Le point Vétérinaire n° 229 du 01/10/2002
 

BACTÉRIOLOGIE SANGUINE DES CARNIVORES DOMESTIQUES

Pratiquer

CAS CLINIQUE

Khalid Khallaayoune*, Abdelkebir Rhalem**, Hamid Sahibi***, Ahmed Hamliri****


*Département de Parasitologie
Institut Agronomique
et Vétérinaire Hassan II. BP 6202,
Rabat-Instituts, Maroc

Un chien vivant au Maroc présente une épistaxis comme unique signe clinique. Seul le recours à l’examen sérologique a permis de suspecter une ehrlichiose.

Résumé

L’ehrlichiose est une maladie infectieuse due à une rickettsie transmise par la tique Rhipicephalus sanguineus. Les signes cliniques peuvent varier d’une simple fièvre récurrente à de multiples hémorragies. Chez un chien, l’épistaxis est ainsi le signe clinique majeur qui permet d’orienter le diagnostic. L’infection a été confirmée par l’immunofluorescence indirecte, mais la recherche bactériologique est négative. L’administration de tétracyclines sur une longue durée est instaurée pour éviter les récidives fréquentes qui peuvent survenir chez des animaux immunodéprimés.

Un chien berger allemand âgé de cinq ans et demi est admis en consultation pour une épistaxis récidivante apparue depuis dix jours.

Cas clinique

1. Anamnèse

Le chien a déjà reçu une injection de 2 ml d’étamsylate (Hémoced®) par voie intramusculaire chez un autre praticien. Le saignement s’est arrêté pendant deux jours, puis a repris comme auparavant.

L’animal vit dans une grande ferme à quelques kilomètres de Rabat (Maroc), avec deux autres chiens qui semblent en bonne santé, selon leur propriétaire. Le chien est régulièrement vacciné et vermifugé ; il n’a présenté aucune maladie au cours des mois précédents. Aucun trouble digestif ou urinaire n’est en outre signalé.

2. Examen clinique

L’animal est légèrement affaibli. Sa température rectale est de 39,4 °C.

Une déshydratation modérée, de l’ordre de 5 %, est constatée.

L’examen des muqueuses montre de petites pétéchies sur les muqueuses oculaires et gingivales de couleur rose pâle.

Sa fréquence cardiaque est de 120 battements par minute et le pouls fémoral est faible. L’auscultation cardiaque ne révèle aucun bruit anormal.

La palpation abdominale ne révèle aucune anomalie et les ganglions sont normaux.

L’examen externe des narines montre qu’elles sont imprégnées de sang. Lorsque l’animal baisse la tête, de petites gouttes de sang tombent sur le sol à une fréquence d’une à deux gouttes par minute. Le produit de l’épistaxis, bilatéral, est de couleur rose clair.

3. Hypothèses diagnostiques

Devant les signes cliniques, les hypothèses diagnostiques envisagées sont :

- la présence de corps étranger(s) dans la cavité nasale ;

- une rhinite infectieuse d’origine bactérienne, parasitaire (linguatulose) ou mycosique (aspergillose) ;

- une tumeur nasale ;

- un trouble de l’hémostase : thrombocytopénie, hémophilie, coagulation intravasculaire disséminée (CIVD), intoxication par des rodenticides anticoagulants ;

- une affection parasitaire : leishmaniose, angiostrongylose, ankylostomose ;

- une hyperviscosité sanguine, une hypertension artérielle.

L’animal est hospitalisé afin de réaliser des examens complémentaires.

4. Examens complémentaires

Examen rhinoscopique

L’examen rhinoscopique est effectué sur l’animal tranquillisé à l’acépromazine (Vétranquil® à raison de 0,5 mg/kg par voie intraveineuse). La muqueuse nasale apparaît imprégnée de sang ; aucune trace de traumatisme n’est observée. Quelques pétéchies sont également constatées sur la muqueuse pituitaire.

L’examen rhinoscopique permet alors d’écarter une origine traumatique de l’épistaxis, ainsi que la rhinite aspergillaire.

Analyses sanguines

Des analyses sanguines sont effectuées : un hémogramme, une recherche bactériologique et parasitaire (Ehrlichia, Babesia, microfilaires) sur frottis sanguin, des examens biochimiques sanguins et une exploration de l’hémostase (voir les TABLEAUX “Résultats des examens hématologiques”, “Résultats des examens biochimiques sanguins” et “Paramètres indicateurs de l’hémostase”). L’association d’un temps de saignement relativement élevé et d’une thrombopénie marquée font suspecter un trouble de l’hémostase primaire.

