Le point Vétérinaire n° 222 du 01/01/2002
 

RÉANIMATION DE LA FAUNE SAUVAGE

Se former

COURS

Emmanuel Risi

Unité de chirurgie
Centre de soins
de la faune sauvage
ENVN
Route de Gachet
44300 Nantes

Face à un oiseau sauvage blessé, le praticien peut apporter les premiers soins avant un transfert vers un centre spécialisé. Les pansements, le réchauffement et la réhydratation, constituent la base de ces soins.

Résumé

Face à un oiseau déshydraté, il est possible d’observer certains signes cliniques qui traduisent les pertes liquidiennes de l’animal. La quantité de solutés à administrer (somme des pertes et des besoins d’entretien) est alors répartie sur trois jours. Plusieurs administrations quotidiennes sont souvent nécessaires. Les voies orale et sous-cutanée sont utilisées lors de déshydratation moyenne. La réhydratation par perfusion intraveineuse est souvent difficile à réaliser. La voie intra-osseuse permet en revanche de réhydrater efficacement un oiseau sévèrement atteint.

Les centres de soins de la faune sauvage reçoivent chaque année en France des milliers d’oiseaux blessés ou malades. La réhydratation de ces oiseaux est un élément essentiel de leur prise en charge médicale. Le praticien est habilité à prodiguer les premiers soins sur des espèces sauvages, avant de les transférer au centre spécialisé le plus proche. Les pansements, le réchauffement et la réhydratation constituent la base de ces soins et peuvent facilement être effectués dès la réception de l’oiseau. Diverses voies de réhydratation sont utilisables, en prenant soin de respecter les particularités physiologiques et anatomiques des oiseaux.

Les oiseaux sauvages en détresse, blessés ou malades, sont souvent présentés dans un état de maigreur et de déshydratation avancé (70 % des oiseaux accueillis en 1999 au centre de soins de la faune sauvage de l’école vétérinaire de Nantes présentaient des signes de déshydratation). L’organisme des oiseaux, soumis à un métabolisme très rapide et intense, manque rapidement de nutriments et de fluides après une courte période d’anorexie. Tout traumatisme, intoxication ou maladie qui affectent l’oiseau sauvage le rendent inapte à se nourrir et à s’abreuver correctement. La déshydratation qui en résulte compromet rapidement la survie de l’animal dans son milieu naturel. Des degrés de déshydratation sévères peuvent aussi être constatés lors d’hémorragies ou de brûlures étendues.

Avant de confier l’oiseau sauvage recueilli à un centre de soins de la faune sauvage habilité à prendre en charge ces espèces, les premiers soins qui visent à maintenir en vie l’oiseau peuvent être effectués, en particulier la mise en place rapide d’une réhydratation simple et efficace. Associée au réchauffement, la réhydratation reste en effet un élément déterminant de la survie des oiseaux sauvages (voir l’ENCADRÉ “Précautions lors du recueil d’un oiseau sauvage”).

Mise en évidence de la déshydratation

Comme chez les carnivores domestiques, il est possible d’apprécier cliniquement le taux de déshydratation d’un oiseau en observant certains symptômes caractéristiques lors de l’examen général [3, 4, 6, 8] (voir l’ENCADRÉ “Estimation du pourcentage de déshydratation selon les symptômes observés”) :

- le degré d’humidité de la cavité buccale et notamment la présence de fausses membranes sont à rechercher (PHOTO 1). Ces dernières sont ainsi dénommées en raison de leur aspect caractéristique qui évoque des membranes entre le palais, le pharynx et la langue. Ces filets muqueux observés à l’ouverture de la bouche se rompent d’autant moins facilement que l’oiseau est déshydraté. Leur nombre, leur taille et leur consistance (épaisseur) varient proportionnellement au degré de déshydratation de l’organisme ;

- l’aspect de la cornée : elle doit normalement être bombée, brillante et humide. Chez un oiseau déshydraté, la cornée est terne et sèche ;

- la souplesse et l’aspect de la peau : la peau, fine et transparente, est inspectée en regard du bréchet, en écartant soigneusement les plumes qui la recouvrent. Elle doit glisser facilement sur le bréchet et les muscles pectoraux sous-jacents lors d’une légère traction de droite à gauche ;

