Le point Vétérinaire n° 323 du 01/03/2012
 

NEUROLOGIE CANINE

Dossier

Jérôme Couturier*, Laurent Cauzinille**, Kirsten Gnirs***, Marie-Anne Colle****


*Azurvet,
Hippodrome de Cagnes-sur-Mer,
2, boulevard Kennedy, 06800 Cagnes-sur-Mer
couturierjerome@hotmail.fr
**CHV Frégis,
43, avenue Aristide-Briand, 94110 Arcueil
***Clinique Advetia, 5, rue Dubrunfaut 75012 Paris
****École nationale vétérinaire, agroalimentaire
et de l’alimentation Nantes-Atlantique Oniris,
unité d’anatomie pathologique, BP 40706,
44307 Nantes Cedex 03

Les méningo-encéphalites non infectieuses du chien regroupent plusieurs aff ections ayant pour caractéristique un dysfonctionnement immunitaire qui provoque une réaction inflammatoire. L’origine de ces maladies reste encore inconnue.

Les méningo-encéphalo-myélites sont des maladies fréquentes chez le chien [18, 24]. Elles correspondent à une inflammation du système nerveux central susceptible d’affecter le cerveau (à l’origine d’une encéphalite), les méninges (qui définit une méningite) et, plus rarement, la moelle épinière (myélite).

Les principales causes infectieuses peuvent être virales (virus de la maladie de Carré), bactériennes (dont Ehrlichia sp., Leishmania infantum, Borrelia burgdoferi, pour les principales), fongiques (Cryptococcus sp.), parasitaires (migration erratique, le plus souvent) ou impliquer un protozoaire (Neospora caninum plutôt que Toxoplasma gondii, rarement identifié chez le chien depuis deux décennies) [24]. Ces infections doivent être recherchées lors de mise en évidence d’une inflammation du système nerveux central, le traitement étant très différent de celui des formes non infectieuses. Ces dernières regroupent plusieurs affections caractérisées par un dysfonctionnement du système immunitaire qui aboutit à l’entrée ou à l’activation de cellules inflammatoires dans le système nerveux central, normalement protégé par les barrières hémato-méningée et hémato-parenchymateuse. La cause de ce dérèglement reste incertaine [18].

Plusieurs méningo-encéphalites non infectieuses (idiopathiques) ont été décrites et caractérisées ces dernières années et imposent une revue actualisée, tant sur les données épidémiologiques et cliniques que sur les plans diagnostique et thérapeutique.

Différents termes, souvent histologiques, ont été utilisés pour décrire ces méningo-encéphalites non infectieuses. Initialement, en 1962, le terme histologique de réticulose a été employé puis abandonné, en raison de confusions avec le lymphome, histologiquement proche de ces affections [18]. Plus récemment, deux maladies ont émergé et ont été nommées sur la base de leur aspect histopathologique, la méningo-encéphalite granulomateuse (MEG) et les encéphalites nécrosantes (EN), à fortes prédispositions raciales [21]. Ces dernières regroupent deux sous-types :

– la méningo-encéphalite nécrosante (MEN), décrite chez le carlin, le bichon maltais et le chihuahua, notamment ;

– la leuco-encéphalite nécrosante (LEN), rapportée chez le yorkshire terrier principalement [6, 11, 13-15, 20].

Plus récemment, le terme de méningo-encéphalite d’origine indéterminée a été introduit pour regrouper les affections dont le diagnostic histopathologique ante-mortem reste difficile en pratique courante [1, 26]. Les auteurs préfèrent toutefois employer le terme de méningo-encéphalite non infectieuse (MENI) [7]. Sur le plan histopathologique, une encéphalite témoigne de l’inflammation du parenchyme cérébral, une méningite de celle des méninges qui enveloppent le système nerveux central (le cerveau comme la moelle épinière). Rarement, une myélite qui correspond à une inflammation du parenchyme médullaire peut survenir conjointement [21]. Ces termes peuvent se combiner selon la (les) région(s) atteinte(s) du système nerveux en méningo-encéphalomyélite, méningo-encéphalite, méningo-myélite, et encéphalite ou myélite seule. Parce qu’il représente les cas les plus fréquents, le terme méningo-encéphalite est employé dans les publications comme au cours de cet article.

