Le point Vétérinaire n° 355 du 01/05/2015
 

ENDOCRINOLOGIE ET IMAGERIE

Dossier

Clément Bordenave*, Virginie Fouriez-Lablée**, Gabriel Chamel***, Julien Cheylan****, Marion Fusellier-Tesson*****


* Service d’Imagerie médicale
clement.bordenave@oniris-nantes.fr
** Service d’Imagerie médicale
virginie.fouriez-lablee@oniris-nantes.fr
*** Service de Médecine
gabriel.chamel@oniris-nantes.fr
**** Service de Médecine
julien.cheylan@oniris-nantes.fr
***** Service d’Imagerie médicale
marion.fusellier@oniris-nantes.fr
CHUV Oniris, BP 50707, 44307 Nantes Cedex 03

La scintigraphie est l’examen de choix du diagnostic des lésions thyroïdiennes chez le chien et le chat. Ses informations fonctionnelles permettent de choisir entre traitement chirurgical et médical.

Résumé

→ L’hyperthyroidie féline et l’hypothyroïdie canine sont deux affections endocriniennes relativement fréquentes. Les critères diagnostiques sont fondés sur l’anamnèse, l’examen clinique, les résultats d’analyses sanguines hématologique et biochimique, et les dosages hormonaux. Cependant, certains pièges sont à éviter : une palpation normale de la région thyroïdienne ou une concentration normale en hormones thyroïdiennes (T3 et T4) ne permettent pas d’exclure définitivement une affection thyroïdienne.

L’imagerie médicale (échographie, scanner, scintigraphie) va compléter la liste des anomalies préalablement répertoriées pour aider le clinicien à établir son diagnostic. La scintigraphie thyroïdienne est la seule technique d’imagerie qui apporte des informations sur l’état fonctionnel de cet organe : elle est donc un examen complé­mentaire de choix dans l’exploration des différentes affections thyroï­diennes chez le chien et le chat et dans la mise en place de leur traitement.

Summary

Diagnostic and medical applications of thyroid scintigraphy

→ Feline hyperthyroidism and canine hypothyroidism are two relatively common endocrine disorders. The diagnostic criteria are based on history, clinical examination, and the results of haematological and biochemical blood tests and hormonal assays. However, there are pitfalls to avoid. A thyroid discorder cannot be definitely ruled out if the thyroid region is normal on palpation or the concentration of thyroid hormones (T3 and T4) are within normal range.

The clinician is able to establish a diagnosis using a complete list of anomalities, that is, those previously found together with medical imaging techniques (ultrasonography, CT scan, scintigraphy). Thyroid scintigraphy is the only imaging technique that provides information on the functional state of the organ and it is the complementary examination of choice in exploring the various thyroid disorders in dogs and cats, and their treatment.

Key words

Thyroid, scintigraphy, canine, feline, hyperthyroidism, hypothyroidism.

La glande thyroïde peut être explorée à l’aide de plusieurs techniques d’imagerie :

- l’échographie renseigne sur les modifications anatomiques de la thyroïde. Elle permet d’évaluer la localisation des lobes, leur taille et l’échogénicité de leur parenchyme, ainsi que d’examiner les structures adjacentes ;

- le scanner informe sur les détails morphologiques de la thyroïde et permet de réaliser un bilan d’extension loco­régional lors de processus néoplasique thyroïdien [2, 22, 24].

Cependant, ces deux techniques n’apportent aucune donnée sur l’état fonctionnel de la thyroïde qui ne peut être investiguée que par la scintigraphie. Cette dernière compte ainsi de nombreuses indications : la détermination de l’implication unilatérale ou bilatérale des lobes thyroïdiens lors d’un processus pathologique, la détection d’un éventuel tissu ectopique et de métastases fonctionnelles, l’obtention de critères d’évaluation du degré de malignité de la lésion, l’évaluation de l’efficacité d’une thérapie ainsi que la mise en évidence de tissu résiduel après une thyroïdectomie [6].

L’objectif de cet article est de montrer l’importance de la scintigraphie pour l’établissement du diagnostic et du pronostic, lors d’affections thyroïdiennes, ainsi que pour le choix du traitement à réaliser.

