Le point Vétérinaire n° 257 du 01/07/2005
 

CARDIOLOGIE DES BOVINS

Se former

COURS

Paul Périé*, Valérie Chetboul**, François Crespeau***, Renaud Maillard****, Yves Millemann*****


*Route du Neubourg
27520 Bourgtheroulde-Infreville
**Unité de cardiologie
***Unité d’anatomo-pathologie
****Unité de pathologie médicale du bétail et des animaux de basse-cour ENV d’Alfort 7, av du Général-de-Gaulle 94700 Maisons-Alfort
*****Unité de pathologie
médicale du bétail
et des animaux de basse-cour
ENV d’Alfort
7, av du Général-de-Gaulle
94700 Maisons-Alfort

Les symptômes lors de malformation cardiovasculaire congénitale ne sont pas spécifiques (dyspnée, tachycardie, cyanose, retard de croissance). L’échocardiographie permet d’en établir le diagnostic et le pronostic.

Résumé

La survenue des malformations cardiovasculaires congénitales chez les bovins semble en partie dépendre de facteurs génétiques et environnementaux. La malformation la plus fréquente est la communication interventriculaire, suivie par la communication interatriale et la persistance du canal artériel. Les symptômes sont souvent peu spécifiques : tachycardie, tachypnée, dyspnée, cyanose, retard de croissance, etc. L’auscultation cardiaque est l’étape essentielle de l’examen clinique, mais seule l’échographie permet d’établir un diagnostic précis de l’affection. Si les lésions sont identifiées précocement, un traitement médical peut être entrepris pour minimiser leurs effets secondaires. Le pronostic reste cependant souvent sombre et l’euthanasie s’impose fréquemment.

Le traitement médical peut permettre aux bovins atteints de malformations cardiovasculaires de dépasser la phase critique pour parvenir en phase d’engraissement. Mais ils doivent ensuite être abattus rapidement car ils franchissent rarement le cap de la première année.

Les malformations cardiovasculaires congénitales sont définies comme des anomalies de structure du cœur ou des vaisseaux, présentes chez l’individu dès la naissance. Elles regroupent différents types de malformations : shunts intra- ou extracardiaques, persistance du foramen ovale ou du quatrième arc aortique droit, dextroposition de l’aorte, etc. Ces affections, bien connues et couramment diagnostiquées chez le chien et chez le chat, ont fait l’objet de peu d’études chez les bovins. Elles ne sont le plus souvent identifiées qu’à la faveur d’une autopsie. Cet article présente ces malformations, décrit leurs conséquences physiopathologiques, puis envisage les différents moyens dont dispose le praticien pour confirmer le diagnostic.

Étiologie

L’origine des malformations cardiovasculaires congénitales ne peut le plus souvent pas être déterminée. Certaines d’entre elles peuvent être associées à des carences.

La carence en vitamine A (plus fréquemment à l’origine de malformations oculaires) peut engendrer des lésions cardiaques. Il semblerait aussi chez l’homme que certaines infections puissent, au cours de la gestation, provoquer ces malformations [5].

Des facteurs génétiques sont également mis en cause dans certaines études. Des communications interventriculaires semblables ont ainsi été identifiées chez deux jeunes bovins jumeaux [10]. Une malformation du septum interventriculaire associée à une hydrocéphalie serait provoquée par un gène dominant autosomal en race limousine [7]. Les cardiomyopathies dilatées rencontrées en race holstein-friesian seraient en rapport avec un gène autosomal récessif [9]. Une autre étude chez des porcs miniatures a mis en évidence une malformation du septum interventriculaire qui semble héritable [14]. Toutefois, aucun gène responsable de malformations cardiovasculaires n’a pu être complètement isolé. Les études sur le sujet ne font que débuter dans l’espèce bovine.

Description anatomopathologique des différentes anomalies

Chez l’homme, les malformations cardiovasculaires congénitales sont présentes chez six à sept personnes sur mille [6].

Chez les bovins, leur fréquence s’élève à six ou dix individus sur mille selon les études [6, 13]. Elles affectent autant les mâles que les femelles [16]. L’étude de Gopal (1986) recense les différentes malformations congénitales observées dans l’espèce bovine et évalue leur fréquence (voir le TABLEAU “Fréquence des malformations cardiovasculaires congénitales chez les bovins”) [6].