- le test du pli de peau (comme chez les mammifères domestiques) : il est effectué au niveau des écailles du tarso-métatarse ou des doigts chez les rapaces nocturnes (dont les tarso-métatarses sont recouverts de plumes). Ce critère est cependant moins évocateur que chez les mammifères car les écailles ont une texture naturelle plus rigide que la peau ;

- la couleur des pattes : en cas de déshydratation intense, les écailles présentent parfois un aspect terne et une couleur plus foncée (écailles jaune vif pouvant virer au beige) ;

- la température des pattes : la palpation des membres inférieurs peut permettre de mettre en évidence un refroidissement lié à une sévère déshydratation.

Estimation du pourcentage de déshydratation

Il est possible d’estimer le taux de déshydratation [2, 7]. Ce taux, exprimé en pourcentage du poids vif, permet de calculer la quantité de fluides à administrer afin de combler les pertes hydriques du volatile. Tout oiseau en détresse recueilli dans son milieu naturel, mais qui ne présente aucun des symptômes décrits, doit être considéré comme déshydraté à 5 %.

Une prise de sang en vue d’une mesure de l’hématocrite et du taux de protéines totales permet de confirmer, puis de suivre l’évolution de la déshydratation. L’hématocrite est normalement de 40 à 50 % (50 à 55 % pour le genre Falco, comme le faucon crécerelle) ; le taux de protéines totales est de 25 à 45 g/l selon les espèces.

Plan de réhydratation

La quantité (Q) de solutés à administrer est calculée de la façon suivante :

Q (litres) = Pourcentage de déshydratation (l/kg) x Poids (kg)

Ces pertes hydriques, auxquelles s’ajoutent les besoins d’entretien quotidiens, devraient en théorie être compensées par l’administration de solutés de façon régulière et continue. Il est cependant difficile de maintenir pendant plusieurs heures une perfusion chez un oiseau. Les aiguilles, cathéters et tubulures de perfusion sont en effet une cause d’inconfort et de stress pour l’animal, qui se débat et arrache souvent le matériel utilisé. Un confinement dans un carton de petite taille qui limite ses mouvements est recommandé, afin d’assurer quelques heures de perfusion.

Les besoins d’entretien quotidiens en eau d’un oiseau qui ne s’alimente pas seul sont de 50 ml/kg. Les oiseaux sauvages hospitalisés présentent souvent une phase d’anorexie de quelques jours due au stress et les besoins d’entretien doivent donc être comblés quotidiennement jusqu’à la reprise d’une alimentation complète et autonome.

La quantité globale de fluides à administrer est répartie sur trois jours de réhydratation (voir l’ENCADRÉ “Plan de réhydratation préconisé chez un oiseau pour une quantité globale G de solutés nécessaire à la correction des pertes hydriques”).

Voies d’administration et techniques de réhydratation

Diverses voies d’administration sont envisagea-bles : les voies orale, sous-cutanée, intra-osseuse ou intraveineuse, sont généralement associées et la dose totale est répartie en plusieurs administrations dans la journée (sauf quand une perfusion continue peut être réalisée). Dans tous les cas, les solutés doivent être réchauffés avant leur utilisation (38-39 °C) afin d’éviter une hypothermie souvent fatale. Le suivi de la réhydratation est effectué en parallèle, grâce à l’examen de l’évolution des symptômes précédemment cités et à la pesée quotidienne de l’animal.

1. Réhydratation par voie orale

Principes

Lorsque l’oiseau ne présente pas de troubles digestifs (diarrhées, vomissements) ou nerveux (coma, convulsions, port de tête anormal, ataxie, paralysie des membres inférieurs, etc.), la voie orale peut être utilisée sans hésitation [a, 5]. Cette voie naturelle d’administration permet d’assurer une activité physiologique du tube digestif. Cette technique est en outre rapide et non traumatisante pour l’animal et permet d’administrer de l’eau, mais aussi des solutés plus élaborés (Biodiet®, Hydratec®, Volhydra®, lactate de Ringer, glucose à 5 %, soda sucré, etc.) ou des aliments broyés et humidifiés. La voie orale ne permet cependant d’administrer qu’une quantité moyenne de réhydratant et requiert une bonne contention de l’oiseau.

