Le point Vétérinaire Canin n° 325 du 01/05/2012
 

OPHTALMOLOGIE DES NAC

Article de synthèse

Juliet Bazior

Itinérante en ophtalmologie vétérinaire
3, allée Gabrielle-Dorziat
64200 Biarritz

Les affections du système lacrymal, des conjonctives et de la cornée ne doivent pas être confondues car leurs causes et leurs traitements sont différents.

Résumé

→ La dacryocystite qui accompagne souvent les maladies dentaires des lapins de compagnie est fréquente et sous-diagnostiquée. Il convient de ne pas la confondre avec une simple conjonctivite car les traitements de ces deux affections sont très différents. Chez le lapin, les ulcères cornéens profonds ont tendance, à l’inverse de ce qui se passe chez les carnivores domestiques, à se compliquer d’abcès cornéens, qui nécessitent un traitement chirurgical. La membrane conjonctivale épicornéenne constitue une autre particularité propre aux lagomorphes qu’il convient de savoir reconnaître.

Les atteintes de la conjonctive et de la cornée sont fréquentes chez le lapin, mais la dacryocystite reste de loin la maladie la plus couramment rencontrée par le praticien. Cet article décrit les affections du système lacrymal, des conjonctives et de la cornée dans cette espèce, et propose une méthode de diagnostic, ainsi qu’un traitement pour chaque cas de figure.

SYSTÈME LACRYMAL

1. Kératoconjonctivite sèche

La kératoconjonctivite sèche est une maladie rare chez le lapin, et dont l’étiologie reste inconnue. Une conjonctivite sèche et un blépharospasme sont constatés [18].

Le diagnostic différentiel inclut une blépharite, une conjonctivite et une dacryocystite.

Un test de Schirmer ou un test au rouge phénol doivent être réalisés pour confirmer le diagnostic. Les grandes variations des valeurs normales entre différentes races rendent ces examens difficiles à interpréter [23]. Elles se situent le plus souvent entre 15 et 25 mm en 15 secondes avec le test au rouge phénol (Tevetest®). Un traitement topique à la cyclosporine à 0,2 %, 2 fois par jour doit être mis en place.

2. Dacryocystite

La dacryocystite est de loin l’affection oculaire la plus couramment rencontrée chez le lapin de compagnie (photos 1 et 2).

Étiologie

La cause d’une dacryocystite est presque toujours une affection dentaire qui entraîne une stase des larmes en regard du canal lacrymal et une infection bactérienne secondaire [2, 8, 18, 19, 22]. Deux théories différentes tentent d’expliquer l’étiopathogénie des troubles dentaires chez les lagomorphes de compagnie (encadré).

Les principaux sites d’occlusion se situent à la base des racines des incisives supérieures et plus rarement des prémolaires, ce qui correspond aux deux points de rétrécissement du canal [2, 10].

Les bactéries les plus souvent impliquées sont fusobacterium nuclætum, prevotella heparinolytica, prevotella sp., streptococcus milleri, actinomyces israeli et arcanobacterium hæmolyticum [18]. La pasteurellose peut également être à l’origine d’une dacryocystite [15].

Signes cliniques

Le premier signe clinique observé est généralement un épiphora. Au fur et à mesure que l’infection s’installe, un écoulement purulent apparaît. Il perle à partir du point lacrymal et peut être associé à une rhinite purulente. Une conjonctivite est le plus souvent présente à ce stade-là et la pyodermite secondaire est fréquente. Une kératite peut ensuite se développer à la suite du contact de la cornée avec le pus. Une panophtalmie aggrave parfois le tableau clinique dans les cas très chroniques [2, 8]. Le diagnostic différentiel inclut une conjonctivite bactérienne, la myxomatose et un abcès rétrobulbaire.

Le diagnostic passe par des radiographies dentaires, une dacryocystorhinographie de contraste et la bactériologie afin de mieux cibler l’antibiothérapie [18].

Traitement

Le traitement consiste tout d’abord à cathétériser l’unique point lacrymal et à irriguer les canaux lacrymaux à l’aide d’une solution saline stérile (photo 3). Plusieurs irrigations à quelques jours d’intervalle sont parfois nécessaires. Une antibiothérapie longue par voie topique est souvent requise [2]. En cas d’infection sévère, une antibiothérapie par voie générale est également indiquée [12]. Il est important de toujours associer une quinolone à la pénicilline G seule (tableau) [18].