1. Ectopie cardiaque

Lors d’ectopie cardiaque, le cœur se situe hors de la cavité thoracique. Dans le déplacement le plus courant, il est palpable en avant de l’encolure, dans une enveloppe péricardique située sous la peau. Cette malformation s’accompagne alors d’un écartement des premières côtes et d’une compression ventro-dorsale du sternum, ce qui donne l’apparence d’une “poitrine” en avant du thorax. Les animaux atteints ne peuvent survivre en général plus de quelques jours.

2. Communication interventriculaire

La communication interventriculaire est la malformation cardiaque la plus courante chez les bovins [11]. Elle a pour conséquence la présence d’un shunt du ventricule gauche vers le ventricule droit, lui-même à l’origine d’une surcharge du ventricule et de l’atrium gauche (PHOTO 1).

Comme chez les autres espèces, la communication interventriculaire peut être associée à d’autres malformations (communication interatriale par exemple). Le pronostic de cette cardiopathie dépend de la taille de la communication. Ainsi, dans les cas les moins graves, la communication interventriculaire peut ne constituer qu’une simple découverte d’autopsie.

3. Communication interatriale

La communication interatriale est à l’origine d’un shunt gauche-droit. La persistance du trou de Botal correspond à une forme de communication interatriale (PHOTO 2).

Les conséquences hémodynamiques potentielles sont l’apparition d’une dilatation atriale droite, puis d’une dilatation ventriculaire droite. Lors de large communication, en raison du développement d’une hypertension artérielle pulmonaire, le shunt peut s’inverser, c’est-à-dire devenir droite-gauche et engendrer une cyanose. Dans certains cas cependant, notamment lorsque la communication n’est pas associée à d’autres malformations, les signes cliniques sont frustes. Chez le veau, elle peut être découverte fortuitement à l’abattoir [a].

4. Persistance du quatrième arc aortique droit

Lors de persistance du quatrième arc aortique droit, l’aorte, reliée à l’artère pulmonaire par le ligament artériel, est située à droite de l’œsophage et de la trachée. Le ligament artériel entraîne une striction de l’œsophage contre la trachée, ce qui provoque un étranglement trachéo-œsophagien et la formation d’un jabot œsophagien. Les signes cliniques caractéristiques sont donc une dysphagie caractérisée par de fréquentes régurgitations.

5. Dextroposition de l’aorte

Lors de dextroposition, l’aorte est positionnée à cheval sur le septum interventriculaire. Cette anomalie est fréquemment associée à d’autres malformations (communication interventriculaire, etc.), mais isolée, elle engendre peu de conséquences cliniques.

6. Persistance du canal artériel

La persistance du canal artériel résulte de l’absence de fermeture du canal artériel (quatrième arc aortique) après la naissance. Le canal artériel se ferme en général dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance et doit être totalement clos après cinq jours de vie.

Peu de cas ont été décrits à ce jour dans l’espèce bovine.

7. Tétralogie de Fallot

La tétralogie de Fallot est le plus souvent létale chez les ruminants domestiques. Certains peuvent toutefois survivre plusieurs mois avant que l’anomalie ne soit décelée [8].

La tétralogie de Fallot associe une sténose pulmonaire, une communication interventriculaire, une dextroposition de l’aorte et une hypertrophie concentrique du ventricule droit (PHOTOS 3, 4 et 5).

8. Pentalogie de Fallot

La pentalogie de Fallot associe aux quatre malformations de la tétralogie de Fallot la présence d’une communication interatriale.

Un cas de cette malformation a été décrit en 2000 sur un bovin adulte [4].

9. Fibro-élastose endocardique

Lors de fibro-élastose endocardique, l’endocarde constitue une épaisse enveloppe fibreuse qui tapisse la partie interne des cavités cardiaques. La rigidité endomyocardique qui en résulte a pour conséquence une réduction du remplissage ventriculaire diastolique, ainsi qu’une diminution de la fonction systolique. Ceci conduit à une insuffisance cardiaque congestive, souvent mortelle lorsque l’animal arrive à l’âge adulte.

10. Malformation des artères coronaires

Lors de malformation, une seule ou les deux artères coronaires naissent de l’artère pulmonaire et non de l’aorte. L’anoxie qui en résulte provoque une hypo- ou akinésie du myocarde concerné. Il s’ensuit une dilatation du ventricule correspondant, accompagnée de signes d’insuffisance cardiaque congestive (détresse respiratoire, etc.) [1].

