Le point Vétérinaire n° 223 du 01/03/2002
 

GASTRO-ENTÉRITE PARALYSANTE DU VEAU

Pratiquer

SUR ORDONNANCE

Hervé Pouliquen*, Jean-Claude Desfontis**


*initié de pharmacologie et toxicologie, ENVN

L'administration d'une seule ß-lactamine est préférée à l'association de deux. Le métoclopramide est, quant à lui, interdit chez les animaux de production.

Un veau, d'environ huit jours et pesant 80 kg, présente une hyperthermie (39,5 °C) et une diarrhée profuse liquide. En décubitus ventral, il présente, en outre, un abattement important, une anorexie et une déshydratation. Une gastro-entérite paralysante est diagnostiquée. En complément de la thérapeutique liquidienne (Lodévil®, trois litres en perfusion intraveineuse lente le premier jour), un traitement de première intention est mis en place.

Kétofen® : Une action antipyrétique, oui mais…

Le kétoprofène (Kétofen®) est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) du groupe des aryl-alcanoïques, qui agit en inhibant la synthèse des prostaglandines par blocage des cyclo-oxygénases de type 1 et, à un moindre degré, de type 2. Doté de propriétés anti-inflammatoire, analgésique et, dans une moindre mesure, antipyrétique, le kétoprofène est administré ici essentiellement pour diminuer l'hyperthermie accompagnant l'entérite aiguë. D'autres AINS sont toutefois pourvus de propriétés antipyrétiques plus puissantes que le kétoprofène : par exemple, la noramidopyrine ou dipyrone (Calmagine®, Estocelan®, Novalgine®), de nouveau autorisée en productions animales. Elle présente, en outre, l'avantage d'être dotée d'une action antispasmodique sur la musculature lisse intestinale.

Primpérid® : Efficace… mais interdit en théorie

Le métoclopramide (Primpérid®) inhibe les vomissements, augmente la motricité de l'estomac et accélère sa vidange. Chez l'homme et les animaux monogastriques, il est utilisé, avec succès, dans le traitement des vomissements et des désordres de vidange gastrique, survenant notamment lors de gastrite ou de gastro-entérite. Il agirait d'une part en bloquant les récepteurs dopaminergiques périphériques, et d'autre part en augmentant la libération d'acétylcholine par les terminaisons myentériques. Chez le veau, en raison des défauts de fonctionnement gastro-intestinaux, il est préférable d'administrer le métoclopramide par voie parentérale, à la dose de 0,1 à 0,3 mg/kg deux fois par jour pendant deux ou trois jours. Sur le plan médical, l'administration par voie intramusculaire de Primpérid® est donc, dans le cas présent, justifiée. Ce médicament est utilisé comme traitement adjuvant de la gastro-entérite paralysante. En revanche, sur le plan réglementaire, l'administration de métoclopramide est malheureusement interdite chez les animaux dont la chair ou les produits sont destinés à la consommation humaine, y compris chez de jeunes veaux. En effet, aucune limite maximale de résidus (LMR) n'a été fixée pour le métoclopramide, qui ne figure pas dans les annexes I, II ou III du règlement CEE 2377/90 du 26 juin 1990.

Primpérid® : Efficace… mais interdit en théorie

Le métoclopramide (Primpérid®) inhibe les vomissements, augmente la motricité de l'estomac et accélère sa vidange. Chez l'homme et les animaux monogastriques, il est utilisé, avec succès, dans le traitement des vomissements et des désordres de vidange gastrique, survenant notamment lors de gastrite ou de gastro-entérite. Il agirait d'une part en bloquant les récepteurs dopaminergiques périphériques, et d'autre part en augmentant la libération d'acétylcholine par les terminaisons myentériques. Chez le veau, en raison des défauts de fonctionnement gastro-intestinaux, il est préférable d'administrer le métoclopramide par voie parentérale, à la dose de 0,1 à 0,3 mg/kg deux fois par jour pendant deux ou trois jours. Sur le plan médical, l'administration par voie intramusculaire de Primpérid® est donc, dans le cas présent, justifiée. Ce médicament est utilisé comme traitement adjuvant de la gastro-entérite paralysante. En revanche, sur le plan réglementaire, l'administration de métoclopramide est malheureusement interdite chez les animaux dont la chair ou les produits sont destinés à la consommation humaine, y compris chez de jeunes veaux. En effet, aucune limite maximale de résidus (LMR) n'a été fixée pour le métoclopramide, qui ne figure pas dans les annexes I, II ou III du règlement CEE 2377/90 du 26 juin 1990.

Synulox® et Excenel® : Pas d'intérêt à associer deux ß-lactamines

Le ceftiofur (Excenel®) est une céphalosporine de troisième génération. Son action, essentiellement bactéricide “temps dépendante”, est dirigée contre les bactéries à Gram négatif et, dans une moindre mesure, contre celles à Gram positif.

L'amoxicilline (Synulox®) est une pénicilline du groupe A. Associée à l'acide clavulanique (Synulox®), qui inhibe un grand nombre de bétalactamases produites par les bactéries, l'action de l'amoxicilline est essentiellement bactéricide “temps dépendante” et dirigée contre les bactéries à Gram positif et négatif.

Les céphalosporines et les pénicillines du groupe A sont notamment indiquées, du fait de leur distribution extracellulaire, pour lutter contre la septicémie qui accompagne fréquemment les gastro-entérites chez le veau. Sans être antagoniste, l'association Excenel® et Synulox® ne présente aucun intérêt, dans la mesure où ces deux antibiotiques, du groupe des ß-lactamines, possèdent un spectre d'activité identique et le même mode d'action.

Il aurait donc été plus judicieux d'administrer, par exemple, une association Synulox® Suspension et Kaomycin® (kaolin, pectine et néomycine). Synulox® Suspension aurait permis de traiter la septicémie. Kaomycin® aurait permis de lutter contre les bactéries pathogènes présentes dans la lumière du tube digestif : Staphylococcus, Escherichia coli ou Salmonella. La néomycine est un antibiotique bactéricide “concentration dépendant” de la famille des aminocyclitols, très faiblement résorbé par voie orale.