Le point Vétérinaire n° 250 du 01/11/2004
 

MALADIES INFECTIEUSES DU VEAU

Pratiquer

CAS CLINIQUE

Cécile Achard*, Norbert Giraud**, Marie-Anne Arcangioli***


*Unité clinique rurale
de l’Arbresle,
ENV Lyon
**Pathologie du bétail,
ENV Lyon
69280 Marcy-l’Étoile

Une méningo-encéphalite est diagnostiquée d’après ses circonstances d’apparition, l’examen clinique et l’analyse du liquide céphalorachidien. L’atteinte hépatique associée assombrit le pronostic.

Résumé

Un veau présente une ataxie. Il se déplace les membres écartés, la tête penchée, mais sans « tourner-en-rond », ni « pousser-au-mur ». Le réflexe de clignement à la menace est diminué et le réflexe oculocéphalique est normal. Un strabisme bilatéral ventral induit est mis en évidence. La cytologie révèle un liquide de ponction céphalorachidien de nature inflammatoire. La bactériologie est négative. Une échographie permet de visualiser une omphalophlébite, avec un abcès hépatique. Le veau est euthanasié en raison du pronostic sombre à l’issue des examens complémentaires. À l’autopsie, plusieurs abcès cérébraux, mais aussi ombilicaux, articulaires, rénaux et pulmonaires sont observés. Une embolisation à partir du foyer infectieux ombilical est suspectée. Le choix raisonné des traitements lors d'infections méningée et encéphalique est discuté.

Lors d'ataxie chez le veau, l'examen clinique a pour objectif de différencier les affections du système nerveux des troubles oculaires, métaboliques ou de l'appareil locomoteur. Les examens complémentaires permettent de confirmer la suspicion clinique et d’affiner le pronostic.

Le cas décrit dans cet article a d’abord été suivi dans le cadre de la clinique ambulatoire de l’École nationale vétérinaire de Lyon (ENVL), puis référé aux hôpitaux de pathologie du bétail de l’ENVL. Il permet de discuter de la conduite à tenir lors de syndrome méningé.

Cas clinique

1. Anamnèse

Un veau âgé de huit jours est présenté à la consultation de l’Unité clinique rurale de l'Arbresle en raison d’un abattement marqué, d’une anorexie et de troubles nerveux. Il s’agit d’un cas isolé dans l’élevage. Une injection de spiramycine a été réalisée par l’éleveur quatre jours auparavant pour traiter l’omphalite.

2. Examen clinique

Le veau porte la tête penchée à gauche (PHOTO 1). Sa démarche est hésitante. Il se déplace en augmentant son polygone de sustentation, mais ne présente pas de “tourner-en-rond” ni de “pousser-au-mur”. Le réflexe de succion est diminué. Une hyperthermie

modérée (39,7 °C) est notée. La palpation abdominale révèle une structure de grande taille en continuité avec l'ombilic et partant vers l’avant, qui suggère une omphalophlébite. Un examen neurologique approfondi est réalisé pour préciser l’origine des troubles de l’équilibre et du port de tête. Les oreilles semblent saines. La face n’est pas asymétrique (examen du nerf VII). La vision est conservée malgré un réflexe de clignement à la menace diminué, ce qui écarte l'hypothèse d'une atteinte directe du nerf optique. La dissymétrie constatée lors du déplacement du veau fait suspecter une atteinte cérébelleuse, probablement modérée car l'animal ne chute pas en se déplaçant [9, 12].

Le réflexe oculocéphalique, qui consiste à étudier le mouvement de l'oeil suite à des déplacements et rotations de la tête, est normal (nerfs III, IV et VI) (voir l’ENCADRÉ “Le réflexe oculocéphalique”). Le déplacement de la tête dans le plan vertical induit un strabisme bilatéral ventral persistant, qui évoque une atteinte du nerf VIII (le nerf vestibulocochléaire, qui contrôle la position de l’oeil dans le globe oculaire). Ce strabisme n’est pas permanent, ce qui permet d’écarter l'hypothèse d'une paralysie des nerfs moteurs de l’oeil. La tête penchée en permanence évoque en outre une atteinte vestibulaire.

