Le point Vétérinaire n° 296 du 01/06/2009
 

Question de lecteur

Fabien Allard

Clinique vétérinaire, 5 rue Fernet, 94700 Maisons-alfort

L’urétrostomie périnéale, chez le chat, est un acte méticuleux, mais désormais bien codifié. La plupart des complications qui en résultent peuvent être évitées si le protocole opératoire est respecté. L’irritation par les sutures est une complication mineure, susceptible de rendre l’animal difficile à manipuler lors des soins de la plaie. Elle peut être évitée par l’utilisation d’un fil fin (décimale 1,5 ou 1), par la pose des nœuds sur la peau plutôt que sur la muqueuse urétrale (MU) ou par la réalisation d’un surjet à la place de points simples. Les hémorragies sont des complications mineures si elles ne persistent pas plus d’une semaine. Elles sont inquiétantes si les muscles ischiocaverneux n’ont pas été sectionnés à leur base, si les corps caverneux n’ont pas été ligaturés après l’amputation du pénis ou si le chat peut se lécher (carcan indispensable dès la sortie du bloc).

Les cystites ou urétrites compliquent parfois une urétrostomie. C’est le cas lors de syndrome urologique félin où la stomie permet de résoudre le problème mécanique mais pas la cause sous-jacente. Sonder l’animal en phase postopératoire n’est pas conseillé car cela peut entraîner des lésions urétrales et une infection ascendante. Un dysfonctionnement du muscle urétral favorise les infections : sa dissection en partie dorsale du pénis doit être minimale pour ne pas léser son innervation. Des incontinences urinaire ou fécale sont parfois observées. Elles résultent d’une lésion du nerf honteux ou des nerfs du plexus pelvien. Elles sont évitées en respectant les structures dorsales au pénis. Une distension vésicale excessive peut endommager le muscle détrusor et le rendre temporairement incapable de contraction : vider la vessie par un sondage préopératoire et par une vidange manuelle postopératoire est alors conseillé.

La hernie périnéale est rare et est la conséquence d’une dissection des structures latérales au pénis. Les déhiscences de plaie font partie des complications graves. Elles peuvent être le résultat d’une apposition cutanéo-muqueuse approximative, laissant l’urine infiltrer les tissus, d’une nécrose tissulaire due à une manipulation “musclée” ou une déchirure de la MU. Cette dernière peut être évitée en usant de précautions lors du sondage urétral et en chargeant sur l’aiguille la MU et l’albuginée, tissu conjonctif plus résistant. Les tensions doivent être également mesurées : des incisions cutanées parallèles à la stomie peuvent être pratiquées pour soulager la gouttière urétrale trop tendue. La striction urétrale (SU) représente l’une des complications les plus sévères. Une étude montre que 70 % des SU sont dues à une dissection insuffisante du pénis et 30 % à une mauvaise apposition cutanéo-muqueuse, donc 100 % au chirurgien(1). L’automutilation peut aussi conduire à cet échec.

À l’exception des déhiscences de plaie et des SU, qui nécessitent une réintervention telle qu’une reprise de la plaie quand elle est possible, une urétrostomie prépubienne dans le cas contraire, toutes les complications suscitées peuvent être résolues par un nursing soutenu de l’animal.

  • (1) Phillips H, Holt DE. Surgical revision of urethral stroma following perneal urethrostomy in 11 cats. J. Am. Anim. Hosp. Assoc. 2006;42(3):218-222.

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