Le point Vétérinaire n° 222 du 01/01/2002
 

PATHOLOGIE DIGESTIVE BOVINE

Se former

COURS

Alain Douart*, Renaud Maillard**


*Médecine des animaux d’élevage,
ENVN, Atlanpôle La Chantrerie,
BP 40706,
44307 Nantes Cedex 03
**Pathologie du bétail, ENVA,
7, avenue du Général de Gaulle,
94704 Maisons-Alfort Cedex

Le contrôle de la paratuberculose bovine comprend d’une part la protection des élevages indemnes et d’autre part la maîtrise de l’infection dans les élevages reconnus infectés.

Résumé

La protection des élevages bovins indemnes de paratuberculose s’appuie principalement sur le contrôle des introductions, par la recherche directe du bacille par PCR et l’intradermotuberculination aviaire. Le contrôle de la paratuberculose en élevage infecté repose sur la suppression des sources d’infection (dépistage des malades et des excréteurs asymptomatiques par des protocoles associant coproculture et sérologie, politique d’isolement et d’élimination des animaux positifs, stérilisation du milieu) et sur la protection des animaux sensibles grâce à des mesures sanitaires (isolement des veaux nouveau-nés et conduite séparée des jeunes bovins) et éventuellement médicales, dans les limites précisées par la réglementation et la disponibilité des vaccins. Lorsqu’elle est possible, la vaccination, si elle ne peut empêcher l’infection, prévient ou retarde l’apparition des manifestations cliniques.

La paratuberculose, ou maladie de Johne, n’est pas une affection réputée légalement contagieuse en France. Les mesures de contrôle de l’infection dans les troupeaux bovins sont donc facultatives et ne peuvent être prises qu’avec l’accord de l’éleveur. Cet article présente les principes généraux communs aux différents plans de contrôle mis en place par les Groupements de défense sanitaire (GDS) de certains départements français. Des comparaisons avec les programmes de lutte d’autres pays, en particulier les Etats-Unis, sont également évoquées.

Protection des élevages indemnes

La protection des élevages indemnes s’appuie sur le contrôle des sources d’infection :

- l’eau d’abreuvement ;

- les pâtures achetées ou louées ;

- et, surtout, les animaux acquis.

Les troupeaux s’infectent en effet le plus souvent par l’achat d’un animal infecté asymptomatique. Aux Etats-Unis, étant donné la prévalence globale de l’infection dans la population bovine, le risque estimé d’acheter un animal infecté est de 10 % [7]. Actuellement en France, à défaut de certification des troupeaux, il est primordial de rechercher la présence d’une infection paratuberculeuse chez les animaux achetés. Cependant, aucune des techniques de diagnostic (ou des associations de techniques) n’est totalement fiable au niveau individuel. Le diagnostic expérimental peut associer deux méthodes complémentaires : une technique de détection de Mycobacterium paratuberculosis dans les fèces (ou une sérologie Elisa) et une intradermoréaction à la tuberculine aviaire (en sus de la tuberculination classique). Potentiellement moins sensible que la coproculture [7, 13], la recherche du bacille par PCR (Polymerase Chain Reaction) et sonde génomique (IS900) apparaît toutefois plus adaptée, car la rapidité de la réponse limite la durée de la quarantaine, lorsque celle-ci existe.

Enfin, il est conseillé de signer un billet de garantie conventionnelle lors de l’échange commercial.

Contrôle de la paratuberculose en élevage infecté

Une fois la maladie identifiée, le plus souvent lors de l’apparition d’une diarrhée chronique chez un animal adulte, ou parfois de manière plus indirecte, lorsque d’autres problèmes pathologiques ne trouvent pas de solutions, ou quand les performances de l’élevage sont jugées insatisfaisantes, le contrôle de la paratuberculose dans l’élevage reconnu infecté, s’il est mis en place, est difficile. Les méthodes de diagnostic expérimental restant imparfaites, il est impossible d’éradiquer rapidement la maladie, si ce n’est en préconisant l’élimination totale du troupeau. Mais ceci est difficilement admissible sur le plan économique, à moins d’une très forte contamination [7].

Le contrôle de la paratuberculose dans un troupeau infecté est un travail de longue haleine. Supprimer l’apparition des cas cliniques peut prendre de deux à cinq ans, réduire le taux de prévalence de l’infection à un bas niveau de trois à sept ans, éliminer l’infection et amener la prévalence à zéro de sept à quinze ans [7].

