Le point Vétérinaire n° 234 du 01/04/2003
 

COLLIERS ÉLECTRONIQUES ÉDUCATIFS CHEZ LE CHIEN

Éclairer

NOUVEAUTÉS

Éric Sachot

Les colliers éducatifs ne remplacent pas l’éducation. Après six mois, ils peuvent surtout aider à corriger des comportements gênants (aboiements, fugue, etc.).

Le comportement des animaux familiers, et plus particulièrement celui du chien, peut constituer une préoccupation des propriétaires : querelles de voisinage pour aboiements excessifs, cas de séparation, voire d’abandon de chiens fugueurs. Ces comportements peuvent être liés à des prédispositions raciales, associées à un défaut d’éducation du chiot, puis du chien adulte. Cette éducation peut être facilitée par l’emploi de colliers adaptés.

Trois objectifs

L’utilisation des colliers électroniques répond à trois objectifs distincts :

- faire cesser les aboiements, en particulier ceux jugés intempestifs ;

- éduquer les chiots (à la propreté, au respect des plantations, etc.) ;

- empêcher les fugues ou limiter le territoire.

Éducation du chien

Schématiquement, l’éducation du chien repose sur la récompense lorsqu’une action souhaitée est réalisée. Au contraire, lors d’action indésirable, des stimuli peuvent permettre d’interrompre l’action. Le principe des colliers électroniques repose sur l’application de stimuli capables de faire cesser l’action en cours. Le stimulus peut être disruptif ou punitif.

Stimulus disruptif

Le stimulus disruptif (pulvérisation de citronnelle, émission d’un son particulier) a pour but de détourner l’attention de l’animal et ainsi de lui faire cesser une action en cours (déterrer les oignons de tulipe, s’éloigner de la maison, aboyer). L’action terminée, l’animal entame une nouvelle action qui, à son tour, peut entraîner une correction par le collier ou au contraire les félicitations du propriétaire. Chez un animal hypervigilant, le stimulus disruptif est toutefois susceptible d’entraîner de la peur et d’augmenter l’anxiété.

Stimulus punitif

Le stimulus punitif consiste à appliquer une sensation désagréable à l’animal, qu’il associe à l’action menée. Il s’agit souvent de stimulations électriques ou de l’émission d’ultrasons désagréables. La brochure des systèmes Petsafe précise que la stimulation électrique ressentie est similaire à celle de la langue sur les bornes d’une pile ou d’une décharge à l’ouverture de la portière d’une voiture. Elle n’intervient qu’après un stimulus sonore disruptif. Dans un article, Valérie Dramard considère toutefois « qu’il est inacceptable qu’un vétérinaire « prescrive » de la douleur, si minime soit-elle » [1].

Intervention du propriétaire

Dans tous les cas, la vente du collier doit être associée à la formation du propriétaire. Une visite comportementale spécifique est recommandée avant leur achat. Pour les colliers de dressage du chiot, le stimulus est déclenché par le propriétaire à l’aide d’une télécommande, mais il doit préalablement avoir acquis les clés de l’éducation du chiot. Utiliser de tels colliers avant l’âge de six mois n’est donc pas conseillé. Pour les colliers anti-fugues et anti-aboiements, le système est automatisé, mais nécessite que le propriétaire vérifie l’efficacité du stimulus sur son animal. Il n’est pas envisageable, par exemple, de maintenir un collier au stimulus punitif sur un chien qui passe outre et continue à fuguer ou aboyer. Mis à part l’inutilité du système, le maintien du collier peut alors aggraver les comportements gênants.

Éducation du chiot

L’intérêt de ces colliers électroniques télécommandés est d’appliquer le stimulus à distance. Il permet l’apprentissage de nombreux comportements (propreté, rappel) et d’en stopper d’autres (vol de nourriture, sauter pour accueillir, déterrer les plantes•). Cependant, là encore, l’aide apportée par le collier ne peut pas être efficace sans une consultation comportementale vétérinaire et si le chiot est âgé de moins de six mois.

Solutions anti-fugue

Lesfugues peuvent être empêchées par un système “volumétrique” ou par un système « périmétrique » (ou « filaire »).

L’équipement le plus simple, volumétrique, consiste en l’installation centrale d’un émetteur de radiofréquences. La stimulation intervient lorsque le collier sort de la zone (diamètre couvert réglable, de 3 à 30 mètres). Lors de sortie de zone, le collier émet dans un premier temps un signal sonore (prévention), puis un stimulus électrostatique si l’animal poursuit sa route.

Laprotection de zones particulières (piscine, chambres, parterres, etc.) nécessite un système périmétrique. L’équipement périmétrique comprend une clôture radio, le fil étant enterré, posé au sol ou sur une clôture existante. Cette solution permet une grande souplesse de la configuration de l’espace autorisé. Le périmètre peut ainsi s’étendre jusqu’à plus d’un kilomètre. L’installation nécessite cependant plusieurs heures•

Efficacité et limites

Les colliers anti-aboiements et anti-fugues empêchent une manifestation non souhaitée sans en traiter la cause. Ils peuvent ne pas être suffisants, dans le cas de chiens hyperactifs-hypersensibles non traités par exemple. Ils peuvent aussi aggraver les phénomènes chez des chiens anxieux, phobiques ou dépressifs.

Lorsqu’ils sont bien utilisés, donc lorsque leur vente a été précédée de conseils adéquats, l’efficacité des colliers est variable et doit être jugée par rapport à celle du simple dressage. Le collier ne remplace pas l’éducation normale. Les colliers d’éducation constituent seulement une aide pour le propriétaire qui délègue au collier l’action disruptive ou punitive. Les colliers anti-aboiements sont efficaces sur certains chiens, mais des échecs, assez nombreux, sont aussi notés. En revanche, les colliers anti-fugues constituent une alternative efficace à la chaîne pour les grands terrains. Il suffit de vérifier que le chien a intégré le principe pour ne pas lui infliger de douleur inutile. Le système anti-fugue ne peut évidemment en aucun cas se substituer à une clôture si le chien est agressif.

Coût

Les colliers étant coûteux (de 50 euros pour un collier anti-aboiement simple, à 400 euros pour un système anti-fugue complet), il semble d’autant plus indispensable de ne pas les vendre sans conseils comportementaux éclairés. Dans de nombreux cas, en particulier pour l’éducation des chiots, la location semble plus intéressante pour le propriétaire et pour le praticien. Des confrères louent ainsi une à deux semaines le collier adéquat et le vendent en déduisant le prix de la location si le collier s’avère utile. Les propriétaires hésitants acceptent plus facilement de faire un essai avant d’investir.

Consultation comportementale préalable

La proposition d’un collier électronique doit impérativement être accompagnée de conseils adaptés sur l’éducation du chiot ou du chien adulte, et dans la plupart des cas, faire suite à une consultation comportementale d’un vétérinaire. En effet, ils peuvent notamment aggraver des affections comportementales, au lieu d’aider à les résoudre (anxiété, phobie•). L’intérêt des systèmes anti-fugues ou anti-aboiements, efficaces en l’absence du propriétaire, apparaît plus évident que celui d’aide à l’éducation du chiot.

  • (1) Dramard V. Traitement du chien qui aboie quand il est seul. Point Vét. 2002 ; 33(224) :36-38.

Pro Dog Trainer

Aboistop

Instant Fence sans fil

Les deux principales gammes de colliers électroniques sont celles de Dynavet et de Pet Safe (fabricant Adeos)