Manifestations cliniques des malformations cardiovasculaires

La symptomatologie des malformations cardiovasculaires varie selon le type de malformation. Seules les formes les plus courantes sont détaillées ici.

1. Motifs de consultation

Les animaux atteints peuvent rester asymptomatiques pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Un retard de croissance est alors souvent observé malgré l’absence de symptômes fonctionnels [16]. Lors de malformation marquée, le veau meurt dans les heures qui suivent le vêlage, après une période de polypnée intense. Le cœur, incapable de produire un travail suffisant, provoque une anoxie complète de l’animal.

Plus généralement, les éleveurs notent qu’aucun traitement antibiotique ne parvient à améliorer l’état de santé des animaux atteints de difficultés respiratoires.

2. Examen clinique

Différents signes cliniques orientent le diagnostic vers une suspicion d’affection cardiaque : une polypnée, une dyspnée, une tachycardie, une cyanose, une apathie marquée ou un amaigrissement sans autre cause identifiable. D’autres manifestations peuvent parfois être observées : diarrhée, ballonnement abdominal, etc. [12].

Auscultation cardiaque

L’auscultation cardiaque constitue une étape essentielle de l’examen clinique qui permet d’orienter le diagnostic vers une malformation cardiovasculaire (et non une bronchopneumopathie).

La présence de souffles, de bruits de galop ou d’arythmies est recherchée. Comme chez les autres espèces, le souffle varie selon la malformation responsable : lors de communication interventriculaire, un souffle systolique est audible sur une grande surface (au moins quatre espaces intercostaux), des deux côtés du thorax et légèrement plus fort à droite. Un “thrill” (ou frémissement cataire) est souvent palpable.

Lors de persistance du canal artériel, un souffle systolo-diastolique basal est audible sur une zone plus grande que celle de l’auscultation cardiaque habituelle [10].

Les souffles décrits sont toutefois souvent difficiles à identifier en pratique. L’auscultation permet simplement d’orienter le diagnostic vers une affection d’origine cardiaque plutôt que pulmonaire.

Auscultation pulmonaire

L’auscultation pulmonaire est le second temps important de l’examen clinique. Il convient de rechercher la présence de râles, de crépitements et/ou de sifflements. Cette auscultation permet, non seulement de différencier une affection cardiaque d’une maladie respiratoire, mais aussi de rechercher d’éventuelles complications d’une malformation cardiovasculaire.

L’œdème pulmonaire provoque souvent une dyspnée restrictive. Il représente, en outre, un milieu favorable au développement de diverses infections. Des bronchopneumonies mucopurulentes sont ainsi fréquemment retrouvées lors de l’autopsie de l’animal (PHOTO 6) [11]. L’identification précoce des complications permet d’améliorer le pronostic.

Autres signes évocateurs

D’autres symptômes sont parfois présents : un ballonnement abdominal, une ascite, une hépatomégalie, etc.

La régurgitation du lait par la bouche et les nasaux juste après la tétée chez le veau est un signe quasi pathognomonique de la persistance du quatrième arc aortique droit, en raison du jabot œsophagien associé.

Examens complémentaires

Le diagnostic de suspicion d’une malformation cardiovasculaire est donc assez simple à établir si un examen clinique complet de l’animal est réalisé (voir le TABLEAU “Éléments du diagnostic différentiel d’une malformation cardiovasculaire congénitale”). Identifier la ou les malformations en cause sans recourir aux examens complémentaires est en revanche impossible.

1. Échocardiographie

L’échocardiographie des veaux est un examen de plus en plus abordable en clientèle, notamment grâce au développement et à la standardisation de l’échocardiographie canine. Les échocardiographes utilisés chez le chien et le chat, surtout lorsqu’ils sont portables, conviennent parfaitement pour examiner les veaux et les petits ruminants. Les sondes sont les mêmes que celles employées chez les chiens de moyen et grand formats (fréquence de 2,5 et 3,5 MHz).

L’animal est maintenu debout par un aide. La principale fenêtre échographique se situe sous la pointe du coude droit, au niveau des quatrième et cinquième espaces intercostaux. La palpation du choc précordial facilite l’identification de la zone. Le membre antérieur droit est étendu vers l’avant pour faciliter l’exploration.

L’abord gauche peut aussi être employé dans certaines situations, notamment lorsque l’examen du côté droit s’est avéré insuffisant ou lorsque l’opérateur souhaite réaliser un examen Doppler (continu, pulsé ou couleur) du flux transaortique ou des flux atrioventriculaires.

