Le point Vétérinaire n° 352 du 01/01/2015
 

CARDIOLOGIE DES NOUVEAUX ANIMAUX DE COMPAGNIE

Thérapeutique

Adeline Linsart*, Yassine Mallem**


*Unité NAC, Centre hospitalier
vétérinaire Saint-Martin
275, route Impériale 74370 Saint-Martin-Bellevue
**Auteur coordinateur

Parmi l’arsenal thérapeutique disponible pour les affections cardiovasculaires, le pimobendane est couramment employé.

Le pimobendane est un calcium-sensibiliseur dont les principales indications sont la cardiomyopathie dilatée (CMD) et les maladies valvulaires. Chez les oiseaux, il est également employé dans la gestion thérapeutique de l’athérosclérose et de ses conséquences cardiovasculaires (encadré 1 complémentaire sur www.lepointveterinaire.fr) [2].

Indice thérapeutique élevé et efficacité sur la contractilité cardiaque

Le pimobendane augmente la sensibilité des myofilaments cardiaques au calcium et inhibe à forte dose la phosphodiestérase III : ces actions ont été démontrées in vitro chez différentes espèces de laboratoires (furet, lapin, cobaye, rat, hamster, souris) [2]. Il possède une action inotrope positive et un effet vasodilatateur périphérique marqué. Il diminue la pré- et la postcharge, améliore la conduction ventriculaire ainsi que la relaxation myocardique[2]. Il régule la production de cytokines pro-inflammatoires dans le myocarde. Chez le chien, le pimobendane réduit significativement la dilatation ventriculaire et le risque d’insuffisance cardiaque congestive ou de mort brutale lors de CMD préclinique [9]. L’emploi du pimobendane n’augmente pas la fréquence des extrasystoles ventriculaires et des autres arythmies cardiaques (encadré 2 complémentaire sur www.lepointveterinaire.fr) [9]. Contrairement à d’autres agents inotropes, il n’accroît pas non plus la consommation d’oxygène par le myocarde [2].

Données pharmacocinétiques non établies chez les nouveaux animaux de compagnie

Excepté Sanchez-Migallon et coll. qui ont étudié le profil pharmacocinétique du pimobendane après administration orale chez un psittacidé (Amazona ventralis), il n’existe pas de données pharmacocinétiques chez les nouveaux animaux de compagnie [6]. Il est établi que la biodisponibilité orale du pimobendane est diminuée par le repas. Le médicament est donc à administrer une heure avant le repas chez les carnivores, oiseaux et rongeurs omnivores. Chez les espèces herbivores, cette précaution est inutile car la vidange gastrique n’est jamais complète et un bol alimentaire résiduel persiste dans l’estomac. Afin de faciliter l’observance thérapeutique, le reconditionnement en gélules adaptées à la dose prescrite ou en suspension buvable doit être envisagé. Cependant, le pimobendane est insoluble dans l’eau. La mise en suspension est à réaliser dans un mélange à parts égales d’eau et de polyéthylène glycol [2].

Posologies du pimobendane

L’emploi du pimobendane semble offrir une marge de sécurité satisfaisante parmi les cas cliniques rapportés chez le furet, le lapin, le hérisson ou les oiseaux [1, 3-8]. Les animaux traités n’ont pas développé d’effets secondaires et ont connu des durées de survie longue (plus de 6 mois) malgré les graves cardiopathies diagnostiquées.

Les doses et fréquence d’administration sont extrapolées à partir de ce qui est établi chez le chien et sont de l’ordre de 0,1 à 0,5 mg/kg toutes les 12 heures per os (PO) (encadré 3) [2]. Chez les oiseaux, les données obtenues sont très variables selon les espèces considérées [6]. Une dose de 10 mg/kg, en dehors des repas, semble nécessaire chez Amazona ventralis pour aboutir à des concentrations plasmatiques considérées comme thérapeutiques chez le chien et l’homme (les métabolites actifs n’ont pas été dosés dans cette étude). Cette dose élevée est bien tolérée chez la buse de harris, l’éclectus et l’amazone. Elle entraîne cependant des concentrations plasmatiques extrêmement élevées chez la buse de harris [3].

Conclusion

Le pimobendane, bien qu’employé de manière empirique chez les petits mammifères et les oiseaux, constitue un traitement de choix lors de CMD, de maladie valvulaire ou d’athérosclérose. Cette molécule offre une bonne sécurité d’emploi, même lors de surdosage, et est associée à une amélioration de la qualité de vie et à une augmentation significative de la durée de vie chez les individus malades.

Conflit d’intérêts

Aucun.

ENCADRÉ 3
Doses, voies et durées d’administration décrites

→ 0,5 mg/kg toutes les 12 heures per os (PO) chez le furet [10].

→ 0,1 à 0,3 mg/kg toutes les 12 heures PO chez les lapins et rongeurs herbivores [5, 7].

→ 0,3 mg/kg toutes les 12 heures PO chez le hérisson [4].

→ de 0,5 à 10 mg/kg toutes les 12 heures PO chez les oiseaux [1, 3, 6].

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