Certaines affections, proches sur le plan clinique ou physiopathogénique, se situent à la frontière de ces méningo-encéphalites non infectieuses. Il s’agit du syndrome du chien trembleur (shaker dogen anglais) et de la méningite suppurative aseptique [25]. La méningite suppurative aseptique est à médiation immune (humorale, impliquant les lymphocytes B), mais elle touche les jeunes chiens (âgés de 6 à 18 mois, en général), souvent de race moyenne à grande (boxer, bouvier bernois, beagle en particulier) et induit quasi exclusivement des signes méningés (fièvre, cervicalgie) [24]. Cela la distingue des MENI.

1 Méningoencéphalite granulomateuse

Épidémiologie

La méningo-encéphalite granulomateuse (MEG) affecte de préférence les chiens de petite race ou de race miniature, comme le west highland white terrier, le yorkshire terrier, le caniche miniature, le chihuahua, etc. [17, 18, 24]. Cependant, elle a été rarement rapportée chez des chiens de grande race (braque de weimar, par exemple) [18, 24]. Certaines études suggèrent une prédisposition des femelles [18, 24]. L’âge moyen d’apparition des signes cliniques oscille en moyenne entre 4,5 et 7 ans, bien qu’ils aient été observés chez des animaux âgés de 6 mois à 13 ans [1, 3, 5, 17, 26].

Signes cliniques

Les signes cliniques apparaissent généralement de manière aiguë et tendent à s’aggraver avec le temps. Une présentation chronique est possible pour les formes moins sévères (focales notamment) ou en l’absence de traitement [18]. Trois formes sont décrites et classées par ordre de fréquence décroissante :

– multifocale, lors de lésions multiples du système nerveux central ;

– focale, lors de lésion cérébrale unique (ou médullaire plus rarement) ;

– oculaire, lors de névrite optique uni- ou bilatérale. Cette forme, assez rare, peut aussi coexister avec un granulome focal ou avec des lésions cérébrales multifocales [18, 24]. Lors de forme focale ou multifocale, les signes cliniques exprimés correspondent à la région lésée du système nerveux. La fosse postérieure (tronc cérébral, cervelet), le prosencéphale (et plus précisément les hémisphères cérébraux), les voies optiques et les méninges sont principalement affectés (photo 1) [18, 24]. L’atteinte du tronc cérébral induit fréquemment un syndrome vestibulaire central (ataxie asymétrique, tête penchée, nystagmus) (photo 2) [5, 17]. L’examen nerveux peut également montrer des déficits posturaux ipsilatéraux (retard ou déficit au placer proprioceptif, et/ou au sautillement) et une altération de la vigilance (dépression, voire stupeur). Des signes cérébelleux sont également possibles, par exemple une ataxie avec hypermétrie, des tremblements intentionnels (concernant surtout la tête et le cou) et un nystagmus [4]. Lors d’atteinte du prosencéphale, une démarche compulsive (déambulation, marche sur le cercle du côté de la lésion) et des crises d’épilepsie sont parfois observées. Des déficits controlatéraux à la lésion peuvent être mis en évidence à l’examen nerveux par des déficits posturaux (placer proprioceptif, sautillement), une amaurose (cécité d’origine centrale caractérisée par une réponse à la menace absente avec des réflexes photomoteurs conservés) et une réponse à la stimulation nasale diminuée ou absente [4, 18, 24].

Lors de névrite optique, les signes cliniques sont univoques. Lors d’atteinte unilatérale, une cécité avec mydriase est observée. Le réflexe photomoteur est diminué ou absent ipsi- et controlatéralement tandis que l’oeil affecté est éclairé, mais présent sur les deux yeux lors d’éclairement de l’oeil normal [4]. Lors d’atteinte bilatérale, la mydriase comme la cécité sont aussi bilatérales et les réflexes photomoteurs sont diminués, voire nuls. L’examen du fond d’oeil peut, lorsque la papille optique est surélevée, suggérer une névrite optique (photo 3).

Une méningite, bien que presque systématiquement suggérée par l’examen du liquide cérébro-spinal (LCS), n’entraîne pas toujours une hyperthermie et des douleurs rachidiennes (cervicales le plus souvent). Un chien présenté pour des signes nerveux focaux ou multifocaux peut donc aussi être suspecté de MEG, en l’absence d’anomalie de l’examen clinique général.