Si l’animal est trop agité pour être examiné debout, il est placé en décubitus latéral. La compression du tissu pulmonaire du côté du décubitus favorise une ventilation par le poumon controlatéral et gêne alors l’accès au cœur. L’animal doit donc être couché sur le flanc droit sur deux bottes de pailles séparées d’une dizaine de centimètres pour permettre un accès par le dessous de l’animal.

Pour un examen optimal, les zones échographiées sont tondues ou épilées, et un gel est appliqué entre la sonde et la peau pour faciliter le passage des ondes. L’alcool peut aussi être employé ; il permet parfois de se passer de la tonte, mais son utilisation répétée avec les sondes échographiques peut avoir tendance à les détériorer.

L’examen échocardiographique fait appel à deux modes de représentations : le mode temps-mouvement (TM) et le mode bidimensionnel (2D). Un examen échocardiographique débute toujours par une exploration en mode 2D, avant d’aborder le mode TM. Le mode 2D permet l’obtention d’images du cœur en deux dimensions, l’organe étant coupé par un plan d’ultrasons. Le mode TM permet l’obtention d’images cardiaques en une dimension, l’organe étant coupé selon un faisceau linéaire ultrasonore et non plus selon un plan. Le mode TM offre ainsi une visualisation des mouvements d’intersection faisceau/ cœur en fonction du temps. Les différentes phases du cycle cardiaque peuvent être ainsi décomposées sur une seule image figée, ce qui permet l’obtention de mesures précises, diastoliques et systoliques, des différentes structures intracardiaques (parois, cavités, etc.) [2].

Toutes les lésions décrites précédemment sont recherchées : communications interventriculaires ou interatriales, dextroposition de l’aorte, persistance du canal artériel, tétralogie de Fallot (PHOTOS 7a et 7b).

Le mode Doppler facilite l’identification de certaines d’entre elles (PHOTO 7c) : mise en évidence d’un flux continu systolo-diastolique dans le tronc pulmonaire lors de persistance du canal artériel, confirmation d’un shunt gauche-droite lors de communication intracardiaque, ou encore accélération du flux transpulmonaire au Doppler continu lors de sténose pulmonaire associée à la tétralogie de Fallot.

L’échocardiographie est utile lorsque l’examen clinique ne permet pas à lui seul d’établir le diagnostic de malformation cardiovasculaire. Elle permet, en outre, d’évaluer le pronostic, donc l’opportunité de poursuivre ou non les soins.

2. Radiographie

La radiographie est également utilisée pour diagnostiquer les malformations cardiovasculaires, même si elle reste moins précise que l’échocardiographie. Son coût limite aussi son utilisation en clientèle. Elle est donc réservée aux structures hospitalières.

Deux incidences peuvent être employées chez le veau : l’incidence ventro-dorsale et la vue latérale. En vue latérale, la silhouette cardiaque est proche de celle du chien. Le cœur est toutefois plus grand et son contact sternal est plus large (PHOTO 8). En incidence ventro-dorsale, l’image du cœur ressemble plus à celle du cheval. Le bord gauche du cœur est plus arrondi que le droit et la paroi gauche du cœur apparaît presque accolée à la paroi thoracique [3].

La radiographie identifie les déformations de la silhouette cardiaque et les vaisseaux, mais elle ne rend pas possible un diagnostic spécifique de l’affection. En revanche, elle permet, comme chez le chien et le chat, d’apprécier les conséquences vasculaires (congestion) ou pulmonaires d’une cardiopathie (œdème).

3. Électrocardiographie

L’électrocardiographie n’est presque jamais pratiquée chez les bovins. Les résultats obtenus peuvent être interprétés de la même manière que chez le chien, le chat ou les équidés. Mais trop peu de données propres aux bovins ont été publiées et de fortes variations existent d’un individu à l’autre, ce qui rend l’interprétation des arythmies incertaine [15].

4. Biologie clinique

Si aucune complication infectieuse n’est présente, la numération-formule sanguine ne révèle pas d’anomalie. Une augmentation des concentrations plasmatiques des ASAT et des phosphatases alcalines, ainsi que de l’urée et de la créatinine ont fréquemment été décrites [9]. Ces modifications sont toutefois trop peu spécifiques pour orienter le diagnostic vers une malformation cardiovasculaire.

