Le point Vétérinaire n° 331 du 01/12/2012
 

PARASITOLOGIE

Thérapeutique

Jacques Guillot

Auteur coordinateur :
Hervé PouliquenService de parasitologie
École nationale vétérinaire d’Alfort
7, av. du Général-de-Gaulle
94704 Maisons-Alfort Cedex

La majorité des chiots étant parasités dès les premiers jours de vie, la vermifugation est incontournable.

Des parasites digestifs sont très fréquemment retrouvés chez le chiot. L’immaturité des défenses immunitaires de l’ensemble de l’organisme, et plus particulièrement de la muqueuse digestive, favorise cette situation.

Contamination du chiot

Certains parasites (comme Toxocara canis ou Strongyloides stercoralis) se transmettent précocement (in utero et/ou par le lait) et efficacement de la chienne aux chiots. D’autres (comme Giardia duodenalis) libèrent des formes de dissémination di-rec-tement infectantes et particulièrement résistantes dans l’environnement des élevages de chiens. La plupart des chiots naissent donc parasités ou se contaminent dans les jours qui suivent leur naissance [1].

Vermifugation du chiot

Le nématode Toxocara canis exerce un pouvoir pathogène non négligeable chez le chiot. De plus, ce parasite est transmissible à l’homme. Dans ces conditions, la vermifugation de l’animal apparaît indispensable. Elle permet de préserver la santé de celui-ci et de réduire le risque de zoonose.

Il est classiquement recommandé de réaliser une vermifugation le plus tôt possible (dès l’âge de 2 semaines), puis tous les 15 jours jusqu’à 3 mois, et, enfin, tous les mois jusqu’à 6 mois pour une femelle et jusqu’à 2 ans pour un mâle. Le groupe d’experts européens de l’association ESCCAP (European Scientific Councel Companion Animal Parasites) a récemment confirmé les grandes lignes de ce protocole en préconisant une vermifugation bimensuelle jusqu’à la deuxième semaine qui suit le sevrage, puis une vermifugation mensuelle jusqu’à l’âge de 6 mois [2].

Par la suite, le rythme de vermifugation doit tenir compte du mode de vie de l’animal (donc des facteurs de risque d’infestation parasitaire). Le suivi coproscopique est également conseillé.

Choix de la molécule

Pour choisir la molécule anthelminthique la plus appropriée, il convient de tenir compte (1) de la facilité d’administration (les pâtes ou les spot on sont d’utilisation pratique pour des chiots de petite taille), (2) du spectre d’activité (il peut être utile d’associer la vermifugation et la lutte vis-à-vis d’ectoparasites), (3) de la possibilité d’action contre des larves de Toxocara, (4) du risque de choc anaphylactique (lors de forte infestation) et (5) du coût (lorsque que toute une portée de chiots doit être vermifugée).

La résistance de T. canis à un anthelminthique n’a jamais été rapportée. Donc, à ce jour, le risque de chimiorésistance n’est pas à inclure dans la liste des critères de choix d’un vermifuge pour chiots. La situation est différente pour le poulain qui peut être parasité par des ascarides (Parascaris equorum) résistants aux macrolides antiparasitaires (moxidectine ou ivermectine).

Toxocarose larvaire

Chez le chiot, le recours à un anthelminthique qui agit à la fois vis-à-vis des Toxocara adultes et des larves en migration dans l’organisme de l’animal est recommandé. Seuls le fenbendazole (administré 3 jours de suite), les macrolides antiparasitaires (sélamectine, moxidectine et milbémycine oxime) et l’émodepside sont larvicides. En 2011, le travail de thèse vétérinaire de Laëtitia Gignac a porté sur l’utilisation des outils de la médecine factuelle pour évaluer les modalités de traitement de la toxocarose larvaire chez les carnivores domestiques [3]. Cette analyse bibliographique a montré que l’émodepside (à la dose de 1 mg/kg per os) est la seule molécule dont l’efficacité sur les formes larvaires de T. canis bénéficie d’un bon niveau de preuve.

Cas du chiot fortement parasité

Les chiots pour lesquels une forte infestation parasitaire est suspectée doivent être vermifugés avec précaution (photo). En effet, si de nombreux nématodes sont tués dans le tube digestif, il existe un risque de choc anaphylactique lié à la libération massive et brutale d’antigènes et de toxines d’origine parasitaire. Pour le prévenir, il est possible d’utiliser un sel de pipérazine qui a la propriété de paralyser les Toxocara adultes sans les tuer (activité ascarifuge).

Références

  • 1. Bourdoiseau G. Parasitologie clinique du chien. Éd. Neva. 2000.
  • 2. ESCCAP (European Scientific Councel Companion Animal Parasites). Worm control in dogs and cats. 2e éd. 2010 (disponible sur www.esccap.org).
  • 3. Gignac L. Traitement de la toxocarose larvaire des carnivores ; médecine factuelle. Thèse de doctorat vétérinaire, Alfort. 2011.

Chiot pour lequel une forte infestation par Toxocara canis peut être suspectée.

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