Le point Vétérinaire n° 311 du 01/12/2010
 

NOUVEAUX ANIMAUX DE COMPAGNIE

Cas clinique

Juliet Bazior-Langhan

Vétérinaire itinérante en ophtalmologie
Résidence L’Orée du lac, bât. C
3, allée Gabrielle-Dorziat
64200 Biarritz
juliet@vetophtalmo.com

Souvent due à une maladie dentaire, la dacryocystite est fréquente et sous-diagnostiquée chez le lapin. Ce cas présente une méthode de diagnostic et de traitement de cette affection.

Résumé

→ La dacryocystite du lapin est une affection récurrente, qui se manifeste cliniquement par un simple épiphora ou un écoulement purulent à partir du point lacrymal. La cause la plus fréquente est une modification pathologique des racines des dents supérieures. Le diagnostic est évident à l’examen clinique, mais la radiographie du crâne et l’examen de la cavité buccale s’imposent pour déterminer l’origine de ce trouble. Le traitement requiert l’irrigation du canal lacrymal, ainsi qu’une antibiothérapie locale et générale. Le choix des antibiotiques est guidé par les résultats de la mise en culture de l’écoulement. Le pronostic est bon si la maladie dentaire associée est traitée.

Un lapin tête de lion mâle âgé de 7 ans est présenté en consultation pour un épiphora unilatéral qui évolue depuis 5 jours, sans autres lésions oculaires.

CAS CLINIQUE

1. Commémoratifs et anamnèse

Le lapin vit sans congénères et n’a pas accès à l’extérieur. Son alimentation consiste en un mélange à volonté de granulés concentrés pour lapin et en une quantité très limitée de foin et de végétaux. Son appétit n’est pas diminué. Il est vacciné régulièrement contre la myxomatose. Il a été présenté et traité par parage dentaire pour malocclusion 2 mois auparavant. Depuis, aucun autre signe clinique n’a été observé.

2. Examen clinique

L’état général du lapin est bon. L’inspection de la cavité buccale à l’otoscope révèle de petits spicules le long des prémolaires et molaires inférieures. Des déformations osseuses sont palpables sous les deux mandibules. La qualité de l’émail des incisives est bonne.

3. Examen ophtalmologique

L’examen à distance montre un épiphora marqué avec des poils humides et collés au canthus interne de l’œil gauche, une légère blépharite et une dermatite naso-faciale à gauche (photo 1). L’œil gauche ne présente pas de blépharospasme ni d’anisocorie. La réponse à la menace est inconsistante, ce qui peut être normal pour cette espèce (comportement de protection vis-à-vis des prédateurs). Le réflexe de clignement à l’éblouissement est présent et l’animal se déplace normalement dans l’environnement, d’où il est conclu que la fonction visuelle est normale. Les réflexes photomoteurs sont rapides, complets et constants pour chaque œil.

L’examen rapproché de l’œil gauche révèle un léger chémosis de la conjonctive. L’examen au biomicroscope à fente des deux yeux ne met en évidence aucune anomalie.

Les valeurs du test de Schirmer sont de 15 mm/min pour l’œil gauche et de 5 mm/min pour l’œil droit (valeur normale chez le lapin : 5,3 +/– 2,9 mm/min). La pression intra-oculaire, mesurée à l’aide d’un tonomètre à aplanation (Tonopen(r), Reichert), est enregistrée à 10 mm de mercure dans l’œil gauche et à 9 mm dans l’œil droit. Le test à la fluorescéine est négatif, pour les deux yeux, et celle-ci ne s’écoule pas par la narine gauche (photo 2). Une pression digitée appliquée en périphérie de l’angle interne de l’œil gauche entraîne l’expulsion d’une grande quantité de matière purulente du point lacrymal (photo 3).