1 Physiologie de la thyroïde

La principale source d’iode est d’origine alimentaire. Elle est métabolisée par la thyroïde en hormones thyroïdienne triiodothyronine (T3) et tétraïodothyronine (T4) (encadré, figure) [25].

2 Principes de la scintigraphie thyroïdienne

La scintigraphie thyroïdienne consiste à utiliser un isotope radioactif (émetteur de rayons γ) qui prend la place de l’iodure alimentaire dans la synthèse des hormones T3 et T4.

Dans les années 1950, de l’iode radioactif (Iode 123 : 123 I ou Iode 131 : 131 I) a d’abord été utilisé. Il reste le traceur radioactif physiologique de référence (notamment l’123 I). Cependant, en raison de leur demi-vie physique longue (respectivement 13 heures et 8 jours), de leur coût élevé, de leur disponibilité limitée, de la radiotoxicité de l’131 I et de la mauvaise qualité d’image avec l’123 I, ces radio-isotopes ont été largement remplacés depuis les années 1980 par le technétium pertechnétate (99m TcO4-). Celui-ci a l’avantage de présenter un temps de demi-vie court (6 heures), un moindre coût, une moindre dose radioactive absorbée par l’animal, une acquisition rapide des images (20 minutes après l’injection) et une bonne qualité d’images, tout en ayant une fixation thyroïdienne comparable à celle des 123 I et 131 I [1, 13].

Les images sont acquises à l’aide de gamma-caméras qui captent le rayonnement γ émis par le radio-isotope lorsqu’il est concentré dans les tissus synthétisant les hormones T3 et T4 (lobes thyroïdiens, tissu thyroïdien ectopique et métastases fonctionnelles). L’ion pertechnétate se concentre également spontanément dans les glandes salivaires et est secrété par la muqueuse gastrique [10].

3 Réalisation d’un examen

La solution radioactive d’ions pertechnétate est obtenue à partir du molybdène.

Afin de prévenir toute irradiation du personnel, la seringue contenant cette solution est placée à l’intérieur d’un manchon blindé et l’opérateur, habillé d’un tablier plombé, doit manipuler l’animal avec des gants (photo 1).

L’injection est réalisée par voie intraveineuse (entre 2 et 3 ml par animal) via un cathéter posé à la veine céphalique. L’examen scintigraphique s’effectue 20 minutes plus tard (temps nécessaire à la concentration du 99m TcO4- dans les organes d’intérêt). L’injection sous-cutanée en région lombaire est aussi décrite : le temps d’attente est alors d’environ 60 minutes [15].

Passé ce délai, l’animal est placé en décubitus ventral sur le lit de la gamma-caméra. Dans la plupart des cas, l’examen est pratiqué sur animal vigile (une sédation peut être nécessaire chez les animaux non coopératifs). L’opérateur maintient l’animal en décubitus ventral et doit le garder immobile pendant la durée d’acquisition des rayonnements γ (60 secondes environ) (photo 2).

Un scanner concomitant peut être réalisé dans le cadre, par exemple, préchirurgical d’une localisation précise de tissu hypersécrétant (tissu thyroïdien ectopique, tumeur thyroïdienne) ou de l’évaluation de l’intégrité des nœuds lymphatiques adjacents : le couplage scintigraphie-scanner est appelé SPECT-CT (single photon emission computed tomography-X-ray computed tomography) ou TEMP-TDM (tomographie d’emission monophotonique-tomodensitométrie) (photo 3).

L’animal est rendu à ses propriétaires 6 heures après l’injection (temps de demi-vie). De retour à son domicile, les contacts avec l’animal doivent être limités pendant les 12 premières heures. Durant cette période, pour les chats, la litière doit être nettoyée après chaque miction (élimination urinaire de l’isotope radioactif).

4 Images scintigraphiques normales

L’apparence normale de la glande thyroïde chez le chat et le chien se caractérise par une distribution uniforme de la radioactivité (fixation homogène du radio-isotope) au sein des deux lobes thyroïdiens, qui sont de même taille, à la même position anatomique (symétriquement par rapport au plan médian), et avec des contours lisses et réguliers.

Les glandes salivaires et la muqueuse gastrique concentrent aussi les ions pertechnétate (photos 4a et 4b).