Les autres paramètres de l’hémostase primaire et secondaire, notamment le taux de fibrinogène, de PDF et d’antithrombine III, ne sont pas explorés en raison du coût des analyses.

• La recherche bactériologique et parasitaire (Ehrlichia, Babesia, microfilaires) effectuée sur frottis sanguin coloré au May Grünwald Giemsa est négative.

Malgré l’absence d’adénopathie généralisée, une biopsie du nœud lymphatique poplité gauche est effectuée et permet d’écarter l’hypothèse d’une leishmaniose.

Les résultats de l’adénogramme sont également négatifs.

• Il est alors décidé d’approfondir les investigations par des recherches sérologiques de l’ehrlichiose et de la leishmaniose, avant de suspecter une thrombopénie d’origine centrale.

L’examen sérologique de l’ehrlichiose est réalisé par la technique d’immunofluorescence indirecte au département de parasitologie de l’institut agronomique et vétérinaire Hassan II. La sérologie est positive avec un titre de 1:640 (le seuil de positivité par rapport aux sérums témoins est de 1 : 20). La sérologie de la leishmaniose est négative.

5. Diagnostic

L’ehrlichiose est donc fortement suspectée. Les résultats du bilan de l’hémostase révèlent une thrombopénie (120 x 109/l). Cette diminution marquée du nombre de thrombocytes, associée à un allongement du temps de saignement indique un trouble de l’hémostase primaire.

Les valeurs sanguines traduisent également la présence d’une anémie arégénérative, normocytaire et normochrome.

Une légère augmentation du taux des alanine aminotransférase (ALAT) est constatée, alors que les valeurs de l’aspartate aminotransférase (ASAT) et des phosphatases alcalines (PAL) sont dans les normes.

L’hyperglobulinémie et la légère hypoalbuminémie sont en faveur d’un processus infectieux et permettent d’écarter l’origine centrale de la thrombopénie, mais une électrophorèse des protéines sériques aurait permis de mettre en évidence l’hypergammaglobulinémie et l’hypoalbuminémie associées à l’ehrlichiose.

6. Traitement et évolution

Le jour de son admission, le chien reçoit une perfusion de lactate de Ringer (10 ml/kg) et 2 ml d’étamsylate (Hemoced®) par voie intraveineuse. L’administration d’étamsylate est renouvelée tous les deux jours, à la même posologie.

Une semaine après, l’hémorragie a nettement diminué : seules quelques petites gouttes de sang sont constatées dans la cage du chien.

Pour le traitement de l’ehrlichiose, de la doxycycline (Ronaxan® comprimés) est administrée à la dose de 10 mg/kg pendant quatre semaines. Le chien est à nouveau examiné à la fin de la quatrième semaine : son état s’est nettement amélioré et l’épistaxis a disparu. Afin de prévenir une éventuelle rechute, le traitement est poursuivi pendant quatre semaines supplémentaires.

Il n’a pas été réalisé de transfusion sanguine en l’absence de diminution très marquée des paramètres sanguins et en raison de l’état de l’animal qui semblait résister à la maladie.

Un hépatoprotecteur (Héchobyl® comprimés) est également administré à raison de deux comprimés matin et soir pendant un mois.

Discussion

1. Aspects épidémiologiques

Il est établi que le chien immunodéprimé, dénutri ou affaibli, est plus sensible à l’ehrlichiose. D’autres infections intercurrentes peuvent aggraver le tableau clinique (notamment, babésiose et leishmaniose, très fréquentes au Maroc) [6].

La séroprévalence de l’ehrlichiose varie de 9 à 61 % selon les régions du Maroc.

Le chien n’est qu’une source indirecte de l’agent pathogène : la tique Rhipicephalus sanguineus est responsable de la transmission de la maladie. Son caractère endophile lui permet de résister aux températures défavorables de l’hiver. En outre, son aptitude à développer deux générations au cours d’une seule année lui assure une longue survie dans l’environnement. En conséquence, elle peut transmettre l’agent pathogène au cours des trois étapes du cycle de reproduction (larve, nymphe et adulte). La tique est alors non seulement à considérer comme un vecteur biologique, mais également comme un réservoir du parasite.

2. Symptomatologie

La forme aiguë de la maladie se manifeste classiquement par une hyperthermie, une asthénie et une anorexie. Dans le cas décrit, aucun signe clinique n’a été observé au cours de l’évolution de la maladie.

D’autres symptômes plus évocateurs et moins fréquents peuvent être observés : troubles digestifs, oculaires et adénopathie généralisée.

Le syndrome hémorragique est inconstant. Il peut se traduire par une épistaxis, des hémorragies gingivales, du méléna, des pétéchies, des ecchymoses et du purpura (PHOTO 1).