4. Examens spécifiques

La cathétérisation des deux canaux lacrymaux est réalisée sous anesthésie locale grâce à un collyre à base de tétracaïne à 1 % (photo 4). Le canal lacrymal droit est irrigué sans difficulté, avec passage aisé d’une solution saline par les narines. Le canal lacrymal gauche est partiellement bouché et l’irrigation est difficile. Une grande quantité de liquide purulent est récolté pour la bactériologie.

Des clichés radiographiques de face et de profil du crâne du lapin sont pris sous anesthésie générale (un cathéter est posé à l’oreille, puis une induction à l’aide de médétomidine à la dose de 0,1 mg/kg, de butorphanol 0,3 mg/kg et de kétamine 3 mg/kg par voie intraveineuse est mise en œuvre) [4]. Ils montrent une déminéralisation osseuse généralisée des mâchoires et une rétrocroissance des racines des molaires et prémolaires inférieures, avec un risque de perforation du plancher osseux.

Une dacryocystorhinographie est réalisée sur le canal lacrymal gauche. À l’aide d’une canule naso-lacrymale 23 G, 0,4 ml d’une solution de sodium et de méglumine amidotrizoate est injectée (Urografin 370(r)(1), Schering, qui peut être remplacée par de l’Omnipaque(r)(1) 350 mg/ml, GE Healthcare SA). Les mêmes incidences radiographiques sont répétées. Elles révèlent une obstruction partielle du canal lacrymal au niveau des racines des incisives (photos 5a et 5b). La mise en culture de l’isolat purulent permet d’identifier Bacteroides sp. et deux autres bactéries anaérobies, qui n’ont pu être reconnues de manière certaine, mais qui présentent des caractéristiques semblables à celles de Fusobacterium sp. et Bifidobacterium sp. Aucune bactérie aérobie n’a été mise en évidence.

L’ensemble des examens ophtalmologiques et radiographiques sont hautement compatibles avec le diagnostic de dacryocystite provoquée par une anomalie dentaire.

5. Traitement

Le canal lacrymal est irrigué sous anesthésie locale tous les 4 jours. Ce traitement est très bien toléré par l’animal.

Après obtention des clichés radiographiques, l’intubation à l’aveugle permet le maintien de l’anesthésie à l’isoflurane [4]. Un parage des molaires et prémolaires est effectué (section des spicules dentaires à la pince, limage latéral, puis réduction de la hauteur des couronnes à la fraise cylindrique).

Un traitement systémique à l’enrofloxacine (Baytril(r), Bayer solution buvable à 2,5 %) est instauré à la dose de 5 mg/kg deux fois par jour. L’obtention des résultats de la culture bactériologique amène à changer ce traitement pour de la benzylpénicilline procaïne (Depocilline(r), Intervet) à la dose de 40 000 UI/kg par injection sous-cutanée une fois par jour pendant 5 jours.

Un traitement topique à l’acide fusidique (Fucithalmic(r), Dechra) deux fois par jour est ajouté pour prévenir la contamination éventuelle par des bactéries aérobies.

L’alimentation du lapin est modifiée pour inclure plus de foin et de feuilles de végétaux, et l’accès à l’herbe est encouragé. La ration de concentrés est diminuée. Les changements sont effectués très progressivement, sur une période de 2 semaines.

6. Suivi et évolution

Le lapin est revu trois fois pour un parage dentaire à 3 ? mois d’intervalle dans l’année qui suit (photo 6). Par deux fois, à ces occasions, un léger épiphora à l’œil gauche est observé, qui répond à une seule irrigation du canal lacrymal et à un traitement avec les mêmes antibiotiques systémiques et topiques pendant 1 semaine.

DISCUSSION

Chez le lapin, il est important de différencier la conjonctivite de la dacryocystite [12, 13]. Dans le cas présenté, le signe clinique prédominant est un épiphora, mais une grande quantité de liquide purulent a pu être expulsé en appliquant une pression digitée à proximité du point lacrymal, ce qui indique une infection probable du sac lacrymal.

