Le point Vétérinaire n° 355 du 01/05/2015
 

DERMATOLOGIE CANINE

Thérapeutique

Annabelle Garand*, Yassine Mallem**


*Service de médecine préventive
VetAgro Sup, 1, avenue Claude-Bourgelat
69280 Marcy-l’Étoile
**Auteur-coordinateur

Le traitement de la démodécie canine est multimodal. L’acaricide doit être associé à des soins locaux (tonte et shampoing antiseptique), à une antibiothérapie en cas de surinfection bactérienne avérée et à la prise en charge de l’éventuelle cause sous-jacente.

Chez le colley et les races apparentées, la mutation du gène MDR1 (Multi-Drug Resistance) est une variable supplémentaire à prendre en compte dans l’élaboration du protocole thérapeutique lors de démodécie (photo).

GÈNE MDR1

Le gène MDR1 appartient à la superfamille ABC (ATP Binding Cassette) qui code, pour la synthèse de la glycoprotéine-P (PGP), un transporteur transmembranaire localisé dans les cellules endothéliales des capillaires méningés. La PGP est responsable du rejet hors du système nerveux central de certaines molécules, évitant leur accumulation et les effets centraux qui en découlent. Lors de mutation génétique, cette protéine est non fonctionnelle, entraînant l’accumulation dans le système nerveux central de certaines drogues, dont les lactones macrocycliques, à l’origine d’effets neurotoxiques [1]. Le colley présente une fréquence de mutation importante, mais de nombreuses autres races sont concernées.

TRAITEMENT ACARICIDE

L’amitraze et les avermectines sont les deux classes de médicaments dont l’efficacité est démontrée dans le traitement de la démodécie canine (tableau complémentaire sur www.lepointveterinaire.fr).

Amitraze

Deux présentations disposent d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le traitement de la démodécie canine : un collier, Préventic® (Virbac), et une solution, Ectodex® (Intervet). Seule cette dernière possède un niveau de preuve d’efficacité suffisant pour être recommandée dans cette indication [2]. Le protocole de référence recommande une concentration de 0,025 à 0,06 %, appliquée toutes les 1 à 2 semaines [2]. La tonte est nécessaire avant l’application du topique. L’efficacité et les effets secondaires augmentent avec la concentration en principe actif et la diminution de l’intervalle d’application. L’utilisation de fortes concentrations est réservée aux échecs thérapeutiques. La solution doit être préparée extemporanément et appliquée avec précaution (gants, masque, pièce ventilée). Les effets secondaires et les risques d’intoxication sont importants. Les principaux signes cliniques d’intoxication sont la somnolence, la bradycardie, l’hypothermie, l’ataxie et les troubles digestifs. Le traitement repose sur l’administration de l’atipamézole à raison de 0,05 à 0,1 mg/kg par voie intramusculaire.

Lactones macrocycliques

Lors de mutation du gène MDR1, les lactones macrocycliques passent la barrière hématoméningée, entraînant des effets centraux indésirables tels que l’ataxie, la mydriase, l’hypersalivation, le coma, voire la mort [1].

Seules l’oxime de milbémycine, Interceptor® (Novartis), et la moxidectine associée à l’imidaclopride, Advocate®(Bayer), possèdent une AMM dans l’indication. Si l’utilisation de l’oxime de milbémycine est tolérée chez le colley et les races apparentées, il est nécessaire de déterminer le statut MDR1 de l’animal à traiter afin d’adapter la dose. En effet, la prescription de l’oxime de milbémycine chez un chien homozygote muté doit se faire à 0,6 mg/kg/j. Des troubles neurologiques, notamment une ataxie, sont décrits à partir de 1,5 mg/kg/j[1-4]. L’utilisation de la moxidectine Advocate® (Bayer) en spot on est réservée aux démodécies juvéniles ou peu sévères. Le rythme recommandé est d’une application hebdomadaire [1-5].

L’utilisation des autres lactones macrocycliques, moins coûteuses, s’effectue hors AMM, et exige de connaître le statut MDR1 de l’animal. Les doses doivent être augmentées graduellement afin de limiter les effets secondaires. La balance risque-bénéfice doit être clairement exposée au propriétaire.

Conclusion

Le recours à l’amitraze, à la moxidectine et à l’oxime de milbémycine est possible chez le colley lors de démodécie. Les doses doivent être adaptées au statut MDR1de l’animal. Le dépistage de la mutation MDR1 est obligatoire si un autre acaricide est prescrit. Il est également recommandé chez les autres races afin de maîtriser au mieux les risques.

Conflit d’intérêts

Aucun.

Chez le colley et les races apparentées, la mutation MDR1 doit être prise en compte pour le traitement de la démodécie.

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