Le point Vétérinaire n° 254 du 01/04/2005
 

SUIVI DES MALADIES RÉGLEMENTÉES

Se former

CONDUITE À TENIR

Albert-Marie Roy

Cabinet vétérinaire
17, rue du Moulin
85130 La Verrie

L’État fournit aux vétérinaires sanitaires un logiciel d’information sur les maladies réglementées (BDIVET). L’évolution des statuts sanitaires de chaque élevage est consultable confidentiellement.

Résumé

Les étapes essentielles

Étape 1 : installation sécurisée du logiciel

• Window XP, Internet, lecteur de carte à puce

• Entrée par numéro d’ordre

Étape 2 : consultation d’informations sanitaires

• Menus “Établissements” et “Interventions”

• Tri par critères

Étape 3 : suivi des opérations de prophylaxie

• Modifications de statuts

• Interventions demandées

• Possibilité d’agenda et édition d’avis de passage

Étape 4 : édition d’informations de synthèse

• Bilan des effectifs

• Bilan des mouvements

• Bilan des performances

L’objectif principal de la base de données d’information des vétérinaires sanitaires (BDIVET) est de permettre aux praticiens de s’associer au processus d’informatisation du schéma d’action sanitaire et de renforcer ainsi les liens avec leur autorité de tutelle. Il facilite la réalisation de missions dans le cadre des maladies réglementées.

Le projet vise également à proposer au praticien des fonctionnalités bénéfiques pour son exercice quotidien.

L’outil se présente sous la forme d’un logiciel spécifique pour les vétérinaires, installé sur le poste et utilisable hors connexion Internet (voir l’ENCADRÉ “Historique : du prototype à la diffusion”).

Première étape : installation sécurisée du logiciel

1. Supports nécessaires

Le support d’installation du logiciel est un cédérom accompagné d’un guide d’utilisation. L’État assumant le financement du projet, la mise à disposition du logiciel est gratuite.

L’application repose sur des outils spécifiques (base de données SQL Server). L’ordinateur qui héberge le programme doit donc répondre à certains impératifs : environnement Windows XP, mémoire RAM minimale de 256 Mo, présence d’un accès Internet et d’un logiciel de messagerie, connexion d’un lecteur de carte à puce (PHOTO 1).

2. Confidentialité

Une fois l’étape d’installation réalisée, le praticien saisit ses coordonnées et son numéro ordinal, ce qui lui permet d’accéder aux diverses fonctions du logiciel. Chaque vétérinaire d’une association peut utiliser celui-ci. La saisie de son numéro ordinal lui ouvre l’accès aux données des élevages qui ont désigné l’ensemble des vétérinaires associés comme praticiens sanitaires, ainsi qu’à celles des élevages qui l’ont nommé individuellement comme vétérinaire sanitaire. Le logiciel est également conçu pour fonctionner en réseau local de cabinet.

L’outil repose sur un socle de fonctions qui assurent l’échange d’informations avec le Système d’information de la Direction générale de l’alimentation (Sigal) et leur enregistrement dans la base de données locale du praticien.

Ces échanges se font via la messagerie Internet. Grâce à des procédures automatisées, la création et l’envoi des messages, comme leur réception et leur lecture, restent presque invisibles pour l’utilisateur.

La mise à jour des informations est effectuée en réponse à des demandes du praticien qui a préalablement sélectionné le (les) élevage(s) qu’il souhaite suivre. Une attention particulière est portée au respect de la confidentialité des informations.

L’utilisateur n’a ainsi accès qu’aux données des élevages qui l’ont désigné comme vétérinaire sanitaire et le système d’identification utilisé repose sur la nouvelle carte professionnelle (carte à puce) de l’Ordre.

Les informations échangées sur Internet sont en outre cryptées.

Deuxième étape : informations sanitaires

1. Deux approches = deux menus

Schématiquement, une action sanitaire s’organise autour d’unités épidémiologiques (établissements = élevages) par la mise en œuvre d’actions (ou interventions). Les informations sanitaires de Sigal correspondent à des données descriptives qui se rattachent à ces deux composantes.