Il a été prouvé que le dextrose à 5 % par voie orale est plus efficace chez le pigeon que le lactate de Ringer (à renouveler 1 h 30 après la première administration ; contre-indiqué chez l’oiseau qui convulse, qui ne tient pas sur ses pattes, qui régurgite ou qui est en état de choc).

Techniques

La contention de l’oiseau est assurée par un aide. L’animal est présenté debout, ailes et pattes fermement maintenues. Le bec est maintenu ouvert avec deux doigts et le cou est placé en extension afin de faciliter l’introduction de la sonde.

Une sonde souple de diamètre adapté permet facilement d’intuber l’œsophage, dont l’entrée est située à droite dans la cavité buccale. La sonde est introduite jusqu’à l’estomac, en passant au-dessus de la langue et de la trachée (PHOTO 2) et en prenant soin de dépasser le jabot (sauf chez les rapaces nocturnes qui n’en possèdent pas), afin d’éviter les risques de régurgitation. Il convient donc de mesurer la distance bec/estomac avant d’introduire la sonde de gavage. L’estomac (proventricule) se situe généralement sous la pointe caudale du bréchet. La progression de la sonde dans l’œsophage peut être aisément suivie par palpation.

Les oiseaux ne possédant pas d’épiglotte, l’ingestion des fluides administrés pendant la réhydratation doit être surveillée, afin d’éviter le passage de liquide dans les voies respiratoires par fausse déglutition.

À chaque administration, la quantité totale de soluté ne doit pas dépasser 20 ml/kg pour les oiseaux pesant plus d’1 kg et 35 ml/kg pour les oiseaux de plus petite taille. Le gavage peut être renouvelé quatre à cinq fois dans la journée.

La voie orale reste donc très utile pour combler des déshydratations moyennes et assurer les besoins quotidiens des oiseaux qui présentent une anorexie passagère.

2. Voie sous-cutanée

Principes

La réhydratation par voie sous-cutanée est réalisable sur différentes zones du corps de l’oiseau et permet d’administrer des volumes élevés de solutés (lactate de Ringer ou NaCl à 0,9 %). Cette voie permet de traiter des déshydratations moyennes chez des animaux qui ne sont pas en état de choc. Il convient toutefois de toujours avoir conscience de la finesse et de la fragilité de la peau des oiseaux, qui peut facilement se déchirer [6, 8].

Les zones les plus facilement accessibles sont le thorax, les cuisses, les tibiotarses, la région interscapulaire et la région inguinale.

Les zones abdominale et cervicale doivent être évitées, afin de ne pas risquer d’injecter les solutés dans les sacs aériens sous-jacents.

La vitesse de résorption varie selon l’état général de l’oiseau et son degré de déshydratation. En cas de déshydratation sévère et d’état de choc, la vasoconstriction périphérique associée ralentit la résorption des solutés administrés.

Techniques

A chaque point d’injection, la peau est soulevée en effectuant une traction légère sur une plume, après avoir désinfecté la zone à l’alcool.

L’injection est réalisée en surveillant le volume administré et l’absence de “fuites” par un autre point d’injection proche.

Plusieurs “bulles” de soluté sont ainsi réalisées sous la peau.

Il est possible d’administrer (selon la taille de l’oiseau) 2 à 15 ml (8 à 10 ml/kg) de solutés par point d’injection. L’opération peut être répétée quelques heures plus tard, après la résorption des premières poches de fluide.

3. Voie intraveineuse

Principes

La voie intraveineuse est la meilleure voie d’administration de solutés lors de déshydratation [1, 5, 6, 7] : le remplissage vasculaire est immédiat et il est possible de combler les pertes hydriques en une journée (lorsqu’une perfusion est réalisable). Cette voie est cependant difficilement utilisable chez les oiseaux, excepté chez ceux de grande taille (cigogne, fou de Bassan, héron, etc.). Les veines sont en effet de très petite taille et fragiles et les cathéters sont difficiles à fixer. Des solutés classiques sont utilisés, comme le lactate de Ringer, les solutés de NaCl isotonique et de glucose (isotonique, voire hypertonique dans les cas les plus graves).