1. Anatomie

Le canal lacrymal du lapin présente un diamètre très petit et fortement variable sur toute sa longueur. Il passe très près des racines des prémolaires et des incisives [1, 2]. Un changement brusque de direction et de diamètre peut être observé à la sortie du sac lacrymal au niveau de l’os maxillaire proximal et à la base des incisives (figure) [1, 2, 7, 13]. Ces parties étroites sont les plus propices à l’occlusion, la fréquence étant la plus élevée sur la racine des incisives [7]. C’est le cas du lapin présenté ici. Le lapin ne possède qu’un seul point lacrymal [2].

2. Étiologie et épidémiologie

L’affection atteint généralement des lapins d’âge adulte, et peut être uni-ou bilatérale.

Bien que la pasteurellose puisse être incriminée dans un cas de dacryocystite bactérienne, la grande majorité des cas résulte d’une compression naso-lacrymale par l’apex des racines des incisives supérieures et plus rarement des prémolaires [1, 7, 10]. De nombreux lapins en captivité tendent à adopter un comportement alimentaire sélectif, ce qui entraîne une diminution de la consommation des granulés les moins appétents, c’est-à-dire ceux qui sont riches en calcium et en vitamine D [6, 8]. Associé à une exposition insuffisante au soleil, cela induit un hyperparathyroïdisme et une ostéomalacie [6, 8]. Il en résulte une croissance exubérante des dents, entraînant une déformation irréversible de la cavité osseuse dentaire et ainsi l’occlusion du canal lacrymal de part sa proximité [6, 12]. L’inflammation du canal lacrymal altère la consistance des larmes, qui deviennent visqueuses et granuleuses, aggravant l’occlusion [7]. C’est sans doute ce qui s’est produit dans le cas présenté. Dans certains cas extrêmes, des abcès se développent à la base des racines dentaires. Ils peuvent soit provoquer l’occlusion totale du canal, soit former une fistule communiquant avec le canal lacrymal [3, 7]. Une alimentation trop riche en énergie, trop épaisse et trop peu abrasive serait également une cause majeure de maladie dentaire [8].

La mise en culture du liquide d’irrigation de canaux lacrymaux de lapins atteints de dacryocystite, d’une part, et de lapins sains, d’autre part, a mis en évidence des bactéries très similaires [11]. Il semble donc que les micro-organismes ne soient pas la cause primaire de la dacryocystite chez le lapin [11]. Toutefois, la surinfection bactérienne est fréquente et la bactériologie reste un élément important pour l’établissement d’un traitement efficace [7]. Dans l’une des premières études sur le sujet, Pasteurella multocida est l’organisme le plus communément isolé. Dans un essai plus récent, Staphylococcus spp. est l’agent pathogène le plus fréquent dans une population de lapins atteints de symptômes d’infection oculaire superficielle (27 % de toutes les infections) [5, 10]. Seulement 12 % des échantillons est positif pour les pasteurelles dans cette dernière étude [5]. Neissera sp., Moraxella sp., Bordetella sp., Streptococcus viridans et Oligella urethralis font partie des nombreuses autres bactéries isolées [5]. Pour d’autres auteurs encore, les infections à bactéries anaérobies sont très fréquentes [1].

3. Signes cliniques

Les symptômes cliniques sont variables, et incluent un épiphora, un écoulement oculaire et/ou nasal laiteux ou purulent, une conjonctivite, une kératite, un abcès rétrobulbaire et une endophtalmite. Ils s’accompagnent ou non d’une anorexie due à la malocclusion [7].

4. Diagnostic

Le diagnostic différentiel doit être effectué entre une blépharo-conjonctivite à pasteurelles, à staphylocoques ou à Hemophilus spp., une blépharite due à Treponema cuniculi, la myxomatose, une irritation oculaire chronique provoquée par un stockage du foin en hauteur, une obstruction du canal lacrymal par un corps étranger ou des gouttelettes lipidiques, et une augmentation de la production de larmes due à une affection oculaire douloureuse (glaucome, uvéite, kératite) [12].