Ce traitement médical permet de gérer les symptômes si la dacryocystite n’est pas trop avancée. Cependant, les récidives à plus ou moins longue échéance sont quasi systématiques. Seule l’extraction des dents incriminées permet une guérison complète. Il convient alors, avant de procéder aux extractions, de préciser le niveau de compression en réalisant une dacryocystorhinographie. Les rechutes après ce traitement chirurgical sont rares, exception faite des sténoses du canal lacrymal d’origine cicatricielle ou infectieuse [2].

Le pronostic est bon si le canal lacrymal n’est pas endommagé par l’inflammation chronique, et que les dents responsables sont identifiées et extraites [2].

CONJONCTIVE

1. Conjonctivite bactérienne

Dans une étude effectuée sur une population de 70 lapins sains pour déterminer la flore conjonctivale normale, les bactéries les plus communément isolées ont été les staphylocoques DNAse-négatifs (57 %), suivis par les microcoques (25 %) et bacillus spp. (19 %) [7].

Étiologie

Les conjonctivites bactériennes primaires sont rares et dues le plus souvent à pasteurella multocida [11]. Les conjonctivites bactériennes secondaires sont de loin plus fréquentes [11]. Selon un auteur, les bactéries les plus souvent impliquées sont staphylococcus aureus, bordetella bronchiseptica, streptococcus pneumoniæ, salmonella, chlamydophila et hæmophilus [18]. Dans une autre étude portant sur une population de lapins -présentant des signes cliniques d’infection oculaire superficielle, les bactéries les plus fréquemment isolées sont staphylococcus spp. (27 %) et pasteurella spp. (14 %) [6].

Signes cliniques et traitement

Chez ces lapins, une inflammation conjonctivale, un épiphora, un écoulement purulent et un chemosis sont constatés. Les conjonctivites bactériennes sont souvent associées à la dacryocystite. Le diagnostic différentiel inclut les conjonctivites virales telles que la myxomatose et les poxvirus [11, 18].

Le traitement repose sur les antibiotiques systémiques et topiques. La bactériologie permet de mieux cibler l’antibiothérapie [11]. Le pronostic est bon à réservé suivant les bactéries impliquées.

2. Conjonctivite non infectieuse

Différents facteurs prédisposent les lapins aux conjonctivites non infectieuses : l’irritation par les litières pulvérulentes, l’utilisation d’un désinfectant inapproprié, une trop grande concentration d’ammoniac dans l’air ambiant, les traumatismes mécaniques, chimiques et thermiques, les allergies et les corps étrangers. Le traitement repose sur l’amélioration des conditions d’hébergement et sur la prise en charge de l’inflammation à l’aide de corticoïdes par voie locale [11]. Lorsque ces conjonctivites sont surinfectées, il convient d’utiliser des antibiotiques topiques.

3. Chalazion et hordéolum

Dans le cas du chalazion, les glandes tarsales sont obstruées. Il en résulte une rupture de la glande et la formation d’une réaction granulomateuse autour des sécrétions qui s’accumulent dans les tissus (photos 4 et 5). L’origine de l’obstruction peut être un adénome [16]. Lors d’hordéolum, une surinfection bactérienne des glandes tarsales est présente, avec la formation de microabcès en regard de la conjonctive. Un ou plusieurs nodules sont observés sur le bord libre de la paupière ou la conjonctive à l’emplacement des glandes tarsales [16]. Si les glandes sont infectées, elles paraissent jaunâtres.

Il convient de différencier le chalazion et l’hordéolum d’une tumeur et de la myxomatose.

L’application de compresses chaudes sur les paupières suivie d’un traitement par les antibiotiques systémiques et topiques est en général efficace. Un curetage chirurgical est parfois nécessaire. Le pronostic est bon [22].

4. Membrane conjonctivale épicornéenne

La membrane conjonctivale épicornéenne affecte les races de lapin nain. Son étiologie reste indéterminée. Une dysplasie de collagène a été suggérée [1, 20].

La présence d’une membrane de conjonctive uni- ou bilatérale est notée (photos 6a et 6b). Elle est généralement constituée d’un épithélium conjonctival sur ses deux faces, qui recouvre la cornée de manière centripète et le plus souvent sans adhérence [1, 3, 19, 20]. Elle peut entraîner une cécité si elle recouvre totalement l’œil [18]. L’aspect est assez caractéristique et le diagnostic se fait lors de l’examen clinique.

