Le point Vétérinaire Canin n° 316 du 01/06/2011
 

PVC

OPHTALMOLOGIE CANINE

Cas clinique

Anthony Bartolo

Clinique vétérinaire
28, avenue de Royan
17130 Montendre

Un épagneul breton mâle âgé de 12 ans est présenté pour une rougeur oculaire et une faiblesse généralisée d’évolution progressive depuis plusieurs jours.

Le chien manifeste une vive douleur à l’ouverture de la gueule et a beaucoup maigri. L’œil droit est nettement avancé dans l’orbite, un strabisme latéral marqué ainsi qu’une procidence de la membrane nictitante, un chémosis et une rougeur conjonctivale sont notés. Aucune anomalie cornéenne n’est constatée et la pression oculaire est normale. Un écoulement nasal sanguinolent est présent du côté de l’exophtalmie. La rétropulsion de cet œil dans l’orbite est moins importante que pour l’œil adelphe, laissant envisager une masse rétrobulbaire (photo 1).

DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT

L’animal est tranquilisé pour examiner la cavité buccale et réaliser des radiographies du crâne et des sinus. Aucune anomalie n’est observée. Une échographie oculaire est également effectuée. Elle révèle une masse orbitaire circonscrite à proximité immédiate du globe oculaire ainsi qu’un décollement rétinien partiel (photo 2). Un traitement médical est instauré avec du méloxicam et de la clindamycine. L’état général s’améliore rapidement, le chien mange de nouveau. Les saignements cessent dès le lendemain, mais l’exophtalmie persiste et s’aggrave. Une nouvelle échographie 10 jours après confirme que la masse a grossi. À ce stade, seule une énucléation et un curetage de la cavité orbitaire (exentération) peuvent être proposés. Un sarcome indifférencié de haut grade de malignité est identifié. L’animal est mort 3 mois après l’intervention.

DISCUSSION

→ L’exophtalmie est une cause de consultation fréquente en clientèle canine, rencontrée davantage chez le chien que chez le chat, sans prédisposition raciale ou sexuelle. Elle se matérialise le plus souvent par une avancée plus ou moins marquée du globe dans l’orbite, une procidence de la membrane nictitante, une rougeur conjonctivale voire un chémosis, un blépharospasme et un écoulement séreux à muco-purulent. Le strabisme est plus rarement constaté, surtout en présence d’une masse orbitaire qui dévie l’axe oculaire. Une kératite d’exposition et des ulcères cornéens sont parfois présents à la suite d’une lagophtalmie relative.

→ De nombreuses affections peuvent provoquer une exophtalmie, en raison de la contiguïté des tissus rétrobulbaires avec les muscles masticateurs, les sinus nasaux, les racines dentaires ou l’os orbitaire. Des tumeurs primaires ou secondaires qui atteignent tout type de tissu orbitaire, les mucocèles de la glande salivaire zygomatique ou les fistules artério-veineuses peuvent également entraîner une exophtalmie. La propagation d’une infection dentaire étant fréquente, l’examen de la cavité buccale doit être systématiquement réalisé, le plus souvent sous tranquillisation en raison d’une douleur possible à l’ouverture de la gueule. Celle-ci est due à la pression exercée par la branche verticale de la mandibule sur les tissus orbitaires, principalement lors d’abcès, de cellulite orbitaire ou de myosite des muscles masticateurs. Au besoin, des radiographies dentaires et des sinus sont effectuées à la recherche de signes infectieux ou tumoraux. Le recours à la cytologie ou à la résonance magnétique est parfois nécessaire au diagnostic.

→ Le traitement est étiologique, médical lors de cellulite orbitaire ou de myosite, et chirurgical dans les autres cas. Ainsi peuvent être envisagés une extraction dentaire et un drainage d’abcès rétrobulbaire, une exérèse de masse si elle est accessible, ou une exentération dans les cas graves. Le pronostic est bon après traitement, sauf lors de tumeur orbitaire, qui est le plus souvent maligne.

1. L’animal présente une avancée importante du globe oculaire dans l’orbite, un léger chémosis et une procidence de la membrane nictitante. La difficulté persistante de la rétropulsion malgré un traitement médical et le strabisme latéral laissent suspecter la présence d’une masse rétrobulbaire.

2. Échographie de l’œil droit. Une masse rétrobulbaire circonscrite de 1 cm de diamètre, hétérogène et de consistance majoritairement tissulaire est visible, à proximité immédiate du globe oculaire dans l’angle interne. Un décollement rétinien partiel est également présent en regard de cette masse. Une tumeur est fortement suspectée.

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