La concentration du radio-isotope au sein de la thyroïde est comparée à celle qui se trouve dans les glandes salivaires (zygomatiques pour le chat, parotides pour le chien). Le ratio intensité du rayonnement thyroïdien/intensité du rayonnement salivaire, déterminé objectivement, est compris entre 0,5 et 1,5 [13]. Le ratio intensité du rayonnement thyroïdien/intensité des tissus mous est aussi décrit, mais moins utilisé, en raison de sa plus grande variabilité (valeurs normales comprises entre 1,6 et 6,4) [21, 26].

Lors d’embryogenèse, la thyroïde se développe à partir de l’endoderme pharyngé, puis prolifère et migre depuis la base de la langue jusqu’à sa position anatomique connue. Ce processus peut être stoppé à tout moment lors du développement, engendrant alors du tissu thyroïdien ectopique entre la base de la langue et la position physiologique de la thyroïde. Le développement thyroïdien est aussi étroitement lié à celui de l’arc aortique. Lors de la dissociation des deux, une anomalie de développement peut engendrer une persistance du tissu thyroïdien dans le médiastin cranial ou à la base de l’aorte, formant, là aussi, du tissu thyroïdien ectopique [14].

5 Images scintigraphiques pathologiques

Hyperthyroïdie féline

L’hyperthyroïdie, touchant les chats d’âge moyen à élevé, est une affection caractérisée par une concentration plasmatique excessive en hormones T3 et T4 [18]. L’hyperplasie adénomateuse bénigne (ou adénome thyroïdien) en est la cause la plus courante (95 % des cas d’hyperthyroïdie) [11]. Dans 70 % des cas d’adénome thyroïdien, les deux lobes sont atteints [11]. Le carcinome thyroïdien, tumeur maligne, est une cause rare d’hyperthyroïdie chez les chats (3 à 5 % des cas) [9, 11]. Récemment, des biopsies thyroïdiennes réalisées chez des chats hyper­thyroïdiens ont montré la présence concomitante de tissu adénomateux et carcinomateux dans un même lobe thyroïdien [9].

Un adénome thyroïdien unilatéral est caractérisé à la scintigraphie par une hyperfixation d’ions pertechnétate au sein d’un lobe, d’intensité supérieure à celle de la glande salivaire ipsilatérale, avec une disparition complète (extinction) de l’image du lobe controlatéral (photos 5a et 5b). Si les deux lobes présentent une hyperfixation identique avec une asymétrie de taille ou une fixation en radio-isotope différente (un lobe hyperfixant avec le lobe controlatéral hyperfixant, normal ou atténué), les deux lobes sont considérés comme anormaux. En effet, l’absence d’extinction totale du lobe controlatéral indique sa fonction autonome. Dans 80 % des cas, l’adénome apparaît comme un nodule unique au sein du lobe thyroïdien, bien délimité et d’intensité augmentée par rapport à celle des glandes salivaires. De plus, ce nodule adénomateux montre une intensité de rayonnement supérieure à celle du tissu thyroïdien sain qui entoure. L’image nodulaire peut aller d’un élargissement unique d’une portion de lobe, jusqu’à une image en “chapelet” impliquant tout le lobe (photos 6a à 7c) [8].

Les similitudes scintigraphiques entre l’adénome thyroïdien et le carcinome thyroïdien rendent difficiles la différenciation entre les deux types de tumeur. Cependant, plusieurs signes scintigraphiques orientent le diagnostic vers un carcinome : lobe thyroïdien élargi, nodule avec hyperfixation marquée, hétérogène, et aux marges irrégulières mal définies (photos 8a et 8b). La concentration en ions pertechnétate au sein du parenchyme pulmonaire et/ou des nœuds lymphatiques régionaux est fortement évocatrice de métastases fonctionnelles [5].

Du tissu thyroïdien ectopique est rapporté chez les chats sains et hyperthyroïdiens, mais aucune étude importante n’a été réalisée pour évaluer sa prévalence au sein de la population [8]. Une tumeur touchant le tissu ectopique se rencontre chez 4 % des chats hyperthyroïdiens : ces nodules tumoraux ectopiques sont de taille petite à modérée et se localisent à 80 % au sein du médiastin cranial (photos 9a et 9b) [14].

