Semaine Vétérinaire_Supplément Mensuel n° 1577 du 01/03/2014
 

Infos

COORDONNÉES PROFESSIONNELLES

Chantal Béraud

L’inscription des coordonnées professionnelles sur la Toile ou sur des applications pour smartphones touche aussi les vétérinaires.

Avec parfois des erreurs ou des escroqueries à la clé.

Tout vétérinaire qui entre sur Google son nom suivi de sa profession s’aperçoit qu’il figure déjà sur le Web, via des annuaires généraux ou des sites spécifiques dédiés à son métier. « Des sociétés privées dressent des listes sur Internet ou sur smartphone, sans en avertir les professionnels ni leur demander de contrepartie financière, confirme Marc Veilly, secrétaire général du Conseil supérieur de l’Ordre (CSO). Ces services sont parfois sources d’erreurs. Par exemple, un particulier qui cherche un vétérinaire à partir de son code postal se voit proposer une liste non exhaustive ou qui comporte des renseignements erronés (adresses, horaires d’ouverture, faux numéros). De son côté, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui a procédé à des essais sur des numéros surtaxés, a repéré différentes anomalies. Le client n’est pas mis en relation avec le numéro de téléphone du vétérinaire, mais avec un numéro d’appel temporaire cher, qui parfois n’aboutit même pas1. Ou encore, la personne est dirigée vers un praticien géographiquement éloigné. »

La délicate question des urgences

Concernant la localisation par smartphone d’un vétérinaire de garde pour une urgence, Marc Veilly estime « qu’il est presque impossible de dresser une liste nationale fiable, vu que les plannings sont parfois gérés sur une base quasi quotidienne, en raison des changements liés aux vacances ou à de multiples autres facteurs ». En outre, si le client se contente de noter l’adresse du vétérinaire de garde le plus proche, mais sans lui téléphoner directement, il peut débarquer dans une clinique fermée (puisqu’il est possible d’être de garde sans être physiquement sur place dans les locaux). Quand les minutes comptent pour sauver la vie d’un animal, il est à craindre que le client porte plainte, en accusant le vétérinaire de ne pas remplir correctement son obligation de permanence des soins…

Agir ou pas ?

« La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) dit que l’Ordre ne peut pas se substituer aux vétérinaires concernés, souligne Marc Veilly. Il revient donc à chaque professionnel de contacter chaque société éditrice pour faire supprimer les erreurs ou procéder à des rectifications. Malheureusement, ce n’est souvent pas simple. Certains sites sont dépourvus de mentions légales. Quand le siège de la société est hors de l’Union européenne, il est aussi presque impossible d’agir. En outre, des vétérinaires qui ont refusé de figurer sur certaines applications se sont rendu compte que leurs coordonnées apparaissaient toujours, mais avec l’indication supplémentaire que leur clinique était fermée du lundi au vendredi ! La liste était soi-disant en cours d’élaboration ».

Dans ces conditions, Marc Veilly s’interroge : « Faut-il vraiment conseiller à chaque vétérinaire de dépenser du temps et de l’énergie, voire d’aller en justice, pour lutter contre tous ces abus ? De notre côté, nous avons déjà saisi la Cnil et la DGCCRF, sans que cela produise une action forte de leur part. Nous pouvons juste espérer qu’il n’y aura pas d’utilisation massive de ces fausses données et que le public se rendra compte de leurs limites. Le client qui s’est fait avoir une fois avec un numéro surtaxé ne recommence généralement pas. »

En outre, les auxiliaires peuvent utilement rappeler à la clientèle pourquoi il vaut toujours mieux téléphoner directement au vétérinaire habituel ou consulter le site gratuit des Pages jaunes.

  • 1 Selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes, « les numéros vocaux à tarification majorée ne peuvent pas être affectés à une personne physique ou morale, même temporairement, pour l’appeler sans avoir recueilli, préalablement et de manière explicite, son consentement d’être jointe par un tel numéro ».

Attention aux annuaires payants

Des factures de plus de 1 000 € ont été adressées à des vétérinaires qui avaient signé des formulaires en pensant s’inscrire à des annuaires gratuits. La tromperie réside souvent dans une mise en page copiant un annuaire historique (comme un fond jaune pour rappeler les Pages jaunes). Parfois, la mention « gratuit » concerne uniquement le fax de réception, il faut donc impérativement lire toutes les clauses ! Certains en-têtes de documents induisent également en erreur parce qu’ils font penser à des annuaires officiels (comme un registre national Internet avec un drapeau tricolore).

En tapant sur Google « Cedef + que faire en cas de tentative d’escroquerie professionnelle », une page d’information s’affiche avec, en bas, dans la rubrique “En savoir plus”, un lien vers une fiche conseil de la DGCCRF qui explique comment agir à la suite de propositions trompeuses d’insertion.

Marc Veilly, de l’Ordre, constate que si la loi est du côté des vétérinaires lésés, il est souvent difficile de la faire respecter en pratique.

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