Il est difficile de déterminer à quel moment la mise en œuvre d’un plan de contrôle de la paratuberculose dans un élevage infecté devient indispensable. En effet, ce moment peut varier sensiblement selon les caractéristiques propres de l’élevage. Classiquement, la mise en place du plan se fait après l’apparition d’un premier cas clinique, ou bien d’un ou de plusieurs cas cliniques par an. Mais il est aussi possible de le mettre en œuvre après la constatation d’une infection sans cas cliniques, qui génère des pertes économiques substantielles ou entrave de façon importante la commercialisation des produits.

Le contrôle de la paratuberculose s’appuie sur une bonne compréhension de l’épidémiologie et de la pathogénie de la maladie [3, 10] et sur le consentement de l’éleveur. Il comprend deux volets [7, 14] :

- la suppression des sources d’infection ;

- la protection des animaux sensibles par des mesures sanitaires et éventuellement médicales, dans les limites précisées par la réglementation et la disponibilité des vaccins.

Différentes mesures d’accompagnement visant à renforcer les défenses non spécifiques peuvent compléter ce train de mesures.

1. Suppression des sources d’infection

La suppression des sources d’infection passe par la détection, l’isolement et l’élimination des animaux excréteurs de M. paratuberculosis dans les fèces [4] et par la désinfection du milieu.

Détection des animaux excréteurs de M. paratuberculosis

Tous les animaux excréteurs de M. paratuberculosis sont épidémiologiquement dangereux, qu’ils soient malades ou, de manière plus pernicieuse, excréteurs asymptomatiques. Il faut qu’ils soient identifiés le plus rapidement possible, de façon à ce que leur contribution à la contamination du milieu soit réduite au maximum.

Les animaux cliniquement atteints (diarrhée ou amaigrissement suspect, PHOTOS 1 et 2) doivent être, dès la confirmation du diagnostic par coproscopie et sérologie Elisa, isolés du troupeau et éliminés très rapidement.

Les animaux excréteurs asymptomatiques contribuent largement à la contamination du milieu.

Quels animaux doivent être soumis à la détection ? Quels tests utiliser pour les identifier ? A quelle fréquence doivent-ils l’être [9] ? En France, jusqu’à présent, différents schémas d’intervention, variables selon les départements, ont été proposés. Les animaux soumis aux tests sont les bovins âgés de plus de dix-huit ou vingt-quatre mois. La mise en évidence des animaux infectés est fondée soit sur l’utilisation de la seule coproculture, soit sur l’emploi conjoint de la coproculture et des analyses sérologiques.

La détection peut se faire à partir de copro-cultures répétées dans le temps (tous les six ou douze mois), malgré les imperfections que l’on attribue à cette méthode : sensibilité parfois défaillante mais corrigée par la répétition des analyses, délais entre les analyses permettant une certaine contamination du milieu avant la détection et l’élimination de l’animal. Toutefois, il est également préconisé d’utiliser des techniques sérologiques, en appui des analyses par coproculture. Après une première étape fondée sur la coproculture effectuée sur les fèces des animaux de plus de dix-huit mois, la recherche des animaux porteurs se fait par analyse sérologique sur tous les animaux de plus de dix-huit mois. Le plus souvent, si le pourcentage d’animaux positifs est faible, ceux-ci sont directement abattus. S’il est important, les animaux suspects sont contrôlés par coproculture, et seuls les positifs sont abattus. Ces analyses sont renouvelées tous les douze mois.

Récemment, il est apparu souhaitable d’harmoniser les différents plans mis en place localement. Cette volonté s’est concrétisée en 1999 par la définition d’un “plan national de maîtrise de la paratuberculose clinique en élevage infecté”, qui reprend les différentes mesures à mettre en œuvre dans les exploitations infectées et qui les formalise selon le taux d’atteinte clinique en début de plan et selon l’ancienneté de la présence de l’infection dans le troupeau (paratuberculose “d’achat” ou paratuberculose “endogène”).

Aux Etats-Unis (voir l’ENCADRÉ “Reconsidérer la paratuberculose”), les moyens préconisés sont sensiblement différents [7]. Après l’identification de la maladie dans l’élevage, la première étape est la mise en œuvre d’un test Elisa sur tous les animaux de plus de deux ans. Après la réforme des animaux séropositifs, une seconde recherche Elisa peut de nouveau être pratiquée sur l’ensemble du troupeau, ou bien une recherche du bacille par coproculture qui, si elle est plus onéreuse, permet aussi d’identifier des bovins infectés que ne saurait pas détecter la méthode Elisa. Elisa et coproculture sont mises en œuvre successivement, la seconde remplaçant la première toutes les trois ou quatre analyses. Le protocole précis reste soumis à l’appréciation de l’éleveur et de son vétérinaire.