Hypothyroïdie canine

L’hypothyroïdie est l’endocrinopathie la plus courante chez le chien d’âge moyen : elle se traduit par des concentrations sanguines basses en hormone T4 et élevées en hormone TSH (thydroïd stimulating hormone) [16]. Dans la plupart des cas, elle résulte d’une thyroïdite lymphocytaire auto-immune, qui engendre une destruction du parenchyme thyroïdien, allant jusqu’à une atrophie folliculaire. La scintigraphie est particulièrement utile pour déterminer si la cause de l’hypothyroïdie est alors primaire (hypofixation en ions pertechnétate de la thyroïde) ou secondaire à une autre affection (accumulation normale ou augmentée en ions) [23].

La scintigraphie permet également de déterminer si une masse cervicale est d’origine thyroïdienne ou provient d’un autre tissu, surtout lorsque les résultats d’un examen cytologique ou histologique ne permettent pas de conclure formellement. Les masses cervicales d’origine thyroïdienne se trouvent être le plus souvent des tumeurs dont la plupart d’entre elles sont des carcinomes [27].

Le carcinome thyroïdien peut varier en taille et en concentration des ions pertechnétate. Il implique majoritairement un seul lobe thyroïdien, avec le lobe controlatéral qui n’est pas entièrement inhibé : un rayonnement radioactif reste visible. En effet, l’intensité de la fixation en ions pertechnétate au sein de la thyroïde n’est pas toujours corrélée à la fonction métabolique : un carcinome thyroïdien est associé dans 80 à 90 % des cas à une diminution de la consommation thyroïdienne du lobe controlatéral sain [7, 23]. Cependant, dans 10 à 20 % des cas, le carcinome thyroïdien s’accompagne d’une fixation normale ou augmentée en radio-isotope du lobe controlatéral sain [17].

Le carcinome lui-même peut apparaître sous différentes formes : une hyperfixation diffuse sur tout le nodule, une atténuation généralisée au nodule (effaçant le tissu sain restant sur le lobe) ou des plages multifocales hétérogènes d’hyperfixation et d’atténuation au sein de la masse (photo 10) [12].

La moitié de la population canine adulte présente du tissu ectopique [17]. Comme il est expliqué précédemment, le tissu ectopique doit être recherché dans les régions cervicale et médiastinale craniales, depuis la base de la langue jusqu’à celle du cœur. De plus, du tissu thyroïdien ectopique peut être visualisé à la suite d’une thyroïdectomie à la scintigraphie postopératoire, alors qu’il ne l’avait pas été à la scintigraphie préopératoire : il se développe et devient fonctionnel en réponse à la stimulation de l’axe hypothalamo-hypophysaire (TRH-TSH) [4]. Enfin, ce tissu ectopique peut subir les mêmes processus pathologiques que la thyroïde elle-même (inflammation, hyperplasie, développement de carcinomes) [14].

La scintigraphie thyroïdienne permet également de visualiser d’éventuelles métastases pulmonaires ou infiltrations métastatiques de nœuds lymphatiques par du tissu thyroïdien tumoral fonctionnel : ces lésions concentrent alors, elles aussi, l’ion pertechnétate.

6 Intérêts de la scintigraphie thyroïdienne dans les traitements

Hyperthyroïdie féline

Différentes options sont possibles pour traiter une hyperthyroïdie féline :

- un traitement médical, par l’utilisation de médicaments régulant les concentrations en T3 et T4 (méthimazole, carbimazole, etc.) ;

- un traitement chirurgical par l’exérèse du tissu thyroïdien lésé : cette option n’est envisageable que si la scintigraphie thyroïdienne ne révèle ni tissu ectopique (sauf s’il est lui aussi résécable), ni métastases. Dans les cas d’affection thyroïdienne bilatérale, les deux lobes thyroïdiens doivent être retirés. Il convient alors, dans les premiers jours postopératoires, de doser régulièrement les hormones T3 et T4, et de complémenter médicalement si une hypothyroïdie apparaît ;