Techniques

Des cathéters souples de petite taille pour chat et chaton, un cathéter butterfly 27 G pour les oiseaux de petite taille, ou un cathéter butterfly 25 G pour les oiseaux de taille moyenne à grande sont utilisés.

• La veine alaire est parfois utilisable, mais le maintien d’une tubulure de perfusion est le plus souvent impossible chez un oiseau vigile. Le cathéter est en effet difficile à fixer à cet endroit et la tubulure s’enroule souvent autour de l’oiseau lorsque l’aile est repliée. Les hématomes sont en outre fréquents et volumineux car la peau qui recouvre la veine est fine et extensible. La veine alaire peut cependant être utilisée chez les oiseaux de grande taille en introduisant le cathéter au niveau de la bifurcation des veines ulnaire et radiale (PHOTO 3). Ce système de perfusion est intéressant à utiliser au cours d’une anesthésie (pour une intervention chirurgicale ou un examen clinique) lorsque l’oiseau ne peut pas se débattre.

• Il est également possible d’utiliser la veine ulnaire.

• Chez les espèces à cou long (hérons, cigognes, etc.), il est en outre possible de fixer un cathéter sur la veine jugulaire droite.

• La veine métatarsienne médiale est plus facile à utiliser et les écailles qui la recouvrent confèrent à la peau une texture plus rigide et moins extensible, qui limite la formation des hématomes. Le cathéter et une tubulure de perfusion peuvent y être fixés de façon plus stable chez les oiseaux de grande taille, à condition de les maintenir confinés dans un carton ou un box de petite taille. Chez les palmipèdes et les échassiers, il est possible de laisser le cathéter en place pendant 72 heures.

Le maintien sous perfusion est souvent difficile à réaliser. Chez un animal vigile, il est plus intéressant d’utiliser ces voies veineuses pour réhydrater un oiseau par l’administration de bolus de solutés, sans dépasser toutefois 3 % du poids de l’oiseau, soit en moyenne 20 ml/kg par injection. La dose journalière calculée est donc répartie en plusieurs injections dans la journée : 10 ml/kg en 5 à 7 minutes, répétées toutes les 3 à 4 heures les deux premier jours, puis toutes les 8 heures les 48 heures suivantes, puis deux fois par jour.

4. Voie intra-osseuse

Principes

La voie intra-osseuse est sûrement le meilleur compromis entre l’efficacité et la réalisabilité technique chez les oiseaux [1, 5, 8]. Le passage des solutés dans la circulation générale est presque instantané ; le remplissage vasculaire et la réhydratation sont donc aussi rapides que par la voie intraveineuse. La voie intra-osseuse a également l’avantage d’être plus facilement utilisable chez les oiseaux que la voie intraveineuse.

Les fluides utilisés sont des solutés isotoniques (lactate de Ringer, NaCl à 0,9 %, glucose à 5 %). Il convient de ne pas utiliser de solutés hypertoniques tels que le glucose à 30 %.

Les cathéters intra-osseux peuvent être fixés de façon plus stable et créent moins de lésions. Leur utilisation est en outre moins stressante que des injections intraveineuses répétées.

Des aiguilles de taille adaptée au diamètre du fût osseux (18 G ; 1,2 x 40 mm pour un oiseau pesant de 700 à 1 000 g) ou des cathéters intra-osseux spécifiques sont utilisés.

La zone concernée est déplumée et désinfectée avant l’introduction du cathéter.

Les cathéters intra-osseux peuvent être placés dans le tibiotarse, l’ulna ou le radius. L’humérus (os pneumatisé qui contient un sac aérien) n’est jamais utilisé, afin de ne pas risquer de “noyer” l’oiseau.

Techniques

• Le cathéter intra-osseux est introduit dans le tibiotarse en regard de l’extrémité proximale de l’os. La crête tibiale est repérée par palpation et l’aiguille est placée latéralement à celle-ci, avec une inclinaison de 45° en direction du tarse. L’aiguille peut être également placée sur le bord ventral du plateau tibial à travers le ligament patellaire [9]. Une pression modérée est ensuite exercée afin de l’introduire dans l’os. Si l’aiguille se bouche avec des fragments osseux, elle est remplacée en utilisant le canal formé par la première ponction (PHOTO 4).