Le diagnostic de certitude est apporté par l’étude du canal lacrymal par dacryocystorhinographie, la mise en évidence d’une maladie dentaire, la présence de liquide purulent dans le canal lacrymal, ainsi que l’absence de lésions oculaires.

5. Traitement

Une simple antibiothérapie n’étant pas efficace dans la plupart des cas, la cathétérisation de l’unique point lacrymal du lapin et l’irrigation du canal sont conseillées, si besoin de manière répétée [12]. Il est important de ne pas forcer le passage de la solution saline à travers le canal lors de l’irrigation, afin de ne pas le léser [7]. Après l’irrigation, des antibiotiques tels que l’ofloxacine ou la gentamicine peuvent être instillés localement à travers le cathéter [7, 12]. Des antibiotiques par voie systémique sont indiqués en cas d’infections longues ou sévères, et une antibiothérapie longue par voie locale est souvent requise [7]. Le choix des molécules est guidé par l’antibiogramme. Les antibiotiques efficaces contre les anaérobies incluent le métronidazole, la pénicilline, l’amoxicilline, le cotrimoxazole et les macrolides. Les β-lactamines au long cours pouvant provoquer une entéropathie fatale, elles doivent être utilisées de manière très prudente. Le traitement à la pénicilline a été extrêmement bien toléré par le lapin présenté ici.

Une malocclusion dentaire doit être corrigée dans tous les cas et l’alimentation modifiée afin d’inclure un taux de fibres plus élevé dans la ration [9]. Un traitement médical seul permet uniquement de gérer les symptômes cliniques, les récidives étant quasi systématiques. La seule thérapeutique réellement efficace consiste en l’extraction des dents incriminées, après dacryocystographie pour préciser le niveau de compression. Aucune rechute n’est alors observée, sauf dans le cas d’une sténose du canal lacrymal d’origine cicatricielle ou postinfectieuse [1]. Ce traitement chirurgical n’a pas été mis en œuvre dans le cas de ce lapin, car les récidives sont peu fréquentes et répondent bien aux médicaments.

Des antalgiques (des anti-inflammatoires non stéroïdiens tels que le méloxicam) sont requis après le parage dentaire en cas de lésions (blessures de la langue, par exemple) [9]. Des anti-inflammatoires topiques tels que le diclofénac 0,1 % (Voltarène(r)(1) collyre) pourraient également être utiles pour limiter l’inflammation du canal lacrymal [11].

6. Pronostic

Lors de traitement médical, le pronostic à court terme est bon, à condition d’effectuer des contrôles fréquents et de prendre en charge les récidives. L’extraction ciblée des dents responsables de l’inflammation du canal lacrymal améliore le pronostic à long terme.

Une dacryocystite chronique peut entraîner une obstruction permanente de l’entrée du canal lacrymal par du tissu cicatriciel [5].

Conclusion

Chez le lapin, la dacryocystite est une maladie fréquente et sous-diagnostiquée. Son diagnostic est aisé, par reconnaissance clinique et examen radiographique. Son traitement définitif requiert l’extraction des dents incriminées. La gestion des symptômes cliniques est, dans certains cas, réalisée avec succès grâce à l’irrigation du canal lacrymal et à la prise en charge de l’infection secondaire.

(1) Médicament humain.