L'animal présente donc une omphalophlébite, ainsi qu’une atteinte nerveuse centrale multifocale dans laquelle sont impliqués le nerf VIII et une partie des systèmes cérébelleux et vestibulaire.

3. Hypothèses diagnostiques

Les hypothèses diagnostiques retenues sont : - une méningo-encéphalite d’origine bactérienne et/ou des abcès de l'encéphale.

L’atteinte multifocale de l'encéphale laisse supposer la présence d'abcès cérébraux embolisés à partir de l’omphalite ; - une otite moyenne/interne qui concorde avec le port anormal de la tête et les troubles de l’équilibre [10].

La première hypothèse est privilégiée à ce stade (examen neurologique). Un traitement est mis en place chez l’éleveur, à base de florfénicol (Nuflor®, 20 mg/kg par voie intramusculaire, tous les deux jours pendant douze jours), de dexaméthasone retard (Voren® Dépôt, 0,15 mg/kg par voie intramusculaire, une fois) et de vitamine B1 (5 mg par voie intramusculaire).

Le traitement n’apporte aucune amélioration. Le veau continue néanmoins de s'alimenter. Il est donc référé pour des examens complémentaires et l’établissement d'un pronostic.

4. Examens complémentaires

Afin de vérifier les hypothèses diagnostiques formulées lors de la première visite, une échographie ombilicale [15], une numération formule

sanguine et une analyse de liquide céphalorachidien (LCR) sont entreprises.

• L'échographie ombilicale confirme l’omphalophlébite. Un abcès intra-hépatique de structure dense est en outre observé (PHOTO 2).

• Le prélèvement de LCR est macroscopiquement translucide. Une cytologie confirme toutefois l’existence d’une atteinte inflammatoire de l’espace méningé, et la présence de nombreux polynucléaires et de lymphocytes. La bactériologie du LCR est en revanche négative.

• La numération-formule sanguine confirme la présence d’un processus inflammatoire : une hyperleucocytose et une neutrophilie sont constatées (voir le TABLEAU “Résultats de la numération-formule sanguine”). Le taux de protéines totales n'est que modérément élevé (51 g/l), l'inflammation ne semble donc pas aiguë.

L'inflammation évolue en effet depuis au moins dix jours et le veau a reçu de la dexaméthasone retard une semaine avant la prise de sang.

Une embolisation infectieuse et/ou pyogène à partir du foyer hépatique reste l’hypothèse privilégiée. L’observation échographique d’une atteinte hépatique amène en outre à établir un pronostic sombre. L'animal est donc euthanasié.

5. Confirmation nécropsique

L'autopsie révèle :

- une congestion des méninges, avec de nombreux petits abcès au niveau du cervelet, des collicules rostraux et du cortex cérébral (PHOTOS 3, 4 et 5) ;

- une omphalophlébite abcédée, accompagnée d’un thrombus pyélophlébitique nécroticofibrineux (PHOTO 6) ;

- de nombreux abcès disséminés dans les reins et les poumons ;

- des arthrites fibrineuses du jarret droit et de l’articulation coxofémorale droite. Ce tableau nécropsique confirme donc l’hypothèse d’une embolisation infectieuse à partir du foyer hépatique et/ou ombilical. La diffusion systémique de l’agent infectieux est probablement à l'origine des arthrites et des abcès rénaux et pulmonaires.

Discussion

1. Hypothèses diagnostiques

Diverses hypothèses diagnostiques sont éliminées en raison du contexte d’apparition.

• La méningo-encéphalite virale à herpès virus BHV5 et la méningo-encéphalite thrombosante (MET) due à Haemophilus somnus [2] sont

généralement enzootiques et associées à des troubles respiratoires [3], ce qui n’est pas le cas du veau présenté dans cet article. Elles sont, par ailleurs, rares en France.

