Le point Vétérinaire Canin n° 349 du 01/10/2014
 

MÉDECINE INTERNE

Pas à pas

Clémence Monton*, Maud Debreuque**, Brice Reynolds***


*UP Médecine
École nationale vétérinaire de Toulouse
23, chemin des Capelles
BP 87614
31076 Toulouse Cedex 3
**UP Médecine
École nationale vétérinaire de Toulouse
23, chemin des Capelles
BP 87614
31076 Toulouse Cedex 3
***UP Médecine
École nationale vétérinaire de Toulouse
23, chemin des Capelles
BP 87614
31076 Toulouse Cedex 3

L’examen de la moelle osseuse est principalement indiqué dans l’exploration d’anomalies des cellules sanguines pour lesquelles une origine centrale est suspectée. Il peut être utile aussi pour un bilan d’extension de certaines tumeurs, le diagnostic de certaines maladies infectieuses ou de fièvres de cause indéterminée. Parfois, il fait partie de la démarche diagnostique lors d’hyperprotidémie ou d’hypercalcémie. Enfin, il permet d’évaluer la réserve médullaire en fer. La réalisation d’une biopsie concomitante au myélogramme permet une appréciation globale de l’architecture médullaire. Il est possible d’effectuer le prélèvement à l’épiphyse proximale de l’humérus ou du fémur, ou d’une crête iliaque. Sur cette dernière, une biopsie concomitante n’est cependant pas possible. L’aiguille de Jamshidi est requise pour l’aspiration associée à une biopsie de moelle osseuse. L’aiguille Illinois ou le trocart de Mallarmé peuvent être utilisés en cas d’aspiration seule. Une anesthésie générale est requise chez le chat. La douleur engendrée par l’acte est considérée comme transitoire : une analgésie ponctuelle est donc suffisante. Il n’existe pas de contre-indication absolue à l’examen de la moelle osseuse dès lors qu’une anesthésie générale est possible. La procédure est décrite pour un opérateur droitier. Les complications sont rares. En cas de trouble de la coagulation, un saignement peut survenir, jugulable par une simple compression.

Conflit d’intérêts

Aucun.

1. MatérielL’opérateur doit se munir du nécessaire pour anesthésier l’animal et le préparer (tondeuse, compresses, antiseptique, éventuellement champ, pinces à champ et ciseaux stériles). Le matériel pour réaliser le prélèvement se compose d’une lame de bistouri, d’une aiguille de Jamshidi ou Illinois ou d’un trocart de Mallarmé, de seringues de 10 ou 20 ml, de tubes EDTA. La préparation du prélèvement pour l’examen cytologique requiert une pipette souple ou Pasteur, des lames porte-objets et, en cas de biopsie, un liquide fixateur (formol ou liquide de Bouin).

2. Positionnement du chatUne fois anesthésié, l’animal est couché sur le côté droit, la tête à gauche de l’opérateur. Ce dernier saisit le membre antérieur gauche au niveau de l’humérus distal et lui imprime un mouvement de supination, afin de dégager le sillon intertuberculaire, zone d’abord pour le prélèvement.

3. Repérage du sillon intertuberculaireLe sillon intertuberculaire correspond à une dépression entre le tubercule majeur latéral et le tubercule mineur médial, qui est identifiée par palpation avec l’index droit.

4. Préparation de la zone de prélèvement et insertion de l’aiguilleLe pelage est tondu sur un carré de quelques centimètres de côté, centré sur le sillon intertuberculaire, et une asepsie chirurgicale est réalisée. Un champ stérile dans lequel une fenêtre de dimension légèrement inférieure à la zone de tonte a été découpée est ensuite éventuellement positionné de manière adéquate et maintenu à l’aide de pinces à champ. Une micro-incision cutanée est réalisée à l’aide d’une lame de bistouri. L’opérateur procède à la supination du membre antérieur gauche afin de dégager la voie d’abord précédemment décrite. L’aiguille de Jamshidi est tenue de la main droite, orientée dans l’axe de l’humérus (en direction du coude et perpendiculairement à la surface de la tête humérale). Son biseau est inséré dans l’incision cutanée jusqu’au contact du périoste. Le périoste et la corticale sont forés par des mouvements amples de rotation alternés dans le sens des aiguilles d’une montre et inversement. La progression de l’aiguille au travers de la corticale est obtenue en exerçant une pression croissante dans l’axe de l’humérus.

5. Vérification du bon positionnement de l’aiguilleLorsque le dispositif est correctement implanté, il reste solidaire de l’humérus, notamment lorsque le membre antérieur est mobilisé. Si ce n’est pas le cas, l’aiguille est retirée tout en restant dans le tissu sous-cutané et réintroduite dans l’os.

6. AspirationDès que l’aiguille est solidement implantée dans l’os, le mandrin est retiré et la seringue mise en place. L’aspiration est alors réalisée, par une succession de dépressions brèves, jusqu’à obtention de suc médullaire dans la seringue. Celui-ci est placé immédiatement dans un tube EDTA et réservé. Les grains de moelle sont étalés ultérieurement. En cas d’aspiration infructueuse, le mandrin est remis en place, l’aiguille est insérée plus profondément et l’aspiration est réitérée.

7. Biopsie de moelleLorsque l’aspiration est réussie et la biopsie indiquée, l’aiguille sans mandrin est de nouveau avancée suivant les mêmes mouvements sur environ 1 cm afin de découper une carotte de moelle osseuse, puis elle est retirée par un mouvement de rotation dans un seul sens autour de son axe. Le fragment de moelle récolté (généralement de 1 cm environ) est alors poussé doucement à l’aide du stylet introduit par l’extrémité distale de l’aiguille et recueilli dans une cassette. La cassette est ensuite déposée dans le flacon de fixateur. Afin de ne pas compromettre la qualité de l’examen cytologique de la moelle osseuse, celui-ci ne doit être ni stocké ni ouvert à proximité du lieu de préparation et de stockage des lames destinées à l’examen cytologique.

8. Visualisation et étalement des grains de moelleLes grains de moelle (flèches) sont visualisés, recueillis dans le tube EDTA à l’aide de la pipette et délicatement déposés sur une lame (8a). Ils sont étalés avec précaution à l’aide d’une seconde lame apposée perpendiculairement à la première (8b). L’étalement est séché à l’air libre par agitation. La réalisation de cinq lames au minimum est préconisée (8c). Un contrôle (par coloration rapide d’une lame) visant à apprécier la qualité du prélèvement (richesse en cellules nucléées et en grains de moelle) est recommandé avant l’envoi au laboratoire de cytologie. En cas de doute sur la qualité du prélèvement, il est préférable de recommencer la procédure. Certains agents infectieux peuvent être recherchés par un test polymerase chain reaction (PCR), le tube EDTA doit donc être conservé pour être éventuellement acheminé au laboratoire de biologie moléculaire.

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