-  un traitement par radiothérapie interne, en utilisant de l’131I. Cette molécule, en se fixant sur la tumeur thyroïdienne hyperfonctionnelle, y émet des rayonnements γ qui vont détruire ce tissu, tout en épargnant partiellement le tissu thyroïdien sain. L’hyperthyroïdie est alors traitée sans créer d’hypothyroïdie. Environ 85 % des chats hyperthyroïdiens ont une concentration normale en hormone T4 dans les 2 premières semaines de traitement, 95 % dans les 3 premiers mois de traitement [19]. Ce traitement est d’autant plus indiqué chez les chats ayant du tissu ectopique inaccessible à la chirurgie, ou du tissu métastatique. De plus, il s’agit d’un traitement le plus souvent unique, qui ne dépend pas de la localisation des tissus hyperfonctionnels, qui ne nécessite pas d’anesthésie générale et qui présente très peu d’effets secondaires [20]. Cependant, ce traitement est onéreux et nécessite en moyenne entre 2 et 5 jours d’hospitalisation pour des raisons de radioprotection [8].

Hypothyroïdie canine

Pour le traitement de l’hypothyroïdie canine, seul le traitement médical existe, par l’utilisation de médicaments complémentant les hormones thyroïdiennes (lévothyroxine).

Lors de tumeurs thyroïdiennes chez le chien, plusieurs traitements sont possibles :

- un traitement chirurgical, par l’exérèse de la tumeur principale : option envisageable uniquement en l’absence de tissu ectopique et/ou de métastases locales, pulmonaires ou lymphatiques. Les carcinomes n’affectant majoritairement qu’un seul lobe thyroïdien, la thyroïdectomie est le plus souvent unilatérale ;

- une radiothérapie externe ou métabolique (1) ;

- une chimiothérapie (1).

Conclusion

Les images scintigraphiques apportent des informations fonctionnelles précieuses sur le type de lésion thyroïdienne, tant chez le chien que chez le chat. Ces images orientent également le choix du traitement : la présence de tissu ectopique non résécable ou de métastases est une contre-indication à la thérapie chirurgicale. Le couplage de la scintigraphie avec un examen tomodensitométrique permet une meilleure visualisation en trois dimensions des lésions, en fournissant des repères anatomo-morphologiques précieux à tout chirurgien dans la préparation de son intervention.

La scintigraphie thyroïdienne présente cependant des limites. Elle ne met en évidence que la thyroïde, le tissu thyroïdien ectopique et le tissu thyroïdien métastatique fonctionnel. Elle ne permet pas, par exemple, d’identifier des nœuds lymphatiques réactionnels s’ils ne contiennent pas de tissu thyroïdien métastatique fonctionnel. La lymphoscintigraphie est une technique qui, couplée à la scintigraphie thyroïdienne, permet d’apporter cette information manquante, en mettant en évidence les nœuds lymphatiques qui drainent la tumeur. Cette approche est utilisée dans le cadre de certains processus néoplasiques, mais n’est pas encore décrite pour les tumeurs thyroïdiennes.

  • (1) Voir l’article “Carcinome thyroïdien chez une chienne airedale terrier” de G. Chamel et coll., dans ce numéro.