La mort est surtout observée chez les jeunes et les animaux âgés ou débilités.

La thrombopénie, marquée, est généralement constante [3] et conduit à envisager un diagnostic sérologique de l’ehrlichiose avant de procéder au myélogramme. Une anémie arégénérative normocytaire normochrome, souvent associée à une augmentation de la vitesse de sédimentation sanguine, est en outre un élément évocateur de l’ehrlichiose.

3. Diagnostic

Le diagnostic direct par la mise en évidence des morulas est facile, mais n’est possible que pendant la phase aiguë de la maladie (PHOTO 2). Il peut être effectué à partir du dixième jour de la phase aiguë, mais E. canis n’est détectable que pendant une courte période et le diagnostic microscopique devient rapidement irréalisable. C’est la raison pour laquelle la recherche de Ehrlichia s’est révélée négative dans le cas décrit. Au Maroc, des examens cliniques et sérologiques effectués sur 208 chiens originaires de trois régions différentes ont montré que 44,2 % étaient séropositifs, 13 % seulement présentaient des symptômes de l’ehrlichiose, alors que les inclusions intracytoplasmiques n’étaient retrouvées que chez 8 % des animaux [6].

La présence d’un saignement nasal associé à des pétéchies, dont l’origine peut être liée à des troubles vasculaires ou à des troubles plaquettaires, oriente vers une exploration biologique. L’insuffisance hépatocellulaire, qui se traduit par un défaut de synthèse des facteurs de la voie intrinsèque et de la voie commune, est également évaluée. La détermination du temps de Quick est particulièrement indiquée pour le diagnostic de ce type de perturbation, d’autant qu’il existe parfois une CIVD associée.

L’augmentation dans le sang des ALAT est fréquente, alors que celle des ASAT et des PAL est exceptionnelle [7]. Ces paramètres ne peuvent donc pas être considérés comme de bons indicateurs de l’ehrlichiose. C’est la raison pour laquelle, face à cette thrombopénie marquée, un diagnostic sérologique de l’ehrlichiose a été demandé avant de procéder au myélogramme.

L’électrophorèse des protéines montre une hypergammaglobulinémie qui peut persister plusieurs mois après l’élimination de l’agent pathogène [5]. Cette technique semble plus évocatrice de la maladie que les autres paramètres sanguins et biochimiques.

La forme chronique peut parfois rester asymptomatique et évoluer pendant toute la vie de l’animal, qui devient alors un porteur sain. Des signes frustes, caractérisés par la fatigabilité et la perte de poids, peuvent toutefois conduire à suspecter une ehrlichiose chronique (PHOTO 3). Cependant, une recrudescence des manifestations cliniques de l’ehrlichiose peut être observée lors d’immunodépression ou de stress physiologique. Les formes les plus sévères sont caractérisées par des hémorragies de plusieurs organes. L’hypergammaglobinémie devient plus marquée et le temps de saignement augmente. Une glomérulonéphrite d’origine auto-immune peut survenir, accompagnée d’un titre élevé en anticorps antinucléaires. L’issue de cette forme de la maladie est alors fatale.

Considérant que le chien est traité régulièrement contre les nématodes du tube digestif et que l’épistaxis représente un symptôme mineur de l’ankylostomose, le recours aux examens coproscopiques n’a pas été jugé nécessaire.

4. Traitement

Les seuls antibiotiques efficaces contre Ehrlichia canis sont les tétracyclines. Le traitement de choix est l’administration de doxycycline, à la dose de 10 mg/kg par voie orale pendant au moins quatre semaines pour prévenir les risques de rechutes chez l’animal [1].

L’utilisation de dipropionate d’imidocarbe, à raison de 5 à 7 mg/kg par voie sous-cutanée à deux semaines d’intervalle, permet de traiter simultanément l’ehrlichiose et la babésiose, mais les résultats sont inconstants.

Dans la phase aiguë de la maladie, l’administration de glucocorticoïdes peut être justifiée, surtout en cas de thrombocytopénie marquée. Néanmoins, ils ne doivent pas être utilisés en routine en raison de leur effet immuno- suppresseur.

Outre le repos de l’animal, la transfusion de sang ou de plasma est conseillée en cas d’atteintes hémorragiques.

5. Suivi et prévention

Après la guérison clinique, la réapparition de la maladie reste possible malgré la persistance des anticorps [2, 4]. Cet élément doit être pris en considération chaque fois que l’animal présente ultérieurement une autre affection.

