Le point Vétérinaire n° 307 du 01/07/2010
 

Question de lecteur

Catherine Laffort

Clinique vétérinaire
33, boulevard Godard
33300 Bordeaux

L’intérêt des interférons, en particulier de l’interféron γ, a été souligné lors de revues systématiques sur les différentes interventions proposées pour traiter la dermatite atopique en dermatologie médicale. En effet, l’interféron γ inhibe l’activation des lymphocytes TH-2. Or un déséquilibre entre les lymphocytes TH-1 et TH-2 est en partie responsable de la pathogénie de cette dermatose.

En dermatologie canine, l’utilisation des interférons connaît un regain d’intérêt avec deux essais cliniques très intéressants et prometteurs qui viennent d’être publiés ces derniers mois. L’un utilise l’interféron γ recombinant canin, distribué au Japon depuis 2005, dans une étude randomisée ouverte avec une faible dose par voie sous-cutanée. Les résultats sont de bons à excellents, comparables pour la dose intermédiaire (5 000 UI/kg) à ceux qui sont obtenus avec la dose précédemment recommandée (10 000 UI/kg). Le second essai compare dans une étude randomisée en double aveugle l’efficacité de la ciclosporine per os et de l’interféron ω recombinant félin par voie sous-cutanée. Pendant les 6 mois de l’essai, aucune différence significative n’a été notée entre les deux groupes pour les scores lésionnels ou l’index de prurit.

L’utilisation de l’interféron α recombinant humain est parfois citée, mais aucune étude n’a été publiée dans cette indication.

Peu d’effets secondaires ont été rapportés en dermatologie canine dans les essais sur les interférons : augmentation du prurit pendant 3 jours, douleur au point d’injection, troubles digestifs. Chez un chien, un œdème facial, éventuellement évocateur d’une réaction allergique, a été observé. Cependant, les conséquences à long terme de l’administration de ces molécules, en particulier sur le système immunitaire, sont inconnues. De plus, l’emploi dans l’espèce canine d’un interféron félin pourrait se traduire à long terme par la production d’anticorps.

L’avènement des interférons en médecine vétérinaire ouvre de nouvelles possibilités thérapeutiques, en particulier pour le traitement de la dermatite atopique. De nouveaux protocoles voient le jour et affinent les modalités thérapeutiques. Face à cette dermatose, ils peuvent trouver leur place dans l’approche thérapeutique multimodale classiquement recommandée : les shampooings, les acides gras essentiels pour restaurer la fonction barrière cutanée ; les antibiotiques et antifongiques pour lutter contre les surinfections ; l’éviction allergénique à chaque fois que cela est possible, la désensibilisation ; l’immunomodulation. Ils sont utilisés en l’absence de schéma thérapeutique parfaitement validé et de données à long terme fiables, mais doivent être réservés aux formes rebelles pour lesquelles les options classiques ont échoué.

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