Références

  • 1. Adams WH, Daniel GB, Petersen MG et coll. Quantitative 99mTc-pertechnetate thyroid scintigraphy in normal beagles. Vet. Radiol. Ultrasound. 1997;38:323-328.
  • 2. Arger PH, Jennings AS, Gordon LF et coll. Computed tomography findings in clinical normal and abnormal thyroid patients. J. Comput. Tomogr. 1983;9:111-117.
  • 3. Barberet V, Baeumlin Y, Taeymans O et coll. Pre- and Posttreatment ultrasonography of the thyroid gland in hyperthyroid cats. Vet. Radiol. Ultrasound. 2010;51(3):324-330.
  • 4. Capen CC. The endocrine glands. In: Jubb KVF, Kennedy PC, Palmer N. Pathology of domestic animals. Academic Press, Inc., San Diego. 1993;Vol 3:267-348.
  • 5. Cook SM, Daniel GB, Walker MA et coll. Radiographic and scintigraphic évidence of focal pulmonary neoplasia in three cats with hyperthyroidism: diagnostic and therapeutic considérations. J. Vet. Intern. Med. 1993;7:303-308.
  • 6. Daniel GB, Neelis DA. Thyroid scintigraphy in veterinay medicine. Semin. Nucl. Med. 2014;44:24-34.
  • 7. Espineira MMD, Mol JA, Peeters ME et coll. Assessment of thyroid function in dogs with low plasma thyroxine concentration. J. Vet. Intern. Med. 2007;21:25-32.
  • 8. Harvey AM, Hibbert A, Barrett EL. Scintigraphic findings in 120 hyperthyroid cats. J. Feline Med. Surg. 2009;11:96-106.
  • 9. Hibbert A, Gruffydd-Jones T, Barrett EL et coll. Feline thyroid carcinoma: diagnosis and response to High-dose radioactive iodine treatment. J. Feline Med. Surg. 2009;11:116-124.
  • 10. Kintzer PP, Peterson ME. Thyroid scintigraphy in small animals. Semin. Vet. Med. Surg. Small Anim. 1991;6:131-139.
  • 11. Leay I, Schiller AL, Rijnberk A et coll. Adenomas and carcinomas of the canine and féline thyroid. Am. J. Pathol. 1976;83:61-122.
  • 12. Marks SL, Koblik PD, Homof WJ et coll. 99mTc-pertechnetate imaging of thyroid tumors in dogs: 29 cases (1980-1992). J. Am. Vet. Med. Assoc. 1994;204:756-760.
  • 13. Nap AM, Pollak YW, Vanden- Brom WE. Qualitative and quantitative aspects of thyroid scintigraphy with pertechnetate 99mTcO4 - in cats. J. Vet. Intern. Med. 1994;8:302-303.
  • 14. Noussios G, Anagnostis P, Goulis DG et coll. Ectopic thyroid tissue: anatomical, clinical, and surgical implications of a rare entity. Eur. J. Endocrinol. 2011;165:375-382.
  • 15. Page RB, Scrivani PV, Dykes NL et coll. Accuracy of increased thyroid activity during pertechnetate scintigraphy by subcutaneous injection for diagnosis hyperthyroidism in cats. Vet. Radiol. Ultrasound. 2006;47:206 -211.
  • 16. Panciera DL. Hypothyroidism in dogs. In: Rand J. Clinical endocrinology of companion animals. John Wiley & Sons, Inc., Ames, IA. 2013:263-272.
  • 17. Panciera DL. Hyperthyroidism in dogs. In: Rand J. Clinical endocrinology of companion animals. John Wiley & Sons Inc., Ames, IA. 2013:291-294.
  • 18. Peterson ME, Ward CR. Etiopathologic findings of hyperthyroidism in cats. Vet. Clin. North Am. Small Anim. Pract. 2007;37:633-645.
  • 19. Peterson ME. Radioiodine treatment of hyperthyroidism. Clin. Tech. Small Anim. Pract. 2006;21:34-39.
  • 20. Peterson ME, Becker DV. Radioiodine treatment of 524 cats with hyperthyroidism. J. Am. Vet. Med. Assoc. 1995;207(11): 1422-1428.
  • 21. Peterson ME, Broome MR. Thyroid scintigraphy findings in 2096 cats with hyperthyroidism. Vet. Radiol. Ultrasound. 2014;0(0):1-12.
  • 22. Sekiya T, Tada S, Kawakami K et coll. Clinical application of computed tomography to thyroid disease. J. Comput. Tomogr. 1979;3:185-193.
  • 23. Shiel RE, Pinilla M, McAllister H et coll. Assessment of the value of quantitative thyroid scintigraphy for détermination of thyroid function in dogs. J. Small Anim. Pract. 2012;53:278-285.
  • 24. Taeymans O, Daminet S, Duchateau L et coll. Pre- and Post-treatment ultrasonography in hypothyroid dogs. Vet. Radiol. Ultrasound. 2007;48(3):262-269.
  • 25. Taurog A. Hormone synthesis. In: Braverman LA, Utiger RD, Werner and Ingbar’s. The thyroid. Ed. Lippincott-Raven, Philadelphia, PA. 1996:47-84.
  • 26. Wallack S, Metcalf M, Skidmore A et coll. Calculation and usage of the thyroid to background ratio on the pertechnetate thyroid scan. Vet. Radiol. Ultrasound. 2010;51:554-560.
  • 27. Wucherer KL, Wilke V. Thyroid cancer in dogs: An update based on 638 cases (1995-2005). J. Am. Anim. Hosp. Assoc. 2010;46: 249-254.

Conflit d’intérêts

Aucun.

