Le point Vétérinaire n° 307 du 01/07/2010
 

PARASITOLOGIE DES RUMINANTS

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QUESTION DE LECTEUR

La réduction d’efficacité d’un anthelminthique n’est pas toujours liée à une résistance des parasites.

Les principaux groupes d’anthelminthiques disponibles chez les ruminants sont les benzimidazoles, les lactones macrocycliques et le lévamisole. Leur utilisation fréquente dans le traitement des nématodoses gastro-intestinales a entraîné l’apparition de résistances à plusieurs d’entre eux, notamment chez les ovins et les caprins, mais aussi chez les bovins (tableau).

La partie des nématodes qui se trouve sur les pâtures et dans les animaux non traités, donc non exposés aux anthelminthiques (ou non affectés par ces traitements) et non sélectionnés, est nommée refugia. La proportion des parasites dans le refugia et la pression de sélection, qui est d’autant plus importante que ce dernier est réduit, sont les facteurs majeurs du développement de résistances. Toutefois, les résistances aux anthelminthiques sont sans doute surestimées, la résistance des parasites et la diminution d’efficacité de la molécule n’étant pas différenciées.

Le projet PARASOL (SOLution PARAsites), abréviation pour «nouvelles solutions pour la prophylaxie durable des nématodes chez les ruminants», mené sur 3 ans, a mis en évidence plusieurs causes possibles de diminution de l’efficacité des anthelminthiques. Plusieurs raisons ont ainsi été mises en évidence : le sous-dosage, la formulation (l’injection est la meilleure méthode), la qualité de l’anthelminthique, la saison, l’alimentation (transit intestinal), la résistance à l’anthelminthique.

La résistance est donc une raison parmi d’autres de la diminution d’efficacité des anthelminthiques chez les ruminants, et non la cause principale.

L’idéal serait que chaque vétérinaire procède tous les 2 ans à un test de vérification de l’efficience du traitement anthelminthique, une semaine après son administration à l’aide d’un test de réduction du comptage d’œufs dans les fèces. Si l’efficacité est inférieure à 95 %, le traitement est considéré comme ayant échoué. Alors seulement une résistance est envisagée.

En pratique, cela est peu réalisable pour des raisons financières. De plus, les résultats peuvent être faussés si le comptage des œufs est faible. Une étude menée à notre laboratoire, en 2008, révèle que le type de ferme (races, gestion, etc.) est un facteur de risque de la résistance et que la sensibilité de la technique mise en œuvre pour mesurer l’efficacité du traitement anthelminthique est possiblement un facteur de confusion [2].

Toutefois, cela permettrait de déterminer l’existence ou non d’une réelle résistance dans un troupeau.

Tableau : Résistance aux principaux anthelminthiques

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