Le point Vétérinaire n° 313 du 01/03/2011
 

VACCINOLOGIE CANINE

Thérapeutique

Petra Rouch-Buck*, Dominique-Pierre Picavet**, Séverine Boullier***, Stéphane Bertagnoli****, Hervé Pouliquen*****


*Médecine préventive
**Pathologie infectieuse
***Immunologie
****Pathologie infectieuse, virologie
ENV de Toulouse
23, chemin des Capelles
31076 Toulouse Cedex 03
*****Auteur coordinateur

La vaccination contre la toux de chenil s’impose chez tous les chiens qui vivent de façon permanente en collectivité.

La toux de chenil ou “trachéobronchite infectieuse canine” (TIC), est une maladie infectieuse qui affecte surtout des chiens vivant en collectivité. Elle peut toucher, plus occasionnellement, des chiens plus isolés. Cette affection est due à plusieurs agents infectieux. Bordetella bronchiseptica (Bb) est responsable, par les toxines qu’elle sécrète, du syndrome trachéobronchique. D’autres bactéries peuvent intervenir. Le virus Parainfluenza (Pi) est un agent soit favorisant, soit surinfectant, mais ne provoque pas l’apparition des symptômes.

La contamination oro-nasale s’effectue par simple contact, dans le cadre d’une forte concentration et/ou de conditions génératrices de stress. Les agents pathogènes se fixent à la surface de l’épithélium respiratoire, puis pénètrent dans la muqueuse. Les antigènes entraînent une stimulation des lymphocytes B et T qui, après une étape systémique, vont restimuler localement la synthèse des IgA sécrétoires qui empêchent l’adhésion de Bb. La réponse immunitaire contre Bb est principalement humorale.

Quatre vaccins à disposition

Quatre vaccins sont actuellement disponibles sur le marché français :

– deux d’entre eux comportent les valences Pi et Bb, les deux autres, seulement la valence Bb ;

– trois d’entre eux s’administrent par voie nasale, un seul par voie parentérale.

Dans cet article, seules sont analysées les données fournies par les fabricants, aucune étude épidémiologique n’ayant été publiée sur l’efficacité de ces vaccins.

Le vaccin injectable contient des souches Pi-Bb inactivées. La primovaccination peut débuter à partir de la quatrième semaine chez les chiots nés d’une mère non vaccinée et à la sixième semaine quand la mère est vaccinée. La seconde injection de primovaccination doit être réalisée 2 à 3 semaines plus tard. Les rappels sont annuels.

Il est conseillé d’effectuer un rappel 7 jours avant tout contact prévu avec une collectivité canine, et, pour les reproducteurs, avant la période de reproduction. Les études du laboratoire producteur montrent une forte séroconversion 7 jours après la seconde injection.

Les vaccins administrables par voie nasale contiennent des souches vivantes atténuées de Pi et Bb pour deux d’entre eux, de Bb pour le troisième. Une seule administration est requise. L’âge de primovaccination varie selon le fabricant : 2, 3 ou 8 semaines. L’immunité serait installée au bout de 72 heures à 6 jours contre Bb et après 3 semaines contre Pi, pour une durée de 10 à 12 mois.

Les deux types de vaccination contre la TIC protègent les animaux vaccinés de manière efficace si le protocole est respecté. Cependant, la majorité des fabricants signale que la protection obtenue limite la gravité des signes cliniques et l’intensité de l’excrétion du virus Pi, mais n’empêche pas toujours l’apparition des symptômes.

Vaccination impérative en collectivité

En conclusion : est-il nécessaire de vacciner les chiens contre la TIC ? La réponse est sans conteste positive lorsqu’il s’agit d’animaux vivant de façon permanente en collectivité. La vaccination est impérative, avec une périodicité annuelle, pour les reproducteurs.

Pour les animaux isolés dans une famille, elle n’est pas indispensable, mais peut être utile, surtout chez les jeunes. Les rappels sont recommandés lors de chaque mise en collectivité, notamment si l’animal est placé en pension. Il est conseillé, dans ce cas, quel que soit le type de vaccin, d’administrer ce rappel 7 jours avant l’introduction en collectivité. Les valences Pi seules présentent peu d’intérêt puisque le délai d’installation de la protection est long (3 semaines) et ne couvre pas Bordetella.

En ce qui concerne le choix du mode d’administration, le praticien décide selon son expérience et le contexte. Les vaccins par voie parentérale ont déjà fait leur preuve, ceux dont l’administration est nasale sont plus récents. Aucune étude scientifique ne permet actuellement d’accorder la prééminence à l’un ou à l’autre.

ENCADRÉ
Les quatre vaccins disponibles en France

→ Vaccins avec valences Pi et Bb :

– Pneumodog® (Merial) : voie parentérale, souches inactivées ;

– Novibac KC® (Intervet) : voie nasale, souches atténuées.

→ Vaccins avec valence Bb seule :

– Bronchi-Shield® (Fort Dodge) : voie nasale, souche atténuée ;

– Intra-Trac® (Intervet) : voie nasale, souche atténuée.

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