La mesure du titre des anticorps sériques au cours des six mois qui suivent la disparition des signes cliniques peut renseigner le praticien sur l’efficacité du traitement et permet d’apprécier l’évolution de l’infection. Chez un chien qui maintient un titre d’anticorps faible après guérison clinique, il est conseillé de réaliser un contrôle sérologique régulier pour prévenir une rechute éventuelle.

Le suivi sérologique ne permet cependant pas de se passer de la lutte contre les tiques, qui doit être systématique dans les régions où les risques de transmission de la maladie sont majeurs. Il convient d’appliquer régulièrement des acaricides rémanents dans les locaux et sur les animaux pendant la saison d’activité des tiques.

Chez les chiens exposés au risque d’infection au cours de leur déplacement dans une zone enzootique, il est en outre conseillé de mettre en place un traitement préventif contre les tiques et d’assurer une surveillance médicale au cours des premières semaines qui suivent la fin de chaque sortie. Toute manifestation de fièvre, d’abattement, d’anorexie ou de trouble de la coagulation doit conduire à effectuer une recherche sérologique de l’ehrlichiose.

En absence de vaccin, la prévention de l’ehrlichiose dans les zones d’enzootie de l’infection peut être envisagée en complément des traitements acaricides, par l’administration quotidienne de tétracyclines à la dose de 6,6 mg/kg par voie orale pendant les mois à haut risque d’infestation par les tiques.

Conclusion

En raison de la non spécificité des signes cliniques, l’ehrlichiose doit être suspectée chez les animaux qui vivent ou qui ont séjourné dans les zones d’enzootie, particulièrement lorsqu’ils manifestent des signes hémorragiques, une hypertrophie des nœuds lymphatiques et/ou une infestation par les tiques.

Points forts

L’épistaxis est un signe clinique évocateur de l’ehrlichiose.

La maladie doit être suspectée face à des signes hémorragiques, une hypertrophie ganglionnaire et/ou une infestation par les tiques.

La recherche des anticorps par immunofluorescence indirecte est le meilleur moyen pour confirmer la maladie.

Le traitement à base de tétracycline doit être envisagé sur une longue durée pour éviter les rechutes.

En savoir plus

- Bonnard P, Dralez F. Pancytopénie canine. Point Vét. 1990 ; 22(128) : 129-134.

- Bourdoiseau G. Conduite à tenir devant un animal qui a voyagé : exemples des maladies parasitaires. Point Vét. 1998 ; 29(192) : 387-392.

- Chantal J. Évaluation du risque infectieux pour les carnivores domestiques qui reviennent d’Afrique et de l’Océan Indien. Point Vét. 1998 ; 29(193) : 703-708.

- Chomel B. Évaluation du risque infectieux pour les carnivores domestique en provenance d’Amérique du Nord. Point Vét. 1998 ; 29(193) : 709-715.

- Davoust B, Brouqui P, Raffi A. et coll. L’ehrlichiose canine dans les chenils militaires du Sud-Est : à propos de 14 cas. Point Vét. 1989 ; 21(125) : 819-823.

- Gaillot H, Delisle F. Les anémies chez le chien : étiologie, clinique et diagnostic. Point Vét. 1998 ; 29(190) : 237-246.

- Guelfi JF, Verwaerde P. Conduite à tenir devant un saignement. Point Vét. 1998 ; 29 (numéro spécial “Les urgences chez les carnivores domestiques”) : 485-489.

- Kilani M, Dorchies P. Importance et prévalence des maladies en fonction de leur origine géographique : Afrique du Nord-régions méditerranéennes et Moyen-Orient. Point Vét. 1998 ; 29(194) : 799-805.

- Pellerin J-L, Person J-M. Les thrombopénies à médiation immune du chien. Point Vét. 1996 ; 28(179) : 709-719.

Bibliographie

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  • 2 - Buhles WC, Huxsoll DL, Risitric M. Tropical canine pancytopenia : clinical, hematologic and serologic response of dogs to Ehrlichia canis infection, tetracycline therapy and challenge inoculation. J. Infect. Dis. 1974 ; 130 : 357-367.
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  • 4 - Davoust B. L’ehrlichiose canine. Point Vét. 1993 ; 25(151) : 43-51.
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  • 7 - Reardon MJ, Pierce KR. Acute experimental canine ehrlichiosis I. Sequential reaction of the hemic and lymphoreticular systems. Vet. Pathol. 1981 ; 18 : 48-61.

PHOTO 1. Chien atteint d’ehrlichiose : purpura.

PHOTO 2. Morula d’Ehrlichia canis au sein d’un monocyte canin (MGG x 1000).

PHOTO 3. Chien atteint d’ehrlichiose : amaigrissement.

Résultats des examens hématologiques

Résultats des examens biochimiques sanguins

Paramètres indicateurs de l’hémostase