Semaine Vétérinaire_Supplément Mensuel n° 1606 du 01/11/2014
 

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ÉTUDES

Marine Neveux

En dépit des difficultés de terrain, les cabinets vétérinaires ont un rôle à jouer dans la détection des cas de maltraitance animale, en recrudescence, selon les études.

Abus physiques et/ou sexuels, négligence, maltraitance psychologique, etc. La maltraitance animale, intentionnelle ou non, revêt différents aspects. En outre, les cas détectés par les vétérinaires ne représentent que la partie émergée du problème. En effet, une étude anglo-saxonne révèle que les détenteurs d’animaux maltraités ne consultent pas forcément ou font preuve de nomadisme pour brouiller les pistes et éviter d’être “repérés” par le corps soignant.

Des freins au dépistage

45 % des vétérinaires ont déjà été confrontés à des cas de maltraitance animale, ainsi que le dévoile notre sondage proposé en octobre dernier sur le site Lepointveterinaire.fr. Pour près de 3 %, il s’agit même d’une problématique hebdomadaire.

Un professionnel confie sa déception face à un « signalement sans aucun résultat, malgré des cadavres de chats dans le lit de la propriétaire, entre autres réjouissances… ». Une enquête menée par La Semaine Vétérinaire et l’annuaire Roy auprès des vétérinaires de la fonction publique au printemps dernier montre que 40 % d’entre eux sont confrontés à une recrudescence des cas de maltraitance, dont le nombre à gérer devient dramatique pour 22 %.

Le sujet de la détection de la maltraitance est délicat. La thèse de Marine Fouquet (VetAgro Sup 2011) contribue à l’étude de celle-ci dans la pratique vétérinaire. Dans son travail, Marine Fouquet constate que 93 % des praticiens se sentent concernés par le dépistage de telles dérives, versus 7 % qui ne le sont pas, non pas par désintérêt total, mais parce qu’ils jugent soit que ce n’est pas leur rôle, soit qu’ils ne possèdent pas les outils diagnostiques adéquats et/ou qu’ils n’en rencontrent pas. En outre, l’enquête souligne que plus un vétérinaire s’estime impliqué par le dépistage de la maltraitance animale, plus il détecte de cas.

Aucune espèce n’est épargnée

L’étude indique, par ailleurs, que la fourchette des abus physiques est comprise entre un cas pour 2 500 clients et un pour 714 clients. La négligence ressort davantage (un cas sur 217 clients pour la valeur inférieure à un cas sur 53 clients). Les chiens, les chats et les bovins sont les espèces les plus fréquemment victimes de maltraitance “active”. Aucune n’est cependant épargnée. En témoigne aussi régulièrement la presse locale. Les commémoratifs sont les éléments de suspicion majeurs d’une maltraitance. Viennent ensuite le type de lésions et le comportement du propriétaire, puis celui de l’animal.

Le développement d’outils diagnostiques permettrait alors aux vétérinaires d’augmenter leurs pouvoirs de détection et palliatif.

Une recrudescence dénoncée par les associations

Les associations de protection animale tirent la sonnette d’alarme cette année face à la recrudescence des cas de maltraitance animale, qui revêt différents aspects. L’œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA) sensibilise au nombre accru de saisies : « plus de 1 000 animaux ont été confiés à l’OABA par les autorités administratives et judiciaires » ces douze derniers mois. Ceux-ci sont parfois dus à des abandons ou à un état délétère de l’animal reliés aussi aux difficultés financières des détenteurs.

La crise économique et l’augmentation des taxes, en particulier dans la filière équine, confrontent les structures équestres à des difficultés croissantes.

À propos de la recrudescence de la maltraitance exercée sur la faune sauvage, une étude anglaise pointe également une situation alarmante.

La détection et le signalement des cas aux autorités compétentes constituent néanmoins un devoir déontologique et légal. Les études vétérinaires en la matière restent balbutiantes. Le sujet de la maltraitance animale ne se limite pas à la santé animale, d’autant que la maltraitance humaine peut être une vigie de celle humaine dans un foyer.

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