5. Pronostic et traitement

Sauf pour un trou de Botal ou un canal artériel persistants, susceptibles de se refermer au cours de la première semaine de vie, le pronostic des malformations cardiovasculaires congénitales est le plus souvent sombre.

Aucune chirurgie cardiaque correctrice de ces malformations n’a encore été rapportée chez les bovins. Néanmoins, lorsque le diagnostic a été précoce et que les lésions sont identifiées, un traitement est possible.

Un traitement médical peut ainsi être entrepris pour éviter les conséquences hémodynamiques et fonctionnelles de la malformation. Peu de médicaments sont disponibles pour les bovins. L’inosine (Tonarsyl®) est utilisable (250 mg/j par voie intramusculaire ou intraveineuse en cure de cinq jours). Elle possède un effet inotrope marqué et un effet chronotrope. Elle entraîne aussi une amélioration de l’irrigation myocardique et augmente le débit cardiaque, sans effet tensionnel direct. Les diurétiques peuvent aussi être administrés lors d’œdème pulmonaire ou de signes d’insuffisance cardiaque congestive gauche. Le furosémide est le seul diurétique qui dispose d’une indication dans l’espèce bovine dans le résumé officiel des caractéristiques du produit (RCP) de son AMM. Il est administré à une dose de 0,5 à 1 mg/kg/j.

Sur le terrain, certains ont tenté d’administrer des inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine(1) (IECA), aux doses indiquées chez le chien, pendant une semaine. Aucune étude n’a cependant démontré leur intérêt dans cette indication, et leur coût proscrit un traitement sur une période plus longue.

Lorsqu’une pneumonie est associée, des antibiotiques sont indiqués. Il reste néanmoins préférable de procéder à l’euthanasie de l’animal, car le pronostic est mauvais.

Le traitement médical peut permettre aux animaux atteints de malformations cardiovasculaires de dépasser la phase critique pour parvenir en phase d’engraissement. Mais ils doivent ensuite être abattus rapidement car ils franchissent rarement le cap de la première année.

Chez les bovins comme chez le chien et le chat ou l’homme, seule l’échocardiographie permet la différenciation des malformations cardiovasculaires. Le pronostic est toutefois généralement sombre et les possibilités de traitement sont limitées. Dans la majorité des cas de diagnostic ante mortem, la sévérité des lésions aboutit à recommander l’euthanasie de l’animal. Il est cependant indispensable d’identifier ces malformations afin de les prendre en compte dans les programmes de sélection génétique.

  • (1) Hors RCP.

Points forts

Les malformations cardiovasculaires congénitales doivent faire partie du diagnostic différentiel des retards de croissance.

L’échographie, facilement abordable avec les appareils utilisés en médecine canine, est le seul examen qui permette d’établir un diagnostic.

Le pronostic des malformations cardiovasculaires est sombre. Si un traitement est tenté, l’inosine et le furosémide sont les principales molécules indiquées.

Le diagnostic des malformations cardiovasculaires doit être réalisé pour permettre d’éliminer les sujets à risques des programmes de sélection génétique.

Congrès

a - Crespeau F. Ectopies et malformations cardiaques congénitales. Dans : Pathologie de l’appareil cardiovasculaire et de l’appareil respiratoire. Cours d’anatomie pathologique spéciale. Alfort, 2003 ; 1 : 3-15.

b - Rollin F, Danlois F, Aliaoui H et coll. Le syndrome de détresse respiratoire du veau nouveau-né : la clé de l’énigme. Dans : De la recherche à la clinique. Proc. Société française de Buiatrie. Paris. 2003 : 72-80.