• L'âge du veau, non sevré, permet d'écarter dès l’anamnèse :

- une carence en vitamine A, décrite chez des jeunes bovins à croissance rapide [2, 3] ;

- une nécrose du cortex cérébral, le plus souvent consécutive à une carence en thiamine, conditionnée par des troubles de la micropopulation ruminale [8]. Dans ce cas, les symptômes régressent rapidement après l’administration de vitamine B1. Cependant, la nécrose du cortex cérébral est parfois également liée à un excès de soufre [11], apporté par l’eau (puits artésiens en Amérique du Nord ou en Australie)

ou par une alimentation riche en pulpe de betteraves, peu probable ici ;

- une intoxication aiguë au plomb car elle affecte en général plusieurs animaux dans un même élevage. Elle entraîne en outre le plus souvent une amaurose, un “pousser-au-mur” et une incoordination motrice sévère [3], des signes qui n’ont pas été observés chez ce veau.

2. Analyse de liquide céphalorachidien

Une ponction de LCR peut être réalisée lors d’atteinte nerveuse centrale, même en pratique courante (voir l’ENCADRÉ “Deux sites de ponction du liquide céphalorachidien”).

Les analyses biochimiques, cytologiques et/ou bactériologiques du LCR orientent le diagnostic et le pronostic.

Aspect Macroscopique

Le LCR normal est clair, d’apparence “eau-deroche”. Un aspect spumeux après agitation indique une protéinorachie marquée. La turbidité apparaît à partir de plus de 200 cellules/ μl [7]. Dans le cas décrit, le liquide est clair et le dénombrement des cellules n'a pas pu être réalisé (inférieur à 200 cellules/µl).

Biochimie

La présence de protéines dans le LCR au-dessus de 0,16 g/l chez le veau (0,4 g/l chez l’adulte) indique une augmentation de la perméabilité

de la barrière hématoméningée (BHM), observée lors d’inflammation [7].

La quantité de protéines dans le LCR peut être évaluée à l'aide de bandelettes urinaires (méthode semi-quantitative). Si la plage “protéines”

indique deux croix ou plus, le LCR contient une quantité anormale de protéines, comprise entre 0,3 et 0,5 g/l [6, 7, 13].

Cytologie

La cytologie du LCR doit être réalisée rapidement après la ponction. Une cytocentrifugation en milieu hospitalier est la méthode idéale [7]. Toutefois, un étalement simple du culot de centrifugation après séparation du surnageant peut également être pratiqué.

Dans le cadre d'une méningo-encéphalite bactérienne banale, une grande quantité de polynucléaires neutrophiles est observée. À l'inverse, une listériose est accompagnée d'une population à dominante mononucléée [6, 13].

Dans le cas décrit, les leucocytes polynucléés sont majoritaires, ce qui signe la nature “à bactéries banales” de l’infection.

Bactériologie

Avant même la mise en culture du LCR, une coloration de Gram peut être demandée sur un culot de centrifugation étalé sur lame. Réalisée rapidement, elle aide au choix de l’antibiothérapie. La bactériologie est toutefois souvent décevante en médecine vétérinaire. Il existe en effet beaucoup de faux négatifs car les prélèvements sont souvent réalisés en seconde intention, après l'administration d’antibiotique [3, 6].

Lors d'encéphalite pure ou de lésions focales limitées au parenchyme, le LCR peut en outre rester stérile. Deux hypothèses peuvent expliquer la négativité de la bactériologie chez le veau décrit ici : un traitement antibactérien a été instauré depuis près d'une semaine ou les abcès sont stériles.

