Semaine Vétérinaire_Supplément Mensuel n° 1618 du 01/02/2015
 

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RENCONTRE EUROPÉENNE

Emmanuel Gaultier

La 20e journée annuelle de l’ESVCE, organisée fin 2015 à Munich, a accordé une large place aux dernières connaissances scientifiques relatives aux chiens dangereux.

La législation sur les chiens dangereux focalise l’attention d’une grande partie des équipes universitaires et des vétérinaires praticiens ces dernières années, un peu partout en Europe. La majorité des travaux, présentés lors de la 20e journée annuelle de l’European Society of Veterinary Clinical Ethology (ESVCE), concernent l’évaluation des mesures législatives appliquées dans différents États et des pistes de réflexion susceptibles de faire évoluer ces dispositions.

Les critères morphologiques, une vision anthropomorphique

Lors de ce rendez-vous organisé le 7 novembre à Munich, en Allemagne, John Bradshaw, de l’université de Bristol (Grande-Bretagne), a présenté un argumentaire dénonçant les catégorisations sur la base de critères morphologiques. Selon lui, s’il peut exister une composante génétique à l’agressivité chez le chien, « il n’est pas possible d’identifier des chiens dangereux sur la base de photographies ». Les législations sur ceux-ci fondées sur des catégories morphologiques reposeraient largement sur des idées anthropomorphiques qui feraient le lien de façon simpliste entre le danger et le faciès. Le conférencier a rappelé combien l’environnement humain était susceptible d’influencer l’agressivité des chiens et a souligné l’intérêt de dispositifs législatifs orientés sur la formation des maîtres et l’éducation des chiens, comme, par exemple, en Suisse.

Réponse inadaptée face aux pressions sociétales

Kersti Seksel, vétérinaire comportementaliste australienne, a développé l’idée que, sous la pression médiatique, la plupart des lois ont été adoptées dans l’urgence. En répondant de façon simpliste à un problème multifactoriel, les textes fondés sur des catégories aboutissent à des situations parfois étonnantes : en Australie et en Europe, certaines races sont bannies dans certains pays ou régions et non dans d’autres !

Les résultats de deux études1 estimant l’efficacité des dispositions législatives sur les chiens dangereux adoptées respectivement en France et au Danemark ont également été présentés. La première compare les résultats d’évaluation ainsi que le nombre et la nature des préconisations émises pour 119 chiens de catégorie et pour 144 chiens mordeurs. Ces derniers présentent un niveau de dangerosité significativement plus péjoratif que les chiens de catégorie. En revanche, le nombre de préconisations énoncées révèle que l’évaluation des animaux de catégorie constitue un travail préventif non négligeable.

La seconde étude vise à mesurer la réduction du nombre et de la sévérité des morsures sur les hommes et les chiens depuis que la législation danoise fondée sur le bannissement de certaines races canines est en vigueur. Aucune différence n’est relevée, quelle que soit la source des données (enquête auprès de personnes victimes de morsures ayant consulté un hôpital, relevé des déclarations aux assurances).

Médecins et vétérinaires : un partenariat souhaitable

Les Britanniques Christopher Mannion, chirurgien maxillo-facial, et Kendhal Shepherd, vétérinaire comportementaliste, ont souligné l’intérêt d’une collaboration entre les vétérinaires et les médecins dans l’approche médico-légale et la prévention des morsures de chiens. Sur la base d’une population venant consulter au Leeds Teaching Hospital, Christopher Mannion a présenté les chiffres de prévalence des morsures canines et dressé plusieurs constats.

Le premier concerne l’importante proportion d’enfants de moins de 9 ans impliqués dans les accidents graves (le plus souvent agressés au visage). Second constat, le nombre de morsures graves est en constante progression depuis 20 ans : 1 000 cas environ en 1990 versus 6 740 en 2014.

Enfin, le conférencier a cité plusieurs cas de récidives de morsures chez des personnes qui ont refusé de se séparer du chien les ayant précédemment agressées.

  • 1 Études de E. Gaultier, vétérinaire comportementaliste (France), et de I. Meyer et B. Forkmann, université de Copenhague (Danemark).

La position officielle de l’Australian Veterinary Association

Compte tenu de l’importante variabilité comportementale observée à l’intérieur d’une même race, l’Australian Veterinary Association (AVA) dénonce ces lois fondées sur des catégories. Elle a émis des préconisations allant dans le sens d’une évaluation individuelle des chiens, quelle qu’en soit la race, et de la formation des maîtres.

Plus d’informations sur : http://www.ava.com.au/policy/611-socially-responsible-companion-animal-ownership

L’évaluation individuelle des chiens et la formation des maîtres constituent, pour les conférenciers, la réponse la plus adaptée à la problématique des chiens dangereux.

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