Physiopathogénie

Les signes cliniques sont le reflet d’une inflammation du parenchyme cérébral, voire médullaire, et/ou des méninges [21]. Les lésions d’encéphalite et de myélite correspondent à une infiltration de leucocytes, principalement des lymphocytes, des plasmocytes et des macrophages, autour des vaisseaux sanguins (lésions angiocentriques) (photo 4) [21, 24]. Lorsque plusieurs lésions coalescent, un ou plusieurs granulomes (MEG respectivement focale ou multifocale) se forment et peuvent être décelés par les examens d’imagerie et/ou macroscopiquement à l’examen nécropsique (photos 5a et 5b). Les leucocytes observés dans les lésions à l’examen histopathologique sont identiques à ceux notés à l’examen cytologique du LCS, à savoir une dominante de cellules mononuclées (lymphocytes et macrophages en majorité, mais aussi plasmocytes) [21, 24]. Les lymphocytes témoignent d’un dysfonctionnement immunitaire à dominante cellulaire et constituent une cible thérapeutique potentielle. Une étude a montré une prédominance et un rôle possible des mastocytes lors de formes aiguës de MEG [5]. Certaines études suggèrent une progression plus rapide de la maladie lors de forme multifocale et plus lente lors de forme focale [17]. Cette corrélation entre la sévérité des lésions histopathologiques et la rapidité d’évolution de la maladie n’a cependant pas toujours été observée [5]. Enfin, les lésions d’encéphalite affectent préférentiellement la substance blanche, ce que l’imagerie révèle avec des atteintes localisées plutôt en profondeur dans le parenchyme. La substance grise, plus superficielle (dans les hémisphères cérébraux et cérébelleux), est, elle, plutôt épargnée [18, 21, 24].

Lors de MEG, l’afflux et l’activation pathologiques des lymphocytes au sein du système nerveux témoignent d’une réponse immunitaire non contrôlée [18]. Cependant, la cause en reste inconnue et plusieurs hypothèses existent (encadré).

Cas des méningo-myélites non infectieuses

Une méningo-myélite peut se traduire cliniquement par la présence d’une hyperthermie, d’une douleur rachidienne (méningite), par une ataxie proprioceptive et une parésie (myélite). La forme granulomateuse est la cause la plus fréquente de méningo-myélite dans une étude chez le chien [10]. Comme suggéré précédemment, l’atteinte médullaire n’est probablement qu’une variante topographique d’une même maladie affectant l’encéphale dans la majorité des cas.

2 Encéphalites nécrosantes

Les encéphalites nécrosantes (EN) sont le deuxième groupe, en fréquence, de méningo-encéphalites non infectieuses du chien. Elles sont plus spécifiques de certaines races et regroupent deux formes. Les points communs avec la MEG sont multiples et il est souvent difficile de distinguer ces affections, même avec le recours aux examens complémentaires (tableau) [21, 24]. Le traitement est similaire dans les deux groupes de maladies [18]. Si un dérèglement immunitaire est également suspecté, son origine comme pour la MEG n’est pas encore clarifiée et les hypothèses infectieuse, auto-immune et génétique se côtoient également [18].

Méningo-encéphalite nécrosante : bichon maltais, carlin, chihuahua

Les trois principales races chez lesquelles plusieurs cas de méningo-encéphalite nécrosante (MEN) ont été rapportés sont les races bichon maltais, carlin et chihuahua [6, 11, 14, 20]. Des cas isolés ont été décrits chez le lhassa apso, le shih tzu, et le papillon [20, 21].

La forme affectant le carlin est bien caractérisée [6, 14]. Elle touche de préférence les femelles jeunes adultes (âgées de 18 mois en moyenne dans une étude) et de faible poids [14]. Les signes cliniques incluent systématiquement des crises convulsives (100 % des cas) dans cette étude [14]. Les autres signes fréquemment observés résultent d’une atteinte du prosencéphale (marche sur le cercle, pousser au mur et amaurose, notamment). Aucun signe de la fosse postérieure n’est rapporté, contrairement aux observations faites lors de MEG [18, 24].

Cette prédominance de signes du prosencéphale est confirmée à l’examen histopathologique par la présence de lésions de nécrose qui ciblent principalement les méninges et les substances grise et blanche des hémisphères cérébraux. Les lésions affectent rarement le tronc cérébral et le cervelet, contrairement à la MEG (photo 6) [18, 21]. Une inflammation, constituée de populations leucocytaires identiques à celles décrites lors de MEG, est souvent rapportée. Elle est associée à des lésions de nécrose du parenchyme pouvant induire des cavitations visibles à l’examen macroscopique mais pas forcément lors d’examen d’imagerie par résonance magnétique (IRM) [6, 18, 21, 24].

