Le point Vétérinaire n° 328 du 01/09/2012
 

MÉDECINE INTERNE FÉLINE

Fiche

Clémence Monton*, Maud Debreuque**, Brice Reynolds***


*UP Médecine
ENV de Toulouse
23, chemin des Capelles
BP 87614
31076 Toulouse Cedex 3
**UP Médecine
ENV de Toulouse
23, chemin des Capelles
BP 87614
31076 Toulouse Cedex 3
***UP Médecine
ENV de Toulouse
23, chemin des Capelles
BP 87614
31076 Toulouse Cedex 3

Une fois le liquide du lavage broncho-alvéolaire recueilli, il est rapidement réparti dans les tubes secs et EDTA (acide éthylène diamine tétracétique) par l’assistant, puis transmis à un laboratoire d’analyses.

Les traitements anti-inflammatoires stéroïdiens, susceptibles de modifier les résultats de l’examen cytologique, doivent être arrêtés quelques jours avant la réalisation du lavage broncho-alvéolaire. De même, les traitements antibiotiques ou antifongiques, pouvant interférer avec l’analyse microbiologique, sont, dans la mesure du possible, à interrompre une semaine avant [4].

Le liquide de lavage broncho-alvéolaire collecté est réparti dans des tubes EDTA (acide éthylène diamine tétracétique) et des tubes secs stériles (photo). Une goutte de mucus est directement étalée sur une lame. La préparation est séchée mais non fixée. Un tube EDTA est immédiatement centrifugé (1 000 tours/min pendant 10 min) ou réfrigéré au maximum 60 minutes en attendant la centrifugation. Le culot obtenu est alors remis en suspension dans quelques gouttes du surnageant, puis étalé sur une lame, séché mais non fixé. L’ensemble des lames est ensuite envoyé à un laboratoire d’analyses cytologiques.

Un tube EDTA non centrifugé peut être joint aux lames, pour servir au comptage cellulaire, mais il ne permet pas l’examen cytologique en raison de l’altération morphologique des cellules au-delà de 60 minutes [2]. Un tube sec stérile est acheminé le plus rapidement possible vers un laboratoire de microbiologie. Un autre tube EDTA non centrifugé peut, le cas échéant, être adressé au laboratoire pour une recherche d’agent pathogène par PCR (polymerase chain reaction, réaction en chaîne par polymérase). Cette analyse permet la mise en évidence d’agents infectieux, notamment Bordetella bronchiseptica, Toxoplasma gondii et Mycoplasma spp.

Dans tous les cas, les résultats de cytologie et de bactériologie doivent être interprétés concomitamment et avec prudence. Les macrophages constituent la population dominante du LBA de chat sain (70 à 80 %). Toutefois, les granulocytes éosinophiles peuvent représenter jusqu’à un quart de la population cellulaire totale de façon physiologique [1, 2]. De plus, si l’échantillon n’est pas cytocentrifugé assez rapidement (dans les 30 à 60 minutes), des granulocytes neutrophiles ou des macrophages phagocytant des hématies, des bactéries initialement extracellulaires ou des débris sont observés, ce qui peut mener à une interprétation erronée [2].

En cas de résultats cytologiques non concordants avec la suspicion clinique, il convient de vérifier l’absence de traitement anti-inflammatoire stéroïdien au moment du prélèvement.

Une contamination oropharyngée des spécimens est parfois notée lorsque le cathétérisme laryngo-trachéal s’est révélé délicat. L’analyse cytologique montre alors une large proportion de cellules épithéliales kératinisées et une population bactérienne polymorphe. Une bactérie caractéristique de la flore buccale, Simonsiella spp., ressemblant à un bacille de grande taille, peut aussi être présente. Un résultat d’examen bactériologique positif doit donc être interprété en prenant en compte, d’une part, les conditions de prélèvement (contamination oropharyngée, objectivée par l’examen cytologique) et, d’autre part, l’existence d’une flore bactérienne commensale dans l’arbre respiratoire chez des chats sains [3, 5]. La difficulté de culture de certaines bactéries (Mycoplasma spp., germes anaérobies, etc.) peut conduire à un résultat de bactériologie faussement négatif lors de broncho-pneumopathie septique.

Références

  • 1. Andreasen CB. Bronchoalveolar lavage. Vet. Clin. North Am. Small Anim. Pract. 2003;33(1):69-88.
  • 2. Burkhard MJ, Millward L. Respiratory tract. In: Raskin RE, Meyer DJ (eds). Canine and feline cytology: A color atlas and interpretation guide. 2nd ed. Saunders Elsevier, St Louis. 2010:123-170.
  • 3. Masserdotti C, De Lorenzi D. Non neoplastic bronchopulmonary diseases in dogs and cats: diagnostic approach by cytological examination. Veterinaria. 1998;12:33-39.
  • 4. McCullough S, Brinson J. Collection and interpretation of respiratory cytology. Clin. Tech. Small Anim. Pract. 1999;14(4):220-226.
  • 5. Padrid PA, Feldman BF, Funk K et coll. Cytologic, microbiologic, and biochemical analysis of bronchoalveolar lavage fluid obtained from 24 healthy cats. Am. J. Vet. Res. 1991;52(8):1300-1307.

Tubes sec et EDTA (acide éthylène diamine tétracétique) stériles servant au recueil du liquide d’un lavage broncho-alvéolaire en vue des analyses cytologique et microbiologique.

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