Le point Vétérinaire n° 368 du 01/09/2016
 

NUTRITION

Thérapeutique

Concetta Amato*, Yassine Mallem**


*Unité de nutrition et d’endocrinologie
Oniris, École nationale vétérinaire
agroalimentaire et de l’alimentation,
Nantes Atlantique, La Chantrerie,
BP 40706, 44307 Nantes Cedex 3
**Auteur-coordinateur

Les acides gras oméga-3 permettent de lutter contre les phénomènes inflammatoires articulaires et de limiter la douleur arthrosique.

L’arthrose féline est une maladie dégénérative et inflammatoire des articulations qui affecte 22 à 72 % des chats âgés de plus de 6 ans. Sa prise en charge thérapeutique est essentiellement médicale, mais les acides gras oméga-3 sont aujourd’hui proposés comme une approche nutritionnelle complémentaire en raison de leurs propriétés anti-inflammatoires [1-4].

Action protectrice des acides gras oméga-3

Les acides gras oméga-3 protègent les articulations par limitation de l’inflammation. L’acide arachidonique (AA) et l’acide eicosapentaénoïque (AEP) agissent comme précurseurs de la synthèse des eicosanoïdes, un groupe important de molécules immunomodulatrices qui fonctionnent comme des hormones et médiateurs de l’inflammation locale. Les quantités et les types d’eicosanoïdes synthétisés sont déterminés par la disponibilité du précurseur et l’action des systèmes enzymatiques.

Dans la plupart des cas, le précurseur principal de ces composés est l’AA, bien que l’AEP soit en concurrence avec celui-ci, pour les mêmes systèmes enzymatiques. Les eicosanoïdes produits à partir de l’AA sont pro-inflammatoires et, en quantités excessives, ils peuvent présenter des effets pathologiques. En revanche, les eicosanoïdes dérivés de l’AEP favorisent peu ou pas l’activité inflammatoire.

La complémentation alimentaire avec des acides gras oméga-3 augmente les concentrations des eicosanoïdes dérivés de l’AEP dans les tissus et les membranes cellulaires, ce qui entraîne une diminution correspondante de la concentration de l’AA. Leur effet, en modifiant la composition en acides gras de la paroi cellulaire, résulte en une compétition pour les cyclo-oxygénases entre l’AEP, qui favorise les médiateurs anti-inflammatoires (leucotriènes B5, prostaglandines E3), et l’AA, qui promeut les médiateurs pro-inflammatoires (leuco­triènes B4, prostaglandines E2). L’augmentation des médiateurs anti-inflammatoires est à l’origine d’une baisse de production des métallo­protéinases matricielles impliquées dans la destruction du cartilage [1-4].

Les huiles de poisson, source la plus appropriée d’acides gras oméga-3

Actuellement, il existe peu d’aliments commerciaux pour animaux de compagnie avec des concentrations d’acides gras polyinsaturés (AEP et acide docosahexaénoïque [ADH]) adéquates pour le traitement des maladies. Les doses d’AEP et d’ADH proposées varient assez largement pour des affections différentes, et sont généralement comprises entre 50 et 220 mg/kg de poids corporel. Concernant les besoins nutritionnels de l’espèce canine, le National Research Council indique une limite supérieure sûre pour le chien : AEP + ADH de 370 mg/kg de poids métabolique (poids corporel0,75). Pour les chats, les données disponibles publiées ne sont pas assez nombreuses pour définir une limite supérieure de sécurité (photo) [4].

Quels risques ?

Les effets indésirables associés à l’usage des acides gras oméga-3 sont encore mal déterminés, mais semblent dépendre de la dose utilisée. Chez le chat, les effets potentiels d’une complémentation comprennent une altération de la fonction plaquettaire, des signes de gastro-entérite et un retard de la cicatrisation des plaies.

Conclusion

L’action anti-inflammatoire des acides gras oméga-3 et leur aptitude à améliorer la locomotion des animaux malades en font un complément utile dans la prise en charge thérapeutique du chat arthrosique.

Références

  • 1. Bauer JE. Therapeutic use of fish oils in companion animals. J. Am. Vet. Med. Assoc. 2011;239(11):1441-1451.
  • 2. Corbee RJ, Barnier MM, van de Lest CH, Hazewinkel HA. The effect of dietary long-chain omega-3 fatty acid supplementation on owner’s perception of behaviour and locomotion in cats with naturally occurring osteoarthritis. J. Anim. Physiol. Anim. Nutr. 2013;97:846-853.
  • 3. Lascelles BDX, DePuy V, Thomson A et coll. Evaluation of a therapeutic diet for feline degenerative joint disease. J. Vet. Intern. Med. 2010;24:487-495.
  • 4. Lenox CE, Bauer JE. Potential adverse effects of omega-3 fatty acids in dogs and cats. J. Vet. Intern. Med. 2013;27:217-226.

Conflit d’intérêts

Aucun.

L’acide eicosapentaénoïque et l’acide docosahexaénoïque sont présents dans les produits marins, plus particulièrement dans les poissons gras.

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