Leuco-encéphalite nécrosante : yorkshire terrier

Cette forme d’encéphalite nécrosante a été décrite chez le yorkshire terrier et chez un bouledogue français [13, 15, 23]. Elle présente également de nombreux points communs avec la MEG :

– l’âge d’apparition des signes est variable (à l’âge de 1 à 10 ans), avec une apparition moyenne à 4,5 ans ;

– les signes cliniques reflètent une atteinte du prosencéphale (marche sur le cercle, amaurose, déficits posturaux, etc.) et du tronc cérébral (syndrome vestibulaire, hypovigilance, etc.) (photo 7) ;

– la localisation des lésions est similaire [13, 18]. La principale originalité est la nature histopathologique de ces lésions. En effet, des lésions de nécrose associées à des lésions inflammatoires sont observées principalement dans la substance blanche (d’où le préfixe “leuco”-encéphalite). Les cavitations sont plus marquées que dans la MEN et sont visibles tant à l’examen macroscopique de l’encéphale que lors d’examen d’imagerie.

Physiopathogénie des encéphalites nécrosantes

La physiopathogénie des encéphalites nécrosantes est, comme pour les MEG, incomplètement élucidée et probablement multifactorielle [18]. La MEN et la LEN pourraient ne constituer que deux réponses du système nerveux à une même cause.

Une composante génétique héréditaire semble encore plus évidente que pour la MEG, compte tenu des prédispositions raciales citées [18, 24]. Cependant, il a été rarement observé des cas de LEN chez les races prédisposées à la MEN (carlin, chihuahua, bichon maltais) et de MEN chez le yorkshire terrier [18]. La prédisposition raciale ne signifie donc pas que ces races ont l’exclusivité de cette affection. Une transmission familiale a été confirmée récemment dans la forme du carlin [8]. Une cause auto-immune est aussi fortement suspectée [18].

Une association a été montrée entre la MEN du carlin et l’expression d’antigènes leucocytaires de classe II chez les chiens concernés [9]. Ce résultat pourrait suggérer que la MEN du carlin est une encéphalite auto-immune idiopathique, similaire à la sclérose en plaques (sous sa forme aiguë) observée chez l’homme [9]. La découverte d’anticorps dans le LCS ciblant des protéines du système nerveux (protéines des cellules gliales ou GFAP) plaide également pour une hypothèse auto-immune [16].

Enfin, une hypothèse infectieuse est, comme pour la MEG, évoquée sans être confirmée [21, 24]. Les recherches de virus par PCR (polymerase chain reaction)restent toutefois infructueuses à ce jour [18, 19].

3 Syndrome du chien trembleur

Le syndrome du chien trembleur (shaker dog) a été décrit initialement chez des races de petit chien blanc, notamment le bichon maltais et le west highland white terrier, et plus rarement chez des races de plus grand format ou de robe de couleur [2, 24, 25]. Pour cette raison, le terme anglais little white shaker a été ensuite remplacé par celui de shaker dog, moins restrictif [25].

Ce syndrome se traduit par des tremblements généralisés, parfois intentionnels et exacerbés lorsque le chien est soulevé du sol ou en état de stress [24]. D’autres signes peuvent être notés : absence de réponse à la menace, nystagmus, ataxie et parésie [2, 24].

L’analyse du LCS peut être dans les normes ou montrer une inflammation modérée, à dominante lymphocytaire comparable aux MENI [18]. Les examens d’imagerie cérébrale restent, le plus souvent, sans anomalie significative [2, 24, 25]. Le syndrome du chien trembleur s’accompagne d’une encéphalopathie diffuse discrète, ce qui la distingue des autres méningo-encéphalites non infectieuses pour lesquelles les lésions granulomateuses (MEG) ou de nécrose (EN) sont plus sévères. À l’examen histopathologique, de rares lésions inflammatoires périvasculaires (à dominante lymphocytaire) sont observées [18]. Le syndrome du chien trembleur pourrait être une présentation clinique particulière d’une forme atténuée de MEG. Cette affection restant peu décrite, d’autres études sont nécessaires pour comprendre sa pathogénie et sa place dans le groupe des méningo-encéphalites non infectieuses.