  • 1 - Bieldfell RJ, Pringle JK, Miller LM. Coronary arterioventricular anomaly in a calf. J. Vet. Diagn. Invest. 1996 ; 8 : 500-502.
  • 2 - Chetboul V, Pouchelon JL, Bureau-Amaglio S et coll. Échocardiographie et écho-Doppler du chien et du chat. Ed. Masson, Paris. 1999 : 1-21.
  • 3 - Farrow CS. Radiographic assessment of congenital heart disease in calves using silhouette analysis. Bov. Med. Imaging. 1999 ; 15 : 379-389.
  • 4 - Guidoni M, Cherel Y, Laval A. Un cas de pathologie cardiaque congénitale (pentalogie de Fallot) chez un bovin adulte. Bull. GTV. 2000 ; 5 : 25-32
  • 5 - Gopal T. Congenital cardiac defects in calves. Am. J. Vet. Res. 1986 ; 47 : 1120-1121.
  • 6 - Kemler AG. Incidence of congenital cardiac defects in bovine fetuses. Am. J. Vet. Res. 1972 ; 33 : 249-251.
  • 7 - Lauvergne JJ, Pavoux C. Hydrocéphalie et cardiopathie héréditaire en race bovine limousine. Ann. Génét. Sél. Anim. 1969 ; 1 : 109-117.
  • 8 - Mohamed T, Sato H, Kurosawa T et coll. Tetralogy of Fallot in a calf : Clinical, Ultrasonographic, Laboratory and postmortem findings. J. Vet. Med. Science. 2004 ; 66 : 73-76.
  • 9 - Nart P, Thompson H, Barett DC et coll. Clinical and pathological features of dilated cardiomyopathy in Holstein-Friesan cattle. Vet. Rec. 2004 ; 155 : 355-361.
  • 10 - Radostits OM, Gay CC, Blood DC et coll. Congenital cardiac defects. In : Veterinary medecine : A textbook of the diseases of cattle, sheep, pigs, goats and horses. 9th ed., WB Saunders eds, London. 2000 : 391-394.
  • 11 - Reppas GP, Canfield PJ, Watson GF. An unusual congenital cardiac anomaly in a Dexter calf. Austr. Vet. J. 1996 ; 73 : 115-116.
  • 12 - Sandusky GE, Smith CW. Congenital cardiac anomalies in calves. Vet. Rec. 1981 ; 21 : 163-165.
  • 13 - Schwarzwald C, Gerspach C, Glaus T et coll. Persistent truncus arteriosus and patent foramen ovale in a Simmentaler x Braun vieh calf. Vet. Rec. 2003 ; 152 : 329-333.
  • 14 - Swindle MM, Thompson RP, Carabello BA et coll. Heritable ventricular septal defect in yucatan miniature swine. Lab. Anim. Sci. 1990 ; 40 : 155-161.
  • 15 - Watson TDG, Marr CM, McCandlish IAP. Aortic valvular dysplasia in a calf. Vet. Rec. 1991 ; 129 : 380-382.
  • 16 - West HJ. Congenital anomalies of the bovine heart. Br. Vet. J. 1988 ; 144 : 123-130.

PHOTO 1. Communication interventriculaire chez un veau charolais âgé de trois mois.

PHOTO 2. Communication interatriale chez le veau charolais de la photo 1.

PHOTO 3. Hypertrophie concentrique du ventricule droit chez un veau référé à l’ENV d’Alfort en 2004, atteint d’une tétralogie de Fallot, dans un élevage qui présente une carence en vitamine A.

PHOTO 4. Communication interventriculaire chez le même veau que celui de la photo 3.

PHOTO 5. Dextroposition de l’aorte chez le même veau que celui des photos 3 et 4.

PHOTO 6. Bronchite mucopurulente chez un veau charolais né à l’ENV d’Alfort atteint d’une persistance du trou de Botal.

PHOTO 7a. Échocardiographie en mode 2D d’un veau présentant une communication interatriale (coupe grand axe quatre cavités, voie parasternale droite). Le défaut septal est indiqué par la flèche, AD : atrium droit, AG : atrium gauche, VG : ventricule gauche.

PHOTO 7b. Coupe temps-mouvement (TM) transventriculaire montrant la dilatation ventriculaire droite secondaire à la communication interatriale (même animal que sur la photo 7a). VG : ventricule gauche, VD : ventricule droit.

PHOTO 7c. Examen Doppler couleur d’une communication interatriale réalisé à partir de la coupe grand axe quatre cavités, voie parasternale droite (même animal que sur les photos 7a et 7b). Le shunt interatrial est confirmé (flèche), AD : atrium droit, AG : atrium gauche.

PHOTO 8. Radiographie du thorax en vue de profil chez un veau sain.

Fréquence des malformations cardiovasculaires congénitales chez les bovins

Selon une étude sur trente-six cas [5]. Plusieurs malformations peuvent être présentes chez le même individu.

Éléments du diagnostic différentiel d’une malformation cardiovasculaire congénitale

L’examen clinique complet permet aisément de suspecter une malformation cardiovasculaire. Cependant, des examens complémentaires sont indispensables pour identifier la ou les malformations en cause. D’après [b].