• Sur l’ulna, les cathéters intra-osseux sont mis en place par l’articulation du coude, en prenant soin de maintenir cette articulation en hyperflexion lors de l’introduction de l’aiguille. La technique utilisée est donc semblable à celle de l’introduction des broches lors d’un enclouage centro médullaire. Le cathéter peut également être mis en place par le poignet, en passant sous l’os carpien radial et en maintenant le poignet à 90°.

• Le cathétérisme du radius est possible chez les oiseaux de grande taille, à travers le poignet, en maintenant l’articulation en hyperflexion (PHOTO 5).

Ces aiguilles sont maintenues en place par l’os qui les entoure et par un morceau de sparadrap suturé. Elles sont recouvertes d’une compresse et de ruban adhésif entre chaque utilisation.

La voie intra-osseuse est utilisée pour réhydrater l’oiseau sous forme de bolus ou de perfusion de solutés, à raison de 10 ml/kg/h.

Conclusion

La thérapeutique liquidienne reste la base du traitement d’urgence d’un animal débilité, déshydraté ou en état de choc. Facilement réalisable par voie orale ou sous-cutanée, la réhydratation doit systématiquement être effectuée par le praticien lors de l’accueil d’un oiseau sauvage blessé ou malade. Des techniques plus élaborées, comme les voies intraveineuse ou intra-osseuse, peuvent ensuite être mises en place chez les individus les plus atteints. Parallèlement à cette réhydratation, la reprise de l’alimentation solide doit être rapide chez l’oiseau : une hypoglycémie mortelle apparaît en effet en cas d’anorexie pendant plus de 24 heures. Une alimentation par gavage doit alors être entreprise jusqu’à la reprise de l’alimentation spontanée.

Précautions lors du recueil d’un oiseau sauvage

1 Prendre garde aux réactions de défense de l’oiseau lors des manipulations. Les risques de blessures aux yeux et sur la peau du manipulateur proviennent généralement :

- du bec et des serres pour les rapaces ;

- de l’extension rapide du cou et donc du bec chez les oiseaux d’eau et les échassiers.

2 Prendre soin de ne pas provoquer de blessures chez l’oiseau lors de la contention :

- éviter les battements d’ailes incontrôlés lorsque l’oiseau se débat (blessures ou fractures possibles) ;

- replier correctement les longues pattes des échassiers sous leur corps lors de la contention ;

- utiliser du matériel de transport atraumatique (carton, boîte à chat, serviette éponge, etc.), propre et aéré (perforer les parois de plusieurs orifices pour la circulation de l’air).

3 Éviter toute source de stress pour l’oiseau, en le laissant à l’obscurité dans une pièce calme.

4 Garder l’oiseau près d’une source de chaleur (radiateur, lampes infrarouges, bouillote, couverture, etc.) afin de lutter contre l’hypothermie.

5 Transporter l’oiseau vers un centre de soins habilité le plus rapidement possible, après avoir prévenu par téléphone le centre de soins ou l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Plan de réhydratation préconisé chez un oiseau, pour une quantité globale G de solutés nécessaire à la correction des pertes hydriques

1er jour  : administration de 50 % du déficit (D) calculé + besoins d’entretien (50 ml/kg).

2e jour : administration de 25 % du déficit (D) + besoins d’entretien (50 ml/kg).

3e jour : administration de 25 % du déficit (D) + besoins d’entretien (50 ml/kg).

ATTENTION

• Tout oiseau en détresse, recueilli dans son milieu naturel mais ne présentant aucun des symptômes décrits doit être considéré comme déshydraté à 5 %.

• Les solutés de réhydratation doivent être réchauffés avant leur utilisation (38-39 °C) afin d’éviter une hypothermie souvent fatale.

Estimation du pourcentage de déshydratation selon les symptômes observés

ATTENTION

• La réhydratation par voie sous-cutanée est réalisable sur différentes zones du corps de l’oiseau. Les zones les plus facilement accessibles sont le thorax, les cuisses, les tibiotarses, la région interscapulaire et la région inguinale.

• Les fluides utilisés par voie intra-osseuse sont des solutés isotoniques (lactate de Ringer, NaCl 0,9 %, glucose 5 %). Il convient de ne pas utiliser de solutés hypertoniques comme le glucose à 30 %.