Le traitement est chirurgical. Deux méthodes sont décrites.La première est la technique de résection en quatre morceaux : chaque quart conjonctival est sectionné en regard du limbe (récidives quasi systématiques). La seconde est la technique de fixation sans résection. Elle donne les meilleurs résultats : la membrane est divisée en six parties égales, chaque morceau est alors éversé et son bord central replacé au fond du fornix où il est suturé au travers de la peau à l’aide d’un fil non résorbable 7-0, nœud à l’extérieur [1, 18]. Un traitement adjuvant peut être mis en place. Il consiste en une application, en phase postopératoire immédiate, de mitomycine C à 0,02 % pendant 3 minutes sur la conjonctive excisée [3, 18]. Il peut aussi s’agir d’une application, toujours en phase postopératoire, de pommade à la cyclosporine 0,2 % (Optimmune®) [18].

Les récidives sont rares avec la seconde technique chirurgicale, même sans traitement adjuvant [1].

CORNÉE

1. kératite ou abcès stromal

Lors de kératite ou d’abcès stromal, un traumatisme par un corps étranger ou une matière végétale avec pénétration d’agents infectieux (bactéries, éléments fongiques) est généralement en cause. Ensuite, la lésion s’épithélialise tandis que les agents pathogènes restent en profondeur dans le stroma. Cela aboutit à une kératite ou à un abcès stromal.

Plusieurs signes cliniques sont observés : une plaque cornéenne blanche négative à la fluorescéine entourée d’une zone d’œdème cornéen et parfois de néovaisseaux, ainsi qu’un écoulement purulent (photos 7 et 8).

Le diagnostic différentiel est réalisé entre un ulcère cornéen, une cicatrice ou une lipidose cornéenne. Un raclage cornéen profond permet de déterminer le micro-organisme en cause.

Le traitement est chirurgical. Une kératectomie de la lésion doit être pratiquée, suivie d’une antibiothérapie par voies locale et générale ou d’un traitement antifongique topique selon l’agent pathogène incriminé.

Le pronostic est bon à condition que l’intervention chirurgicale soit précoce [18].

2. Kératites et ulcères cornéens

L’étiologie des kératites et des ulcères cornéens peut être traumatique ou infectieuse (à la suite d’une dacryocystite et au contact avec le pus) [11]. Des ulcères d’exposition sont aussi possibles (par exemple lors de paralysie faciale due à encephalitozoon cuniculi ou de buphtalmie à la suite d’un glaucome), de même que des ulcères indolents, semblables à ceux du chien [18, 23, 24]. Les ulcères profonds sont souvent associés à des abcès stromaux.

Le test à la fluorescéine est positif et des néovaisseaux sont souvent observés (photo 9). La présence de lambeaux épithéliaux non adhérents est notée dans le cas des ulcères indolents. Ces derniers sont toujours superficiels (épithéliaux) [23, 24].

Le diagnostic différentiel doit être effectué entre unabcès stromal, une dystrophie épithéliale (rare), une lipidose oculaire (très rare) et une dacryocystite avec kératite secondaire.

L’évaluation de la production lacrymale et la bactériologie peuvent se révéler utiles.

Le traitement indiqué est uneantibiothérapie par voies topique et/ou systémique pour les ulcères infectés [11].

La désépithélialisation, avec ou sans lentille de contact comme pansement, donne de bons résultats pour les ulcères à bords décollés. Une kératotomie en grille ou ponctuée peut être réalisée dans les cas réfractaires. La kératectomie superficielle est rarement nécessaire (réservée aux ulcères à bords décollés qui ne répondent pas aux traitements précédents) [23]. Lors d’ulcères d’exposition, il convient de traiter la cause sous-jacente. Le pronostic est bon.

3. Dystrophie cornèenne

La dystrophie cornéenne serait d’origine héréditaire ou familiale chez le lapin de race american dutch belted [13].

Des opacités linéaires, curvilignes ou en plaque dans la cornée centrale ou paracentrale sont observées. Au biomicroscope à fente, les lésions se trouvent dans la zone épithéliale, la membrane basale et le stroma antérieur.

Elles doivent être bien différenciées des ulcères et des abcès cornéens. Aucun traitement n’est disponible [13].

