Le point Vétérinaire n° 298 du 01/09/2009
 

Question de lecteur

Xavier Lévy*, Philippe Mimouni**


*Centre de reproduction des carnivores du Sud-Ouest (CRECS), 58, boulevard des Poumadères, 32600 L’Isle-Jourdain
**Centre de reproduction des carnivores du Sud-Ouest (CRECS), 58, boulevard des Poumadères, 32600 L’Isle-Jourdain

Les principales indications de la stérilisation chez la chienne sont la prévention de la mise à la reproduction et la gestion (prévention et traitement) de différentes affections de l’appareil génital (tumeurs mammaires, pyomètre, etc.). La stérilisation chirurgicale, irréversible et définitive, consiste en l’ablation des ovaires (ovariectomie) associée ou non à celle de l’utérus (ovariohystérectomie). Lors de stérilisation de convenance chez la chienne, les avis des praticiens divergent sur le choix de l’une ou de l’autre des interventions.

Historiquement, de nombreux pays (notamment les pays anglo-saxons) recommandaient l’ovariohystérectomie systématique, en la légitimant par l’argument suivant : prévention du risque d’apparition de tumeurs utérines et d’infections utérines (pyomètre, hyperplasie glandulo-kystique). D’autres privilégiaient l’ovariectomie en l’absence de lésion de l’utérus car l’intervention, moins agressive (ouverture plus petite), entraînait des complications moins importantes (adhérence avec la vessie, incontinence urinaire, etc.).

Une étude rétrospective américaine publiée en 2006 a répertorié l’ensemble des données chez la chienne (temps opératoire, temps de récupération, complications, effets indésirables, etc.) relatives à l’ovariectomie et à l’ovariohystérectomie entre 1969 et 2004 [1]. Elle indique clairement que l’ovariohystérectomie est techniquement plus compliquée, plus longue à réaliser, et certainement associée à une morbidité plus élevée (incision plus grande, traumatisme péri-opératoire plus intense, inconfort de la chienne plus long). Les résultats n’indiquent aucune différence entre les deux techniques en ce qui concerne les complications : incidence d’affections de l’appareil urogénital à long terme, endométrite/pyomètre et incontinence urinaire. Enfin, le risque d’apparition d’une tumeur utérine ne semble pas augmenté lors d’ovariectomie chez la chienne saine ; les tumeurs utérines sont exceptionnelles (moyenne d’âge de 10 ans) et le plus souvent sous induction hormonale.

Ainsi, l’ensemble des vétérinaires spécialisés en reproduction (européens et américains) confirment les conclusions de l’étude précitée, en recommandant l’ovariectomie lors de la stérilisation d’une chienne saine. L’ovariohystérectomie reste un traitement de choix lors d’affections utérines (endométrite/pyomètre, tumeur et métrorragie) ou en cas de doute sur l’intégrité de l’utérus (polype, tumeur) au cours de la stérilisation d’une chienne âgée.

Référence

  • 1- Van Goethem B, Schaefers-Okkens A, Kirpensteijn J.Making a rational choice between ovariectomy and ovariohysterectomy in the dog : a discussion of the benefits of either technique. Vet. Surg. 2006;35(2):136-143.
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