Semaine Vétérinaire_Supplément Mensuel n° 1586 du 01/05/2014
 

Fiche pratique

Éric Guevel

Les dons de sang des chiens et des chats ne sont pas gérés à l’échelle nationale, contrairement à ceux relatifs à l’homme. Il revient à chaque clinique de s’organiser pour en disposer en cas de besoin.

Le sang est un fluide complexe, com posé d’hématies, de leucocytes, de plaquettes et de nombreuses protéines aux rôles variés (coagulation, immunité, etc.). Tout déficit en l’un des composants peut devenir une indication de transfusion sanguine. En outre, le nombre d’animaux dont l’état nécessite cette opération augmente chaque année, en raison des progrès de la médecine vétérinaire et de la motivation des propriétaires, décidés à tout faire pour soigner leur compagnon. Il importe donc de pouvoir rapidement disposer de matière à transfuser : c’est l’objectif de la banque de sang, “réserve” la plus complète possible pour pallier tout manque.

LES CATÉGORIES DE DONNEURS

L’animal donneur peut vivre à la clinique. C’est la mascotte de la structure, le chien du vétérinaire ou celui de l’ASV… Il a l’avantage d’être à disposition en cas d’urgence, de statut sanitaire connu et coopératif, car il est habitué aux collectes. Toutefois, un problème éthique se pose lors de dons fréquents. En outre, le groupe sanguin de ce chien ou de ce chat peut être incompatible avec celui du receveur. Utiliser des animaux de refuge comme donneurs représenterait une solution à faible coût. Elle comporte toutefois d’autres limites éthiques, et se heurte aux difficultés liées à l’origine et au statut sanitaire incertain des individus.

Il est envisageable, en revanche, d’initier un programme de dons volontaires, auprès des animaux du personnel et des clients. Cette solution permet une bonne organisation des collectes, prévues à l’avance et plus espacées dans le temps, une meilleure diversité (chaque groupe sanguin est disponible), à un coût raisonnable (examen avant la collecte, analyses sanguines, etc.). Néanmoins, elle est inadaptée au contexte d’urgence et chronophage. Il faut en effet tenir une liste de donneurs, organiser les récoltes et gérer les stocks.

Une véritable banque de sang privée, inexistante à ce jour, permettrait plus facilement la mise à disposition de l’ensemble des groupes sanguins canins et félins, mais son coût serait plus élevé. De plus, compte tenu des délais d’approvisionnement, cette méthode serait difficilement compatible avec les cas d’urgence.

LA SÉLECTION DU DONNEUR

L’animal donneur doit remplir plusieurs critères :

→ être âgé de 1 à 10 ans ;

→ peser plus de 25 kg pour un chien, plus de 5 kg pour un chat ;

→ être stérilisée, pour une femelle, sans avoir jamais mis bas ;

→ être en bon état de santé et à jour dans ses vaccinations et ses vermifugations ;

→ ne pas avoir été exposé aux maladies transmissibles par le sang. Les tests de dépistage de la leucose (FeLV) et du syndrome d’immunodéficience acquise (FIV) sont exigés chez le chat, par exemple;

→ ne jamais avoir été transfusé.

Avant le don, l’animal subit un examen clinique. Une analyse de sang est réalisée afin de vérifier son hématocrite. Les prélèvements sont espacés de trois mois au minimum. Un délai de dix jours est respecté après une vaccination.

LA GESTION D’UN PROGRAMME DE DONS

Dans le cadre d’un programme de collecte, la première difficulté consiste à recruter des donneurs. L’une des tâches de l’auxiliaire est de sensibiliser les clients. Leur motivation dépend effectivement de leur philosophie, de l’influence de leur entourage et de leur vision de la transfusion sanguine. Il s’agit d’un vrai travail relationnel avec le propriétaire sur les bienfaits du don du sang et les risques minimes pour son animal.

Outre l’examen clinique et le bilan sanguin gratuits effectués à chaque collecte, il est intéressant de remercier le propriétaire en consentant un geste en échange du don (fournir un aliment, par exemple). L’existence de ce programme peut être communiquée via un panneau informatif dans la salle d’attente, et des prospectus mis à disposition à la clinique ou diffusés aux clubs de race et aux associations animalières. Il peut à nouveau être proposé de bénéficier de soins ou de produits gratuits en échange des dons.

En pratique, le prélèvement ne nécessite pas d’anesthésie et n’est pas plus douloureux qu’une simple prise de sang. Cependant, une tranquillisation se révèle parfois nécessaire chez le chat. La ponction s’effectue chez un animal en décubitus latéral, au niveau de la veine jugulaire, après une préparation chirurgicale du site (tonte et désinfection). L’animal est surveillé durant toute la procédure. La poche de collecte est placée sur une balance afin de vérifier la quantité prélevée. Une fois l’acte réalisé, un repas bien mérité est distribué au donneur !

Le sang de l’animal donneur peut être prélevé tous les trois mois.

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