4. Lipidose cornéenne

La lipidose cornéenne est très rare. Elle est due à une alimentation trop riche en lipides et inadaptée au lapin. Certaines races telles que les lapins watanabe sont prédisposées génétiquement.

Lors de l’examen, une infiltration cornéenne blanchâtre réfringente est observée. Elle s’accompagne parfois d’une accumulation sous-conjonctivale de cristaux de cholestérol (xanthomes) [4].

Cette affection doit être différenciée des abcès stromaux, des ulcères cornéens, des cicatrices cornéennes ou encore des tumeurs de la conjonctive. La biopsie des masses conjonctivales et une mesure de la cholestérolémie peuvent être réalisées pour confirmer le diagnostic [4].

Un traitement à l’atorvastine(1) a été suggéré à la dose de 2,5 mg/kg/j chez le lapin [4]. Le pronostic est réservé si d’autres symptômes systémiques sont associés (dépôts de lipides dans d’autres organes) [4].

CONCLUSION

La relation anatomique étroite entre les racines des incisives et des prémolaires supérieures et le canal lacrymal prédispose le lapin à la dacryocystite. La conjonctivite fait souvent suite à cette dernière, bien que de mauvaises conditions d’hébergement puissent être à la source de ces infections. Chez le lapin, les ulcères cornéens stromaux présentent la particularité d’évoluer vers des kératites stromales ou des abcès stromaux, tandis que les ulcères superficiels répondent bien aux antibiotiques topiques. La membrane conjonctivale épicornéenne est une affection spécifique au lapin qui nécessite toujours un traitement chirurgical.

(1) Médicament humain.

Références

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ENCADRÉ
Deux théories sur l’étiologie des affections dentaires

La première thèse expliquant les maladies dentaires chez le lapin incrimine le défaut d’usure des dents en raison d’une nourriture trop riche en énergie, trop épaisse et trop peu abrasive [14]. La seconde met en cause le comportement alimentaire sélectif présent chez de nombreux lapins de compagnie. Ce dernier entraînerait une diminution de la consommation des granulés les moins appétents, c’est-à-dire ceux qui sont riches en calcium et en vitamine D [2, 10]. Associé à une exposition insuffisante au soleil, ce phénomène induit un hyperparathyroïdisme et une ostéomalacie. La croissance exubérante des dents qui en résulte provoque une déformation irréversible de la cavité osseuse dentaire et, ainsi, une compression du canal lacrymal par l’apex des racines [2, 10].

Points forts

→ La dacryocystite du lapin est une affection très fréquente, dont la cause est presque toujours une maladie dentaire.

→ Les staphylocoques comptent parmi les bactéries les plus souvent isolées lors de conjonctivite chez le lapin.

→ La membrane conjonctivale épicornéenne est constituée d’un épithélium conjonctival sur ses deux faces et qui recouvre la cornée sans adhérence.

→ Les ulcères cornéens sont le plus souvent d’origine traumatique ou infectieuse, et le traitement repose sur l’antibiothérapie et les cicatrisants topiques.

→ Lors d’abcès ou de kératite, la lésion s’épithélialise tandis que les agents pathogènes restent en profondeur dans le stroma cornéen, nécessitant une intervention chirurgicale.

1. Abcès dentaire et dacryocystite, vue latérale. La kératite résulte ici du contact prolongé de la cornée avec le pus.

2. Dacryocystite sans atteinte du globe oculaire. Un épiphora est bien visible.

3. Technique d’irrigation du canal lacrymal, utilisée pour traiter une dacryocystite.

4. Conjonctivite avec une infection des glandes tarsales, atteinte bilatérale.

5. Conjonctivite et infection des glandes tarsales chez un autre lapin. Un curetage des microabcès est requis dans un cas aussi extrême.

6a. Membrane conjonctivale épicornéenne chez deux lapins. Un épithélium recouvre la cornée de façon centripète.

6b. Membrane conjonctivale épicornéenne chez deux lapins. Un épithélium recouvre la cornée de façon centripète.

7. Kératite et abcès stromal. Une plaque cornéenne blanche et une néovasculaire sont visibles.

8. Kératite stromale. Une plaque cornéenne blanche est visible.

9. Ulcère cornéen superficiel. L’application de larmes artificielles fait partie du traitement.

TABLEAU
Médicaments utiles dans le traitement des affections oculaires chez le lapin

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