Le menu “Établissements”

Le menu “Établissements” permet à l’utilisateur de consulter les données qui correspondent aux ateliers (coordonnées, qualifications) et aux animaux (identités, mouvements) (PHOTOS 2a et 2b).

Le menu “Interventions”

Le menu “Interventions” permet d’accéder au descriptif des opérations de prophylaxie (contexte, numéro de document d’accompagnement ou DAP, etc.) et aux résultats d’analyses (plan d’analyse, interprétation, etc.).

Dans cette première version, seules les informations qui se rapportent aux élevages de bovins sont disponibles.

Les données Sigal concernent aussi bien les opérations conduites dans le cadre des maladies réglementées que celles qui concernent des actions collectives organisées (par exemple, maîtrise de la rhinotrachéite bovine infectieuse) à condition que celles-ci soient préalablement enregistrées dans la base Sigal.

2. Tris par critères

Plusieurs fonctionnalités accompagnent la procédure de consultation de la base de données. La recherche d’informations est facilitée par la saisie d’un ou de plusieurs critères de recherche (numéro EDE, sexe, race, etc.). Les listes de données ainsi sélectionnées peuvent ensuite être triées par un simple “clic” sur les en-têtes de colonnes (par exemple, tri par numéro de travail) et imprimées.

3. Exemples d’utilisations

Le vétérinaire sanitaire a déjà souvent connaissance d’une partie des informations du Sigal pour les élevages qu’il suit régulièrement. L’exhaustivité de la base de données BDIVET et la possibilité de faire des tris et d’actualiser les données sont toutefois profitables dans plusieurs situations.

• Le praticien peut notamment vérifier la qualification IBR d’un élevage avant de viser le document sanitaire d’inscription d’un bovin à un concours.

• Il peut aussi retrouver les données d’identification complètes (n° IPG, âge, etc.) d’un bovin chez lequel il a réalisé un prélèvement sanguin le matin et pour lequel il doit remplir le document de demande d’analyse.

• Avec une petite expérience de l’outil, une recherche par groupe d’animaux lui permet de retrouver les descendants d’une vache qui vient d’être identifiée comme infectée.

• Il peut éditer la liste des femelles de l’élevage âgées de douze à dix-huit mois afin de planifier un dépistage.

• Grâce à une sélection par groupe d’ateliers, il peut comptabiliser le nombre de veaux nés aux cours des douze derniers mois dans une commune afin de disposer de données statistiques en vue, par exemple, d’animer une réunion d’éleveurs.

Troisième étape : suivi des opérations de prophylaxie

Un deuxième groupe de fonctions dans BDIVET vise à faciliter la programmation et le suivi des opérations de prophylaxie.

1. Informations en temps réel

• Les modifications notables de statut sanitaire sur l’un des élevages dont le praticien est vétérinaire sanitaire sont consultables dans le module “Surveillance” (par exemple, suspension de qualification).

• La liste des “interventions demandées par la DSV” permet également d’afficher et d’éditer les opérations de prophylaxie pour lesquelles un numéro de DAP est édité et qui seront à réaliser prochainement. L’utilisateur peut consulter en détail le descriptif de l’intervention : contexte, plan d’analyse, nombre d’animaux à prélever, etc.

2. Planification des interventions et édition des avis de passage

Dans un second temps, le praticien planifie ses interventions et saisit les dates de passage. Cette procédure facultative est destinée à un usage purement local afin d’imprimer les avis de passage et les fiches de route (PHOTO 3). Les données saisies ne sont pas envoyées au Sigal et peuvent être modifiées si nécessaire. Les textes imprimés sur les avis de passage sont paramétrables.

3. Consultation des résultats

Une fois les analyses terminées, les résultats transmis par le laboratoire via le Sigal sont consultables à l’écran, dès la mise à jour suivante de la base de données.