Elimination des animaux excréteurs de M. paratuberculosis

Les animaux reconnus excréteurs doivent être placés en quarantaine stricte, puis éliminés le plus rapidement possible vers la boucherie. Le délai d’abattage est souvent fixé à un mois.

A cause d’une potentielle contamination in utero, il convient de considérer comme infectés les produits issus des animaux reconnus infectés : ils ne doivent pas être conservés pour l’élevage, mais destinés à une fin bouchère.

Tous les animaux présents dans les élevages infectés, même s’ils n’ont pas été trouvés atteints de paratuberculose, représentent un risque potentiel de dissémination du germe. C’est pourquoi il peut paraître préférable que les bovins (adultes et veaux) ne puissent quitter l’exploitation que pour être dirigés vers un abattoir. Dans certains plans départementaux, il est précisé qu’il est rigoureusement interdit de commercialiser des bovins à destination d’autres exploitations.

Stérilisation du milieu

Différentes mesures visent à diminuer la contamination du milieu :

- désinfection des locaux de stabulation, des abreuvoirs et des annexes, selon les procédés employés pour la tuberculose, en particulier l’utilisation d’eau de Javel à 10 % ou de lessive de soude à 1 % ;

- autostérilisation thermique des fumiers avant leur utilisation, non pas sur des prairies pâturées, mais sur des terres de culture. Cette autostérilisation est obtenue par la conservation des fumiers en tas, à l’abri de l’air, pendant une période d’au moins un an ;

- drainage et amendement [5, 8] des prairies pour limiter la survie de M. paratuberculosis. Par exemple, l’épandage de cyanamide calcique à raison de 400 kg/ha en février-mars est recommandé ;

- suppression des mares et des ruisseaux permettant l’abreuvement des animaux.

2. Protection des animaux sensibles

La protection des animaux sensibles peut être obtenue par l’application de mesures sanitaires ou médicales.

Mesures sanitaires

Lorsque cela est possible, par exemple en élevage laitier, les veaux nés de vaches considérées comme saines doivent être immédiatement séparés de leur mère pour être placés dans une nursery décontaminée. Le colostrum qui leur est distribué est recueilli après la désinfection de la mamelle. La pasteurisation du colostrum (63 °C pendant 30 min) diminue le risque d’infection, mais ne peut pas totalement éliminer M. paratuberculosis, tout en abaissant significativement la concentration des IgG colostrales [6]. Les veaux doivent être nourris ensuite avec du lait de remplacement.

Les jeunes animaux devraient être élevés séparés des animaux adultes, de préférence dans une autre ferme [8], et être réintroduits dans le troupeau le plus tardivement possible.

Mesures médicales

Les possibilités de vaccination sont connues depuis que Vallée et Ringeard ont constaté, en 1926, que l’injection sous-cutanée de M. paratuberculosis n’aboutissait pas à une infection de l’animal [1, 2]. Il existe à l’heure actuelle des vaccins vivants et des vaccins tués.

Les deux types de vaccins sont capables d’induire une réponse immunitaire cellulaire et humorale, mais aucun ne donne un niveau de protection appréciable [1]. C’est pourquoi, entre autres raisons (réglementaires par exemple), ces vaccins ne peuvent être utilisés que dans les troupeaux infectés. Leur emploi à titre prophylactique, dans les troupeaux indemnes d’infection, est proscrit.

Il existe actuellement un consensus pour reconnaître que la vaccination diminue le nombre d’animaux atteints de paratuberculose clinique, le nombre d’animaux excréteurs et le nombre d’animaux présentant une infection intestinale détectable [1]. Le développement rapide de la réaction d’hypersensibilité ne peut, lors d’une épreuve, empêcher la colonisation des plaques de Peyer de l’intestin et des nœuds lymphatiques drainants, mais il limite ensuite le développement du germe, puis conduit à sa diminution [2]. La vaccination, si elle ne peut pas empêcher l’infection [1], prévient [7] ou retarde [14] l’apparition des manifestations cliniques de la paratuberculose.

Sur le plan réglementaire, la vaccination contre la paratuberculose, interférant avec les mesures de prophylaxie de la tuberculose, n’est possible en France que dans un cadre dérogataire, précisé dans l’arrêté du 16 mars 1990. Elle est autorisée dans les élevages reconnus infectés par M. paratuberculosis si aucune lésion de tuberculose n’a été constatée dans les douze derniers mois. Le vaccin, délivré par les autorités officielles, doit être administré uniquement aux animaux âgés de moins d’un mois. Les élevages conservent l’appellation “officiellement indemnes de tuberculose” sous réserve de la réalisation de contrôles tuberculiniques annuels avec des résultats négatifs, par la méthode de l’intradermoréaction comparative sur les bovins vaccinés âgés de deux ans et plus, et sur tous les autres bovins de plus de six semaines non vaccinés.