1. Manipulation de la solution radioactive. La solution radioactive est placée dans une seringue entourée d’un manchon plombé pour être manipulée. Les opérateurs portent un tablier plombé et des gants pour prévenir toute irradiation.

10. Carcinome thyroïdien chez un chien. L’image montre le lobe thyroïdien droit sain (a), de même intensité que les glandes salivaires, et le lobe gauche (b), de volume augmenté et de fixation diminuée de manière homogène : carcinome thyroïdien unilatéral gauche. Le point d’injection est visible sur le membre antérieur gauche (flèche bleue).

FIGURE
Physiologie de la thyroïde

L’iode alimentaire (sous forme de iodure), après plusieurs réactions biochimiques, constitue le composé principal dans la synthèse des hormones thyroïdiennes T3 et T4. I : iodure ; I- : iodide ; MIT : monoiodotyrosine ; DIT : diiodotyrosine ; Na+ : sodium ; T3 : hormone thyroïdienne triiodothyronine ; T4 : hormone thyroïdienne tétraïodothyronine.

2. Examen scintigraphique chez un chat. L’animal est placé en décubitus ventral et est entouré par la gamma-caméra. Les chats étant le plus souvent coopératifs, une sédation est rarement nécessaire. L’opérateur doit maintenir le chat immobile pendant la durée d’acquisition des rayonnements (60 secondes).

3. Examen SPECT-CT (single photon emission computed tomography-X-ray computed tomography) chez un chien. Le chien, sédaté, est placé en décubitus ventral, centré dans la gamma-caméra. Après l’acquisition des rayonnements, le lit s’avance pour que le scanner soit réalisé. La durée totale de l’acquisition de ces deux examens est d’environ 30 minutes.

4a et 4b. Images scintigraphiques normales d’un chien (équivalentes à celles d’un chat). 4a. Vue de face, 4b. Vue de profil. Noter la mise en évidence des deux lobes thyroïdiens symétriques en intensité et en taille (b), les glandes salivaires (a), le point d’injection (c), la muqueuse gastrique (d) et la vessie (e).

4a et 4b. Images scintigraphiques normales d’un chien (équivalentes à celles d’un chat). 4a. Vue de face, 4b. Vue de profil. Noter la mise en évidence des deux lobes thyroïdiens symétriques en intensité et en taille (b), les glandes salivaires (a), le point d’injection (c), la muqueuse gastrique (d) et la vessie (e).

5a et 5b. Adénome thyroïdien unilatéral chez deux chats hyperthyroïdiens. Visualisation d’un nodule unique (flèche orange), localisé sur tout le lobe thyroïdien droit (5a) ou gauche (5b), aux contours nets, avec une fixation homogène et une concentration augmentée des ions pertechnétate. Le lobe controlatéral est effacé : il ne fixe pas les ions. Le point d’injection (flèche bleue) est visible sur les deux images.

5a et 5b. Adénome thyroïdien unilatéral chez deux chats hyperthyroïdiens. Visualisation d’un nodule unique (flèche orange), localisé sur tout le lobe thyroïdien droit (5a) ou gauche (5b), aux contours nets, avec une fixation homogène et une concentration augmentée des ions pertechnétate. Le lobe controlatéral est effacé : il ne fixe pas les ions. Le point d’injection (flèche bleue) est visible sur les deux images.

6a et 6b. Adénomes thyroïdiens bilatéraux chez deux chats hyperthyroïdiens. Visualisation d’un nodule unique occupant l’intégralité de chaque lobe thyroïdien, aux contours nets, hypersécrétants et avec une fixation homogène de l’isotope radioactif (flèches orange). L’estomac (flèches vertes) et le point d’injection (flèches bleues) de chaque chat sont visibles sur les images.

6a et 6b. Adénomes thyroïdiens bilatéraux chez deux chats hyperthyroïdiens. Visualisation d’un nodule unique occupant l’intégralité de chaque lobe thyroïdien, aux contours nets, hypersécrétants et avec une fixation homogène de l’isotope radioactif (flèches orange). L’estomac (flèches vertes) et le point d’injection (flèches bleues) de chaque chat sont visibles sur les images.