Contacts

• Le centre de soins de la faune sauvage de Nantes soigne plus de 600 oiseaux par an. Le Pr Monique L’Hostis détient le certificat de capacité à la détention et à l’élevage d’animaux non domestiques, nécessaire à la création d’un centre de soins aux animaux sauvages. L’autorisation d’ouverture est délivrée par la préfecture au directeur de l’école vétérinaire.

• Site de l’union nationale des centres de soins (uncS de la faune sauvage) : www.uncs.org ; les adresses de tous les centres de soins y figurent.

Nous tenons à remercier les docteurs Aguado (chef du service de chirurgie ENVN), Louis et Gauthier (maîtres de conférences, service de chirurgie ENVN) pour leur aide à la rédaction de cet article.

Points forts

Avant de confier l’oiseau sauvage recueilli à un centre de soins de la faune sauvage habilité, les premiers soins qui visent à le maintenir en vie peuvent être effectués, en particulier la mise en place rapide d’une réhydratation associée au réchauffement.

Les besoins d’entretien quotidiens en eau d’un oiseau qui ne s’alimente pas seul sont de 50 ml/kg.

La quantité globale de fluides à administrer est répartie sur trois jours de réhydratation.

Les voies orale, sous-cutanée, intra-osseuse ou intraveineuse, sont généralement associées et la dose totale est répartie en plusieurs administrations dans la journée.

La voie intra-osseuse est le meilleur compromis entre efficacité et réalisation technique chez les oiseaux.

En savoir plus

- Rigoulet J, André F, Wintergrest J. Réglementation relative aux animaux d’espèces sauvages détenus en captivité. Point Vét. 1999;30(n° spécial “Nouveaux animaux de compagnie”): 9-15.

À lire également

a - Cavignaux R. Examen clinique des rapaces, premiers soins. In : Journées du GENAC (1 ; 2000 ; Reims).

  • 1 - André J-P. Thérapeutique chez les oiseaux. Point Vét. 1999 ;30(n° spécial “Nouveaux animaux de compagnie”):144-148.
  • 2 - Chedanne P. Le rapace en consultation, approche théra-peutique et chirurgicale. Th. Méd. Vét.Toulouse. 1988:65.
  • 3 - Forbes NA, Altman RB. Self-assessment colour review of avian medicine. London, Manson publishing, 1998:192 p.
  • 4 - Huckabee JR. Circulatory shock and fluid therapy. In : Huckabee JR. Wildlife medicine. Manual for the NWRA Wildlife Medicine Course. 1999-2000:130-146.
  • 5 - Jenkins JR. Hospital techniques and supportive care. In : Altman RB et coll. Avian Medicine and Surgery. Philadelphia, WB Saunders, 1997:232-252.
  • 6 - Jenkins JR. Avian critical care and emergency medicine. In : Altman RB et coll. Avian Medicine and Surgery. Philadelphia, WB Saunders. 1997:839-863.
  • 7 - Miller EA, Welte SC. Principles of fluid therapy. In : Huckabee JR. Wildlife medicine. Manual for the NWRA Wildlife Medicine Course. 1999-2000:125-129.
  • 8 - Redig PT. Avian emergencies. In : Beynon PH. Manual of Raptors, Pigeons and Waterfowl. Shurdington, BSAVA, 1996:30-41.
  • 9 - Rupley EA. Critical care of pet birds. In : Critical care. Vet. Clin. N. Amer. Exotic Anim. Pract. 1998:11-42.

PHOTO 1. “Fausse membrane” (flèche), signe de déshydratation observé à l’ouverture du bec d’une chouette hulotte (Strix aluco).

PHOTO 2. Passage de la sonde de réhydratation dans l’œsophage d’une buse variable (Buteo buteo). L’ouverture de la trachée est visible à la base de la langue.

PHOTO 3. Veine alaire (1) longeant l’humérus et se divisant en veines ulnaire (2) et radiale (3).

PHOTO 4. Cathéter intra-osseux placé dans le tibiotarse chez une buse variable (Buteo buteo).

PHOTO 5. Cathétérisme intra-osseux de l’ulna (1) et du radius (2).

Estimation du pourcentage de déshydratation selon les symptômes observés