Le point Vétérinaire n° 364 du 01/04/2016
 

Dossier

La leishmaniose canine, une maladie à présentation protéiforme

Anaïs Lamoureux et coll.

Le chien est le principal réservoir du protozoaire Leishmania infantum,

transmis essentiellement par piqûre de phlébotome. La leishmaniose est une zoonose.

En Europe, la leishmaniose est enzootique autour du bassin méditerranéen,

y compris dans le sud de la France. Cependant, depuis quelques années, l’infection tend à s’étendre vers le Nord.

Une réponse immunitaire à médiation humorale exacerbée (production d’anticorps) entraîne la formation de complexes immuns circulants,

à l’origine de vascularites, de polyarthrites, de glomérulonéphrites et/ou d’uvéites.

La leishmaniose canine peut affecter n’importe quel organe ou tissu, entraînant des signes généraux non spécifiques

tels qu’un amaigrissement, une polyadénomégalie, mais aussi des signes cutanés, oculaires, d’insuffisance rénale, voire des troubles locomoteurs.

Une démarche diagnostique rigoureuse doit être appliquée

Les principaux examens complémentaires sont l’analyse sérologique et la mise en évidence directe du parasite par analyse cytologique.

Traitement et prévention de la leishmaniose canine

Anaïs Lamoureux et coll.

Le traitement actuellement recommandé chez le chien associe l’allopurinol

(leishmaniostatique, au moins 6 à 12 mois, voire à vie) et l’antimoniate de méglumine (leishmanicide, pendant 28 jours). Il varie en fonction du stade clinique de la maladie, tel que défini par le groupe d’experts LeishVet.

Un suivi sérologique est recommandé tous les 6 mois à 1 an après récupération clinique complète, les chiens restant porteurs du parasite

Une augmentation du titre sérologique de deux dilutions ou plus entre deux contrôles sérologiques est un marqueur de rechute, et nécessite une reprise du traitement complet.

La prévention de la maladie repose notamment sur l’utilisation d’antiparasitaires externes insecticides, contenant des pyréthrinoïdes

(deltaméthrine, perméthrine) pour les chiens vivant ou voyageant en zone d’enzootie.

Une vaccination est possible chez le chien depuis 2011,

elle vise à réduire le risque de développer une forme clinique en orientant la réponse immunitaire vers une réponse à dominante cellulaire.

Leishmaniose à présentation oculaire et systémique chez un chien croisé de 2 ans

Alexandre Guyonnet et coll.

Les manifestations oculaires de la leishmaniose canine sont fréquemment décrites

Elles sont le plus souvent associées à d’autres signes cliniques, mais peuvent être la seule manifestation de la maladie.

Le traitement étiologique de la leishmaniose permet la gestion des signes oculaires,

et leur résolution dans 50 % des cas. Dans 30 % des cas, une amélioration est notée, mais un traitement topique anti-inflammatoire doit être poursuivi au long cours. Dans 20 % des cas, le traitement antileishmanien n’apporte pas d’amélioration des signes oculaires.

Il convient de corriger la composante prérénale (hyperprotéinémie, déshydratation) avant de statuer sur le stade d’une éventuelle insuffisance rénale

due à la leishmaniose, car l’usage d’antimoniate de méglumine, néphrotoxique, est contre-indiqué lors d’insuffisance rénale.

L’administration d’allopurinol au long cours entraîne un risque de formation de calculs

de xanthine et nécessite donc la mise en place d’une alimentation appropriée.

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