Le vaccin utilisé en France jusqu’à l’an dernier (Néoparasec®(1)) contenait une souche apathogène vivante lyophilisée 316F, adjuvée, injectable par voie sous-cutanée. La prise vaccinale s’accompagnait de la formation d’un granulome inflammatoire, de taille plus ou moins importante, et entraînait l’apparition d’une réaction positive à l’intradermoréaction utilisant la tuberculine bovine. La réaction à la tuberculine aviaire, elle aussi positive, restait de plus forte intensité. La vaccination devait précéder l’infection sauvage, ce qui imposait une injection vaccinale dans les premiers jours de vie du veau nouveau-né. L’état de prémunition durait plus de dix-huit mois [2].

Les programmes de vaccination permettaient de diminuer progressivement le nombre des animaux infectés, excréteurs de M. paratuberculosis et d’aboutir, en quatre ans, à l’assainissement [2]. La vaccination n’était cependant réellement efficace que si elle était associée à d’autres mesures, telles que la séparation des veaux de leur mère ou l’élimination des animaux malades ou excréteurs asymptomatiques.

À cause de la mauvaise image actuelle de M. paratuberculosis (implication hypothétique dans le développement de la maladie de Crohn chez l’homme) et du risque de la présence de souches atténuées dans la chaîne alimentaire, l’utilisation de vaccins vivants est interdite dans de nombreux pays, comme les Pays-Bas. De même, aux Etats-Unis, le vaccin utilisé est un vaccin tué, adjuvé, contenant la souche 18, connue maintenant pour être une souche de Mycobacterium avium [12].

Mesures d’accompagnement

L’infection paratuberculeuse, quand elle existe, évolue plus rapidement en présence de dif-férents facteurs favorisants. A contrario, la maîtrise de ceux-ci limite son extension. C’est pourquoi, dans les élevages infectés, il convient de veiller avec une attention particulière à la maîtrise du parasitisme et au parfait équilibre alimentaire de la ration (en particulier l’apport de cuivre et de sélénium).

Reconsidérer la paratuberculose

Aux Etats-Unis, la première étape du programme de sensibilisation à la nécessité d’un contrôle de la paratuberculose a consisté à lutter contre les a priori répandus chez les praticiens (les “dix mythes sur la paratuberculose”) :

1 La paratuberculose n’est pas une maladie économiquement importante pour le troupeau.

2 La paratuberculose n’est pas une maladie fréquente.

3 La paratuberculose ne concerne que l’élevage laitier.

4 Les tests de diagnostic de la paratuberculose sont peu fiables et sans valeur.

5 Le diagnostic de la paratuberculose dans un troupeau est pénalisant pour celui-ci.

6 Les éleveurs ne veulent pas entendre parler de la paratuberculose.

7 La paratuberculose est une affection des vaches âgées, qui ne se transmet pas au sein du troupeau ; il suffit d’abattre les animaux atteints.

8 Lorsque la paratuberculose est présente dans un élevage, il suffit de l’ignorer et de “faire avec”.

9 Le contrôle de la paratuberculose est compliqué, inefficace et représente un effort inutile.

10 La paratuberculose ne représente pas une réelle menace pour les filières de production.

La démystification :

1 Faux ! Si 10 % des animaux d’un troupeau sont atteints, le coût moyen par vache est de 222 $ (diminution de la production laitière).

2 Faux ! 22 % des élevages laitiers hébergent 10 % ou plus de vaches infectées.

3 Faux ! Vaches allaitantes et petits ruminants sont également touchés.

4 Partiellement faux ! Aucun test n’est jamais spécifique et sensible à 100 %. Les tests sont rarement faussement positifs chez un animal indemne. Le plus souvent, ils sont faussement négatifs chez des bovins non excréteurs.

5 Partiellement faux ! La paratuberculose n’est pas une maladie réglementée officiellement.

6 Faux ! La formation des éleveurs se développe.

7 Faux ! La paratuberculose est une affection chronique qui se traduit cliniquement chez des sujets âgés, mais les veaux de moins de six mois sont les plus sensibles à la contamination.

