Le point Vétérinaire n° 302 du 01/01/2010
 

Bactériologie et reproduction canines

Pratique

PAS À PAS

Emilie Rosset*, Samuel Buff**


*Centre d’étude et de recherche en reproduction et élevage des carnivores, ENV de Lyon, 1, av. Bourgelat, 69280, Marcy-l’Étoile e.rosset@vet-lyon.fr
**Centre d’étude et de recherche en reproduction et élevage des carnivores, ENV de Lyon, 1, av. Bourgelat, 69280, Marcy-l’Étoile e.rosset@vet-lyon.fr

Lors d’infertilité, la bactériologie vaginale permet le diagnostic étiologique.

La bactériologie vaginale peut se réveler nécessaire pour déterminer les causes d’une infertilité ou d’une subfertilité chez une chienne. Après plusieurs tentatives de saillies infructueuses, il est préférable de réaliser une bactériologie vaginale plutôt qu’une antibiothérapie systématique aux chaleurs suivantes [3].

Plusieurs auteurs ont tenté d’établir quelle pouvait être la nature de la flore vaginale d’une chienne normale, en comparant cette flore avec celle de chiennes qui présentent des troubles de la reproduction. En effet, si 60 % des chiennes saines présentent des bactéries dans le vagin antérieur et en arrière du col de l’utérus, elles sont 90 % à en abriter dans leur vagin postérieur [3]. Parmi ces bactéries, les plus fréquentes sont E. Coli, Streptococcus sp., Staphylococcus sp., Proteus sp., Pasteurella multocida, Corynebacterium sp., etc. Des bactéries anaérobies sont aussi retrouvées (Lactobacillus sp., Bifidobacterium sp., Clostridium sp., Corynebacterium sp.). Les mycoplasmes sont communément présents dans le vagin de chiennes n’ayant pas de troubles de la reproduction [2, 4]. Brucella canis est une bactérie toujours pathogène, non présente chez un animal sain et rarissime en France, qui provoque des avortements tardifs et précoces [1].

Sauf dans le cas de Brucella, les bactéries rencontrées lors d’infections vaginales et/ou utérines sont les mêmes que celles de la flore physiologique. En effet, le vagin contient des micro-organismes opportunistes commensaux, mais qui peuvent se révéler pathogènes en cas d’altération des défenses de l’hôte (à la faveur des chaleurs ou d’une mise bas). En cas de bactériologie vaginale chez une chienne saine, deux à quatre souches peuvent être retrouvées, mais jamais en quantité abondante. En effet, les populations s’autorégulent. La pathogénicité de la flore vaginale dépend donc avant tout de la concentration et du nombre d’espèces présentes. La prolifération d’une ou de deux souches, au-delà d’un seuil pathogène, peut être la cause d’infertilité ou de vaginites chroniques, même sans signes cliniques. En cas de prélèvement vaginal, une quantification ainsi qu’une identification sont donc indispensables. Cependant, si une culture pure est souvent considérée comme anormale, elle est observée aussi chez des chiennes saines. En cas de culture négative, rare mais possible, il est probable que la technique de prélèvement soit à revoir ou que la chienne ait été mise sous traitement antibiotique au préalable ou que le milieu de culture utilisé soit inadapté. La bactériologie vaginale est un examen facile à réaliser par le praticien, mais dont l’interprétation est difficile. Elle ne doit pas systématiquement être réalisée, notamment chez les chiennes de reproduction, mais doit être réservée à celles qui présentent des signes d’atteinte vaginale ou des antécédents d’infertilité.

Présence de pus à la commissure vulvaire Cette chienne présente un écoulement purulent à la commissure vulvaire. Les pertes vulvaires observées peuvent avoir plusieurs origines : une vaginite, une métrorragie, un pyomètre, une métrite, un avortement, etc. En premier lieu, l’examen de choix consiste à réaliser un frottis vaginal.

Frottis vaginal de vaginite En cas de pertes vaginales, il convient de réaliser un frottis vaginal en première intention. Un colorant mettant en évidence les polymorphonucléaires (PMN), c’est-à-dire le May-Grümwald-Giemsa ou coloration rapide, est utilisé. La présence de quelques PMN sur la lame ne doit pas inquiéter, mais en cas de forte concentration, une bactériologie vaginale doit être proposée.

Nettoyage de la vulve avant examen bactériologique Il est conseillé tout d’abord de nettoyer la vulve deux à trois fois avec un antiseptique, par exemple, de la polyvidone iodée (Vétédine® savon), puis de rincer avec du sérum physiologique et enfin d’essuyer. Ce lavage concerne uniquement les lèvres vulvaires et l’entrée du vestibule vaginal afin d’éliminer les souillures externes et de limiter le risque de contamination par la flore du vagin caudal.

Découpage du guide Le prélèvement s’effectue sur la partie antérieure du vagin qui est d’accès délicat. Il est nécessaire de couper au tiers de sa longueur le bouchon de l’écouvillon vaginal avant utilisation, mais sa taille finale peut varier selon le gabarit de la chienne (il doit être le plus long possible pour une chienne de grand format).

Introduction du guide Le bouchon, une fois coupé, sert de cache de protection pour éviter d’écouvillonner des bactéries issues de la vulve, des poils ou du vagin caudal. Un spéculum peut également être utilisé, mais la chienne doit alors être immobile pour ne pas risquer de souiller l’écouvillon en amont.

Introduction de l’écouvillon L’écouvillon stérile est ensuite introduit dans le cache. Il convient d’humidifier systématiquement l’écouvillon avant le prélèvement à l’aide de sérum physiologique afin de favoriser l’attachement des bactéries sur l’écouvillon.

Récolte vaginale Une fois bien positionné, l’écouvillon est enfoncé le plus loin possible et frotté contre la paroi vaginale afin de récolter le maximum de cellules et/ou bactéries présentes.

Retrait de l’ensemble L’écouvillon et le cache doivent être retirés en même temps pour les mêmes raisons qu’à l’introduction. Une fois l’acte réalisé, l’écouvillon est placé dans un milieu de transport habituel (bactériologie vaginale classique) ou spécifique (recherche de mycoplasmes) [4]. Il doit être acheminé le plus vite possible vers le laboratoire d’analyses (Chronopost®) sous couvert du froid.

Nécessité d’utiliser un milieu de transport spécifique L’absence de paroi confère aux mycoplasmes une certaine fragilité et nécessite un transport spécifique. Il peut s’agir d’un milieu pour mycoplasmes, de solution saline tamponnée au phosphate, de milieu Amies (sans charbon) ou de milieu de Stuart modifié [4]. Pour une bactériologie conventionnelle, un milieu de transport classique type peut être utilisé.

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