Le point Vétérinaire n° 257 du 01/07/2005
 

TRAITEMENT DE L’ACTINOBACILLOSE BOVINE

Pratiquer

SUR ORDONNANCE

Jean-Dominique Puyt

Unité de pharmacologie et toxicologie, ENV Nantes

Seuls les temps d’attente de la spécialité à base de sulfamide sont pris en compte, les résidus des iodures étant sans danger pour le consommateur.

Une vache laitière est atteinte d’actinobacillose (“langue de bois”). Le vétérinaire traitant décide de mettre en place le traitement classique préconisé : une perfusion intraveineuse d’iodure de sodium, complétée par une injection intramusculaire de sulfaméthoxypyridazine par jour pendant quatre jours.

Iodure Vétoquinol® : Des propriétés antifongiques et fibrolytiques

L’ion iodure est doué d’une double action, d’une part, antifongique et antibactérienne, d’autre part, fibrolytique. Il agit ainsi notamment sur Actinobacillus lignieresi, le germe responsable de l’actinobacillose (ou “langue de bois”). Il est également connu pour faciliter la résorption de la réaction fibreuse marquée qui accompagne cette maladie.

Deux spécialités pharmaceutiques, Iodure Vétoquinol® et IodureVéto-veine®, sont disponibles en médecine vétérinaire dans des présentations pharmaceutiques identiques : des flacons de 250 ml d’une solution aqueuse à 16 % d’iodure de sodium. La dose recommandée est de 8 à 10 mg/kg. La perfusion intraveineuse doit parfois être renouvelée une semaine plus tard si l’amélioration est insuffisante. Certains préconisent également la voie orale, à la dose de 10 à 20 mg/kg/j pendant une semaine.

Législation : Pas de temps d’attente pour les spécialités à base d’iodure

L’ordonnance numérotée extraite d’un carnet à souches à duplicata constitue la trace écrite des traitements que l’animal de production a reçu et peut tenir lieu d’inscription de ces derniers dans le registre d’élevage. Tous les médicaments, y compris ceux administrés par le praticien lui-même, doivent être mentionnés sur l’ordonnance et dans le registre. Par simplification, la prescription rédigée sur une ordonnance à duplicata et numérotée dispense le vétérinaire de la tenue d’un ordonnancier. L’original est remis à l’éleveur et conservé pendant cinq ans dans le registre d’élevage, la copie est conservée dix ans par le praticien.

Sur le plan de la sécurité du consommateur, les iodures de sodium et de potassium sont inscrits pour toutes les espèces animales en annexe II du règlement n° 2377/90/CEE. La fixation de limites maximales de résidus (LMR) n’a donc pas été jugée nécessaire pour protéger le consommateur. De tels médicaments ont généralement des temps d’attente « nuls » ou « sans objet ». Aussi, contrairement à ce que mentionnent les notices d’emploi actuelles et le Dictionnaire des médicaments vétérinaires (13e édition, 2005), les temps d’attente pourraient être sans objet aussi bien pour la viande et les abats que pour le lait, sans que cela représente un risque pour le consommateur. Pour les mêmes raisons, la mention : « Ne pas administrer aux femelles laitières dont le lait est destiné à la consommation humaine », qui figure dans la monographie, n’est pas scientifiquement justifiée. D’après les informations obtenues auprès des fabricants, le temps d’attente pour la viande de quatorze jours, établi avant l’inscription des iodures de sodium et de potassium à l’annexe II du règlement précité, aurait été maintenu par précaution en raison de suspicions de changements de couleur et d’odeur rapportés par certains praticiens.

Sulfaméthox® : Des propriétés antibiotiques

Sulfaméthox® est une solution injectable hydromiscible à base de sulfaméthoxypyridazine acide, un antibactérien du groupe des sulfamides à large spectre, avec une action dirigée contre les bactéries à gram positif et négatif, et donc contre Actinobacillus lignieresi.

La sulfaméthoxypyridazine est recommandée pour le traitement de l’actinobacillose, à la dose habituelle de 50 mg/kg pendant un minimum de trois jours, soit par voie intraveineuse, soit par voie intramusculaire. L’administration en une seule injection quotidienne est réalisée pour des raisons de commodité, mais deux injections à douze heures d’intervalle sont préférables afin d’assurer le maintien de concentrations efficaces dans l’organisme.

En savoir plus

- Bordes F. l’actinomycose bovine. l’Action Vét. 2002 ; 1611 : 21-24.

- Guatteo R. Comment traiter l’actinomycose et l’actinobacillose des bovins ? Point Vét. 2002 ; 33(226): 9.