7a, 7b et 7c. Adénomes thyroïdiens bilatéraux hyper- et hypofixants chez trois chats hyperthyroïdiens. Visualisation d’un nodule hypersécrétant sur le lobe thyroïdien gauche (7a et 7b) ou droit (7c). Le lobe controlatéral n’est pas totalement éteint : il fixe faiblement les ions pertechnétate, démontrant néanmoins une atteinte adénomateuse des deux lobes thyroïdiens (flèches oranges). Les contours sont nets et la fixation homogène. Le point d’injection (flèche bleue) est visible sur l’image 7a, et l’estomac sur les trois images (flèches vertes).

7a, 7b et 7c. Adénomes thyroïdiens bilatéraux hyper- et hypofixants chez trois chats hyperthyroïdiens. Visualisation d’un nodule hypersécrétant sur le lobe thyroïdien gauche (7a et 7b) ou droit (7c). Le lobe controlatéral n’est pas totalement éteint : il fixe faiblement les ions pertechnétate, démontrant néanmoins une atteinte adénomateuse des deux lobes thyroïdiens (flèches oranges). Les contours sont nets et la fixation homogène. Le point d’injection (flèche bleue) est visible sur l’image 7a, et l’estomac sur les trois images (flèches vertes).

7a, 7b et 7c. Adénomes thyroïdiens bilatéraux hyper- et hypofixants chez trois chats hyperthyroïdiens. Visualisation d’un nodule hypersécrétant sur le lobe thyroïdien gauche (7a et 7b) ou droit (7c). Le lobe controlatéral n’est pas totalement éteint : il fixe faiblement les ions pertechnétate, démontrant néanmoins une atteinte adénomateuse des deux lobes thyroïdiens (flèches oranges). Les contours sont nets et la fixation homogène. Le point d’injection (flèche bleue) est visible sur l’image 7a, et l’estomac sur les trois images (flèches vertes).

8a et 8b. Carcinomes thyroïdiens. Masses hyperfixantes hétérogènes, aux contours irréguliers et mal définis chez deux chats hyperthyroidiens, fortement évocatrices de carcinomes thyroïdiens, confirmés à l’analyse cytologique. L’estomac est visible sur la photo 8b.

8a et 8b. Carcinomes thyroïdiens. Masses hyperfixantes hétérogènes, aux contours irréguliers et mal définis chez deux chats hyperthyroidiens, fortement évocatrices de carcinomes thyroïdiens, confirmés à l’analyse cytologique. L’estomac est visible sur la photo 8b.

9a et 9b. Adénome thyroïdien bilatéral avec tissu ectopique chez un chat. Vue de face (9a) et de profil (9b), d’un adénome thyroïdien bilatéral (les deux plages les plus craniales fixant les ions pertechnétate) associé à du tissu ectopique thyroïdien étendu (toutes les autres plages hyperfixantes plus caudales). Ce tissu ectopique est localisé dans la moitié caudale de la région cervicale et se poursuit dans le médiastin cranial. Le point d’injection est visible sur la vue de face, l’estomac sur la vue de profil.

9a et 9b. Adénome thyroïdien bilatéral avec tissu ectopique chez un chat. Vue de face (9a) et de profil (9b), d’un adénome thyroïdien bilatéral (les deux plages les plus craniales fixant les ions pertechnétate) associé à du tissu ectopique thyroïdien étendu (toutes les autres plages hyperfixantes plus caudales). Ce tissu ectopique est localisé dans la moitié caudale de la région cervicale et se poursuit dans le médiastin cranial. Le point d’injection est visible sur la vue de face, l’estomac sur la vue de profil.

Formations e-Learning

Nouveau : Découvrez le premier module
e-Learning du PointVétérinaire.fr sur le thème « L’Épanchement thoracique dans tous ses états »

En savoir plus
Publicité

L'infographie du mois

Boutique

Aussi bien destiné au vétérinaire, qu’à l’étudiant ou au personnel soignant, cet ouvrage vous apportera toutes les bases nécessaires à la consultation des NAC. Richement illustré de plus de 350 photos, doté de compléments internet vous permettant de télécharger des fiches d’examen et des fiches synthétiques par espèces, ce livre est indispensable pour débuter et progresser en médecine et chirurgie des NAC.
Découvrir la boutique du Point Vétérinaire

Newsletters


Ne manquez rien de l'actualité et de la formation vétérinaires.

S’inscrire aux Lettres vétérinaires
S’inscrire à La Lettre de l'ASV

Publicité