Le point Vétérinaire Canin n° 310 du 01/11/2010
 

OPHTALMOLOGIE CANINE

Cas clinique

Anthony Bartolo

Clinique vétérinaire
28, avenue de Royan, 17130 Montendre

Un chien labrador mâle âgé de 5 ans est présenté en consultation pour une opacification de l’œil droit d’apparition progressive, non douloureuse et ne gênant pas la vision.

Les propriétaires ont noté une opacification et une rougeur oculaires évoluant lentement depuis 2 ? mois, sans commémoratif particulier ni atteinte de l’état général.

→ L’examen oculaire révèle une atteinte unilatérale de l’œil droit sans déficit visuel, larmoiement ni blépharospasme. De manière prédominante, une rougeur localisée à toute la partie médiale de l’œil est observée. Les vaisseaux épiscléraux et de la conjonctive bulbaire sont congestionnés, et la zone est œdématiée et épaissie. Un tissu rosé dépasse du limbe sur la cornée, qui s’accompagne d’un œdème cornéen périphérique en bande large verticale intéressant toute la longueur de l’œil (photos 1 et 2). La pression intra-oculaire et l’examen du fond d’œil des deux yeux sont normaux. Le test à la fluorescéine est négatif et l’examen au biomicroscope à fente révèle un épaississement de la cornée à l’angle interne à la suite de l’infiltration par le tissu inflammatoire des couches superficielles. Ces observations permettent d’établir le diagnostic d’épisclérite diffuse primaire.

TRAITEMENT

Un traitement à base de dexaméthasone (Fradexam® pommade) est appliqué quatre fois par jour pendant 1 mois. Aucune amélioration n’est notée et de la cyclosporine A (Optimmune®) est ajoutée en deux applications par jour. Des contrôles réguliers vérifient la régression des signes inflammatoires. Une fois ces derniers gérés, la cyclosporine A est administrée seule après 3 mois de traitement, pour prévenir les récidives. Une dégénérescence cornéenne centrale et périphérique (à proximité des lésions initiales) s’est installée secondairement.

DISCUSSION

→ L’épisclérite est une affection inflammatoire qui atteint les tissus épiscléraux et conjonctivaux adjacents au limbe cornéen. Elle est peu fréquente chez le chien et rarement observée chez le chat. Une nette prédisposition raciale est notée : les colleys sont majoritairement représentés, ainsi que les bergers des Shetland, les cockers, les golden retrievers et les labradors. L’incidence de la maladie est plus élevée chez les chiens âgés de 4 à 8 ans. Il n’existe pas de prédisposition sexuelle.

→ Deux formes sont distinguées : nodulaire (ou fasciite nodulaire) et diffuse, sans nodule clairement identifiable mais de même structure histologique. L’atteinte est généralement unilatérale. Cependant, l’œil adelphe peut être touché, de manière concomitante ou différée. Les lésions sont circonscrites ou étendues à une large zone juxta-limbique, parfois tout autour de l’œil.

→ Bien que des épisclérites secondaires à d’autres affections oculaires (kératite, uvéite, glaucome) aient été rapportées, la forme primaire semble la plus fréquente. L’étiologie précise de cette maladie reste inconnue. Néanmoins, un trouble dysimmunitaire est fortement suspecté.

→ L’examen clinique suffit en général à établir le diagnostic. Une biopsie peut être envisagée en cas de doute, particulièrement pour la forme nodulaire.

→ Le traitement médical consiste en l’application locale fréquente de corticoïdes dans un premier temps, associés possiblement à une pommade de cyclosporine A. Si la prise en charge locale ne fait pas régresser les signes cliniques au bout de quelques semaines, un traitement immunosuppresseur doit être administré par voie générale (corticoïdes, azathioprine, etc.). La dose est adaptée en fonction de la réponse clinique et progressivement diminuée jusqu’à trouver la dose minimale efficace pour prévenir les récidives, fréquentes à l’arrêt du traitement.

→ L’exérèse chirurgicale et la cryothérapie sont indiquées pour les formes nodulaires ne répondant pas au traitement médical.

1. Un tissu inflammatoire juxta-limbique recouvre la cornée en partie médiale. Une large bande œdémateuse à sa périphérie donne un aspect bleuté à l’œil.

2. Les vaisseaux épiscléraux sont facilement identifiables. De couleur rouge brique, ils sont plus épais et tortueux que les vaisseaux conjonctivaux, lesquels sont fins, ramifiés et rouge vif. L’épisclère semble épaissie et un œdème de la conjonctive bulbaire est présent.

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