3. Choix thérapeutique

Antibiothérapie

Les affections méningées et encéphaliques peuvent être considérées comme des “indications orphelines”. Il n’existe pas de médicament avec une autorisation de mise sur le marché (AMM) dont le résumé des caractéristiques du produit (RCP) mentionne cette indication thérapeutique dans l’espèce bovine. Il convient donc d’appliquer les règles de la “cascade” (voir l’ENCADRÉ “Antibiothérapie lors de méningite bovine : aspects réglementaires”).

Le choix de l’antibiotique lors d’atteinte des méninges et de l’encéphale doit tenir compte des particularités physiologiques de l'encéphale. En théorie, la barrière hématoméningée est un endothélium dont les cellules sont réunies par des jonctions serrées qui limitent le passage des

molécules supérieures à 10 à 15 Angströms. Le tissu nerveux sain ne contient pas de leucocytes, ses défenses propres sont faibles [14].

En conséquence, les antibiotiques choisis doivent être :

- lipophiles (fluoroquinolones, florfénicol) et de petite taille pour passer les jonctions serrées (comme le chloramphénicol, désormais interdit en productions animales). La fixation aux protéines plasmatiques doit également être minimale (comme pour l'ampicilline). L'inflammation modifie toutefois la perméabilité de la BHM et facilite le passage de plus grosses molécules (comme les β-lactamines) ;

- non ionisés au pH du plasma et du LCR. Lors d'inflammation, le pH du LCR diminue et favorise les antibiotiques à faible pKa comme les β-lactamines ;

- bactéricides (fluoroquinolones et β-lactamines) en raison des faibles défenses du LCR ;

- non toxiques à posologie élevée car de fortes doses administrées précocement par voie parentérale pendant au moins cinq jours sont nécessaires pour obtenir un effet bactéricide rapide. La concentration obtenue dans le LCR doit être dix fois supérieure à la concentration minimale bactéricide (CMB) pour la souche considérée. Les fortes doses administrées conduisent à augmenter les temps d’attente sur les bases établies par la législation dans le cadre des utilisations hors AMM.

Ainsi peuvent être administrés (en théorie) pendant cinq jours :

- les pénicillines du groupe A, telles l’ampicilline (seule molécule dont le RCP indique les méningites, mais à des posologies trop basses) ou l’amoxicilline, à la dose de 50 mg/kg, par voie intramusculaire deux fois par jour ;

- la cefquinome (indiquée chez le porcelet) en doublant la dose et la fréquence d'administration ;

- les fluoroquinolones. En principe, la diffusion de ces molécules dans le LCR est identique avec ou sans inflammation, mais cette famille de médicaments est hétérogène. La posologie varie selon la molécule. Il convient de doubler, voire de tripler la dose ;

- les sulfamides à action systémique, associés au triméthoprime, administrés pendant cinq jours en quadruplant les doses (l’indice thérapeutique est large, la dose létale est de 10 kg chez le veau). Il convient toutefois de ne pas les prescrire chez les veaux déshydratés et/ou diarrhéiques, pour éviter les troubles rénaux par cristalluries ;

- le florfénicol est potentiellement efficace car très lipophile et de petite taille, comme les autres phénicolés. Sa capacité de diffusion dans le LCR semble toutefois bien moins grande comparativement au chloramphénicol (interdit en productions animales, mais anciennement molécule de choix contre ces affections cérébrales). L’étude de sa diffusion a cependant été réalisée chez des veaux sains, pour lesquels l’inflammation ne facilitait pas la diffusion de l’antibiotique [1, 5].

Thérapeutique adjuvante

L'emploi des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et stéroïdiens (AIS) est controversé. L'administration des corticoïdes semble préférable à celle des AINS. Ils sont indiqués lors d'oedème cérébral. Il est conseillé de les administrer précocement lors de méningite, avec une préférence pour la dexaméthasone en solution à la dose anti-inflammatoire de 1 à 2 /kg, une fois par jour.