8 Faux ! Il est indispensable d’agir sur les facteurs de risque.

9 Partiellement faux ! Les plans d’éradication sont complexes et longs, mais peuvent être adaptés à chaque troupeau.

10 Faux ! L’importance économique de la maladie est sous-estimée ; les litiges portant sur la transmission de la maladie de troupeau à troupeau se développent ; le risque zoonotique ne peut être complètement écarté.

Source : Garry F, Allen AJ. Reconsidering Johne’s disease. Compendium Cont. Educ. 1998 : 1275-1291.

Certification des troupeaux

Aux Etats-Unis, un programme de certification des troupeaux vis-à-vis de la paratuberculose a été proposé par l’US Animal Health Association en 1993 [4, 7, 11, 14]. En effet, l’identification des troupeaux indemnes est vitale pour éviter la dissémination de l’infection aux plans national et international. Le programme est fondé, après la certification des laboratoires, sur l’utilisation conjointe et alternée, deux fois par an, d’un test Elisa et d’un test de détection du bacille, comme la coproculture, sur les animaux âgés de plus de vingt mois. Le troupeau testé reçoit un index de certification compris entre 1 et 5 selon le nombre de tests négatifs. Lorsque le niveau 5 est atteint, le maintien de la qualification est assuré par la mise en œuvre annuelle de l’un des deux tests (Elisa ou test de mise en évidence du bacille paratuberculeux).

La certification des troupeaux français en terme de paratuberculose est un sujet actuellement évoqué par les différents membres de l’Association pour la certification de la santé animale en élevage (Acersa).

En savoir plus

2 - Guillemin F, Milward F, Reynaud G, Lacoste F. Paratuberculose : la vaccination. Bilan et perspectives. Dans : Actualités 90 en buiatrie. Société française de buiatrie 1990 : 120-125.

13 - Thorel MF. La paratuberculose : le diagnostic bactériologique. Point Vét. 1993 ; 25(n° spécial “Gastro-entérologie bovine”): 725-731.

À lire également

- Brugère-Picoux J, Maillard R, Douart A. Etude clinique de la paratuberculose bovine. Point Vét. 2001 ; 32(220): 20-22.

- Brugère-Picoux J, Maillard R, Douart A. Paratuberculose : quels tests de diagnostic utiliser ? Point Vét. 2001 ; 32(220): 50-53.

- Douart A, Maillard R. Etiologie et épidémiologie de la paratuberculose bovine. Point Vét. 2001 ; 32(219): 38-42.

- Millemann Y, Rémy D. Un cas de paratuberculose sévère chez une vache. Point Vét. 2001 ; 32(219): 62-65.

- Rémy D, Millemann Y. Conduite à tenir lors de diarrhée chronique chez les bovins adultes. Point Vét. 1997 ; 28(186): 1713-1717.

- Savey M. Le diagnostic de la paratuberculose maladie chez les bovins. Point Vét. 1993 ; 25(n° spécial “Gastro-entérologie bovine”): 719-724.

Points forts

Les mesures de contrôle de la paratuberculose bovine sont fondées sur le volontariat et organisées par les Groupements de défense sanitaire selon des modalités qui diffèrent selon les départements.

Le contrôle des introductions est fondamental, mais aucune des techniques de diagnostic n’est totalement fiable au niveau individuel.

La maîtrise de la paratuberculose dans un troupeau infecté est un travail de longue haleine, qui peut durer dix à quinze ans.

Les animaux cliniquement atteints doivent être éliminés très rapidement.

Les protocoles de dépistage s’adressent principalement aux animaux de plus de dix-huit mois.

Les animaux reconnus excréteurs doivent être placés en quarantaine stricte, puis éliminés le plus rapidement possible vers la boucherie.

La vaccination présente un intérêt certain dans les plans d’éradication, mais elle se heurte à l’heure actuelle à l’absence de vaccin disponible sur le marché français.

La fabrication et la commercialisation du seul vaccin disponible en France ne sont plus assurées depuis le mois de novembre 2001. Selon le laboratoire producteur(Merial), cette suppression est due aux difficultés de culture et de repiquage de la souchemère de M. paratuberculosis. Voir l’article “La fabrication du vaccin Néoparasec® contre la paratuberculose est stoppée”, par E. Vandaële dans La Semaine Vétérinaire n° 1033 du 17/11/2001 en p. 40.

PHOTO 1. Vache atteinte de paratuberculose clinique à un stade avancé. Un tel animal, fortement excréteur, doit être rigoureusement isolé dès la confirmation du diagnostic.

PHOTO 2. Les fèces de bovins atteints de paratuberculose clinique (à droite, par comparaison avec des fèces normales, à gauche) participent largement à la contamination du milieu.