Références

  • 1. Boussarie C, Rival F. Atlas de dentisterie du lapin de compagnie. Ed. Vetnac. 2010.
  • 2. Burling K, Murphy CJ, Curiel JS et coll. Anatomy of the rabbit nasolacrimal duct and its clinical implications. 1991; 1: 33-40.
  • 3. Capello V, Gracis M, Lennox AM. Rabbit and rodent dentistry handbook. Zoological education Network. 2005: 276p.
  • 4. Carpenter JW. Exotic animal formulary. 3rd ed. Elsevier, Saint Louis. 2005: 564p.
  • 5. Cobb MA, Payne B, Allen WM et coll. A survey of the conjunctival flora in rabbits with clinical signs of superficial ocular infection. Proceedings of the British Small Animal Association Annual Congress (abstract), Birmingham. 1999: 250p.
  • 6. Harcourt-Brown FM. Calcium deficiency, diet and dental disease in pet rabbits. Vet. Rec. 1996; 139(23): 567-571.
  • 7. Harcourt-Brown FM. Ophthalmic diseases. In: Textbook of rabbit medicine, Butterworth Heineman. 2002: 292-306.
  • 8. Pericard JM. Dentisterie des rongeurs et du lapin: anatomie et physiologie. Point Vét. 2009; 40(n° spéc.): 99-104.
  • 9. Pericard JM. Rongeurs et lapins: parage dentaire lors de malocclusion. Point Vét. 2009; 40(n° spéc.): 105-108.
  • 10. Peterson-Jones SM, Carrington SD. Pasteurella dacryocystitis in rabbits. Vet. Rec. 1988; 122: 514-515.
  • 11. Van der Woerdt A. Ophthalmologic diseases in Small Pet Mammals. In: Ferrets, rabbits and rodents: clinical medicine and surgery. 2nd ed. Saunders Elsevier, St Louis, Missouri. 2004: 421-428.
  • 12. Williams DL. Laboratory animal ophthalmology. In: Gelatt KN. Veterinary Ophthalmology. 4th ed. Blackwell Publishing. 2007: 1336-1369.
  • 13. Williams DL. Rabbits. In: Peterson-Jones SM, Crispin S. Manual of small animal ophthalmology. 2nd ed. Small Anim. Vet. Assoc. Gloucester, British. 2002: 276-283.

Points forts

→ La dacryocystite du lapin est fréquente et sa cause principale est une maladie dentaire associée.

→ Uni- ou bilatérale, elle se manifeste généralement par un épiphora et/ou un écoulement oculaire purulent.

→ L’irrigation du canal lacrymal fait partie du traitement et peut être réalisée facilement chez l’animal vigile, couplée à une antibiothérapie par voies locale et générale.

→ Le traitement de l’affection dentaire, par extractions ciblées, permet la guérison.

→ La correction de la ration alimentaire est requise.

1. Examen éloigné du lapin atteint de dacryocystite au jour 0, avant traitement.

FIGURE
Cheminement du canal lacrymal chez un lapin sain

Les flèches indiquent les points de rétrécissement du canal lacrymal. D’après [2, 7].

2. Test à la fluorescéine négatif. Le colorant ne s’écoule pas par la narine.

3. Entrée du point lacrymal chez un lapin sain.

4. Technique de cathétérisation du canal lacrymal chez le même lapin que la photo 4.

5a. Cliché de face (5a) de la dacryocystorhinographie. Les flèches montrent la partie dilatée (flèche pleine) et la partie obstruée (flèche en pointillés) du canal lacrymal.

5b. Cliché de face de profil (5b) de la dacryocystorhinographie. Les flèches montrent la partie dilatée (flèche pleine) et la partie obstruée (flèche en pointillés) du canal lacrymal.

6. œil gauche 21 jours après le début du traitement : disparition de l’épiphora.

Publicité

L'infographie du mois

Boutique

Aussi bien destiné au vétérinaire, qu’à l’étudiant ou au personnel soignant, cet ouvrage vous apportera toutes les bases nécessaires à la consultation des NAC. Richement illustré de plus de 350 photos, doté de compléments internet vous permettant de télécharger des fiches d’examen et des fiches synthétiques par espèces, ce livre est indispensable pour débuter et progresser en médecine et chirurgie des NAC.
Découvrir la boutique du Point Vétérinaire

Newsletters


Ne manquez rien de l'actualité et de la formation vétérinaires.

S’inscrire aux Lettres vétérinaires
S’inscrire à La Lettre de l'ASV

Publicité