Il convient de ne pas prolonger inutilement ce traitement quand la rémission semble en bonne voie, car l'inflammation est bénéfique au traitement antibactérien (diffusion). Après vingtquatre heures de traitement, l'opportunité d'une seconde injection est évaluée en fonction de l’état de l’animal. Un traitement d’une durée maximale de deux jours est conseillé. Il est plus judicieux d’administrer des corticoïdes à actions courte et rapide, qui permettent de réduire les lésions inflammatoires générées par les bactéries [4].

En neuropathologie bovine, un examen neurologique approfondi est indispensable pour orienter le diagnostic. La combinaison des approches diagnostiques est en outre essentielle [12].

Ce cas clinique illustre les complications possibles d’une omphalophlébite. L’embolisation multicentrique n’est toutefois pas fréquemment rencontrée chez le veau. La prévention des infections néonatales passe par l’hygiène au moment de la mise bas et l’assurance d’une bonne prise colostrale.

Le réflexe oculocéphalique

Le réflexe oculocéphalique est testé en réalisant des mouvements de rotation de la tête dans les plans horizontal et vertical.

La réponse attendue est un nystagmus physiologique et vestibulaire.

Il met en jeu, pour la partie sensitive, le nerf VIII et, pour la partie motrice, les nerfs moteurs de l’œil (le nerf III ou oculo-moteur, le nerf IV ou trochléaire et le nerf VI ou abducteur).

Points forts

La vision conservée et le réflexe de clignement à la menace diminué ont permis de suspecter une atteinte cérébelleuse.

Le taux de protéines dans le liquide céphalorachidien (LCR) peut être évalué à l’aide d’une bandelette urinaire. Si la plage « protéines » indique deux croix ou plus, le LCR contient une quantité anormale de protéines.

La cytologie du LCR est effectuée de préférence après une cytocentrifugation (réalisable en milieu hospitalier). Un étalement simple du culot de centrifugation après séparation du surnageant est toutefois également réalisable.

Lors de méningite, le recours précoce aux corticoïdes (à actions courte et rapide de préférence) est recommandé (1 mg/kg de dexaméthasone, par exemple).

Les antibiotiques utilisables lors de méningite sont les pénicillines du groupe A, les céphalosporines de dernière génération, les fluoroquinolones et l’association sulfamides-triméthoprime, à des doses souvent très supérieures à celles qui sont recommandées dans le résumé des caractéristiques du produit.

Deux sites de ponction du liquide céphalorachidien

Le prélèvement de liquide céphalorachidien peut être réalisé au niveau de la citerne lombosacrée ou au niveau de la citerne atlanto-occipitale [7].

La ponction atlanto-occipitale présente plus de risques car l’aiguille peut léser les centres vitaux postérieurs du tronc cérébral. Une bonne contention ou une anesthésie sont conseillées pour la réalisation de cette ponction.

La ponction en région lombosacrée présente moins de risques et permet d’obtenir un liquide céphalorachidien (LCR) plus concentré car il existe un gradient de concentration croissant des protéines entre l’encéphale et le LCR distal. Il n'y a pas de différence entre le jeune et l’adulte, sauf pour le poids et le gabarit qui demandent des formes de contention et du matériel différents.

Les risques de l’une et de l’autre voie sont identiques quel que soit l’âge de l’animal.

Antibiothérapie lors de méningite bovine : aspects réglementaires

Le seul antibiotique dont le résumé des caractéristiques du produit (RCP) mentionne l’indication « méningites » est une céphalosporine : la cefquinome en suspension (cobactan®). Cependant, cette indication du RCP précise qu’il s’agit des méningites à Streptococcus suis, pour les porcins.

Le RCP d’aucune spécialité ne mentionne une indication « méningites » chez les bovins ou contre des bactéries susceptibles d’être impliquées lors de méningite :

E. coli (l’isolement de cette bactérie est de toute façon associé à une forte mortalité, même après traitement), les streptocoques et les entérocoques sont retrouvés chez les jeunes ;

Arcanobactérium pyogenes se rencontre à tous les âges.