Conclusion

Les méningo-encéphalites non infectieuses sont la cause la plus fréquente d’inflammation du système nerveux chez le chien. L’origine dysimunitaire de cette inflammation reste encore incertaine.

Le clinicien doit suspecter une méningo-encéphalite non infectieuse notamment devant un chien :

– de petite taille ou de race miniature, jeune adulte à adulte ;

– présentant des signes nerveux multifocaux, notamment un syndrome vestibulaire ou des signes d’atteinte du prosencéphale.

Références

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  • 24. Vite CH. Inflammatory diseases of the central nervous system. In: Braund’s clinical neurology in small animals: localization, diagnosis and treatment. Ed. Vite CH 2005: www.ivis.org.

ENCADRÉ
Hypothèses sur l’origine de la physiopathogénie de la méningo-encéphalite granulomateuse

→ Une hypothèse infectieuse a été suggérée. Les causes classiques d’encéphalite évoquées en introduction sont systématiquement écartées. Plusieurs études ont cherché par PCR (polymerase chain reaction)dans le liquide cérébro-spinal (LCS) d’autres agents infectieux (herpèsvirus, adénovirus, parvovirus), sans succès [19]. Il est néanmoins possible qu’un agent infectieux émergent (Bartonella, Mycoplasma, virus Borna, virus West Nile,etc.) soit en cause ou que les moyens diagnostiques conventionnels soient inadaptés (faible charge infectieuse non décelable dans le sang ou le LCS, agent infectieux connu mais ayant muté, etc.).

→ D’autres auteurs suggèrent que la méningoencéphalite granulomateuse (MEG) résulte d’un dysfonctionnement immunitaire primaire ou auto-immun (idiopathique). La découverte d’une prédominance de lymphocytes T CD3+ a incité certains auteurs à suggérer une hypersensibilité retardée à médiation cellulaire de type T [12, 22]. Une activation excessive de mastocytes a été retrouvée dans une autre étude [5]. Enfin, la présence dans le LCS d’anticorps qui ciblent certaines protéines du système nerveux (GFAP pour Glial fibrillary acidic proteins) constitue un autre témoin du dysfonctionnement immunitaire lors de MEG [16].

→ De rares auteurs supposent que la MEG est une affection lymphoproliférative, présentant certaines particularités propres aux tumeurs [21].

→ Une composante génétique est également considérée compte tenu des prédispositions raciales évoquées.

→ Il est également possible que cette maladie soit multifactorielle et que les hypothèses précédentes coexistent pour induire une maladie identique malgré différentes causes [18].

1. Territoires préférentiellement atteints lors de méningoencéphalite granulomateuse (image sagittale par résonance magnétique pondérée en T2 chez un chien normal).

2. Chihuahua présentant un syndrome vestibulaire central gauche secondaire à une méningo-encéphalite granulomateuse. Noter le port de tête penché.

3. Fond d’oeil d’un chien atteint de névrite optique secondaire à une méningoencéphalite granulomateuse. Noter l’aspect surélevé de la papille (flèche).

4. Coupe histopathologique du cerveau d’un chien atteint de méningoencéphalite granulomateuse. Noter les nombreux et volumineux manchons périvasculaires constitués de cellules inflammatoires (flèches).

5a et 5b. Coupe transversale en imagerie par résonance magnétique pondérée en T2 (5a) et coupe transversale macroscopique (5b) du cerveau d’un chien qui présente une méningoencéphalite granulomateuse. Noter l’hyperintensité T2 dans la substance blanche en irM et la décoloration correspondant sur la vue nécropsique (flèches).

5a et 5b. Coupe transversale en imagerie par résonance magnétique pondérée en T2 (5a) et coupe transversale macroscopique (5b) du cerveau d’un chien qui présente une méningoencéphalite granulomateuse. Noter l’hyperintensité T2 dans la substance blanche en irM et la décoloration correspondant sur la vue nécropsique (flèches).

6. Coupe histopathologique du cerveau d’un carlin atteint d’encéphalite nécrosante. Noter la nécrose du parenchyme cérébral (astérisque) et la présence de cellules inflammatoires autour des vaisseaux et dans le neuropile (flèches).

7. Yorkshire terrier présentant un syndrome vestibulaire central droit secondaire à une encéphalite nécrosante. Noter le port de tête penché.

TABLEAU
Principales caractéristiques des méningo-encéphalites non infectieuses

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