliacé chez le chat.

Chlorambucil(1)

Le chlorambucil(1) est un agent alkylant qui perturbe les liaisons de l’ADN. Il est moins toxique que les autres agents de la même famille. La posologie utilisée varie de 0,1 à 0,2 mg/kg/j, tous les jours ou tous les deux jours, par voie orale. Les effets secondaires induits sont une myélosuppression (cytopénies) et des troubles gastro-intestinaux (diarrhée, vomissements, anorexie). Les paramètres hématologiques doivent être contrôlés tous les mois en début de traitement. C’est toutefois la molécule de choix à utiliser quand les glucocorticoïdes sont inefficaces [9].

Utilisation des antibiotiques

Une étude rétrospective sur quarante-trois chiens atteints de pemphigus foliacé a montré que les animaux qui reçoivent une antibiothérapie concomitante ont une survie prolongée par rapport à ceux traités seulement avec des immunosuppresseurs. L’administration des antibiotiques semble intéressante lors de pemphigus chez le chien, bien qu’aucun agent bactérien ne soit trouvé dans les pustules. Il pourrait en être de même chez le chat [2]. C’est pourquoi, dans ce cas clinique, une céphalosporine a été associée à la corticothérapie.

Un traitement topique (shampooing) a été prescrit ici, alors que ce type de prise en charge n’est pas mentionné dans la littérature. Peut-être est-ce dû à la réalisation délicate des shampooings dans l’espèce féline. Le chat dont il est question est particulièrement docile et les bains ont pu être effectués. Cela a certainement permis d’accélérer la régression des lésions cutanées.

Le cas présenté dans cet article est une illustration typique de pemphigus foliacé félin, que ce soit dans son expression clinique, son diagnostic ou son évolution thérapeutique. Il permet de rappeler que, même s’il s’agit d’une maladie relativement rare, le pemphigus foliacé félin reste l’affection auto-immune du chat la plus fréquente, qui doit être prise en compte dans le diagnostic différentiel des dermatoses pustulo-croûteuses généralisées chez le chat de tout âge. Une biopsie est requise pour établir le diagnostic de certitude, mais la clinique et l’examen cytologique sont d’une orientation précieuse. Enfin, si le pronostic de l’affection une fois traitée est généralement bon, la longueur de la prise en charge et la régularité nécessaire des suivis réclament une forte motivation des propriétaires, dont le praticien doit tenir compte.

  • (1) Médicament à usage humain.

  • (2) Médicament vétérinaire utilisé hors RCP.

Points forts

Le pemphigus foliacé chez le chat se traduit le plus souvent cliniquement par une dermatose pustulo-croûteuse générale située initialement sur la tête, qui affecte principalement les jeunes adultes à poil court.

L’examen cytologique du contenu d’une pustule intacte oriente le diagnostic.

Le diagnostic définitif est histopathologique et repose sur l’observation de pustules sous-cornées qui contiennent des acanthocytes et des polynucléaires.

Quel que soit le glucocorticoïde administré, la dose de départ doit être maintenue jusqu’à ce qu’une amélioration nette des lésions cutanées soit observée.

La triamcinolone semble constituer un traitement efficace, qui comporte peu de risques.

En savoir plus

- Rivierre C. Le pemphigus foliacé chez le chien et chez le chat. Point Vét. 2003 ; 34(233) : 30-34.

Congrès

5 - Olivry T. Pemphigus in the dog : current concepts. In : Proceedings : 4th world congress ESVD-ECVD, San Francisco. 2000 : 212.

  • 1 - Bensignor E, Carlotti DN. À propos de quatre cas de pemphigus foliacé avec atteinte exclusive des coussinets. Prat. Méd. Chir. Anim. Comp.  1997 ; 32(6) : 481-490.
  • 2 - Gomez SM, Morris DO, Rosenbaum MR et coll. Outcome and complications associated w - ith treatment of pemphigus foliaceus in dogs : 43 cases (1994-2000). J. Am. Vet. Med. Assoc. 2004 ; 224(8) : 1312-1316.
  • 3 - Groux D. Cytologie du pemphigus foliacé. Prat. Méd. Chir. Anim. Comp.  2002 ; 37(1) : 23-25.
  • 4 - Kunkle GA. Feline dermatology. Vet. Clin. North Am. Small Anim. Pract. 1984 ; 14(5) : 1065-1087.
  • 6 - Prélaud P.  Dermatoses faciales du chat. Encyclopédie vétérinaire. Dermatologie. Elsevier, Paris. 1996 ; 3250 : 7pages.
  • 7 - Prélaud P, Mialot M, Kupfer B. Accident cutané médicamenteux évoquant un pemphigus foliacé chez un chat. Point Vét. 1991 ; 23(137) : 313-318.
  • 8 - Preziosi DE, Goldschmidt MH, Greek JS et coll. Feline pemphigus foliaceus : a retrospective analysis of 57 cases. Vet. Dermatol. 2003 ; 14(6) : 313-321.
  • 9 - Rosenkrantz WS. Pemphigus : current therapy. Vet. Dermatol. 2004 ; 15(2) : 90-98.
  • 10 - Scott DW. Autoimmune skin diseases. Vet. Clin. North Am. Small Anim. Pract. 1978 ; 8(4) : 641-664.
  • 11 - Scott DW, Miller WH, Griffin CE. Immune-mediated disorders. In : M11 - uller and Kirk’s Small Animal Dermatology. 6th ed. WB Saunders, Philadelphia. 2001 : 667-779.

PHOTO 1. Vue de la face qui montre de nombreuses croûtes.

PHOTO 10. Aspect de la face un mois après le début du traitement : disparition des croûtes.

PHOTO 11. Aspect de l’abdomen un mois après le début du traitement : disparition des lésions.

PHOTO 2. Croûtes, érosions et dépilations sur un pavillon auriculaire.

PHOTO 3. Papules et pustules sur l’abdomen.

PHOTO 4. Cytologie d’une pustule intacte : nombreux polynucléaires neutrophiles (flèche blanche), plusieurs kératinocytes acantholysés dont trois qui forment une image « en radeau » (flèche noire) (coloration Diff-Quick, x 40).

PHOTO 5. Biopsie cutanée : croûtes sérocellulaires (flèches) qui contiennent des kératinocytes acantholysés (coloration HES, x 10).

PHOTO 6. Biopsie cutanée : pustule sous-cornée (flèches larges) qui contient des polynucléaires neutrophiles (flèche fine noire) et des acanthocytes (flèche fine blanche) (coloration HES, x 20).

PHOTO 7. Aspect de la face deux semaines après le début du traitement : disparition des lésions primaires et repousse du poil.

PHOTO 8. Vue des pavillons auriculaires après deux semaines de traitement : nette diminution du nombre de croûtes.

PHOTO 9. Aspect de l’abdomen deux semaines après le début du traitement : diminution des papules et de l’érythème.