Listeria monocytogenes et Haemophilus somnus sont retrouvés chez l’adulte et chez le jeune bovin.

Dans le cadre de la « cascade », il convient d'utiliser les spécialités vétérinaires en privilégiant soit l’espèce (bovine), soit l’indication (méningite).

ATTENTION

• La cytologie du LCR doit être réalisée rapidement après la ponction.

• La bactériologie du LCR est souvent décevante en médecine vétérinaire. Il existe en effet beaucoup de faux négatifs car les prélèvements sont souvent réalisés en seconde intention, après l'administration d’antibiotique

En savoir plus

– Guatteo R. Prélèvement de liquide céphalorachidien chez le bovin adulte. La ponction chez le bovin adulte. Point Vét. 2002 ; 34(232) : 56-57.

– Guatteo R. la ponction atlanto-occipitale chez le jeune bovin. Point Vét. 2002 ; 33(230) : 62-63.

  • 1 - Adams PE. Tissue concentrations and pharmacokinetics of florfenicol in male calves given repeated doses. Am. J. Vet. Res. 1987 ; 48 : 1725-1732.
  • 2 - Barlow R. Diagnostic différentiel des affections neurologiques des bovins. Point Vet. 1990 ; 22(127) : 47-57.
  • 4 - Chaudhuri A. Adjunctive dexamethasone treatment in acute bacterial meningitis. The Lancet Neurol. 2004 ; 3 : 54-62.
  • 5 - De Craene BA, Deprez P, D'Haese E et coll. Pharmacokinetics of florfenicol in cerebrospinal fluid and plasma of calves. Antimicrob. Agents Chemother. 1997 ; 41 : 1991-1995.
  • 6 - Ferrouillet C, Fecteau G, Higgins R et coll. Analyse du liquide céphalorachidien pour le diagnostic des atteintes du système nerveux des bovins. Point Vet. 1998 ; 29(194) : 21-26.
  • 7 - Ferrouillet C, Fecteau G, Laneschi A. Prélèvement et analyse du liquide céphalorachidien chez les bovins. Point Vet. 1998 ; 29(194) : 15-20.
  • 10 - Palmer AC. Méthodes d'examen neurologique des bovins. Interprétation des signes et symptômes. Point Vet. 1985 ; 17(89) : 243-250.
  • 12 - Schelcher F, Lacroux C, Corbière F et coll. Démarche diagnostique dans les maladies nerveuses des ruminants. Bull. GTV (hors-série « Neuropathologie des ruminants »). 2003 : 9-17.
  • 13 - Scott PR, Penny CD. A field study of meningo-encephalitis in calves with particular reference to analysis of cerebrospinal fluid. Vet. Rec. 1993 ; 133 : 119-121.
  • 15 - Watson E, Mahaffey MB, Crowell W et coll. Ultrasonography of the umbilical structures in clinically normal calves. Am. J. Vet. Res. 1994 ; 55 : 773-780.

PHOTO 1. Posture du veau lors de son arrivée à la consultation. Son port de tête est anormal.

PHOTO 2. Échographie du foie par voie paramédiane droite (sonde convexe de 5 MHz). Un abcès intra-hépatique est observé.

PHOTO 3. Observations nécropsiques du veau. Abcès cérébraux au niveau de l’encéphale.

PHOTO 4. Observations nécropsiques du veau. Abcès au niveau du cervelet.

PHOTO 5. Observations nécropsiques du veau. Abcès cérébraux au niveau de l’encéphale.

PHOTO 6. Observations nécropsiques du veau. Abcès pyélophlébitique supposé être à l’origine du foyer infectieux cérébral. Il correspond à l'image obtenue par échographie.

Résultats de la numération-formule sanguine

La numération-formule sanguine montre une hyperleucocytose et une neutrophilie qui confirment le processus inflammatoire. Le taux de protéines totales n'est toutefois que modérément élevé, l'inflammation ne semble donc pas aiguë.