Semaine Vétérinaire n° 1192 du 03/09/2005
 

Entre nous

Forum

Les médecins évoluent, pourquoi les ignorer ?

Christian Lemaire, praticien canin à Montivilliers (Seine-Maritime).

Les médecins viennent de lever un frein de leur déontologie. Ils peuvent maintenant travailler dans autant d'endroits nécessaires à l'exercice d'une médecine de proximité. Or le problème de la désertification est tout aussi important et mal vécu dans notre profession. En parler entre nous sans tabou, c'est déjà beaucoup. A mon avis, avant d'être prêt à changer, il faut tenter, puis naturellement contrôler à date fixe, de façon à évoluer. C'est plus efficace d'agir, car seuls les résultats comptent et nous sommes aussi responsables de ce que nous ne faisons pas. Je comprends bien les réactions de certains de nos confrères à la lecture de ce décret concernant les médecins.

Le changement dérange, l'avenir fait peur, c'est humain. Il est plus confortable de continuer comme avant, et la résistance au changement est fréquente car filtrée par les modes actuels de pensée. Ils nous empêchent d'anticiper les changements et nous conduisent à nous plaindre du stress, de nos faibles rémunérations, de nos bas potentiels de croissance, de nos longues heures de travail et d'une absence de reconnaissance. Il est clair que nos concurrents ne sont pas nos confrères. Nos vrais concurrents sont l'agence de voyage du coin ou encore le vendeur Hifi du quartier pour la ménagère. Le regroupement entre confrères paraît à terme nécessaire, voire vital. La loi aujourd'hui autorise la création des SPFPL, à savoir les sociétés de participation financière des professions libérales, holdings de SEL, donc de confrères par exemple exerçant dans des domaines de compétence différents sur des lieux multiples au service du client. Les réseaux en étoile permettront l'exercice en commun dans une entente professionnelle, consciencieuse et même responsable de ses résultats, respectueuse, indispensable aux futures conditions d'exercice de la profession puisque le marché n'est plus le même. Nous vivons en effet une industrie de demandes et non plus d'offres, une vraie révolution technologique. Aujourd'hui, les conditions d'exercice de la profession évoluent véritablement. L'arrogance consisterait à vouloir s'en sortir seul, au mépris du travail en commun dans un esprit d'ouverture. Les médecins évoluent, pourquoi les ignorer ? Si cela a déjà été fait, c'est que c'est possible. La réalité est que les médecins peuvent aujourd'hui s'installer dans plusieurs sites professionnels sans limitation, notamment dans les zones désertifiées. Au nom de quoi ne pourrions-nous pas les imiter ?

Le Code de déontologie entrave ces initiatives

Laurent Sochat, praticien canin à Limoges (Haute-Vienne).

En médecine humaine, l'installation dans des cabinets multiples est désormais rendue possible par un décret. C'est quelque chose qui est parfaitement adaptable à notre pratique rurale et, franchement, je ne vois pas l'intérêt d'interdire aux vétérinaires d'exercer sur des sites multiples. Il s'agit de lutter contre les conséquences de l'isolement et celles des nécessités d'investissements et d'obligations. Or notre Code de déontologie actuel entrave ce genre d'initiative commune entre plusieurs indépendants. La modification de celui des médecins, au contraire, va dans ce sens.

Nous devons créer des réseaux de compétences

Michel Bolzinger, praticien canin à Jœuf (Meurthe-et-Moselle).

Plutôt que d'envisager la multiplication des lieux d'exercice comme un danger, les vétérinaires pourraient y voir une opportunité de faciliter le travail avec les confrères de leur région. Nous n'avons d'ailleurs plus vraiment le choix, et devons travailler ensemble. Notre groupe (six cliniques, gardes et achats en commun, personnel sur plusieurs sites, synergie des formations, etc.) fonctionne bien et nous permet à tous de trouver un équilibre professionnel et privé.

Je pense que l'avenir de notre travail passe par la création de réseaux de compétences locaux, à taille humaine, où des confrères spécialisés sauraient trouver des cas afin de développer leur expertise. Cela permettrait de proposer des services pointus à une clientèle de plus en plus exigeante.

Pourquoi en revanche vouloir créer des structures supplémentaires pour recevoir des cas référés (sur le modèle des cliniques humaines), alors que chacune de nos structures peut accueillir plus de cas sans coût fixe supplémentaire, en optimisant simplement l'organisation ?

Pourquoi ne pas envisager des groupes dans lesquels le dermatologue consulte tel jour du mois dans telle structure, tel autre jour dans une autre, etc.? Quel confort pour chacun, quel service et quelle image auprès de la clientèle ! D'autant que si un spécialiste peut voir dix cas par mois dans sa structure, il peut en espérer (en tout cas sur le papier) bien plus au sein du groupe.

Sous cet angle, la multiplication des lieux d'exercice me paraît être une opportunité pour développer nos activités, et représente un intérêt supplémentaire de la création de réseaux de compétences.

Formations e-Learning

Nouveau : Découvrez le premier module
e-Learning du PointVétérinaire.fr sur le thème « L’Épanchement thoracique dans tous ses états »

En savoir plus

L'infographie du mois

Boutique

Parce que l’échographie se démocratise et n’est plus réservée qu’au seul vétérinaire spécialiste, Hélène Kolb, Isabelle Testault, avec la collaboration de Delphine Rault et de Laure Gatel pour les chapitres ayant trait à l’appareil reproducteur, nous font partager dans cet ouvrage toute leur expertise en échographie abdominale du chien et du chat. L’aspect échographique normal et pathologique de chaque organe est décrit dans cet atlas de référence comprenant plus de 600 images.
Découvrir la boutique du Point Vétérinaire

Agenda des formations

Retrouvez les différentes formations, évènements, congrès qui seront organisés dans les mois à venir. Vous pouvez cibler votre recherche par date, domaine d'activité, ou situation géographique.

Calendrier des formations pour les vétérinaires et auxiliaires vétérinaires

En savoir plus

Newsletters


Ne manquez rien de l'actualité et de la formation vétérinaires.

S’inscrire aux Lettres vétérinaires
S’inscrire à La Lettre de l'ASV



En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d’intérêts.X
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...