Quatrième étape : édition d’informations de synthèse

Le dernier groupe de fonctions permises par BDIVET restitue, pour chaque élevage sélectionné, un ensemble de données et d’indices zootechniques et sanitaires. Le praticien dispose ainsi d’informations objectives et synthétiques susceptibles d’accroître sa connaissance de l’élevage et d’améliorer la qualité de son service auprès de l’éleveur.

Le traitement informatique repose sur une analyse des données “animaux” (identifications et mouvements) selon un schéma standardisé. Les résultats s’affichent sous la forme de tableaux qui peuvent être imprimés dans un dossier d’élevage. Ce document comprend trois parties : le bilan des effectifs, le bilan des mouvements et le bilan des performances (PHOTOS 4a, 4b et 4c).

1. Bilan des effectifs

Le calcul des effectifs permet de mesurer la taille du cheptel et de suivre son évolution dans le temps.

• Un premier tableau présente un recensement des animaux présents à la date de consultation et leur répartition par sexe et par âge. Trois classes d’âge sont définies : les veaux de zéro à six mois, les jeunes bovins de sept à vingt-quatre mois et les bovins adultes au-delà de vingt-quatre mois.

• Dans un second tableau figurent l’effectif moyen calculé pour les quatre derniers trimestres, ainsi que ceux qui concernent les deux années civiles précédentes (données historiques).

Le recours à un traitement standardisé (regroupement des données par sexe, par classe d’âge, par trimestre ou par année) permet de suivre l’évolution des données au sein d’un même élevage pour des périodes successives, et également de réaliser des comparaisons entre élevages ou entre groupes d’élevage.

2. Bilan des mouvements

Le bilan des mouvements est établi en distinguant, d’une part, les entrées (naissances, introductions) et, d’autre part, les sorties (ventes, prêts et mortalités). Comme précédemment, les données sont regroupées par sexe, par classe d’âge et par trimestre et présentées sous la forme de tableaux. Les données historiques sont également calculées pour servir d’éléments de comparaison.

La consultation des tableaux “entrées” et “sorties hors mortalité” contribue à caractériser et à mesurer l’importance des productions animales présentes (atelier d’élevage avec x naissances, atelier d’engraissement ayant produit x jeunes bovins de boucherie, etc.).

Le tableau qui recense les mortalités déclarées et enregistrées est une base d’informations objectives qui permet d’identifier l’existence et/ou de mesurer la gravité de troubles sanitaires.

3. Bilan des performances

Le dernier bilan, celui des performances, s’adresse plus particulièrement aux lots d’élevage.

• Dans un premier tableau, un traitement des données, qui repose sur une exploitation des dates de naissance, affiche plusieurs indicateurs zootechniques et sanitaires concernant le cheptel reproducteur : nombre de vêlages, répartition primipares/multipares, âge moyen au premier vêlage, intervalle vêlage-vêlage moyen, sorties après vêlage (réformes), “productivité” par vache vêlée.

• Un second tableau détaille les taux de mortalité des veaux pour trois classes d’âge (zéro à un jour, deux à trente jours, deux à six mois).

L’ensemble de ces données, même si elles ne sont pas exhaustives, représente une base d’informations utiles au praticien dans le cadre d’une démarche visant à l’analyse ou au suivi de la situation sanitaire des élevages.

Développée sur une base de procédures d’échange de données avec le Sigal, la première version de BDIVET propose au praticien un ensemble de fonctionnalités pour la gestion des prophylaxies, ainsi qu’une base locale d’informations sanitaires utile pour son activité quotidienne dans les élevages. L’intérêt qu’exprimeront les vétérinaires pour l’utilisation de ce nouvel outil orientera l’évolution des versions ultérieures du logiciel.

Historique : du prototype à la diffusion

• Au cours des dernières campagnes de prophylaxie, l’utilisation des documents d’accompagnement des prélèvements (DAP) et de leurs étiquettes codes-barres a été l’occasion pour de nombreux confrères de faire connaissance avec le Système d’information de la direction générale de l’alimentation (Sigal). Depuis plusieurs années, la Direction générale de l’alimentation (DGAL) déploie cet outil au service de l’action sanitaire.

• Les directions départementales des services vétérinaires (DDSV) et les groupements de défense sanitaire (GDS) travaillent sur le Sigal depuis octobre 2001. Progressivement, les laboratoires vétérinaires départementaux mettent en place des échanges de données informatisées avec la base de données sanitaires. À l’automne 2003, une décision ministérielle a permis la constitution d’un groupe de travail DGAL/Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV) qui a pour mission la conception, le développement et la diffusion d’un outil dédié aux vétérinaires sanitaires pour des échanges de données avec le Sigal : c’est le projet BDIVET.

• Pour l’étude du logiciel destiné aux vétérinaires sanitaires, la SNGTV s’est adjoint la collaboration de la Société Phylum. Après une première étape de conception du prototype, une phase de test a débuté en septembre 2004. L’objectif de cette étape, réalisée avec la participation de cinq cabinets vétérinaires, est la validation sur le terrain de l’ensemble des fonctionnalités, depuis les procédures d’échange avec le Sigal jusqu’aux tableaux de bord de suivi des élevages. Cette première expérience a été l’occasion pour des praticiens de mettre en pratique ces fonctionnalités pour les adapter à leurs besoins concrets.

• La phase de test du prototype de BDIVET se termine. Au début du printemps débute la phase de diffusion de la version n° 1. La présentation du logiciel aux vétérinaires sanitaires et la remise des cédéroms d’installation seront assurées par les DSV. Pour initier cette étape, la SNGTV a sollicité la participation, dans chaque département, d’un vétérinaire relais qui, après une période d’utilisation et d’évaluation de l’outil durant un mois, pourra rendre compte de son expérience auprès de ses confrères. Les utilisateurs disposeront d’un forum Internet sur le site SNGTV pour partager leur expérience de l’utilisation de cet outil.

• Les sites tests vétérinaires pour la version n° 1 du logiciel BDIVET sont les suivants ;:

- Luc Durel, Le Clos Lévèque, 50570 Marigny ;

- Yves Frigière, Clinique vétérinaire des Tours, Route de Felletin, 23260 Saint-Pardoux-D’Arnet ;

- Xavier Gourraud, SNGTV, 5, rue Moufle, 75011 Paris ;

- Albert-Marie Roy, Association vétérinaire du Haut-Bocage, 85130 La Verrie ;

- Henri Touboul, Cabinet vétérinaire de la Braye, 16, av. des Grands-Moulins, 41360 Savigny-sur-Braye.

PHOTO 1. Le lecteur de carte à puce permet au vétérinaire sanitaire utilisateur de BDIVET de “signer” ses demandes de mise à jour et de décrypter les messages envoyés en retour par le Sigal, par l’intermédiaire de sa carte professionnelle délivrée par l’Ordre des vétérinaires.

PHOTO 2A. Le menu “Établissements” permet à l’utilisateur de consulter les données correspondant aux ateliers (coordonnées, qualifications) et aux animaux (identités, mouvements).

PHOTO 2B. Le menu “Établissements” permet à l’utilisateur de consulter les données correspondant aux ateliers (coordonnées, qualifications) et aux animaux (identités, mouvements).

PHOTO 3. S’il le souhaite, le vétérinaire sanitaire peut saisir ses dates de passage et éditer des avis pour les éleveurs concernés.

PHOTO 4A. BDIVET permet d’éditer des informations de synthèse sur les élevages : bilan des effectifs, des mouvements et même des performances (mortalité de veaux, etc.).

PHOTO 4B. BDIVET permet d’éditer des informations de synthèse sur les élevages : bilan des effectifs, des mouvements et même des performances (mortalité de veaux, etc.).

PHOTO 4C. BDIVET permet d’éditer des informations de synthèse sur les élevages : bilan des effectifs, des mouvements et même des performances (mortalité de veaux, etc.).